Grèce : Alexis Tsipras une nouvelle fois humilié par les créanciers

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Pour faire passer sa prime aux retraités, Euclide Tsakalotos, ministre grec des Finances, a écrit à Jeroen Dijsselbloem.
Pour faire passer sa prime aux retraités, Euclide Tsakalotos, ministre grec des Finances, a écrit à Jeroen Dijsselbloem. (Crédits : © Francois Lenoir / Reuters)
Le premier ministre grec a obtenu la tolérance des créanciers concernant son "cadeau de Noël" aux retraités moyennant des engagements humiliants pour l'avenir. L'autonomie financière de la Grèce est de plus en plus un mirage.

Le gouvernement grec s'est-il livré à un jeu de dupes dans la querelle autour des primes accordées aux retraités en janvier ? C'est ce que l'on peut soupçonner. Au début du mois de décembre, le premier ministre Alexis Tsipras avait annoncé la suspension de la hausse prévue de la TVA dans les îles du nord de la mer Egée, les plus exposées au flux de migrants depuis la Turquie et la distribution d'une prime de 300 à 800 euros pour les retraités les plus pauvres. L'ensemble des mesures s'élevaient à 617 millions d'euros et étaient en ligne avec le mémorandum dans la mesure où Athènes a dégagé un excédent budgétaire primaire de plus de 3 milliards d'euros supérieur à l'objectif et qu'elle peut employer à sa guise 60 % de ces surplus.

Une lettre qui arrange tout

Cette décision avait néanmoins provoqué la colère des créanciers qui s'appuyaient sur le fait de ne pas avoir été prévenus par le gouvernement grec alors que le mémorandum indique explicitement que toute mesure budgétaire exceptionnelle doit recevoir leur validation. Devant la volonté d'Alexis Tsipras de maintenir ces mesures et le paiement le 22 décembre aux retraités des sommes promises, l'Eurogroupe et le Mécanisme européen de Stabilité (MES) ont annoncé le gel des mesures de court terme concernant la dette, un toilettage des intérêts et des maturités, principalement, sans conséquences concrètes réelles, mais avec un lourd poids symbolique. Finalement, samedi 24 décembre, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, annonçait le retour de ces mesures suite à une lettre du ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos qui, selon le Néerlandais, « s'engageait à poursuivre les réformes ».

Victoire pour Alexis Tsipras ?

A priori, il s'agissait d'une victoire pour le gouvernement grec : les retraités ont reçu leur argent et les créanciers ont validé ce paiement a posteriori, reconnaissant de fait la souveraineté budgétaire de la Grèce sur les excédents supplémentaires. Alexis Tsipras allait pouvoir défendre l'idée qu'il défendait les intérêts des plus fragiles contre les créanciers et qu'il menait la résistance malgré toutes ces concessions. Compte tenu de son retard dans les sondages, c'était une excellente nouvelle. Mais à quel prix cette « victoire » a-t-elle été obtenue ? Quel était le contenu de cette lettre qui a adouci l'humeur des créanciers ?

La lettre humiliante d'Euclide Tsakalotos

La lettre a été publiée ce mardi 27 décembre par le quotidien To Vima et traduit en anglais sur le blog Keep Talking Greece. Elle contient plusieurs éléments embarrassants pour le gouvernement Tsipras. D'abord, Athènes s'engage à ce que le paiement de Noël aux retraités soit limité strictement à cette année. « Le premier ministre et moi-même, écrit Euclide Tsakalotos, nous engageons à ce qu'il ne s'agisse que d'une mesure exceptionnelle limitée à 2016 ». De même, la hausse de la TVA dans les îles n'est suspendue que pour 2017 et elle est financée par d'autres recettes.

Des « mesures compensatoires » promises

Cependant, la mesure la plus controversée vient ensuite. Dans le cas où les mesures prises empêcheraient la Grèce d'atteindre son objectif d'excédent primaire de 2016, soit 0,5 % du PIB, « les autorités grecques s'engagent à prendre des mesures compensatoires dans le domaine des dépenses de retraites pour combler la différence entre l'objectif budgétaire 2016 et l'objectif réalisé », explique le ministre. Cet engagement est théorique, car la Grèce dispose d'une large avance sur son objectif d'excédent primaire qui sera bel et bien atteint. Il n'y aura donc pas de « mesures compensatoires ». Mais l'engagement de procéder à de telles mesures prouvent dans les faits la faiblesse du gouvernement grec qui reconnaît implicitement qu'il aurait dû demander la permission de prendre ces mesures aux créanciers puisqu'il s'engage à « corriger » son erreur rapidement. L'humiliation est évidente.

