Grèce : l'économie s'est effondrée au troisième trimestre

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L'économie grecque s'est contractée de 0,9 % au troisième trimestre.
L'économie grecque s'est contractée de 0,9 % au troisième trimestre. (Crédits : Reuters)
Le chiffre révisé du PIB hellénique entre juillet et septembre a mis en lumière une contraction de 0,9 %, au lieu des 0,5 % annoncés d'abord. Tous les signaux sont au rouge, notamment le tourisme et la consommation.

Voici deux semaines, la publication « flash » de l'évolution du PIB grec pour le troisième trimestre avait surpris les observateurs. La baisse annoncée, -0,5 % sur un trimestre, semblait particulièrement faible au regard des événements de ce trimestre. Rappelons qu'un contrôle des capitaux a été mis en place le 28 juin avec une restriction des retraits de liquide aux guichets. Les banques ont également été fermées pendant trois semaines et, durant le mois de juillet, les transferts financiers entre la Grèce et le reste du monde ont été quasiment stoppés.

En réalité, la contraction de la richesse grecque était évidemment plus prononcée. L'office des Statistiques helléniques, Elstat, l'a, ce vendredi 27 novembre, revu à la baisse « en prenant en compte des données inconnues lors de la première estimation. » On est, cette fois, sur un chiffre proche des estimations des économistes (- 1 %). Le tableau de la situation économique du pays est, partant, fort inquiétant. D'autant que la croissance du deuxième trimestre a également été révisée à la baisse de 0,4 % à 0,3 %.

Tous les signaux au rouge

Pour retrouver une contraction supérieure à ces 0,9 %, il faut remonter au premier trimestre 2013 (-1,8 %). Le niveau de PIB du troisième trimestre 2015 est inférieur de 1,1 % à celui du troisième trimestre 2014. En euros de 2010, le PIB de ce troisième trimestre est le plus faible enregistré depuis le deuxième trimestre 2014. Reste évidemment que tous les indicateurs de l'économie grecque sont au rouge. La consommation des ménages affichent un recul de 0,8 % sur un trimestre qui semble presque modéré au vue des conditions dans lesquelles les Grecs ont dû vivre en juillet.

L'investissement recule de 9,5 %, l'investissement productif de 7 %. Et si le commerce extérieur a apporté une contribution positive à la croissance, c'est surtout parce que la mise à l'arrêt de l'économie a fait s'effondrer les importations (-16,9 % sur le trimestre). Mais les exportations sont en forte baisse (-7,1 %), particulièrement les exportations de services qui ont reculé de 16,1 %. Ceci est très préoccupant, car elle souligne l'impact de la crise en pleine saison sur le secteur touristique qui pèse pour près de 18 % du PIB grec.

Rares éléments positifs

Reste qu'il existe quelques rares éléments positifs. D'abord, malgré le contrôle des capitaux, la baisse des investissements a ralenti au troisième trimestre de près de moitié. Entre mars et juin, le recul des investissements avait atteint 18,8 % sur un trimestre. Il a été, de juillet à septembre, de 9,5 %. Ceci est également vrai dans le seul domaine des investissements productifs qui ont reculé de 7 % contre 8,9 % au deuxième trimestre. Evidemment, c'est une très faible consolation tant les baisses sont marquées. Autre élément positif : les exportations de biens ont continué à progresser, malgré les conditions, de 1,5 % au troisième trimestre. Mais ce poste reste trop peu significatif pour peser sur la conjoncture.

Quelle responsabilité ?

Reste, enfin, la question de la responsabilité de ce désastre. La version officielle et largement admise à présent par les observateurs est de faire porter cette responsabilité au gouvernement grec coupable d'un « fol entêtement » face aux créanciers. Ce scénario permet d'épargner à bon compte toute culpabilité aux Etats créanciers et à la BCE. La réalité peut cependant être un peu plus nuancée. Le gouvernement grec a cherché à construire pendant des mois un compromis prenant en compte des éléments de son programme électoral. Ce compromis a été systématiquement rejeté. Les créanciers ont joué sur la faiblesse du système bancaire grec pour faire céder les autorités de ce pays. Quel qu'en soit le prix pour l'économie hellénique. C'est aussi cette stratégie qui a conduit au désastre décrit par Elstat. Car, non seulement cet affaiblissement du système bancaire a conduit au contrôle des capitaux, mais la capitulation du gouvernement grec le 13 juillet a laissé présager avec raison une nouvelle vague d'austérité sévère, ce qui n'est pas réellement de nature à favoriser l'investissement.

