La Grèce entre en résistance

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La victoire de Syriza souligne une volonté de résistance.
La victoire de Syriza souligne une volonté de résistance. (Crédits : MICHALIS KARAGIANNIS)
Si les Grecs n'ont pas voulu reprendre la lutte contre les créanciers et se montrent déçus de la politique, ils leur ont envoyé un message de résistance. A Alexis Tsipras d'en prendre compte, désormais.

Le premier enseignement de ce premier scrutin grec est celui de la lassitude. Le niveau de l'abstention (près de 45 %) est le principal fait de la soirée. C'est dix points de plus qu'en janvier et si l'on ajoute les bulletins blancs ou nuls (2,5 % des suffrages contre 0,5 % en janvier), on peut prendre la mesure du désaveu de la politique en Grèce. On aurait tort de n'y voir qu'un rejet d'un énième scrutin anticipé. C'est bien l'acceptation, le 13 juillet dernier, par Alexis Tsipras des conditions des créanciers qui est à l'origine de ce désaveu. Cette capitulation a prouvé que le vote ne pouvait rien changer aux conditions économiques du pays. Dans ces conditions, à quoi bon voter ? On comprend que beaucoup de citoyens grecs aient préféré ne pas se déplacer ce dimanche. Cette première constatation est une défaite pour une classe politique grecque qui a clairement perdu en crédibilité. Mais c'est d'abord une défaite pour les créanciers qui, pendant six mois, ont tout fait pour effacer le vote du 25 janvier. Ils récoltent ici, par un désaveu de l'acte démocratique, les fruits de leur politique.

L'échec d'Unité populaire

L'autre signe de cette lassitude est la défaite d'Unité Populaire, la scission de gauche de Syriza, constituée de ceux qui, au sein du parti d'Alexis Tsipras, voulaient continuer le combat entamé en janvier et qui ne siègeront pas à la Vouli. En se détournant de ce parti, les Grecs ont fait savoir qu'ils n'étaient pas prêts à se relancer dans un bras de fer avec les créanciers. La fatigue du combat du premier semestre, l'inutilité de cette bataille, le discrédit de l'aile gauche de Syriza et la situation économique critique ont eu raison de cette tentative. Très clairement, pour les Grecs, le moment de la lutte est passé.

La victoire de la résistance

Mais cette lassitude ne signifie pas que la résignation l'a emporté. Bien au contraire. Si le temps n'est plus à la lutte, il est à la résistance. En redonnant un mandat à Alexis Tsipras, en sanctionnant la droite, en punissant Potami, parti préféré des créanciers et en reconduisant la coalition du 26 janvier, les électeurs grecs leur ont envoyé un message : ils ne doivent pas abuser de leur défaite. Le calcul des Grecs, qui est aussi celui d'Alexis Tsipras, est que ce message sera entendu et que les créanciers en prendront acte lors des négociations sur la dette.

Rejet des anciens pouvoirs

En refusant de redonner le pouvoir à Nouvelle Démocratie, les Grecs ont aussi confirmé leur rejet des anciennes structures. Ils ont confirmé leur besoin de réformes qui avait été nié par les créanciers qui avaient vu dans l'élection de Syriza la volonté d'une « orgie budgétaire » alors que les électeurs souhaitaient s'attaquer à la racine du mal grec : le clientélisme et le pouvoir des oligarques. Là encore, ils ont jugé que seul un homme neuf comme Alexis Tsipras pouvait mener ce travail, malgré le carcan que représentera le mémorandum qui poursuit en grande partie une politique sévère contre les bas revenus.

Le refus d'être « aux ordres » des créanciers

La Grèce n'est donc pas aux ordres, comme pouvaient le rêver les créanciers après le 13 juillet. Alexis Tsipras pourra se passer de l'alliance avec les représentants du « vieux monde » : ND, Pasok et Potami. La défaite de ce dernier, qui a perdu deux points, est particulièrement représentative de l'esprit qui domine en Grèce. En juin et juillet, le chef de Potami, Stavros Theodorakis, avait été reçu en grande pompe à Bruxelles, pendant les négociations. Cet honneur lui aura été inutile et même néfaste. Les Grecs ont puni sa volonté de se soumettre aveuglément aux volontés des créanciers.

