Grèce : les manifestations se multiplient face aux nouvelles mesures d'austérité

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Selon la police, plus de 10.000 personnes auraient manifesté à Athènes, en réponse au projet de loi comprenant de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses d'impôts.
Selon la police, plus de 10.000 personnes auraient manifesté à Athènes, en réponse au projet de loi comprenant de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses d'impôts. (Crédits : REUTERS/Alkis Konstantinidis.)
Un nouveau volet de rigueur, réclamé par l'UE et le FMI, doit entraîner de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses d'impôts. Une condition que doit remplir la Grèce pour le déblocage d'une tranche de 7 milliards d'euros des prêts internationaux.

« La balle est dans le camp des créanciers, à leur tour d'honorer leurs engagements comme nous l'avons fait », a annoncé le Premier ministre grec, Alexis Tsipras devant la presse. Jeudi 18 mai, les députés ont adopté de nouvelles mesures d'austérité. Il s'agit là d'une baisse des pensions de retraite (4,9 milliards) et de hausses d'impôts réclamées par les créanciers internationaux : l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

Cette série de nouvelles mesures a été approuvée faiblement par la coalition gouvernementale soit 153 députés sur les 300 du parti de gauche radicale anti-austérité Syriza d'Alexis Tsipras et du petit parti souverainiste Anel. Ainsi, sur les 281 députés présents, 128 ont voté contre. Néanmoins, la majorité des députés de tous les partis (de la droite de la Nouvelle-Démocratie aux communistes KKE) a approuvé les deux articles de la nouvelle loi prévoyant la suppression des avantages fiscaux des députés et la réduction de la TVA pour l'équipement agricole de 24% à 13%.

Le parti néo-nazi Aube dorée, représenté au parlement par 17 députés, n'était cependant pas présent puisqu'ils ont été exclus de la cession après que l'un des leurs a harcelé un député de droite dans la salle de l'Assemblée.

«Nous attendons une décision et méritons une décision de l'Eurogroupe»

Ces nouvelles mesures doivent être appliquées dans les années suivant la fin du plan d'aide actuel, c'est-à-dire entre 2019 et 2021, dans le cadre du budget de moyen terme débattu depuis lundi au parlement. Elles incarnent une condition pour le déblocage d'une tranche de 7 milliards d'euros du plan d'aide en vigueur (2015-2018). Cette somme servira, entre autres, à rembourser quatre milliards d'euros à la BCE le 20 juillet prochain et deux milliards à des investisseurs privés. D'autres mesures font partie de cette nouvelle loi telles que les aides sur les loyers et les médicaments pour les plus démunis.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras espère que ces nouvelles mesures d'austérité entraîneront la discussion de l'allègement de son exorbitante dette - 179% du PIB. Il impute régulièrement à l'Allemagne le retard des négociations sur l'allègement de sa dette.

« Nous attendons et nous méritons une décision lundi lors de l'Eurogroupe sur le règlement de la dette publique, qui correspondrait aux sacrifices du peuple grec », a insisté le Premier ministre.

Dans les rues, les Grecs réagissent

Dans les rues, la réponse a été instantanée. Pendant le vote de ce nouveau volet de rigueur, près de 10.000 personnes, selon la police, manifestaient le jeudi soir devant le parlement à l'appel des syndicats, notamment PAME, proche du parti communiste grec (KKE). Les banderoles affichaient des messages de rejet du plan de rigueur: « Non aux plans d'aide! Non à l'austérité! »

 Au cours de la soirée, en marge de la manifestation, de courts incidents ont éclaté sur la place Syntagma, dans le centre d'Athènes. Un groupe d'individus a lancé des cocktails Molotov devant le bâtiment parlementaire. La police n'a pas tardé à riposter avec des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

La veille, mercredi 16 mai, ce sont près de 16.000 qui s'étaient réunies dans les rues d'Athènes et Thessalonique dans le cadre d'une grève de 24 heures observée par les syndicats du privé et du public.