Stabilité sur trois mois

Et maintenant ? Si l'on cumule les PIB des trois premiers trimestres de l'année, compte tenu d'un deuxième trimestre bien meilleur en 2015 qu'en 2014 (+0,3 % contre -0,3 %), le PIB grec affiche en volume encore une légère croissance de 0,07 %. Il est possible d'espérer que la contraction sera inférieure aux prévisions de la Commission européenne (-1,4 %) et du mémorandum (-2,3 %). Le dernier trimestre sera déterminant de ce point de ce point de vue. Il jouera sur un effet de base plutôt positif, car le dernier trimestre de 2014 avait été faible (-0,5 % sur un trimestre), mais la sévérité des mesures mises en place par le gouvernement en octobre et novembre laisse présager d'un mauvais trimestre.

Programme chargé pour Alexis Tsipras

Alexis Tsipras, le premier ministre hellénique, peut cependant espérer que la recapitalisation des banques qui aura lieu dans les semaines à venir, conduise à une stabilisation de la situation. D'autant que, une fois cette mesure prise, la BCE pourrait accorder à la Grèce une dérogation pour la faire entrer dans son programme de rachat d'actifs publics (« QE »), deux éléments qui pourrait permettre une levée des restrictions de retraits de fonds et de circulation des capitaux. Mais le poids des « réformes » risque d'être considérable, notamment celle des retraites.

Car les créanciers demeurent très exigeants. Ce vendredi 27 septembre, l'Euro working group, le groupe de travail de l'Eurogroupe a publié 13 mesures à prendre avant le 11 décembre pour toucher la dernière tranche de la première partie du prêt du MES, soit un milliard d'euros. On y trouve la volonté de faire passer une nouvelle grille salariale dans le privé et le lancement de nouvelles privatisations pour commencer à alimenter le fameux fonds de privatisations de 50 milliards d'euros. Viendra ensuite, en décembre, la réforme, sûrement très douloureuse, du système de retraite. L'économie grecque sera donc encore mise à rude épreuve dans les prochains mois.

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Commentaires
a écrit le 30/11/2015 à 20:19 :
C'est normal, les Grecs n'ont plus envie d'enrichir les riches et les banques...Alors ils ne font plus rien...Et bien les Français sont sur la même voie...Le système capitaliste est il dépassé ?
a écrit le 30/11/2015 à 8:07 :
-1% Effondré semble excessif comme adjectif , diminué est plus juste
Que dira t-on lorsque le pib baissera vraiment de 10%