La récompense du combattant

Globalement, les électeurs ont rejeté le storytelling des créanciers : celui d'un gouvernement Tsipras qui aruiné leur pays par son combat. Ils ont, en revanche, voulu croire la version d'Alexis Tsipras : faute d'alternative, il a fallu accepter un mémorandum et il faut à présent l'appliquer dans les meilleures conditions. Le choix des Grecs est donc celui de la « résistance passive. » Et cette volonté de résistance se remarque aussi dans ce fait : ce qui a été récompensé ce 20 septembre, ce n'est pas la défaite du 13 juillet, mais la lutte de six mois qu'a menée Alexis Tsipras. L'histoire grecque est pleine de ces luttes, parfois désespérées. Les Grecs savent récompenser celui qui s'est battu, fût-il vaincu au final. Cet esprit de combat a certes disparu depuis le 13 juillet, mais il a rendu la dignité à un peuple qui avait été sans cesse humilié pendant cinq ans avec la complicité de la classe politique grecque.

Un défi aussi pour Alexis Tsipras

Désormais, cependant, la responsabilité d'Alexis Tsipras est immense. Ce résultat est aussi un défi pour lui. Il va devoir être à la hauteur de la confiance que lui auront donnée les Grecs et de cet esprit de résistance. Il lui faudra arracher un accord sur la dette en novembre qui permette de rendre enfin soutenable l'immense stock de dette publique hellénique. Il lui faudra mener à bien les réformes qu'attendent les Grecs, sans tomber dans les erreurs des gouvernements du passé. Il lui faudra enfin résister aux créanciers lorsque viendra l'heure de la révision des objectifs et des inévitables nouvelles mesures d'austérité réclamées par les créanciers.

Les créanciers entendront-ils le message ?

Ce sera une tâche considérable et loin d'être aisée, car le mémorandum est une cage de fer et son gouvernement sera sous étroite surveillance. Les créanciers ont suffisamment prouvé qu'ils se souciaient peu des élections et des mandats populaires. Alexis Tsipras peut donc sortir renforcé de ce scrutin, mais il se retrouvera dès demain face à des créanciers exigeants et qui ont pris, dans le mémorandum, des garanties contre les choix populaires. Ce que ne change pas la victoire d'Alexis Tsipras, c'est le résultat du mémorandum : les choix économiques sont exclus du cadre démocratique.  Alexis Tsipras devra donc tenir un équilibre fort incommode entre les exigences des créanciers - qui ont assez prouvé le peu de cas qu'ils faisaient des élections - et le mandat populaire qu'il a encore reçu ce 20 septembre. Un équilibre qui sera de plus en plus délicat à tenir à mesure que les effets récessifs du nouveau mémorandum qu'il s'est engagé à appliquer seront palpables.

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Commentaires
a écrit le 23/09/2015 à 15:10 :
Heu d'après la une du Monde, les Grecs ont validé la politique d'austérité.
Bon, C'est l'Immonde, mais ne prenez-vous pas quand même un peu vos désirs pour des réalités, Romaric? Il est vrai que donner plus de voix à Syriza qu'à la droite est en soi une tendance. Syriza s'est battu, a été vaincu mais les grecs ne lui en veulent pas plus que ça, en tout cas pas au point de donner le pouvoirs à ceux que se couchent depuis des années.
C'est vrai que pouvait d'autre les grecs. Aube dorée ? au moins ça prouve qu'ils ne sombrent pas dans l'extrêmisme de droite, c'est à leur honneur. Pour le reste, qu'en penser ? La population est sonnée, ne sait pas comment s'y prendre, achète du temps, a peur (pays très vieillissant), un peu de lâcheté ? N'est-ce pas finalement un peu le cas de toutes nos vieilles démocraties ?
a écrit le 22/09/2015 à 21:37 :
Si les créanciers n'avaient que créanciers, Tsipras n'aurait eu aucun scrupule à leur claquer la porte au nez. Le problème est qu'ils sont aussi seuls prêteurs possibles et qu'il a donc un besoin vital d'eux, sans quoi il ne lui resterait qu'à payer retraites, salaires des fonctionnaires, prestations sociales en assignats ou autres IOU sans aucune valeur. Pas sûr que les grecs, et même ses électeurs, l'entendent de cette oreille-là...
a écrit le 22/09/2015 à 20:49 :
M'avoir mis si longtemps en "attente" pour finalement me zapper ?
C'est cruel savez vous ? Surtout que le motif de "l'élimination" est assez obscur
quand à moi ? La vérité est-elle si dure à croire/lire/entendre ... et À QUI ?

