La BCE va tenter de sauver sa crédibilité avec de nouvelles mesures

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La BCE doit jeudi réussir à convaincre de sa capacité à redresser les anticipations d'inflation.
La BCE doit jeudi réussir à convaincre de sa capacité à redresser les anticipations d'inflation. (Crédits : Reuters)
Jeudi 10 mars, Mario Draghi va prendre de nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif. L'enjeu sera de rassurer les marchés sur sa capacité à maîtriser le risque déflationniste. Un défi de plus en plus difficile.

C'est peu de dire que la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE jeudi 10 mars est attendue. Après 3 décembre, où les annonces du président Mario Draghi avaient tant déçu, ce dernier a tenté de corriger le tir le 21 janvier en annonçant à mots à peine couvert une nouvelle vague de mesures en mars. Depuis, l'attente est devenue encore plus forte. Et pour cause : les indicateurs reviennent progressivement dans le rouge. Le sentiment économique de la zone euro se dégrade dans la foulée du ralentissement chinois depuis le début de l'année, le PMI manufacturier a ainsi reculé de 52,3 à 51,1 : encore en zone positive, mais en forte chute...

Réagir à la baisse de l'inflation

L'élément qui place encore davantage la BCE sous pression, c'est le chiffre d'inflation pour février. Non pas tant parce qu'on y a encore connu une baisse des prix de 0,2 %, mais parce que le chiffre sous-jacent, hors effet de l'énergie, a également chuté. « Il y a dans ce recul de l'inflation sous-jacente des éléments inquiétants auxquels la BCE se doit de réagir fermement », souligne Frédérik Ducrozet, économiste chez Pictet Wealth Management à Genève. Ces éléments inquiétants, ce sont les « effets de second tour », autrement dit une forme de « contagion » de la baisse des prix de l'énergie vers d'autres biens et services. Un danger que Mario Draghi avait publiquement mis en avant le 21 janvier. Et pour cause : si cette « contagion » se produit, « l'effet de base » des prix de l'énergie qui devrait faire remonter l'inflation (et que l'on attend toujours) sera plus faible. Les anticipations d'inflation ne remonteront donc pas.

Effacer le « couac » du 3 décembre

Or, dans l'esprit de l'institution, c'est le redressement de ces anticipations qui est la clé du succès de sa politique. Si le marché (et, donc, pour la BCE, les agents économiques) anticipe davantage d'inflation, les comportements s'ajusteront : le futur s'éclaircira, investir et embaucher sera plus simple. Sinon, les agents économiques s'attendront à un ralentissement de la baisse des prix. Ils se montreront davantage prudents et reporteront leurs actions, sans risque puisque l'inflation est faible. L'avantage du présent disparaîtra devant celui du passé et la logique déflationniste aura gagné. Il est donc impératif pour la BCE de convaincre les marchés qu'elle est déterminée à combattre l'inflation faible afin d'agir sur leurs anticipations. Et pour cela, il lui faut absolument faire oublier le «couac » du 3 décembre.

Prendre en compte l'opposition de la Bundesbank

Comment faire ? La BCE n'a cessé de dire qu'elle avait encore assez d'outils à sa disposition. Mais, jeudi, elle devrait surtout amplifier l'usage des outils déjà existants. Malgré une politique désormais très accommodante, la BCE demeure par essence une institution prudente, soumise à de multiples contraintes, parfois contradictoires. La difficulté de l'exercice consistera pour Mario Draghi à lancer un message fort jeudi, tout en restant dans des limites acceptables au regard de ses adversaires, notamment de la Bundesbank. Car si son président, Jens Weidmann, ne votera pas lors du Conseil des gouverneurs de ce jeudi, il sera présent et conserve une influence certaine sur l'assemblée.

Encore plus d'argent dans le QE

La première mesure, la plus attendue, conserve le programme de rachat d'actifs publics, souvent identifié à l'assouplissement quantitatif (QE). Le 3 décembre, la BCE n'avait que prolongé jusqu'en mars 2017 ce programme, ce qui avait beaucoup déçu un marché qui attendait une augmentation du volume des rachats. « L'allongement de la durée du programme n'a pas d'effet immédiat, il ne répond pas aux inquiétudes actuelles. Les marchés ne s'occupent pas pour le moment de mars 2017, ils veulent des mesures efficaces maintenant », explique Frédérik Ducrozet qui considère que la date de fin du programme pourrait ne pas changer jeudi. Cette fois, la BCE rajoutera en revanche sans doute entre 10 et 15 milliards d'euros au programme de rachat actuellement fixé à 60 milliards d'euros mensuels. Ceci représenterait une hausse de 17 à 25 % des injections de liquidités. En tout, d'ici à mars 2017, 110 à 165 milliards d'euros de plus. Frédérik Ducrozet imagine même une action plus forte : « la BCE pourrait augmenter temporairement les rachats à 20 milliards d'euros mensuels pour frapper fort, quitte à ralentir ensuite lorsque les inquiétudes actuelles seront passées. »