A l'avenir, plus d'autonomie

Elle est encore soulignée davantage par le paragraphe suivant où la Grèce s'engage à ne plus prendre de telles mesures à l'avenir et à consulter à l'avance ses créanciers pour tout emploi des excédents supplémentaires. Mieux même, le gouvernement grec trace les lignes des prochaines utilisations des surperformances budgétaires du pays conformément aux attentes des créanciers. « Nous reconnaissons que les marges de manœuvre budgétaires peuvent être utilisées pour renforcer la protection sociale et/ou pour réduire la charge fiscale dans le cadre des engagements du mémorandum. Autrement, nous utiliserons la surperformance budgétaire pour construire des réserves de liquidités ou pour réduire la dette fournisseurs de l'Etat », écrit Euclide Tsakalotos. La liberté d'action du gouvernement grec est ainsi très réduite et, pour ainsi dire, n'existe pas puisqu'elle sera soumise aux créanciers donc à leurs priorités.

Fermer toute alternative économique

Outre l'humiliation et l'absence absolue d'autonomie du gouvernement grec, cette lettre va plus loin : elle enferme le pays dans une politique économique prédéfinie. La Grèce va ponctionner son économie pour atteindre des objectifs budgétaires très ambitieux. En cas de surperformance, la redistribution de ces fonds collectés sur l'économie sera limitée à une politique de désendettement et de baisses d'impôt. Certes, la charge fiscale est devenue intenable et elle doit être réduite, mais la Grèce a aussi besoin d'investissements publics et rien n'assure que les baisses d'impôts, surtout pour les plus hauts revenus, retourneront bien à l'économie grecque et ne fuiront pas hors d'un pays surendetté et soumis à la volonté de ses créanciers. Bref, ce choix de la répartition des surplus est trop limité, inadapté et idéologique. Mais le gouvernement d'Alexis Tsipras a dû l'accepter pour ne pas mettre en danger la deuxième revue du programme et prendre le risque d'un défaut en juillet prochain.

Quelles conséquences ?

Les retraités grecs qui ont touché cette prime de Noël doivent bien en profiter, car l'occasion ne se représentera plus. Certains soupçonnaient Alexis Tsipras de chercher une crise avec les créanciers pour sortir du Palais Maximou, le Matignon grec, la tête haute. Il semble qu'il n'en soit rien. Le gouvernement n'entend pas se retirer, fût-ce au prix d'une nouvelle humiliation devant les créanciers. La question est donc désormais de savoir quel sera le bénéfice politique d'une telle manœuvre. Certes, les retraités ont bien touché leurs primes. Mais le prix à payer sera rude à accepter. Au sein de Syriza, la pilule est une nouvelle fois amère à avaler. Comment prétendre avec un tel texte, avec l'acceptation de « mesures compensatoires » et d'une procédure future humiliante et inepte, à un passé de « résistance » contre les créanciers devant les électeurs. Plus que jamais, Nouvelle Démocratie, le parti conservateur, peut, sans difficulté se donner le beau rôle en prétendant placer plus de confiance avec les créanciers et donc plus de marges de manœuvre. Quant aux partis à la gauche de Syriza, ils pourront toujours insister sur l'humiliation du procédé et l'absence d'indépendance de la Grèce. Au final, la stratégie d'Alexis Tsipras risque, une nouvelle fois, d'échouer.