Je réitère ne vous déplaise ?

LES GRECS N'ONT JAMAIS (à l'exception de la fois ou les allemands les avaient acculés) PAYÉ LEURS DETTES ? Mais cette fois ci ? GRACE À TOUSSA TOUSSA ? ILS VONT LA PAYER ?
Les bisounounours sont avec vous ! La Force ? Non, pas vraiment ?
(Voir à "coté obscur)
Réponse de le 24/09/2015 à 10:40 :
Vos affirmations sont erronées.
Et concernant les Allemands, ce sont eux qui n'ont pas remboursé leurs dettes. Même ce qu'ils devaient à la France pour la Ière GM, ils n' ont pas été fichus de le rembourser dans sa totalité, alors pour la Grèce...
Concernant les élections maintenant, effectivement c'est abstention qui a gagné et la lassitude. Tsipras a perdu 4 sièges et il en aurait perdu bien plus avec un système électoral qui n'avantagerait pas autant le parti majoritaire. L'auteur de l'article a tort d'assimiler Tsipras au "renouveau" car c'est exactement LE CONTRAIRE. Il pratique la politique politicienne et le clientélisme autant qu'Andréas Papandréou, le politique qui a causé la perte de la Grèce. Quant aux créanciers, ils se fichent de la Grèce tant qu'ils peuvent se servir sur son cadavre.
a écrit le 22/09/2015 à 19:08 :
"Les créanciers ont suffisamment prouvé qu'ils se souciaient peu des élections et des mandats populaires"
Et je rajouterai que les dirigeants politique actuel français et européens n'ont que faire du vote de leur peuple.
En 2005 les français ont dit NON au traité constitutionnel européen, Sarkozy s' est assis sur leur vote et Hollande en a fait de même en ne ré négociant pas le TSCG comme il s' y était engagé pendant sa campagne électorale.
Il est vrai que les promesses n'engagent que ceux qui y croient.
Donc pour moi et beaucoup d'autre s citoyens en 2017 c'est Front de gauche au 1er tour et rien au second si le FDG n ' y est pas.
a écrit le 22/09/2015 à 15:47 :
"La Grèce n'est donc pas aux ordres (des créanciers)", mais les créanciers ne sont pas aux ordres des Grecs non plus. Quitte à savoir si les Grecs sont capables de se serrer la ceinture pour pouvoir vivre sans apports d'autrui, si les fonds manquent, ou bien s'ils réussissent à gérer leur pays de façon à produire eux-mêmes les fonds nécessaires. Les créanciers s'en réjouiraient.
a écrit le 22/09/2015 à 13:49 :
Excellent article complet et analysant bien la complexité de la situation. Bravo et merci.
a écrit le 21/09/2015 à 23:51 :
Cet article résume très bien la situation en Grèce. Et nous sommes vraiment nien curieux de voir s'il entend vraiment résister et si le cas écheant cette résistance portera des fruits
a écrit le 21/09/2015 à 23:14 :
La morale de la morale de toute cette histoire à propos de la Grèce. Si tu veux être et rester maître chez toi, ne t'endette pas stupidement et réfléchis-y à 2 fois avant de la faire.
a écrit le 21/09/2015 à 20:30 :
et paf ....mr Romaric nous en remet une couche ...
on l'avait cru en phase de guerison , et bien , pas du tout : la 1 ere occasion ( de refaire dans l'intox ) est la bonne .
a écrit le 21/09/2015 à 20:02 :
Plus que jamais W.BUFFET a raison : la guerre des classes existe toujours mais c'est "nous" qui l'avons gagné. ....comme précise un commentateur ( parent d'E.BRUNET ou de FIORENTINO ? !) : "...peu importe qui est à la tête du pays pourvu que le populo crache au bassinet...."
a écrit le 21/09/2015 à 18:14 :
L'auteur de cet article Romaric Godin (Famille du Familistère ? Sans doute pas....)
Dire que Tsirpas a ruinè la Grèce en 6 mois, relève de la mauvaise foi pure. Ce n'est quand même pas llui qui a achtè 400 blindès aux allemands, et quelques centaines de Mercedes pour le gouvernement, puis quelques sous-marins aux français. Cela me rappelle une histoire de mon grand`père : Un missionnaire en Afrique sur le point de mourir demande un prêtre, qui lui dit, brandissant son crucifix,"Tu vois mon fils, ces blessures aux mains, du christ, c'est toi qui les a faites, Tu vois mon fils, ces blessures aux pieds, c'est toi qui les a faites." Alors le mourrant se retournant dit au prètre, eloignez le de la bougie, vous allez lui bruler les fesses et vous direz encore que c'est moi. Ha ha ha. C'est a peu près ce que Godin a ècrit......
a écrit le 21/09/2015 à 16:32 :