Le problème de la rareté des titres à acheter

Ce sera, en tout cas, le cœur du message de Mario Draghi : le QE2 est plus fort que le QE1. Reste une contrainte : les titres disponibles au rachat sont de moins en moins nombreux. La BCE s'est en effet donnée deux contraintes lors de la création de son QE : ne pas acheter des titres au rendement inférieur à son taux de dépôt et ne pas acheter plus de 33 % d'une dette pour ne pas influer sur le marché et ne pas être soumise aux clauses collectives qui, en cas de défaut, contraindrait la BCE à accepter une restructuration. Ces deux éléments étaient des gages donnés à l'Allemagne pour l'assurer que la BCE ne réalisait pas d'opérations « risquées » ou « à perte. » Dans le même esprit, les volumes des rachats par pays ont été fixés proportionnellement à la clé de répartition du capital de la BCE. L'Allemagne et la France sont donc les deux principales dettes concernées.

L'ennui, c'est que ces « garanties » données à la Bundesbank limitent considérablement le stock de titres à racheter. Aujourd'hui, la moitié des titres allemands sont inéligibles pour cause de baisse des taux et, comme l'Allemagne se désendette, la difficulté ne va cesser de croître. Pour rendre son action crédible, Mario Draghi devra donc l'accompagner de mesures permettant d'élargir le spectre des achats. Cet élargissement pourrait être l'occasion de rapprocher le QE de l'économie réelle en rachetant des prêts non titrisés, voire des actions d'entreprises européennes, mais aussi de cibler le QE sur des économies plus fragiles comme ceux du sud de l'Europe. Le problème, c'est qu'il s'agit d'une « ligne rouge » de la Bundesbank et qu'un tel élargissement pourrait provoquer une nouvelle plainte devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.

Quelles mesures d'accompagnement ?

On voit le dilemme de la BCE : ou ne rien faire et risquer une perte de crédibilité des mesures annoncées car le marché se posera la question de la faisabilité des rachats, ou agir et affronter l'Allemagne. Mario Draghi pourrait choisir d'agir prudemment en élargissant le QE à de nouvelles structures parapubliques (les « agences » dans le jargon de marché) comme ERDF ou RFE, par exemple. Mais, prévient Frédérik Ducrozet, il n'y aura pas d'élargissement massif des rachats à d'autres types de produits. « La BCE veut aussi se conserver des armes pour l'avenir », ajoute-t-il. Il sera, en tout cas, intéressant d'observer si Mario Draghi va plus avant dans son combat contre la Buba en s'attaquant à la clé de répartition des achats ou à la limite du taux de dépôt pour le rendement des titres rachetés. Dans les deux cas, Jens Weidmann pourrait y voir un casus belli qui favoriserait le financement des « mauvais élèves » de la zone euro et ferait prendre des risques aux contribuables allemands.

Troisième action : une nouvelle baisse du taux de dépôt ?

La BCE devrait également annoncer une nouvelle baisse de son taux de dépôt de 10 points de base, donc de -0,3 % à -0,4 %. « Cette nouvelle baisse est indispensable pour répondre aux attentes du marché », assure Frédérik Ducrozet. L'institution irait donc plus avant en territoire négatif, mais, en réalité, elle se contentera de s'ajuster aux attentes du marché avant le 3 décembre. Le but de cette baisse des taux est, rappelons-le, la même que celle d'une baisse du taux de refinancement en période « normale » : il s'agit de favoriser la circulation des excès de liquidités issues des rachats de la BCE pour faire baisser le taux interbancaire et favoriser ainsi les prêts à l'économie réelle. L'efficacité de ce schéma reste cependant à démontrer et l'ambition de ces taux négatifs est souvent plutôt de peser sur la devise. Or, la BCE a besoin d'urgence que l'euro s'affaiblisse davantage pour exercer une pression haussière sur l'inflation. Après l'entrée de la Banque du Japon en territoire négatif également, la réponse semblait devoir s'imposer.