a écrit le 29/11/2015 à 16:29 :
Rien de surprenant puisqu'ils sont encore dans l'euro et l'UE, nous aussi, nous allons sur ce chemin et nous ne vivons que sur les réserves faites avant l’abandon de notre monnaie!
a écrit le 29/11/2015 à 9:27 :
Mr Godin est tout à son habitude.
"Quelle responsabilité ?" il faut vraiment être aveugle au pays de la lumière pour ne pas voir une responsabilité du gouvernement Grec actuel (et Tsipras) dans son bras de fer avec les créanciers du premier semestre pour ne pas comprendre. Quant à Yánis Varoufákis et sa théorie des jeux en politique dans l'art de la négociation, bonjour le résultat.
a écrit le 29/11/2015 à 3:47 :
Et pour les vrai réformes du pays impots des riches ,cadastres ,armateur ,budget de l arme ....... Il commence quand ???
a écrit le 28/11/2015 à 23:57 :
On avait aussi promis à Chypre qu'elle pourrait bénéficier du programme d'assouplissement quantitatif. Il n'en a rien été à ce jour.
a écrit le 28/11/2015 à 23:57 :
On avait aussi promis à Chypre qu'elle pourrait bénéficier du programme d'assouplissement quantitatif. Il n'en a rien été à ce jour.
a écrit le 28/11/2015 à 17:40 :
J'aurai dû prendre un pari. C'était évident. On ne remet pas les équilibres en équilbre en si peu de temps. J'espère que lors des prochaines échéances de remboursement Tsipras sera plus préparé à sortir des griffes de la BCE. De façon à montrer l'exemple.
a écrit le 28/11/2015 à 14:23 :
La comparaison avec la France est exagérée, au moins pour le moment, car la France, à la différence de la Grèce, dispose d'une masse d'épargne d'environ 4000 milliard d'euros, sur lesquels sont implicitement gagés les financements qu'octroient les marchés. Si la France ne se redresse pas, et que les taux commencent à monter, la charge de la dette, celle-ci est de 2140 milliards € explosera, ( une montée de 1% des taux couterait donc 21 milliards la première année), et sans croissance, il ne serait pas possible de faire autrement que d'aller chercher une partie du financement de ce surcout, auprès des épargnants. Il y a deux manière de faire, un emprunt obligatoire, autrement dit un impôt supplémentaire, ou bien l'instauration de taux négatifs sur les comptes en banque des Français. devant les piteux résultats de la gestion Hollande, il va devenir temps d'y penser. Bonjour chez vous
a écrit le 28/11/2015 à 13:55 :
Pour vivre réellement en Grèce, je ne peux que déplorer les mensonges proférés par cerains intervenants à la moralié et aux objectifs pour le moins douteux, qui se prétendent "dénonciateurs" mais qui ne sont en réalité que des menteurs aigris. Simple bêtise de leur part ? Propos malsains de trises personnages aigris coincés dans un pays qu'ils ne veulent pas connaître ? Malhonnêteté intellectuelle de leur part ? Peu importe : ce qui est clair, c'est qu'à grands coups de mensonges, il donnent - volontairement - une image totalement fausse de la Grèce et des Grecs qui - contrairement à ce qu'ils prétendent - fraudent moins le fisc et travaillent beaucoup plus que les français. ce qui, dans un cas comme dans l'autre, n'es guère difficile, il est vrai. Une question mérite cependant dêtre posée : pourquoi ces intervenants calomniateurs et menteurs restent-t-ils dans un pays qu'ils ne veulent pas connaître, qu'ils dénigrent et qu'ils haïssentt tant...imas dont ils profitent et abusent sans la moindre vergogne ? A moins d'y être forcé et de ne plus pouvoir retourner (libres, en tout cas...) dans leur pays d'origine, c'est incomprhensible. Par contre, s'ils ont été obligés de fuir "fissa fissa" leur pays d'origine parce qu'ils ont massivement fraudé le fisc, escroqué des particuliers ou des entreprises, voire commis des actes encore plus graves, cela devient tout de suite beaucoup plus clair. ce qui n'empêche une aure chose : ces intervenans en cavale se contentent simplement de critiquer, de démolir,... sans rien apporter de concret, de constructif... ou même tout simplemen de vrai dans leurs propos. Mentir et critiquer, c'est facile. Un peu trop peut-être. Même pour des petits personnages aussi aigris qui ne sont manifestement pas capables d'autre chose . Bizarrement, dès qu'il s'agit d'avoir l'esprit ouvert, d'être simplement lucide ou objectif, d'être (rêvons un peu) constructif, on n'entend plus les patrickb et consorts sans doute trop occupés à ne pas trop se faire repérer par les autorités de leur pays d'origine. Pitoyable, certes. mais cela prouve, si besoin éait encore, la qualité de l'accueil et l'ouverture d'esprit des Grecs qui n'ont pas encore foutus de tels immigrés hors des frontières.
Réponse de le 29/11/2015 à 12:11 :
Le probleme que j ai avec la Grec (et probablement le meme pour la majorite des gens) est qu effacer de la dette et donc donner de l argent que ce soit aux Grecs ou a n importe qui est un probleme pour les gens qui gerent leur budget sainement et payent des impots. Donc oui nous avons une vision negative sur cette aspect (gestion financiere) pour une raison simple. Ce n est pas votre cas?
a écrit le 28/11/2015 à 12:26 :
La première chose à retenir, c'est que lorsqu'un Etat, un peuple souverain, n'a plus la maîtrise de la création de sa monnaie il finit comme la Grèce.
Le deuxième élément, c'est que lorsqu'on confie aux banques privées le financement de l'Etat, les banques se "gavent" à bon compte sur le dos du citoyen, fiscalisable à merci.
Pour faire bonne mesure, je répète que le système économique dans lequel nous barbotons est MORT. Dans l'immédiat, à chacun de se débrouiller pour survivre. Ce qui conduira inévitablement à une crise de grande ampleur aux conséquences incalculables... suivie (peut-être) d'une séquence plus heureuse. (Ce n'est pas sûr et pas pour demain).
Réponse de le 28/11/2015 à 22:20 :
Même le Pape condamne le système de la mondialisation néo libérale. Oui ce système va mourir, mais à la différence du système soviétique qui est tombé comme un fruit pourri, le système néo libérale va disparaître après des soubresauts violents tels que guerre, catastrophes ecologiques. Ce qui est prévisible à court terme c'est que le système va se radicaliser.
a écrit le 28/11/2015 à 10:14 :
Voici le cas des États-Unis résumé par le professeur Wray :