(avec agences)

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a écrit le 20/05/2017 à 18:00 :
"Austérité. Un remède pire que le mal" http://www.courrierinternational.com/article/2013/05/30/un-remede-pire-que-le-mal
a écrit le 20/05/2017 à 14:48 :
Pourquoi ne pas faire comme les Russes à l'époque et tout simplement ne plus payer la dette et se rapprocher de la Russie de Poutine ?
a écrit le 20/05/2017 à 0:48 :
la grece c'est nous dans 5 ans => de ne pas sortir de l'euro c'est mourir doucement en privatisant, délocalisant, et augmentant les impôts et les charges pour rembourser les intérêts de la dettes.
Réponse de le 20/05/2017 à 9:40 :
@jul: La France, c'est déjà la Grèce. Je lisais récemment que la France est le pays d'Europe où les prélèvements fiscaux sont les plus lourds (40% en France, 36% en Grèce et 34% en Allemagne). Ce qui me surprend tout de même, c'est le niveau des prix des produits de consommation courante en Grèce qui sont les mêmes, voire plus chers pour certains, qu'en France. Dans des pays vraiment pauvres, ces prix sont habituellement ridicules, par exemple 5 à 10 centimes le kilo de fruits et légumes divers au Nicaragua. On voit de belles voitures en Grèce et l'essence y est le double du prix au Canada. Bien entendu, je ne connais pas tous les endroits en Grèce, mais je ne vois pas de maigrelets en loques dans les rues. Leur pauvreté est donc relative. Pour moi, les Grecs sont des faisans qui nous prennent pour des billes, mais heureusement que les Allemands ne se laissent pas duper, parce qu'ils doivent probablement avoir des gens sur le terrain qui constatent la même chose que moi :-)
Réponse de le 20/05/2017 à 9:58 :
C’est à peu près cela. On va évoluer progressivement vers la situation de la Grèce, même si ça peut prendre un peu plus que 5 ans. Il faudrait redevenir compétitif pour qu’il y ait une certaine logique économique à maintenir une activité industrielle exposée à la concurrence en France. La restauration de sa compétitivité passerait par diverses mesures dont la sortie de l’Euro (qui est plus facile à dire qu’à faire) et une dépréciation de la monnaie pour essayer de rétablir la compétitivité avec une moindre baisse du pouvoir d’achat comparativement à la dévaluation salariale qu’il faudrait faire dans la zone euro et l’union européenne pour y redevenir compétitif, où la baisse du pouvoir d’achat requise serait beaucoup plus importante et où les problème liés de surendettement, de déflation ou inflation faible et de chômage élevé seraient quasiment insolubles, sauf dans mesures d'austérité sans cesse plus importantes (situation de la Grèce aujourd'hui).
Réponse de le 20/05/2017 à 15:39 :
@Patrickb : vous n'en avez pas marre de raconter co**eries sur co**eries ?
Vous vous contentez d'opposer le montant des prélèvement fiscaux, et ? Le taux de paiement est-il le même ? Je ne pense pas non. Pour écrire des inepties il y a du monde mais pour faire preuve d'un minimum de réflexion il n'y a plus personne...
Vous ne voyez pas de maigrelets en loques dans les rues ? Vous n'avez donc jamais mis les pieds à Athènes (vous savez la capitale de ce pays) dont les rues sont remplies de mendiants de tout âge (et cela empire depuis 5 ans).
Comparer la France à la Grèce : le sport favori des Trolls après l'élection d'Hollande. Pourquoi je ne vous entends pas vous réjouir de voir le taux de chômage en France actuellement inferieur à celui de 2012 (donc avant l'élection de Hollande).
Réponse de le 20/05/2017 à 20:18 :
@pois chich: 1) un prélèvement de 40% est forcément supérieur à un prélèvement de 36%, sauf peut-être pour les bac +2, merci Jospin. 2) Les pauvres que je vois quand je passe à Athènes sont des étrangers, principalement des "réfugiés" de passage avant de partir pour l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, etc. 3) une hirondelle ne fait pas le printemps et tout le monde sait que Hollande et sa bande veulent embellir son mandat catastrophique, Cela dit, je me réjouis tout le temps d'une économie qui fonctionne et d'un taux de chômage faible, parce que quand ça va pour les autres, ça va aussi pour moi :-)
a écrit le 19/05/2017 à 18:29 :
Après les avoir presser comme des citrons pendant 10 ans voila maintenant qu'on veut les essorer jusqu’à la dernière goutte, jusqu'au dernier centime ! £
Regardez par vous même : http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2015/03/21/sept-graphiques-eloquents-sur-le-tsunami-de-l%E2%80%99austerite-en-grece/

Et pourquoi pas les réduire en esclavage au point ou on en est ???
Au rythme ou ça va, bientôt ils vont devoir travailler gratuitement pendant 50 ans pour rembourser la dette ........
a écrit le 19/05/2017 à 18:00 :
Ils attendent quoi les Grecs pour renverser ce Pantin de l'U E il faut qu'ils sortent de ce carcan et surtout sortir de cette souricière qu'est l'Europe !!!!!
Réponse de le 19/05/2017 à 21:32 :
Ils ne le font pas... surprenant n'est-ce pas... A croire qu'ils ont compris que la potion serait encore bien plus amère.

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