Le risque bancaire

Reste que, là aussi, le mouvement n'est pas simple. Ces taux négatifs agitent le marché qui craint un impact sur la rentabilité d'un secteur bancaire dont la santé n'est pas assurée. Une crainte alimentée, du reste, par le secteur lui-même, qui se plaint beaucoup des taux négatifs. Selon Frédérik Ducrozet, ces craintes sont exagérées : « j'estime le coût des taux négatifs à environ 2 milliards d'euros, ce qui est gérable au regard des bénéfices cumulés qui s'élèvent à 315 milliards d'euros. » Mais, là encore, l'effet psychologique joue. L'abaissement du taux négatif pourrait alimenter encore les craintes sur la rentabilité des banques. Nouveau dilemme, donc pour la BCE, soumise à un besoin de couper ses taux et à un risque de provoquer une crise du secteur bancaire.

Un taux négatif à « deux niveaux » ?

Pour le résoudre, une solution « à la suisse » semble se dessiner. Comme dans la Confédération, la BCE pourrait décider de ne taxer les excès de liquidités qu'au-delà d'une certaine proportion. Les banques disposeraient alors d'un « coussin de sécurité » et seraient moins touchées par le coût du taux négatif, même plus élevé. Benoît Cœuré, le membre français du directoire de la BCE, a évoqué ce mécanisme voici peu. Mais cela ne risque-t-il pas de réduire l'efficacité, déjà contestée, des taux négatifs ? « Pas vraiment, estime Frédérik Ducrozet, car sur les 700 milliards d'euros d'excès de liquidité, 300 milliards seulement sont « utilisés » pour faire baisser les taux. » Par ailleurs, les « excès de liquidité » concernent de « l'argent de banque centrale » qui ne circule qu'entre les banques et la banque centrale. Ce montant va logiquement augmenter avec le QE, réduisant l'impact du « coussin de sécurité. »

La BCE est-elle encore crédible ?

Reste une dernière question, la plus centrale : la BCE peut-elle, malgré tout, encore convaincre ? La BCE a engagé sa baisse des taux en octobre 2013, elle a pris ses premières mesures non conventionnelles en juin 2014 et a lancé son QE en mars 2015. Et l'inflation reste désespérément basse. Même si la BCE conserve des armes, sa capacité à agir réellement s'émousse. Les outils qui demeurent à sa disposition commencent à s'amenuiser. On sait que les prochaines étapes seront plus délicates à mettre en place, en raison de l'opposition allemande. Surtout, les marchés commencent à prendre conscience que le QE n'a qu'un caractère « défensif » contre la déflation, mais que sa capacité à faire remonter l'inflation est faible. Or, dans un contexte international où les banques centrales sont fortement en concurrence pour « exporter » leur déflation, la tâche devient très difficile.

Les limites de la politique monétaire

Rajouter 10, 15 ou 20 milliards d'euros mensuels au QE sera-t-il alors suffisants pour rétablir cette crédibilité ? Sans doute à très court terme pour rassurer les marchés et stabiliser la situation. Mais la BCE est en permanence sur la corde raide. « La BCE est crédible tant qu'il y aura une augmentation même lente de l'inflation sous-jacente », estime Frédérik Ducrozet. Mais plus l'inflation reste faible longtemps, plus il est difficile de redresser les anticipations, et plus l'inflation demeure faible : c'est la principale leçon de l'histoire récente du Japon. Or, la BCE, isolée, utilise et renforce un outil qui a montré son incapacité à redresser l'inflation. Et si le problème n'était pas quantitatif, mais qualitatif ?

De plus en plus, il semble évident que sans utilisation du levier budgétaire, la bataille de la BCE est perdue d'avance. Elle combat une réalité qu'elle maîtrise de moins en moins bien. « Sans recours à une politique d'investissement public forte, le QE conduit à des mauvaises allocations des ressources et a un impact faible sur l'inflation et l'action de la BCE semble vaine », remarque Christopher Dembik, économiste chez Saxo Bank. Lequel redoute un scénario à la japonaise : « Au Japon, l'action budgétaire a été trop tardive et redresser les anticipations des agents économiques relève de la gageure, c'est ce qui menace désormais la zone euro. » Tout se passe comme si la politique monétaire, sur laquelle les Etats se sont quasi exclusivement appuyés depuis 2007, arrivait au terme de ses possibilités.

Les contradictions de la BCE

Sauf que, dans le cadre budgétaire de la zone euro, encore renforcé en 2011 et 2012, le levier budgétaire est inopérant. Il l'est d'autant plus que l'Allemagne, qui dispose de marge de manœuvre, refuse d'agir. Et la BCE est prise dans un piège. En tant qu'institution, elle ne peut remettre en cause le cadre budgétaire et, mercredi 2 mars, Benoît Cœuré a ainsi martelé qu'il n'y a pas de marge de manœuvre budgétaire. Et pourtant, elle ne peut plus être efficace sans ce levier budgétaire. Elle est donc prise dans ses contradictions. Le risque, c'est que le marché ne croit plus à sa capacité à agir seule. Comme la politique budgétaire ne viendra pas, la BCE risque de ne plus convaincre à terme. Et la reprise en zone euro, déjà faible, sera désormais en grand danger.