« À une brève exception près, le gouvernement fédéral a été endetté chaque année depuis 1776. En janvier 1835, pour la première et seule fois de toute l’histoire des U.S.A., la dette publique fut éliminée, et un surplus budgétaire fut maintenu les deux années suivantes pour accumuler ce que le Secrétaire au Trésor Levi Woodbury appela « un fond pour faire face aux futurs déficits. » En 1837 l’économie s’effondra en une grande dépression qui mit le budget en déficit, et le gouvernement a toujours été endetté depuis. Depuis 1776 il y eut exactement sept périodes de surplus budgétaires substantiels avec une réduction significative de la dette. De 1817 à 1821 la dette nationale baissa de 29 % ; de 1823 à 1836 elle fut éliminée (les efforts de Jackson) ; de 1852 à 1857 elle chuta de 59 %, de 1867 à 1873 de 27 %, de 1880 à 1893 de plus de 50 %, et de 1920 à 1930 d’environ un tiers. Bien sûr, la dernière fois que nous avions un surplus budgétaire était durant les années Clinton. Je ne connais pas de ménage qui fut capable d’avoir un budget en déficit pendant approximativement 190 des 230 et quelques dernières années, et d’accumuler des dettes virtuellement sans limite depuis 1837.

Les États-Unis ont également connu six périodes de dépression. Les dépressions commencèrent en 1819, 1837, 1857, 1873, 1893, et 1929. (Ne remarquez-vous rien ? Jetez un œil aux dates listées au-dessus.) À l’exception des surplus de Clinton, chaque réduction significative de la dette en cours fut suivie d’une dépression, et chaque dépression fut précédée par une réduction de dette significative. Le surplus de Clinton fut suivi par la récession de Bush, une euphorie spéculative, et maintenant l’effondrement dans lequel nous nous trouvons. Le jury délibère encore pour savoir si nous pourrions réussir à en faire une nouvelle grande dépression. Bien qu’on ne puisse jamais éluder la possibilité d’une coïncidence, sept surplus suivis par six dépressions et demi (avec encore quelque possibilité pour en faire la parfaite septième) devrait faire hausser quelques sourcils. Et, au passage, nos moins graves récessions ont presque toujours été précédées par des réductions du budget fédéral. Je ne connais aucun cas de dépression engendrée par un surplus du budget des ménages. »