Maintenant Syriza va devoir mettre en œuvre les mesures régressives signées par A.Tsipras. Qu'une partie des électeurs grecs aient choisi de permettre à Tsipras de continuer à gouverner est une chose, nous verrons quel soutien ils apporteront aux mesures frappant les retraites et le pouvoir d'achat. Tsipras a signé un accord qu'il sait néfaste pour l'économie de son pays. Dans un premier temps un nombre important d'électeurs s'est abstenu malgré la loi sur le vote obligatoire. C'est un signe puissant du désarroi dans la population. La nouvelle formation de la gauche anti-austéritaire a été victime du vote utile et de l'abstention. De grands leaders intègres ont choisis de ne pas se parjurer quitte à perdre leur siège. Ils ont pris date. Pour ma part c'est ce que je retiens de ce scrutin. La vie ne s'est pas arrêtée la 20 Septembre à Athènes.
Réponse de le 22/09/2015 à 21:41 :
ce qui est néfaste pour l'économie d'un pays c'est d'enchaîner déficit sur déficit et laisser la dette croître. Parce qu'inévitablement n jour il faut une cure d'austérité pour casser la spirale infernale de l'endettement.
a écrit le 21/09/2015 à 14:51 :
Propagande, propagande, Romaric ne change pas. Quant au resultat du vote, quelle importance, du moment que la Grece paie et honore ses promesses?
Réponse de le 21/09/2015 à 15:03 :
Propagande? Vous n'y allez pas de main morte avec l'expression démocratique. Le combat de nos parents pour la liberté ne vous intéresse pas?
a écrit le 21/09/2015 à 14:02 :
Le vote blanc serait considéré , comptabilisé lors de toute consultation qu'il n'y aurait pas temps de pêcheurs à la ligne et que la démocratie en serait plus forte. Les journalistes n'auraient pas ainsi à dire tout et n'importe quoi sur les résultats.
a écrit le 21/09/2015 à 12:35 :
Vous notez l'importance de l'abstention et le sens politique que celle-ci revêt en termes de "défaite pour une classe politique grecque qui a clairement perdu en crédibilité." et puis, de la façon la plus illogique qui soit, oublieux de ces données sur l'abstention, vous développez sur l'espoir de résistance que les Grecs mettraient dans la réélection de Tsipras, lequel verrait ainsi récompensée "sa lutte de six mois", quoique vaine, pour éviter le mémorandum. En somme si l'on se tient à la lettre de ce que vous écrivez : la perte de crédibilité de Tsipras, partagée avec l'ensemble des politiques de son pays, que montre le score élevé de l'abstention, lui ferait bénéficier de la ... confiance populaire pour mener une politique dont on réaffirme en même temps qu'elle s'inscrit dans la "cage de fer" du mémorandum d'où l'idée même d'alternative, fût-elle modulée en "résistance", est évacuée. Il y a décidément des dialectiques qui ne savent plus où donner de la tête ! Pour ma part, au vu de l'importance de l'abstention et ce qu'elle exprime de découragement, voire de colère contre la "caste" (cf Podemos) dont fait partie désormais Tsipras, la victoire de Syriza s'apparente probablement à une victoire à la Pyrrhus dont on sait qu'elle ne présage rien de bon pour le vainqueur d'un soir ! Le cycle de résistance de la population, que vous dites passer par Syriza, pourrait bien, une fois "digérées" ces élections et une fois l'austérité pleinement déployée, tôt ou tard se manifester contre Syriza. Non comme cette "résistance passive" dont vous parlez mais en modalité active de mobilisation sociale à portée politique. Cela n'est bien sûr qu'une hypothèse à vérifier. Elle vaut la vôtre.
a écrit le 21/09/2015 à 12:10 :
L'abstention est-elle réellement une défaite pour les classes dirigeantes qui ne se soucient du suffrage qu'à partir du moment où il est truqué par le marketing politique et où il permet d'assurer, grâce à un jeu de fausses alternatives, la pérennisation de leur pouvoir? Est-ce vraiment avertir Tsipras que de le réélire? N'aurait-il pas mérité d'être écarté de la vie politique? Il semble plutôt qu'on lui ait donné carte blanche pour continuer son jeu trouble du "je ne suis pas d'accord mais je le fais quand même". Tsipras, c'est le politique qui atteint le sommet de l'hypocrisie, l'homme qui continue de mentir alors qu'il est avéré qu'il ment. Et Varoufakis ne vaut pas mieux que lui. On le verra réapparaître. La soupe est bonne dans les cantines du pouvoir.
a écrit le 21/09/2015 à 12:08 :