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Commentaires
a écrit le 03/02/2017 à 14:55 :
Merci Romaric Godin pour l'analyse.
Je ne partage pas votre pessimisme. En Grèce on ne ressent pas tant cette humiliation dont vous parlez, et rare sont ceux qui pensent que le "cadeau" de Tsipras était une mauvaise tactique, au contraire il a réussi à imposer aux créanciers de redistribuer 617 millions d'euros dont le peuple n'aurait autrement jamais vu la couleur..
C'était un geste pour dire au peuple que malgré des négociations à rallonge "je pense à vous"!
a écrit le 30/12/2016 à 18:13 :
Oyez, oyez commentateurs de tous bords! selon le pseudo"Patrickb" il parait que seuls les occidentaux auraient une conscience! Les commentaires de ce triste sire qui exsudent la haine et la mauvaise foi temoignent t'ils de la conscience de ce "barbare"?
a écrit le 30/12/2016 à 14:49 :
@yvesg.Les Grecs sont responsable de leurs politiques qu'il soit de droite de gauche.... Ce qui a été engagé par leurs responsables politiques c'est à eux de l'assumer. Comme une grande partie de l'Europe (du nord et de l'est) je suis effaré de voir votre analyse qui consiste à rejeter la faute sur les autres. Si l'Europe va si mal aujourd'hui c'est également la faute à nos socialistes Français également, qui, au pouvoir , ont cru pouvoir imposer au reste de l'Europe leurs idées "boboistes" que les pays européens bien gérés devaient payer pour les autres. Les Allemands n'ont jamais cédé et ils ont bien raison.
a écrit le 30/12/2016 à 10:47 :
Petit cadeau avant les élections en France aussi, on coule sous les déficits mais qu'importe, l'important est de montrer qu'on distribue. Belle hypocrisie tout ça. Les derniers décisions socialistes Français avant les élections. Peu importe que les classes moyennes, la force vive silencieuse en France, soient écrasées vers le bas et démotivés définitivement (il faut mieux travailler au noir et ne pas payer impôts et TVA comme les Grecs ou vivre de l'assistance publique...).
"Soucieux d’effacer ce sentiment de «ras-le-bol fiscal » toujours vivace, l’exécutif a décidé d’une nouvelle baisse de l’impôt sur le revenu pour les ménages les moins aisés, à hauteur d’un milliard d’euros. Les retraités auront aussi droit à des gestes (avec un crédit d’impôt pour l’emploi à domicile et une baisse de la CSG pour les plus pauvres d’entre eux)" Nous ne sommes pas en Grèce mais en France....
Réponse de le 30/12/2016 à 15:11 :
Les impôts en Grèce avant 2008 n'étaient pas élevés mais ça n'empêchait pas les grecques de tricher bien au contraire et pour les plus aisés d'aller mettre leur argent en Suisse, le Liechtenstein etc .. Curieux comme les restaurateurs et les hôteliers connaissaient très bien ces pays. C'est drôle il y avait un "ras le bol fiscal" et la droite jouait la dessus pour se faire élire. Qui votait pour eux ?
La vérité, 'c'est que l''Europe a financé des équipements, routes, ponts, réseau d'égouts, station d'épurations, aménagements touristiques, bord de mer, ,hopitaux qui ont beaucoup profité à l'industrie touristique mais qui doivent être entretenus. Et il n'y a pas à ma connaissance d'autre moyen que l'impôt. Et il est normal que cet impôt doit être payé par ceux qui profitent de ces équipements. Je vais te dire une vérité, c'est une chance de vivre dans un pays qui a des impôts élevés assez bien utilisés même comme des gens aisés comme moi et j'en ai payé des impôts!
S'il y avait pour moi un modèle ce serait le Danemark où l'importance de l'impôt est compris.
a écrit le 30/12/2016 à 8:46 :
Force est de constater que si l'Europe va mal ! elle le doit à la nuisance de l'idéologie socialo-marxiste ! Des : Zapatéro, Socratés , Papandréou , qui ont fait plonger l’Europe dans la récession ; suite aux subprimes , cadeaux des Américains; à l’exception de L’Allemagne et de La France grâce à la Chancelière Mme Merkel et au Président Sarkozy , et Alors que la reprise est partout ! Qui plombe encore L’Europe ? comme par hasard, les socialos Tsipras et Holland ! Quand allons nous éradiquer cette nuisance que la chute du mur a réalisé pour de nombreux peuples épris de Liberté !!