— L. Randall Wray
https://fr.wikipedia.org/wiki/Chartalisme
Réponse de le 28/11/2015 à 11:44 :
Hors sujet, @Etienne Chouard, les américains trouvent toujours un lobbyiste pour dire ce qu'ils veulent dire. Wray ne dit pas vrai si je peux me permettre et comme tous les publicateurs frénétiques, présente le plus souvent tout et son contraire .. on ne sait jamais. Comparer USA et Grèce dans un même modèle théorique en regardant dans le rétroviseur de l'autre est tout simplement aberrant. L'économie moderne ne s'embarasse pas des historio économistes pour retracer une position car le monde change. Lorsque c'est le cas, il s'agit uniquement d'une facilité démagogique empruntée pour vendre quelque chose, rien d'autre. La dette est une anticipation de réussite à créer des actifs tangibles et probants. Rien n'est certain et toute situation est différente. Si ce pari ne peut être tenu, c'est largement le cas de la Grèce, continuer à s'endetter revient plus qu'à la ruine, à la disparition du pays. Vous devriez le savoir comme historien car une civilisation portée par ce pays a déjà sombrée à jamais à cause des dérives d'endettement commis par l'Athènes criminelle de l'époque ancienne. Il s'agit donc non d'une idéologie donnant une réponse toute faite dont nous avons besoin mais d'un équilibre qu'il faut trouver.
Réponse de le 03/12/2015 à 11:39 :
Bonjour Corso,

Je peux me tromper, bien sûr, mais la récession vécue en Grèce me paraît inéluctable, prévisible, compréhensible, compte tenu des scandaleuses décisions monétaires qu’on lui impose de prendre.

• Dans notre monde où règne la DIVISION DU TRAVAIL, où les hommes ne sont plus du tout capables de subvenir à leurs besoins vitaux, nous avons tous VITALEMENT besoin les uns des autres ; donc, nous avons tous VITALEMENT besoin d’échanger ; et donc, nous avons tous VITALEMENT besoin, en suffisance, des MOYENS de l’échange, qui sont les signes monétaires (euros ou autres).

• Dans un système de monnaie-dette comme le nôtre (la monnaie apparaît quand on emprunte ; la monnaie disparaît quand on rembourse — tous les citoyens devraient savoir ça, attention), “le remboursement par un État de la dette publique” conduit mécaniquement, forcément, (par définition) à une énorme destruction de signes monétaires (d’euros par exemple).

• Et évidemment (enfin moi, ça me paraît évident), toutes ces montagnes d’unités monétaires détruites MANQUENT ensuite cruellement à toute la société : le corps social ne peut plus échanger comme il faut (et donc VIVRE), faute de moyens d’échanges.

Preuve par les faits : chaque fois que les USA ont tenté de rembourser leur dette publique (c’est arrivé sept fois dans leur histoire récente), il s’en est suivi une crise systémique majeure. Chaque fois. Est-ce qu’on peut débattre de ça ? Voir : link to fr.wikipedia.org

On peut donc, je crois, à la fois critiquer la politique criminelle qui consiste à exiger le remboursement de la dette publique, et critiquer plus généralement le type actuel de notre monnaie : une monnaie-dette, monnaie privée, chère, temporaire, aliénante et RARE (rare pour le commun des mortels, bien sûr ; pas rare pour les amis des créateurs de monnaie, qui la joue par milliards au casino de “la Bourse”), soit quasiment tous les défauts, si l’on veut bien y réfléchir, du point de vue de l’intérêt général :

1) Selon moi, un État digne de ce nom n’emprunte pas la monnaie dont le peuple a besoin : il la crée (au moment de toute dépense publique : investissement ou fonctionnement).

Et un État digne de ce nom détruit cette monnaie au moment où il collecte les impôts.

C’est donc lui qui peut, en dosant correctement ces deux mécanismes (dépense publique-création / impôt-destruction) décider (souverainement) de la quantité de signes monétaires en circulation :

• S’il y a trop de chômage, il décide de créer d’avantage de monnaie qu’il n’en détruit (il dépense plus que ce qu’il reçoit en impôts), pour approvisionner la société en monnaie.

On dit que l’État est alors — concept essentiel, soyez bien attentifs — “employeur en dernier ressort” (!) ;

• Et s’il y a trop d’inflation, il décide de détruire d’avantage de monnaie qu’il n’en crée (il dépense moins que ce qu’il collecte en impôts), pour rationner la société en monnaie.