Tsipras a organisé ces élections pour ce débarasser don son aile gauche. Il a brillamment réussi ce pari parce que l'Unité Populaire n'entrera pas au parlament tandis que Syriza à maintenu son score de janvier. En revanche, Tsipras n'a pas réussi à se débarasser de Romaric Godin qui continue a phantasmer sur la "résistance" de son idole qui n'est en réalité qu'un simple opportunste comme tant d'autres.
a écrit le 21/09/2015 à 12:01 :
L'analyse est sérieuse et convaincante tout en laissant un goût de romantisme utopique.
La lecture convie à une comparaison avec la situation de la France, dont l'addition des abstentionnistes et hostiles au duo LRPS "gouvernemental" depuis plus d'un demi-siècle est frappant. La raison du plus fort est toujours la meilleure : la situation est bel et bien le résultat des deux guerres mondials du XXème siècle ; le vainqueur a ordonnancé son hégémonie directe ou indirecte avec ses vassaux dont cette fausse vraie Union de l'Europe. Au delà la diffusion de la démocratie par des guerres a montré les résultats obtenus sur les continents d'Asie et d'Afrique ; la géopoilitique est plus que la mondialisation économique. Alors, l'article est juste par sa profondeur humaine mais utopique par la nature prédatrice humaine, comme celle des animaux ; la tempête de migrants actuelle dans une vieille Europe dépassée et soumise après ses guerres intestines précédentes en est le stigmate. En temps que Français, l'on ne peut pas camoufler la nécessité d'un mensonge d'Etat par un "sauveur providentiel" appelé en pleine déroute pour résoudre le problème de décolonisation inévitablement posé avec la défaire de 1.940. La démocratie française, en comparaison de la grecque, affiche des prétentions référendaires d'auteurs d'imposture anti référendum avec le traité de Lisbonne. Ainsi vont les pays du club Méditerranée diront les durs des durs.
a écrit le 21/09/2015 à 11:47 :
Comme souvent, l'analyse de Romaric est juste et pertinente. Le seul espace à investir par le nouveau gouvernement mené par Alexis Tsipras est de proposer très vite un plan de réformes structurelles à mettre en oeuvre dans un esprit de rupture avec les vieux démons grecs (il n'y a pas que des Dieux en Grèce !). C'est un enjeu de construction d'un état républicain et de le faire prendre en compte par ce qu'il faut bien appeler une tutelle (mais combien de tutelles la Grèce n'a-t-elle pas eu à subir antérieurement !) et ainsi acquérir un territoire d'initiatives propice à une renégociation du memorandum et de la dette.
Le peuple grec a montré en neuf mois une maturité démocratique exemplaire, dans un calme remarquable. Le mépriser comme le font trop de médias français est le fruit d'un aveuglement dangereux. La culture de résistance acquise au fil de leur Histoire donne aux Grecs une capacité à traverser individuellement et collectivement des épreuves qui ont souvent mises en cause leur existence.
Nous avons besoin de la Grèce, des Grecs, de leur "orientalité", pour continuer à comprendre en dehors de nos frontières que nous ne pouvons pas continuer à nous construire sans leurs différences.
Ces mots sont écrits à partir d'un coin de Grèce où il fait encore bon vivre quand on partage le pain, le raisin, la feta et le vin.
NB. Parmi les absentéistes il faut aussi tenir compte des personnes qui, après deux élections précédentes, ne pouvaient pas payer les frais de transport vers leur village pour votre à nouveau
a écrit le 21/09/2015 à 11:46 :
Pauvre Romaric , toujours dans le déni total des réalités . Tsipras va bien être obligé de suivre les directives de Bruxelles et c'est tant mieux pour les GRECS .
Réponse de le 21/09/2015 à 15:08 :
Je suis bien aise d'apprendre que vous accueilleriez volontiers un dictateur éclairé,... pour "notre" bien!
Ah, c'est déjà le cas avec les institutions non démocratiques de Bruxelles...
Réponse de le 21/09/2015 à 23:44 :
En tant que Grec, je peux vous affirmer -comme le ferait le 95% de mes compatriotes- que ce serait, non seulement tant pis, mais une véritable tragédie. (le 5% de mes compatriotes sont justement ceux à qui profite le démantèlement de l'Etat-providence et de la législation protégeant les travailleurs)
a écrit le 21/09/2015 à 10:28 :
Les créanciers n'ont que faire des élections en Grèce. De toute façon Syriza a accepté leurs exigences. Alors, un parti ou l'autre...