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a écrit le 12/03/2016 à 10:06 :
DESORME DEUX CHOSE RESTE POSSIBLE POUR LUTER CONTRE CONTRE CE PHENOMENE DE RISQUE DE DEFLATION ? C EST LA RELANCE DES FAIBLES REVENUES EN EUROPES? BIENTOT 25 MILLONS DE CHOMEURS ? ET LA BAISSE DE LA VALEUR DE L EUROS? CAR CEST LA MELLIEUR FACON DE S ADAPTEZ A LA CONJONCTURE ECONOMIQIUE DEFLATIONISTE MONDIAL ???
a écrit le 11/03/2016 à 11:05 :
"Faites vos jeux.rien ne va plus" ben oui, calme plat et mer d'huile. Pas bon pour les affaires ça, une com. de XX% sur zéro échangé, ben cela fait zéro... Et nos pauvres banques qui sont si fragiles (lol). Il va bien falloir un jour trouver le moyen de se passer de prestataires de service aussi peu fiable ! Avec la planète interconnecté en temps réelle,LA monnaie électronique (j'allais dire ''virtuelle'' re-lol) cela ne devrait pas être aussi impossible que cela... A j'oubliai, probablement un problème politique, de gouvernance en quelque sorte... Non finalement vous avez raison, c'est foutu...
Les gars j'ai peur qu'il va falloir que l'on se prennent en main !
a écrit le 09/03/2016 à 23:59 :
Une nullité ce Président, heureusement que Merkel tire les ficelles en coulisse...
a écrit le 09/03/2016 à 21:13 :
Le principe d'une monnaie unique n'est pas viable avec autant de pays qui ont des paramètres économiques aussi différents.

Cette monnaie, taillée sur mesure pour les allemands (c'était la condition sine qua non de son acceptation à l’époque par l’Allemagne réunifiée), leur a permis de s'engraisser sans frein sur le dos de leurs voisins, moins favorisés par une monnaie forte, alors que la fluctuation des monnaies nationales aurait du permettre un rééquilibrage.

Ensuite la mission, quasi caricaturale de cette BCE, l'empêche d'intervenir dans les politiques sociales des pays. A l'inverse de la Fed US, la lutte contre le chômage n'entre pas dans ses prérogatives.

Pour terminer, la BCE, comme les autres banques centrales, a pris la crise par le mauvais bout. Ce n'était pas les banques US qu'ils fallait sauver après 2008, mais les centaines de milliers de petits emprunteurs devenus insolvables par la faute même de leurs préteurs.

En remboursant les emprunts à la place des propriétaires on évitait des millions de foyers renvoyés à la rue, des banques devenues propriétaires de logements invendables car pléthoriques sur un marché en crise et in fine la crise des subprimes qui a déclenché tout le reste.
L'analyse reste valable pour l'Espagne et l'Irlande, ou la crise immobilière a été le facteur déclenchant.

La politique de QE n'a et n'aura aucun effet à court et moyen terme. Les banques ont déjà plus d'argent que nécessaire pour financer l'économie, sauf qu'elles ne le veulent pas !
Les sommes allouées sont dirigées vers des nouvelles bulles et pas l'économie réelle. L'effet sur la croissance et l'inflation sont nuls puisque cet argent est thésaurisé par les plus riches et disparait avant de circuler. Il vaudrait bien mieux que la BCE finance directement les programmes d'aides aux 25 millions de chômeurs de la zone Euro. L'effet sur la demande serait immédiat et enclencherait le cercle vertueux, que les cadeaux aux banquiers obèse n'obtiendront jamais.