Réponse de le 30/12/2016 à 10:15 :
Votre idéologie vous rend aveugle !! Pour entrer dans l'Euro la Grèce de Simitis a fait beaucoup d'effort et en particulier avait mis en place les moyens de récupérer la Tva et d'éliminer une partie du travail au noir. Pour construire par exemple, il fallait garder les reçus de TVA des fournitures et des "maitres" qui faisaient les travaux et si les contrôles étaient très rares il est vrai . gare à celui qui se faisait contrôler, j'ai des amis qui se sont trouvé dans ce cas !!! et ils ont pu éviter que leur maison soit rasé au dernier moment. Quand est arrivé Caramanlis tout cela été supprimé .
Je ne dis pas que Simitis n'avait pas triché ses comptes mais il y avait la volonté manifeste de mettre de l'ordre.
Quand Papandréou gagne les élections, il s'aperçoit que la falsification des comptes a été multiplié considérablement et en informe UE.
Aujourd'hui je me demande s'il n'aurait pas mieux fait de continuer vu la façon dont Merkel et Sarkozy l'ont traité ainsi que le peuple Grecque
a écrit le 29/12/2016 à 9:49 :
Cet article de Godin et les critiques que l'on peut lire est quand même bien révélateur de l'état d'esprit gauchiste et irresponsable de certains.
Quand on emprunte de l'argent et qu"on arrive pas à rembourser on a des comptes à rendre à ses créanciers. Si Tsiparas veut refaire le même sketch qu'il a fait avec son ami Varoufakis, ne respectant aucun de ses engagements, il doit être sévèrement réprimé. Certains comme citoyens blasés font comme d'habitude de l'anti Européisme simpliste "la mécanique européenne, outil de production de l'oligarchie européenne." alors que ce qui se passe en Grèce montre justement qu'heureusement il existe encre une institution Européenne qui permet de contrôler des hommes politiques peu scrupuleux de l'avenir de leur peuple.
Réponse de le 30/12/2016 à 10:47 :
Quand on emprunte on a des responsabilités mais quand on prête aussi.
Quand des banques prêtent de l'argent à des taux inférieurs à l'inflation dans un pays en pleine croissance (3 à 4 % en Grèce avant 2008). Vous investissez persuadé que vous allez rembourser en moins de 10 ans. C'est le cas d'un amis qui a créé une petite pension qui étaient pleine chaque année jusqu'à la catastrophe. Les retraites et les salaires ont baissé de 30 % et plus , les Grecs n'ont plus été en vacances, les prix de location se sont effondrés et beaucoup de studio ont resté vide. Pour payer ces emprunts lui et sa famille n'ont rien dépensé et pas mangé à leur faim.
L'austérité est une catastrophe car elle détruit d'abord l'outil de production d'un pays et conduit à augmenter le déficit et la dette d'un pays. Si vous n'êtes pas convaincu lire le livre de Stiglitz "l'Euro menace l'Europe".
Vous y comprendrez que les pays accumulateurs d'épargne non utilisé crée la dette des autres et sont autant sinon plus responsable Car ces pays au lieu de faire profiter leur peuple de la richesse qu'ils créent l'utilise pour faire une guerre économique contre les autres.
Réponse de le 30/12/2016 à 12:19 :
@yvesg
Curieuse époque que celle dans laquelle vivre selon ses moyens est qualifié d''austérité.
a écrit le 29/12/2016 à 0:44 :
Un conseil à Alexis Tsipras, et aux autres impécunieux de l'Europe du sud, y compris la France si elle continue sur sa lancée: si vous ne voulez pas être "humiliés" par vos créanciers (traduire: les voir se méler de vos affaires parce que vous êtes irresponsables et allez dans le mur), ne contractez pas de dettes pour faire n'importe quoi, et que vous ne serez donc pas capable de rembourser. C'est tout simple...
Réponse de le 30/12/2016 à 18:04 :
C'est bien connu "les conseilleurs ne sont pas les payeurs " 😊n'est ce pas "Curiale"! Beaucoup de commentateurs viennent ici, comme vous pour se défouler, une façon de se soigner qui rend les autres malades!
Bon terminez bien quand même l'année... et prenez garde à ne pas vous étouffer dans votre bile...😆
Réponse de le 10/01/2017 à 3:37 :
@ Oreste06