Ces décisions (fondamentales car prospérité ou austérité se jouent là, en grande partie) sont POLITIQUES (et pas seulement techniques) et devraient impliquer toute la population, au lieu d’être confisquées par de prétendus “experts”, qui sont en fait presque tous en conflit d’intérêts (travaillant presque tous pour des banques privées).

2) Donc un État digne de ce nom ne connaît pas (ne peut pas connaître) de “dette publique”, qui est, si elle advient, un aveu de trahison, de sabordage de la souveraineté populaire. Le souverain, c’est celui qui crée et impose sa monnaie à toute la société : ce devrait être le peuple en corps qui débat de sa monnaie, commune par commune, pour commencer : chaque commune devrait avoir le droit et l’obligation, constitutionnellement, de créer et gérer (souverainement) sa monnaie locale.

Dans cet État digne de ce nom, il n’y a donc pas de banques privées, il n’y a que des établissements financiers, qui doivent emprunter l’argent qu’ils prêtent, sans pouvoir le créer. (Techniquement, ce qui distingue les “banques” des “établissements financiers”, c’est la possibilité ou pas de créer la monnaie prêtée.)

3) Mais dans la situation lamentable qui est la nôtre, où les États ont abandonné la création monétaire aux banques privées (art. 123 TFUE), et où les États doivent donc emprunter aux banques privées (et aux “marchés financiers”) la monnaie dont ils ont besoin pour assurer les services publics et les investissements publics, dans ce cadre-là de la monnaie-dette, le “remboursement de la dette publique” conduit à une immense destruction de monnaie, qui plonge MÉCANIQUEMENT toute la société dans la récession.

C’est simplement criminel.

La “dette publique” est — par construction, volontairement — un outil d’asservissement des peuples : largement testé et rodé dans les pays en voie de développement d’abord, et puis étendu aujourd’hui dans les pays riches. La purge de la dette publique (de sa création à son remboursement) est non nécessaire et ruineuse.

De mon point de vue, le cas de la Grèce en est une illustration parmi d’autres.

Bien à vous.