Au passage, la BCE en gagnerait une certaine crédibilité et l'UE serait peut être meiux acceptée par les victimes des guerres économiques.
Réponse de le 09/03/2016 à 23:36 :
"A l'inverse de la Fed US, la lutte contre le chômage" Baratin commercial habituel des us. US GO HOME!
a écrit le 09/03/2016 à 16:37 :
Sa part....
Quelle horrible faute désolé
a écrit le 09/03/2016 à 16:29 :
La BCE a fait ça part du job depuis longtemps: faire baisser l'euro pour booster nos exportations et faire baisser les taux pour les Etats et les entreprises.
La BCE ne pas pas tout faire!
Maintenant aux Etats de jouer le jeu. Réformer leur économie (la France surtout), investir dans la recherche et l'éducation, les infrastructures d'avenir (l'Allemagne).... Bref avoir une politique budgétaire intelligente: réduire les dépenses inutiles et concentrer les moyens sur les dépenses d'investissement.
a écrit le 09/03/2016 à 13:36 :
Décidément, les élites ne comprennent rien à l'économie. La BCE achète des titres de dettes publiques qui ne correspondent pas à une relance mais au déficit courant. Son action est donc forcément égal à 0 puisque rien de supplémentaire ne va dans l'économie réelle ( Et c'est même pire en réalité puisque les Etats se restreignant, la dette publique nouvelle se raréfie ce qui plombe l'économie réelle ( avec un ratio supérieur à 1 suivant les dernières études loin des 0.3 du FMI ou de la commission : en clair : 1 euro de dépenses publiques en moins c'est 1.5 à 2 € de pib en moins par effet cascade). Par contre, la BCE évince des acheteurs d'obligations privés qui se retournent vers les actions ce qui expliquent des marchés actions toujours stratosphériques malgré l'état de l'économie. Et comme les états de la zone euro sont dans une politique de dévaluation interne ( tentative de baisser plus vite que son voisin le coût du travail ( ce qui a pour avantage de ne pas toucher les élites et les rentiers contrairement à une dévaluation monétaire), comment voulez vous que l'inflation sous jacente se redresse ? Et là, le maquillage des chiffres du chômage n'y change rien : une personne qui n'est plus comptée comme chômeur mais qui touche au temps qu'avant ne va pas relancer la demande !
Réponse de le 09/03/2016 à 15:02 :
Ce qui montre que vous n'avez pas tout compris non plus. Il faut bien comprendre que la dette NE sert QU'à pomper l'économie réelle. But du capitalisme. Là, la machine à dette est cassée depuis 2008. (plus personne n'a confiance dans le dollar pour ses échanges et il ne sert qu'aux réserves)(et encore : pour les moins pertinents car les Chinois viennent d'en lâcher 200 milliards.) L'endettement des "banques centrales" ne sert donc qu'à TROIS choses : 1)faire monter les bourses. 2)alimenter les banques qui ne sont que des coquilles vides mais pleines de spéculation. 3)ne pas désamorcer les pompes à fric servant aux 2 points précédents et vous remarquerez que les riches sont de plus en plus riches... Voilà, nous en sommes là et comme les banques centrales peuvent s'endetter à l'infini... Le réel peut s'écrouler complètement : le système s'auto-alimente et tourne en boucle. Marx l'avait prédit, notes...
Réponse de le 09/03/2016 à 21:46 :
L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
Je ne veux, pour le témoigner,
Que celui dont la Poule, à ce que dit la Fable,
Pondait tous les jours un œuf d'or.
Il crut que dans son corps elle avait un trésor.
Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable
A celles dont les œufs ne lui rapportaient rien,
S'étant lui-même ôté le plus beau de son bien.
Belle leçon pour les gens chiches :
Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus
Qui du soir au matin sont pauvres devenus
Pour vouloir trop tôt être riches ?
Réponse de le 09/03/2016 à 23:12 :