Vous êtes un peu à vif je trouve.Je ne me défoule pas, il est juste évident qu'il est humiliant d'être incapable de régler ses dettes, et que le seul moyen de l'éviter est de tenir ses finances en ordre.
Mais bon, aprés tout, la France est le pays où, d'aprés une enquête récente Audencia-Banque populaire, 38% des sondésne savent pas combien ils vont pouvoir retirer un an aprés avoir placé 100 Euros à un taux annuel de 5%... Et non, je se serai pas un payeur, vous avez raison sur ce point :-).
a écrit le 28/12/2016 à 21:00 :
En un mot comprehensible pour les hommes de la rue: la Grece est passee sous les fourches caudines des creanciers. La route sinueuse pour son redressement economique deviendra une autauroute a six voies pour sortir de la zone euro.
a écrit le 28/12/2016 à 19:31 :
@myldra, la BCE agit comme un fond vautour, elle a racheté des emprunts grecs à la valeur du marché bien en deçà de leur valeur nominale et réclame le paiement de ses dettes à leur valeur nominale plus les intérêts.
a écrit le 28/12/2016 à 19:07 :
D'où il ressort une nouvelle fois que confier le financement de la dette publique au secteur privé bancaire conduit... à la faillite des Etats. Le plus fort est que lorsque les banques sont en difficultés, c'est le même Etat qui les renfloue en s'endettant encore plus.
La dette publique est une non dette, c'est du vol en bande organisée, avec l'assurance pour les prêteurs de TOUJOURS gagner de l'argent, sécurisé par des contribuables dociles.
a écrit le 28/12/2016 à 18:42 :
@patrikb
Je ne t'ai pas attendu pour aider les Grecs et je n'ai pas à me justifier.
Que les partis grecques ont fait des malversations, que les riches grecs comme les français ont fait tout pour éviter l'impôt je le sais mieux que toi !!
Mais que l'on impose à un pays une politique contraire à son intérêt et qui a pour seul but de sauver les banques ... et cellà sans prendre en fait aucune responsabilité c'est autre chose!!!
Ces partis que je sache ce n'était pas Hitler et à la fin de la guerre le peuple Allemand a été mieux traité (il fallait le faire). Et je ne dis pas ça par hasard car ce pays a subi au cours de la dernière guerre une trentaine d'Oradour et prés de 1 M de morts directes et indirects avec la famine pour moins de 8 M d'habitants et dont la réserve d'or a été "emprunté" et jamais rendu.
Ce que je dis est simple l'intérêt de l'Europe est de profiter de Tsipras pour aider la Grèce en restructurant la dette, la mettre sur de bon rail et de solder intelligemment
le passé.
C'est d'ailleurs ce que pense certains de mes amis Allemands vivant en Grèce..;
Réponse de le 28/12/2016 à 19:26 :
@Yves, je suis d'accord avec toi mais Patrickb est aveuglé par les médias qui contrôlent ce qu'il doit penser ou pas. Un jour peut-être, il ouvrira les yeux et se rendra compte qu'il ne vit pas dans un monde de bisounours... en ce qui concerne la Grèce, la stratégie de l'eurogroupe est simple: d'une part, faire porter la responsabilité de la restructuration de la dette grecque à leurs successeurs et d'autre part, dans le chef de certains dirigeants d'état se faire réélire en 2017 bref de gagner du temps.
Réponse de le 28/12/2016 à 20:52 :
@yvesg: si c'est contraire aux intérêts des Grecs, il faut tout simplement refuser et sortir de l'Europe !
@Vassilis: argument un peu léger. Si tu avais autant de sources d'infortio que moi, c'est toi qui réviserait ton jugement. Le fait est que quand on a une conscience, on ne put prendre de l'argent en se disant qu'on ne remboursera jamais :-) ça, c'est la mentalité du Moyen-Orient, pas de l'Occidental :!!!
a écrit le 28/12/2016 à 18:10 :
Beaucoup de bruit dans cet article... pour rien ! La Grèce a finalement fait ce qu'elle souhaitait, et sa lettre ne fait que rappeler des engagements déjà pris. Je suis souvent d'accord avec Mr Godin mais cette fois-ci l'argumentation est très faible pour employer un mot aussi fort que "humiliation", qu'il vide du coup de son sens. Crier aux loups ultra-libéraux en permanence ne finit que par renforcer ces derniers en ôtant toute crédibilité à leur critique.
a écrit le 28/12/2016 à 10:35 :
Merci pour cet article qui montre comment fonctionne la mécanique européenne, outil de production de l'oligarchie européenne.