Étienne.
a écrit le 28/11/2015 à 10:12 :
Ceux qui rembourseront leur dette publique seront TOUS ruinés, forcément, mécaniquement ; les Grecs comme les autres :
http://chouard.org/blog/2014/10/01/pourquoi-il-ne-faut-surtout-pas-rembourser-la-dette-publique/
#élusincompétents
a écrit le 28/11/2015 à 9:57 :
On gagne à tous les coups, quand on prédit que les statistiques montreront ce qui est évident à tous.. Où sont les excédents budgétaires tant promis..?
a écrit le 28/11/2015 à 8:50 :
Fin juin/ début juillet, on était au summum de la crise grecque :
Des amis, qui se rendaient dans une résidence secondaire en Grèce, partaient avec des bidons de carburant pour pouvoir repartir en cas de blocus ! Mais eux n'avaient plus vraiment le choix de la destination!
D'autres, qui n'avaient pas encore réservé leur séjour de juillet, se sont reportés sur l'Espagne...
Perso, j'ai pus décaler mes vacances à septembre, et on a donc constaté que l'on pouvait séjourner en Crète sans risque... mais pour la plupart des touristes, le mal était fait !
Conclusion : la chute du tourisme de cet été n'est pas une surprise...
a écrit le 27/11/2015 à 21:49 :
Voilà le résultat de 10 mois de Syriza. Ils ont menacé, gesticulé, improvisé, virevolté, pour revenir au point de départ. Entre-temps, ils ont détruit son économie, ruiné ses entreprises, et brisé le moral de sa population.
Il va pourtant y en avoir pour dire que c'est la faute de l'Europe, de Merkel, de Draghi, du capitalisme, et tutti quanti...
Réponse de le 28/11/2015 à 10:42 :
C'est vrai, c'est la faute des ouvriers, des malheureux, des fainéants de sdf qui veulent pas travailler pour rien, des retraités qui se gavent avec 400€ de retraites qui en plus ne veulent pas participer au remboursement des dettes des banques, alors que la gentille merkelita ne leur veut que du bien, la preuve les grandes entreprises teutonnes se ruent pour acheter des iles (pas chères, de toutes façon qui en veut hein?)
Ah oui c'est aussi la faute des malades sans sécu qui osent encombrer les hopitaux pour se faire soigner gratis ! on aura tout vu !
Quand ca va pèter, parce que ça va péter, vient pas te planquer dans ma cave Onze.
Réponse de le 28/11/2015 à 14:47 :
Mon pauvre Onze, le vrai mouton de base. C'est vrai qu'avant syriza la situation était formidable en grece. La faute est bien évidemment à l oligarchie mondiale. Si tu regardes bien tous les pays du monde qui ont confiés la création de la monnaie aux banques privées sont ultra endettés, les USA y compris pourtant on ne peut pas dire qu il aient un système d aides sociales ..
Réponse de le 28/11/2015 à 19:47 :
Ce n'est ni la faute des pauvres, ni celle des malades, c'est juste la faute de Syriza et de sa clique d'incapables. Fin 2014, le pays commençait lentement à se redresser, mais un an de Syriza, et il est plus ruiné que jamais. Seuls les aveugles ne le voient pas.
a écrit le 27/11/2015 à 21:09 :
Il fallait le prévoir, en France le chômage explose, les entreprises s'essoufflent, le commerce n'est pas florissant, avec ce qui vient de se passer, il faudra prendre une aspirine le matin, et le soir un antidépresseur, pour ne pas trop penser dans la nuit, de ce que l'avenir nous réserve,
a écrit le 27/11/2015 à 21:04 :
Est-ce un problème ?
Cordialement
Réponse de le 28/11/2015 à 9:41 :
Effectivement les grecs font des conneries depuis 50 ans !!
Ça doit juste nous rappeler que les dettes ça se paye et qu'être entre les mains de son banquier ce n'est pas très agréable
Il faut qu'on arrete les deficits !!
a écrit le 27/11/2015 à 21:01 :
Que le tourisme ait fortement pâti des errements politiques grecs qui ont causé le contrôle des capitaux, qui s'en étonnerait ? Comme c'était prévisible Syriza n'a rien apporté de positif à son pays ni à l'UE et a laissé s'ouvrir une brèche béante dans les frontières extérieures de l'espace Schengen, où se sont engouffrés des centaines de milliers de migrants parmi lesquels certainement pas mal de terroristes.
Réponse de le 27/11/2015 à 23:54 :
Et l'UE ? elle a apporté quoi de positif à la Grèce ? Quant aux réfugiés, ils convergent vers la Grèce ou l'Italie pour une simple question de situation géographique. Dans l'état de délabrement économique où se trouve la Grèce elle n'est pas particulièrement bien armée pour assumer seule ces flux migratoires. Et cela pose aussi de gros problèmes à l'Italie. C'est là que l'UE devrait intervenir de manière volontariste et en y mettant les moyens.
a écrit le 27/11/2015 à 20:19 :
La preuve éclatante que la politique prônée par Berlin et Bruxelles est un échec complet. Après le désastre économique, l'Allemagne a également imposé un désastre migratoire en lançant un gigantesque appel d'air migratoire..... Comme toujours, ce pays semble n'apporter que la chaos au continent!