Yvan, les banques centrales ne s'endettent pas par définition. La notion émission de monnaie = dette vis à vis du porteur n'est qu'une convention comptable. C'est juste une tentative de faire croire qu'une banque centrale est une entité économique comme les autres. Or ce n'est pas le cas. Par définition, une banque centrale ne peut faire faillite quelque soit les actifs qu'elle achète. être en faillite c'est ne plus pouvoir faire face à ses créanciers, ne plus pouvoir les rembourser. Or que produit une banque centrale ? De la monnaie : elle peut donc toujours par définition faire face à ses créanciers. Et elle peut donc toujours créer au temps de monnaie qu'elle le souhaite. MAIS avec plusieurs dangers possibles : le danger de l'hyperinflation réelle si le déversement de monnaie se produit dans l'économie réelle (demande solvable > capacités productives de court terme) ou le danger de l'hyperinflation financière lorsque cela se déverse sur les marchés financiers ( qui peut se traduire comme ces dernières années par des bourses déconnectés du réel). Nous sommes donc face à un choix de nos élites qui est actuellement de créer de la monnaie pour que le système financier spéculatif puisse continuer comme si de rien n'était car c'est ce système financier, nécessaire à la mondialisation, qui permet à quelques uns de gagner énormément d'argent vis à vis de la populace, à qui ont refuse de plus en plus de prendre en compte leur avis en temps que citoyen. et c'est normal : si les citoyens commencent à ne plus croire les fables des élites et à voter pour le bien de ceux-ci, au temps faire ne sorte de ne plus s'occuper d'eux ( d'où la construction de l'Union européenne construite par nos élites pour appliquer un programme qu'elles ne pourraient faire ouvertement sans perdre les élections). Peut importe pour ces quelques % que c'est ce même système financier qui détruit l'économie réelle temps qu'ils sont gagnants et temps qu'ils peuvent faire croire qu'ils ne sont pas responsables de la situation. Sans aller plus loin, ceci aboutit à votre conclusion mais je me garderais de prendre Marx en exemple. Marx est l'autre facette du productivisme des classiques et néo classiques qui servent de base aux économistes orthodoxes pour justifier les choix des élites ( les courants changent un peu de nom, on rajoute des maths pour épater le gogo et zou). Or, ce système productivisme est à bout de souffle et la seule solution qui pourrait permettre de s'en sortir serait un système économique basée non sur la possession mais sur la location, non sur le travail mais sur un salaire d'existence du citoyen (non gagée sur la production) et pour faire plus bref ( car je commence vraiment trop à m'étaler) et illustrer le concept, un système économique du style Tolan dans SG1 (Là, sur cette illustration, je laisse joyeusement s'esclaffer les soi disant "sachants" qui nous emmène dans le mur à coup de soit disant réformes juste en se basant sur les mêmes théories rassies et bricolées en ignorant la réalité malgré leurs échecs ininterrompues)
a écrit le 09/03/2016 à 10:32 :
La politique monétaire ne suffit pas si il n'y a pas de relance collective de la demande. Si les pouvoirs d'achats sont écrasés partout, il semble évident que nous sommes condamnés à tenter de se refiler la déflation. C'est un organisme trotskyste, l'OCDE, qui en fait le constat http://www.oecd.org/eco/outlook/OECD-Interim-Economic-Outlook-February-2016.pdf.
Les rémunérations doivent se remettre à augmenter proportionnellement aux gains de productivité. Si ceux-çi sont accaparés par le capital, on va tous dans le mur. Tout a été fait pour retarder le moment auquel cette inévitable question devrait être affrontée: augmentation de la durée du travail à rémunération constante (donc diminution du taux horaire), endettement privé, endettement public, expansion monétaire et même bellicisme... Il est normal d'arriver à courts d'expédients.
Tout nous ramène à la question de la répartition des gains de productivité, qui s'opère de manière suicidaire depuis 30 ans. Si vous comptez sur "le marché" (qui n'existe pas) pour l'obtenir, effectivement je conseille le potager.
L'Union Européenne était sensée nous permettre de traiter cette question raisonnablement et efficacement, de manière équilibrée et indépendante au niveau de notre bloc économique. En passant de la concurrence juste à "juste la concurrence" il a été décidé de grimper dans un véhicule sans frein, volant bloqué, accélérateur enfoncé, feux éteints.
Réponse de le 09/03/2016 à 15:57 :
On ne peut pas nous demander de baisser sans cesse nos revenus sans que cela ait des conséquences. Vu que le comportement visant un achat moins cher est généralisé, les producteurs gagnent toujours moins. En bref, on s'est suicidé économiquement en faisant confiance aux grandes surfaces et aux banques. La mondialisation ne fonctionne pas. Les sois disant gains de productivité qui passent par l'importation ne sont pas des gains de productivité mais seulement de la destruction de valeur. Il faut que l'on rétablisse des barrières douanières pour recréer de la valeur localement. L'économie se dégrippera, la confiance reviendra et Michel Edouard ira pleurer.