On peut quand même se demander si ce besoin d'humilier les grecs de la part de l'UE vient de sa perversion naturelle de fait ou bien s'il n'y a pas une volonté d'éradiquer toute possibilité d'avoir un gouvernement de gauche en UE, le but étant de le faire payer et d'en écoeurer les citoyens qui ne peuvent que déplorer la faiblesse dramatique de leurs représentants politiques face aux actionnaires milliardaires.

Quelle magnifique illustration en tout cas de la citation de Buffet: "Oui il y a bien une lutte des classes mais c'est ma classe celle des riches qui la fait et nous gagnons."

LÀ il est évident qu'ils démontrent qu'ils ont gagné, que l'UE est à eux.

Vite un frexit.
Réponse de le 28/12/2016 à 12:14 :
d'accord avec vous mais… je vois à certains commentaires et aux réponses à celui que j'ai posté le 27 12 que si je confonds information et militantisme europhobe… d'autres sont béats et admiratifs du fonctionnement actuel de l'Europe.
On peut tout oser !
Mais ne vous étonnez pas, après celà, des votes dits "populistes" sur l'ensemble de l'Europe.
En quoi celle-ci nous protège des importations débridées, de la finance reine, des migrations, du terrorisme, et pas de défense commune, etc
Réponse de le 29/12/2016 à 11:21 :
Ce ne sont que des golden corbeaux, ne vous en faites pas ils ne représentent que l'intérêt de très peu de gens sans intérêt qui plus et.

Des financiers donc véritables parasites/profiteurs du système qui sont payés à pas grand chose parce que papa aux gros capitaux les a bien placé alors du coup de publier des commentaires sur internet ça ils peuvent faire. On les oublie facilement et rapidement.

Les vrais gens travaillent eux.
a écrit le 28/12/2016 à 8:46 :
Que nos amis Grecs aient le courage de sortir de la zone euro... ce sera brutal mais cela vaut mieux que de souffrir encore 20 ans.
Réponse de le 28/12/2016 à 10:10 :
En quoi le remplacement de l'€ par une monnaie de singe serait-elle de nature à améliorer le sort des grecs ? Ils n'y gagneraient rien en pouvoir d'achat et leur patrimoine ferait pschitt.
Réponse de le 29/12/2016 à 10:21 :
Bruno...quand ils auront récupéré leur monnaie de singe comme vous dites. Ils vont souffrir 1ans mais par la suite des qu'une usine va se monter en Europe ce sera en Grèce. Car leur monnaie en effet ne vaudra pas grand chose.
Le tourisme va complètement exploser, dans le bon sens du terme. Et ils retrouveront le plein emploi. Et 1 ans après. Tout redeviendra à la normale.
Tous les pays du Sud sont étranglés par l'euro.
Une monnaie doit correspondre à un pays et sa productivité. Une seule monnaie avec tant de pays si différent avantage certains. Et en plombe d'autre.
a écrit le 28/12/2016 à 7:51 :
Heureusement il y a des technocrates pour faire appliquer des règles valider par tous.
Les hommes politiques élus sont prêts à prendre des décisions irresponsables pour conforter leur popularité.
Certains journalistes eux, carrosserie le lecteur dans le sens du poil ou laisse leur amour de la Grèce aveugler la réalité.
Réponse de le 28/12/2016 à 10:52 :
C'est moins l'amour de la Grèce que la haine de l'Europe qui aveugle certains jounalistes...
a écrit le 27/12/2016 à 23:46 :
La politique que l'Europe conduit vis à vis de la Grèce et de Tsipras est une honte d'autant plus que c'est le seul gouvernement qui a mis en place une politique énergique contre la fraude fiscale et la politique des "petits copains".
Ceci est d'autant plus honteux que la troîka n'a fait que des erreurs catastrophiques depuis qu'elle dirige de force l'économie de ce pays.