Rendez-vous dans 2 ou 3 ans quand la Grèce se trouvera de nouveau au pied du mur de la dette.
Réponse de le 22/09/2015 à 21:45 :
Si Tsipras applique le mémorandum sans louvoyer ni tricher, la Grèce ne se trouvera pas au pied du mur de la dette dans 2 ou 3 ans. Et désintoxiquée de sa dépendance à la dépense publique elle aura redécollé.
a écrit le 21/09/2015 à 10:00 :
Quelle rancoeur de Konstantopoulou (Laiki enotita) qui annonce que ce parlement n'a pas ete elu par 50% des grecs, ces calculs etant: 45,5% d'abstention, 2% de votes blancs et 3% de vote recu par son parti.
1- l'abstention n'a jamais compte dans une democratie reelle
2- 2% de votes blancs sur 54,5% de votants ne fait que 1,1% de votes reels
3- 3% non 2,8% seulement. Si vous aviez 3%, vous seriez elu chere dictatrice.

Au total, 45,5+1,1+2,8 = 49,4%, ce qui est inferieur a 50%.

Cette personne etait Presidente du parlement grec. Bon debarras !!
Réponse de le 21/09/2015 à 12:23 :
@Nikias: et pourquoi les abstentions ou les votes blancs ne compteraient-ils pas dans "une démocratie réelle" ? Quand on est d'accord ni avec l'un, ni avec l'autre, est-on oblige de voter contre l'autre pour satisfaire à tes critères de "démocratie réelle" ? On en voit les effets en France où un quidam qui obtient 20 à25 % des voix des inscrits au 1er tour est élu et fait ce qu'il veut !!! Si la "démocratie" c'est 20 % de l'avis du peuple, c'est une dictature, pas une démocratie :-)
Réponse de le 21/09/2015 à 14:57 :
@patrickB: s'abestenir, c'est par définition laisser passer le vainqueur quelqu'il soit. Il n'y a donc aucuen raison de considerer l'abstention comme une opposition a quoi que ce soit.

le discours n'est évidemment pas le meme pour un bulletin blanc qui montre une démarche electoral volontaire et assumée.
a écrit le 21/09/2015 à 9:35 :
Oh la belle propagande de l'auteur/

Morceaux choisis:
1-"Ils récoltent ici, par un désaveu de l'acte démocratique, les fruits de leur politique"

-----> en l'occurence, pour les "créanciers" (en réalité les gouvernements européens démocratiquement élus), l'abstention est une donnée de politique interne qui ne change rien dans les realtions entre le gouvernement grec élu et ses partenaires divers.

2-"en punissant Potami"
-----> celle la c'est la plus drole: Po Tami a obtenu exactement le meme pourcentage de vote que la fois précédente: environ 5.5%.
Sinon Romaric, un petit topo sur l'arrivé au parlement grec d'un 2eme parti centriste PoTami bis avec 3.5% des vois? Po Tami + EK ca fait 15 sieges....exactement comme le poids des centristes dans le parlement précédent.

3- un petit mots sur la réelle punition infligé aux grecs indépendants qui perdent tres nettement?