a écrit le 08/03/2016 à 22:35 :
Vous parlez du crédit de la BCE, c’est les prêts qu’ils ont réalisé ? Ne devrait-on plutôt pointer la crédibilité de la zone euro en termes de sous-performance, on parle de cadenas à l’activité et de verrous à l’investissement… Depuis la crise qui est américaine, l’Europe ne fait-elle pas moins de croissance que les USA pour des liquidités supérieures ? Fait-on des tatas avec de chapeaux et des lapins magiques qui porteraient des pantoufles de type keyneisiennes en guise de croissance ?
a écrit le 08/03/2016 à 6:48 :
Autrefois, le rôle d'une banque centrale n'etait pas d'affaiblir mais de défendre la monnaie, qui devait être forte. La dévaluation était considérée comme un échec. Maintenant, chaque banque centrale cherche à affaiblir sa monnaie, créance des épargnants sur elles. Elles affaiblissent notre bien. Nos créances fondent. Et elles ont inventé les taux négatifs. Maintenant, l'épargne est rémunérée de façon négative; cette absurdité sera payée très cher par contribuables et épargnants.
a écrit le 07/03/2016 à 19:48 :
Sauver la crédibilité de la BCE , c'est surtout celles de l'euro et de l'UE auxquelles il faudrait penser. Notre porte monnaie est en territoire négatif aussi et les QE à fonds perdus n'y changeront rien. Les mêmes recettes à la BOJ, à la FED, échouent face à l'inaction des banques pour financer l'économie réelle. Aucune réforme bancaire sérieuse n'est possible. Le bail-in généralisé sera la suite, puis retour au jardin potager !
a écrit le 07/03/2016 à 15:12 :
La déflation, c'est la catastrophe, c'est pas bon pour l'économie, l'inflation serait le bonheur ! Sauf que l'inflation, c'est de la monnaie de singe, cela "spolie" les riches rentiers, entre autre. Et les pauvres, les classes moyennes qu deviennent-ils ? Les classes moyennes disparaissent, par exemple aux Etats Unis, et les pauvres... C'est quoi ça les pauvres ? Ah oui, la plèbe !
Un juste équilibre entre la déflation et l'inflation, serait-ce trop demander ?
Réponse de le 08/03/2016 à 8:35 :
vous n'avez sans doute pas compris, mais ça fait maintenant des mois et des mois que les grands banquiers centraux d'échinent à vouloir faire remonter l'inflation. Force est de constater qu'ils n'y parviennent pas car depuis 2008 on est dans quelque chose de nouveau et personne n'a de bonne solution jusqu ici. En tout cas on peut je pense dire que l'arme monétaire seul, ne suffit et ne suffira pas.
Réponse de le 09/03/2016 à 17:44 :
Et si au lieu de prêter aux banques notre cher Draghi prêtait aux états .
Tout a été essayer sauf le bon sens .
Ce que j en dis c est pour aider .
a écrit le 07/03/2016 à 14:07 :
Petit rappel historique: Manifeste du parti communiste, point n°5: "Centralisation du crédit entre les mains de l'Etat, au moyen d'une banque nationale, dont le capital appartiendra à l'Etat et qui jouira d'un monopole exclusif". Ce qui valait hier pour l'Etat nation vaut aujourd'hui pour l'Etat trans-nations. CQFD.
a écrit le 07/03/2016 à 13:42 :
"Faites vos jeux.rien ne va plus" ben oui, calme plat et mer d'huile. Pas bon pour les affaires ça, une com. de XX% sur zéro échangé, ben cela fait zéro... Et nos pauvres banques qui sont si fragiles (lol). Il va bien falloir un jour trouver le moyen de se passer de prestataires de service aussi peu fiable ! Avec la planète interconnecté en temps réelle,LA monnaie électronique (j'allais dire ''virtuelle'' re-lol) cela ne devrait pas être aussi impossible que cela... A j'oubliai, probablement un problème politique, de gouvernance en quelque sorte... Non finalement vous avez raison, c'est foutu...
Les gars j'ai peur qu'il va falloir que l'on se prennent en main !
a écrit le 07/03/2016 à 12:44 :
La BCE a joué un rôle très important en permettant à la zone euro d'avoir une monnaie stable, crédible et reconnue, alors que de nombreux cassandre prédisaient un fiasco, un éclatement de l'Europe et autres cataclysmes. Ces prophètes de malheur n'ont plus qu'à manger leur chapeau, et la BCE doit être félicitée pour son excellent travail.