Réponse de le 27/11/2015 à 21:13 :
Ben justement, je me demande qui de la Grèce et de l'Allemagne est responsable du tsunami migratoire dans lequel se sont d'ailleurs dissimulé un certain nombre de brebis galeuses. C'est la passoire grecque qui est en premier lieu responsable.
Réponse de le 28/11/2015 à 16:13 :
Bonjour l'amalgame de choses qui n'ont strictement rien à voir les unes avec les autres. Ceux que vous surnommez "brebis galeuses" et que d'aucuns qualifient de "terroristes" (c'est marrant comme, comme c'était lors de la 2e G.M., les "terroristes" des uns sont les "résistants" des autres. N'empêche que ce sont jusement ceux quil parlaient de "terroirstes" qui ont pris la pâtée finale .. A méditer ...) sont une riposte tout à fait logique aux agissements agressifs et injustifiables d'une france qui n'est jamais que le nervi et l'exécuteur des basses oeuvres des usa. Une france qui, par ailleurs, fait tout (et n'importe quoi..) pour faire des affaires avec le Qatar et l'Arabie Saoudire qui, de notoriété publique, sont les financiers de daech & Cie. faisant par là même de la france un complice direct de ce même daech. Quand la Grèce arrêtera de se faire escroquer par la france (à qui la Grèce rapporte des dizaines de millions chaque année et qui a une dette 7 fois supérieure à celle de la Grèce), la bce et l'allemagne, notamment, la Grèce aura les moyens d'assurer le conrôle du flux migratoire. En attendant, l'europe récole fort judstemen ce qu'elle a semé. La france et quelques pays complices on semé - sous de sprétextes aussi mensongers que ceux de la famille Bush - le chaos en Libye, en Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Tunisie... Il est logique que non seulement, elle doive faire face à un flux migratoire mais aussi qu'elle soit la cible logique d'une réponse inévitable. Unfait n'es jamais perdu, une mauvaise action non plus. Avec les récents évènements, la france se rerouve placée face à ses méfaits et ses responsabilités. Même si elle a pour habitude de ne jamais rien assumer.
a écrit le 27/11/2015 à 19:14 :
France : l'économie s'est effondrée au quatrième trimestre.... le prochain article de la tribune !
a écrit le 27/11/2015 à 19:10 :
Ce qui se passe en France est le début d'une mauvaise nouvelle pour les grecs. La comédie, ça ne passe plus.
a écrit le 27/11/2015 à 17:28 :
Une économie dépendante de sa consommation et du tourisme est forcément fragile. La France se porte à peine mieux grâce à certains de ses fleurons technologiques. Ceux-ci étant bradés, coulés et/ou abandonnés par nos politiques, notre avenir est tout tracé si nous ne réagissons pas.
a écrit le 27/11/2015 à 17:13 :
le titre me parait pour le moins exagéré??? beaucoup de grecs semblent etre parti donc par tete de pipe la baisse du pib est peut etre a rélativisé ensuite les pratiques grecques n'ont pas disparues, le liquide l'absence de factures.... donc tout ceci est approximatif il est exact que certains services publics ne payent plus...ce qui ne veut pas dire que l'activité soit en berne;.. les banques ne pretent plus.... donc tout est a relativisé mais on pourrait s'attendre a un effrondement de l'activité déclarée...... comme partout d'ailleurs
a écrit le 27/11/2015 à 17:04 :
Le pays paie la folie Tsipras. D'une position à évolution lente et tranquille, la girouette gauchiste l'a fait passer à une réforme en tornade qui punit durement les plus faibles. La question peut se poser de savoir qui a favorisé l'arrivée de cet ovni dans le jeu ? C'est en effet un enfer ultra libéral qu'il impose à son pays contre rien en retour. C'est ce que cache la "lutte" contre l'austérité. Bravo.
Réponse de le 27/11/2015 à 21:09 :
voir un ultra-libéral forcené en Tsipras version 2.0 est quand même un peu osé (voir notamment ses atermoiements sur les expulsions). . Et quand un pays connait la situation de la Grèce le libéralisme est la seule porte de sortie.
Réponse de le 28/11/2015 à 11:58 :
Vous avez raison en apparence, @bruno_bd, cependant Tsipras a effectué un renversment qui est peu dans les habitudes gauchistes à ce point. On peut penser qu'il a été préparé, téleguidé, financé et accompagné pour en arriver là, ce qui fait peser un doute certain sur sa position économique réelle. Le personnage lui, est connu : on sait que c'est un opportuniste. Par ailleurs c'est une porte d'entrée plus que de sortie qu'il faut trouver pour le pays, arranger ses affaires n'est pas signe de libéralisme mais de réalisme. Le libéralisme est une théorie empirique bien mal définie qui peut être un tempo pour certains aspects, mais pas une économie de fond.

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