Un ami de la Grèce qui y vit depuis plus 20 ans près de 4 mois en Grèce chaque année.
Réponse de le 28/12/2016 à 1:33 :
@yvesg: tu pourrais sortir ton carnet de chèques pour aider "tes amis". Mais bon, le monde est rempli de "bons samaritains" prêts à faire payer les autres :-)
Réponse de le 28/12/2016 à 8:55 :
La Grece doit 40 milliards d'€ à la France qui a due emprunter sur les marchés pour les lui preter alourdissant ainsi la dette du pays donc de tous les français .40 milliards d'€ ça fait 700 € par habitant enfants compris !Pour une famille type de 4 personnes la dette grecque represente 2800 €!Maintenant il faut que chacun dise si il est d'accord pour abandonner cette dette aux grecs et surtout pas forcer les autres français à le faire .A l'evidence ,puisqu'il s'agit d'une dette, ceux qui sont d'accord pour abandonner cette dette devront payer plus d'impots pour rembourser les créanciers .......
Réponse de le 28/12/2016 à 10:14 :
le problème avec la Grèce n'est pas tant les politiques mises en place "sur le papier" et votées, mais la façon dont elles sont mises en oeuvre par une fonction publique pléthorique, rétive, corrompue et incompétente.
Réponse de le 28/12/2016 à 10:31 :
@myldra, vous avez raison d'un point de vue technique. Sauf que ces EUR 40Mds dont vous parlez, il s'agit ni plus ni moins de la dette que l'on a reprise aux banques privées. Les autorités européennes (Merkel, Schauble, Sarkozy) avaient décidé de reprendre la dette grecque détenue par les banques de la zone euro afin d'éviter un risque bancaire systémique. Ce sont donc les banques (privées) qui devraient porter aujourd'hui cette dette et non les contribuables européens.
Réponse de le 28/12/2016 à 11:59 :
La France a prêté à la Grèce, certes... ou plus exactement, à repris aux banques (dont les banques françaises !) des prêts à la Grèce... mais pour les grecs, on n'a rien fait, puisque peu importe le prêteur, s'il se comporte toujours comme un usurier !
A quel taux la France a-t-elle emprunté sur les marchés, et à quel taux facture-t-elle ce prêt à la Grèce ?? La France se gave sur les Grecs !! Si, réellement la France veut aider les grecs (sans perdre UN centime!), qu'elle applique aux grecs le taux obtenu sur les marchés ! ... et qu'on exige de la BCE la même politique !
Accessoirement, non seulement la France se gave sur les taux d'interêt facturés aux grecs, mais en plus, la crise grec a fait baissé les taux d'intérêt appliqués par les marchés à l'ensemble de la dette française !
La dette publique de la France dépasse aujourd'hui les 2,000 milliards !
1% d'intérêt, c'est 20 milliards ! On voit tout de suite les économies pour la France, alors, les 40 milliards prêtés, on pourrait relativiser : que les grecs nous rembourse sur 20 ans, et on pourrait leur faire cadeau des intérêts !
a écrit le 27/12/2016 à 22:54 :
Si nous n'y prenons garde, à terme, la même situation nous menace : perte de souveraineté économique et budgétaire avec les humiliations que cela implique.
L'endettement public frôle actuellement les 100% du PNB.
Il continue (et continuera) de croître, même respect du critère, très discutable, d'un déficit public < 3% du PNB.
Le répit que nous procure la politique de la Banque Centrale Européenne n'est pas éternel, loin de là :
Les semestres de vaches grasses (si l'on peut dire) sont comptés. Les allemands, néerlandais et autres nordiques, ont une patience limitée. Nous n'avons pas la position géopolitique des Etats-Unis.
Le risque est de constater en cas de remontée des taux d'intérêts que nous n'avons pas d'autres choix que de nous soumettre aux diktats d'une troïka internationale ou de décider de mettre la France en Défaut ....
Dans les deux cas : Bonjour les Dégâts ! ! Politiques, économiques et sociaux ....
Réponse de le 28/12/2016 à 10:08 :
Il suffit que les taux remontent de quelques points pour, si la France continue à refuser de tailler dans sa vache sacrée de la dépense publique, qu'elle connaisse la même glissade que la Grèce.
a écrit le 27/12/2016 à 21:45 :
Vos articles, Romaric Rodin, sont toujours trés éclairant de la "mentalité" européenne de la zone euro…lamentable.

Mais où je suis toujours trés déçu c'est de ne pas ou peu voir de telles informations ou analyses sur d'autres médias peut-être plus accessibles que la Tribune !