La seule vrai claque ici dans ces élections, c'est celle subie par l'ancienne aile gauche de Syriza que les grecs ont renvoyé chez eux. C'est sur que pour l'auteur, qui traitait avec mépris Tsipras apres son revirement et qui idéalisait cette aile radicale, ce matin doit etre tres dur. Mais les électeurs ont tranchés, et les grecs sont bel et bien maitre de leur destins.
a écrit le 21/09/2015 à 8:32 :
Me font rigoler les résistants à la facture ! Je suis sûr que beaucoup de Français adeptes du "faire payer les autres" vont admirer. "NO PASARAN" les créanciers ! Vive la Grèce ! Vive la France !
a écrit le 21/09/2015 à 1:10 :
Heureux de vous voir mentionner enfin la question de la révision des mémorandums. Parce qu'à lire la presse française, y compris vos articles, on a l'impression qu'il n'y a eu que deux plans d'austérité entre 2010 et 2015 en Grèce. Le mémorandum signé par le gouvernement Papandreou a été par la suite "révisé" à quatre reprises, et celui signé par le gouvernement Samaras l'a été cinq fois. En tout, ce sont donc 11 plans d'austérité (2 mémorandums et leurs 9 révisions) qui ont été subis par les Grecs en cinq ans.
Or, et c'est là une "petite victoire" parmi d'autres au sein de la défaite subie par le gouvernement Tsipras avec ce mauvais accord, cet accord conclu le 13 juillet, tout mauvais qu'il est par ailleurs, comporte comme contrepartie centrale la couverture des besoins financiers de la Grèce pendant rien moins que 3 ans ! Dans les deux précédents mémorandums, cette couverture n'était que de quelques mois, et il fallait justement des "révisions" à intervalles réguliers pour prolonger le financement en échange de nouvelles mesures d'austérité. La fermeture brutale de l'ERT avait d'ailleurs été pour le gouvernement Samaras un moyen d'atteindre à temps les objectifs fixés par la première "révision" du mémorandum pour qu'il soit procédé à une deuxième "révision".
Ici, en obtenant ce financement sur 3 ans, Tsipras et Tsakalotos sont parvenus à sortir de la logique court-termiste mortifère des plans d'austérité à répétition, il y a trois ans de respiration, un rythme bien plus soutenable pour parvenir à faire pièce, partiellement, aux effets délétères de l'accord.

Quant aux scissionnistes, il est plus que probable qu'un certain nombre d'entre eux reviennent dans le giron de SYRIZA. Ils avaient tous participé en 2010 à la scission de l'aile gauche de SYRIZA au sein du MAA autour d'Alekos Alavanos et sont retournés à SYRIZA après son échec, laissant Alavanos se perdre dans sa posture de pureté idéologique, et je ne vois pas Lafazanis s'enferrer dans une posture isolée et sans perspective comme l'ancien président de SYRIZA.
Réponse de le 24/09/2015 à 10:49 :
Sauf que ce qui est demandé dans la troisième (et pire) version du Memorandum, c'est exactement ce que les gouvernements précédents avaient refusé de faire, estimant que les mesures étaient beaucoup trop dures...
C'est un grand flop cette histoire.
a écrit le 20/09/2015 à 22:14 :
Un homme neuf oui mais son chemin va être long et laborieux. Une vraie leçon pour les créanciers . Angela Merkel ne va pas dormir. Après Alexandre le Grand, voici Alexandre Tsipras sera t il aussi fort et courageux, l'avenir le dira. Un pied de nez à l'Allemagne.
Réponse de le 20/09/2015 à 23:32 :
n'importe quoi
Réponse de le 21/09/2015 à 11:14 :
C'est grave, docteur ?
Réponse de le 21/09/2015 à 16:41 :
J'adore votre humour.
Réponse de le 24/09/2015 à 10:50 :
Il n'est ni neuf, ni courageux. Et il ne s'appelle pas Alexandre.
a écrit le 20/09/2015 à 22:12 :
la résistance ... réellement ?
Tsipras est depuis la capitulation du 13 juilletun larbin de l'europe néolibérale et de la Troika,
Il n''a plus une once de marge de manœuvre pour renégocier quoi que ce soit ....
Réponse de le 22/09/2015 à 19:21 :
Même Moscovici ne s' est pas mobilisé contre Syriza , c'est quand même un signe !
Le loup Tsipras est devenu agneau et ne fait plus peur à personne.
Ça me rappelle le coup de Hollande en 2012, souvenez vous : Le changement c'est maintenant, Moi président, Mon ennemi c'est la finance etc etc...
Réponse de le 22/09/2015 à 21:52 :
Reste que Tsipras, par ses errements passés, restera sous haute surveillance et la façon dont il tiendra les engagements sera observée à la loupe pour éviter la moindre dérive.

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