Elle fait maintenant ce qu'elle peut, mais le marasme économique actuel est dû aux gouvernements incapables notamment au gouvernement socialiste français. La BCE n'a pas mandat pour imposer des réformes qui relèvent des états.
Réponse de le 08/03/2016 à 16:12 :
Comme si le Gouvernement français était responsable du marasme européen !! Regardez plutôt du côté de l'Allemagne, de son égoïsme, de sa folie des grandeurs , elle qui veut dominer l'Europe!
Réponse de le 08/03/2016 à 22:11 :
@ médiator. Le gouvernement français est responsable du marasme français. Avec ses 35 heures et ses RTT, avec sa fonction publique obèse, avec son budget jamais tenu, avec son ISF pour faire fuir les capitaux, la France fait tout ce qu'elle peut affaiblir son économie. Et elle y parvient.

Et il suffit en effet de regarder du côté de l'Allemagne pour voir qu'une gestion non démagogique donne de bons résultats.
a écrit le 07/03/2016 à 12:22 :
Il est vrai qu'avec les 200 milliards de dollars que les Chinois ont lâché en deux mois, il nous fallait réagir. Lorsque l'on pense que cet "argent" va uniquement dans les poches des plus riches, il est clair que la privatisation des profits doit équilibrer la socialisation des pertes.
a écrit le 07/03/2016 à 9:51 :
Ce n'est pas en envoyant plus d'eau au moulin ...que la roue tournera plus vite ...si vous n'avez pas besoin de plus de grain .....(proverbe chinois)
Réponse de le 07/03/2016 à 13:26 :
;)
Réponse de le 08/03/2016 à 16:19 :
Tout dépend de quel moulin vous parlez ! Si ce sont des européens, alors en leur envoyant davantage d'euros chaque mois, la consommation devrait repartir non ? Nous sommes quelques 350 millions d'habitants. Par contre, si vous continuez d'envoyer des euros a quelques actionnaires comme celà se passe actuellement, elle ne repartira pas car quelques milliers d'investisseurs ne relanceront pas la consommation. Voila a mon sens où se situe le problème de la relance planétaire!!
a écrit le 07/03/2016 à 8:14 :
En gros "rien ne marche !" jolie projet ! On est tranquille jusqu'en juin il est impératif de faire croire que tout va bien pour éviter un Brexit qui n'aura jamais lieu. Bref on continu sans rien changer. Il y a 50 années "divorcer" était tabou et il a fallut s'organiser (pension, garde ...) du coup aujourd'hui c'est normal. Sortir de l'Europe c'est exactement la même chose, il ne reste qu'à organiser la manière mais tout ça arrivera dans 15/20 ans, pour le moment c'est tabou ! Celui qui veut sortir est vu exactement comme une femme des années 50 à qui ont disait "mais comment tu vas t'en sortir" ! A l'évidence "bien" ! "il vaut mieux être seul que mal accompagné !!!"
Réponse de le 07/03/2016 à 13:28 :
Choking ! comment ça il n'y aura pas de brexit ! ne me dite pas que nous allons être obligé de les pousser dehors !
a écrit le 06/03/2016 à 20:12 :
je voulais dire ' un pb de liquidites', vous aviez corrige par vous meme
a écrit le 06/03/2016 à 16:14 :
Merci pour cet éclairage qui décrit les arguments +/- relatifs aux munitions disponibles possédées par la BCE, qui fait ce qu'elle peut.
Le mot "marché" revient à de nombreuses reprises. En fait, les banques centrales ont tellement peur que les marchés financiers dévissent franchement (ce qui n'est, à mon humble avis, qu'une simple question de temps) qu'elles feront tout pour tenter d'endiguer le phénomène: taux, QE élargi ?, petites phrases alambiquées de la Banque Fédérale, Yuan, annonce sur la croissance chinoise dont on ne sait plus grand chose ?...
Pour le moment, l'indice phare S&P s'est bien repris vers 1820 (je crois qu'il a fait un "double bottom" en intraday) pour rejoindre 2000 en un mois !
Bien voir cet indice a été multiplié par trois depuis son plus bas de mars 2009. Je conviens que lors de la dernière bataille, sa baisse avait été probablement excessive.
Cordialement
a écrit le 06/03/2016 à 14:36 :
Pas d'inquiétude M Godin, François Hollande le grand donneur de leçon de démocratie décore le prince héritier d'Arabie Saoudite. Alors la BCE peut bien faire ce qu'elle veut.
a écrit le 06/03/2016 à 11:27 :
Et donc obligés de faire comme les autres zones économiques SANS que ça fonctionne par excès de dettes et des zinvestisseurs toujours plus gourmands. Bonne crise à tous.
a écrit le 06/03/2016 à 11:14 :
La BCE inonde les banques de la zone euro de fric , et ces dernières inondent les traders qui ne savent plus où placer l'argent .... et le citoyen de base n'en voit pas la couleur !
Réponse de le 07/03/2016 à 21:27 :
Ou voudeiez vous qu elles mettent leurs argents? Dans l immobilier? Deja plein le portefeuille et pas de perspective de plus valus. Dans l economie reelle? Pour recuperer des creances douteuses alors que la rentabilite est faible pour le risque prit. Non en bourse au derniere nouvelle c est le meilleur business...
a écrit le 06/03/2016 à 10:31 :
Nous remercions l'action de la BCE, car sans elle les état ( français) aurez ete tenter par la dévalorisation de notre argent... Soit revenir à travail plus pour moins gagner... Ensuite je regrette que la BCE n'est pas réussi à assenir certaine banque en Europe, réussir un instorer certaine règle dans la spéculation ( la responsabilité des spéculateurs en particulier) . de même les banques doivent soutenir l'emploi et nos entreprises , defendredes OPA agressif nos grands groupes industriels.... Pour la création de richesse ils nous faut travailler, vendre nos produits au plus juste prix et avoir des relations économique équitable.... Il n'y a pas de solution' miracle... Mais actuellement nos ussine sont racheter et démantelé... Cela conduit à notre ruine à cours terme.
Réponse de le 09/03/2016 à 15:00 :
19 fautes (orthographe grammaire conjugaison), j'en ai peut-être oublié, vous pouvez faire beaucoup mieux.

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