Continuez à nous informer de la sorte : c'est indispensable
et courage au peuple grec (avant qu'il se révolte ?)
Réponse de le 28/12/2016 à 10:08 :
"Vos articles, Romaric Rodin, sont toujours très éclairant de la "mentalité" européenne de la zone euro…lamentable."
Les articles de Romaric Godin sont surtout éclairante des pensées hypocrites socialio marxiste qui existent encore en Europe qui conduisent à l'appauvrissement des peuples. On a eu à un autre niveau droit à notre pseudo président Hollande . Je m'en souviens encore. (Hollande : la crise de la zone euro «est derrière nous» (Décembre 2012)).
Réponse de le 28/12/2016 à 10:15 :
Vous confondez information et militantisme europhobe.
Réponse de le 28/12/2016 à 10:55 :
Vous pouvez toujours aller naviguer sur les eaux sombres du site de RT... Les articles de RG ne sont pas éclairants du tout, ils ne font que relayer le Nouveau Normal.
Réponse de le 28/12/2016 à 12:31 :
Vous vous méprenez, il ne s'agit aucunement de théorie socialiste ou marxiste, mais de rhétorique frontiste. Vous savez, le parti devenu fréquentable, qui parle du "peuple" contre les "élites".
Réponse de le 28/12/2016 à 19:35 :
@Antares, si les autres médias ne parlent pas ou pas de la Grèce ou si elles nous pas le même discours que La Tribune c'est parce que la plus part des médias sont contrôlés par les politiques.
a écrit le 27/12/2016 à 21:27 :
Les Grecs ne rembourseront jamais. Il n'y a que les Allemands, leurs supplétifs et leurs clients qui y croient encore sans même faire semblant. On a les Savonarole qu'on peut.
Réponse de le 28/12/2016 à 10:18 :
Eh bien, il faudra se payer sur la bête, confiscation des avoirs à l'étranger, des entreprises publiques, mise sous concession des équipements publics au profit des créanciers,...
a écrit le 27/12/2016 à 20:56 :
En quoi gérer correctement un budget est-il humiliant ? Décidément cet article démontre a contrario qu'il faut contrôler les hommes politiques toujours prêts à plus de "social".
Réponse de le 28/12/2016 à 11:55 :
Il n'y a pas ou peu de social en Grèce. Les allocations familiales sont inexistantes, dès que l'on se retrouve sans emploi, on perd sa couverture santé, le chômage se limite à 300 euros par mois pendant un an, peu importe le nombre d'années prestées, mais pour les toucher, il faut avoir également travaillé un nombre de temps à plein temps pour y avoir droit. La protection des travailleurs et des patrons est quasi inexistante . Les allocations logements n'existent pas et j'en passe..... Chaque taxe non payée à échéance est systématiquement doublée, j'ai beau chercher, je ne trouve pas de mesures sociales équivalentes à celles obtenues en France ou en Belgique. Les grecs souffrent et le pouvoir d'achats diminue de plus en plus. Je vis et je travaille en Grèce, dans un des quartier huppé d'Athènes et oui, les gens sortent , se baladent, les rues sont animées (le week end), le temps clément permet au moins ça. Mais je ne vois plus la Grèce avec les yeux d'un souriste, je vois ce que portent les grecs comme vêtements . Jogging pour la plupart (la nouvelle mode , afin de garder une dignité)
a écrit le 27/12/2016 à 20:49 :
Perso, j'ai toujours été pour que le ménage soit fait dans l'économie grecque, en particulier dans le recouvrement fiscal.
Mais là, ça tourne au règlement de compte et à l'humiliation, ce qui est inacceptable !
Schauble va finir par me faire souhaiter un germanexit !
Pour moi, il faut exiger un excédent budgétaire minimal de X%. si l'excédent, liberté au gouvernement d'utiliser le sur-excédent selon sa volonté pleine et entière à hauteur de 50% et 50% dans le désendettement. En contrepartie, pendant 10 ans, moratoire total sur les intérêts de la dette : aux grecs de rembourser au maximum du capital pendant cette période ! Ça, ça serait une politique juste, équilibrée, efficace et motivante pour les grecs... ! l
a écrit le 27/12/2016 à 19:41 :
Tsipras a pris le pouvoir sur la base de promesses intenables. Les créanciers et l'eurogroupe sont déjà d'une complaisance quasi coupable à son égard.
a écrit le 27/12/2016 à 18:28 :
En conclusion, voilà ce qu'il en coûte d'avoir voulu berner les européens lors de l'adoption de l'euro: effet boomerang garanti!

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