"La Grèce est soumise à une logique coloniale" (James Galbraith)

 |   |  2730  mots
James K. Galbraith, économiste étasunien.
James K. Galbraith, économiste étasunien. (Crédits : DR)
James Galbraith, économiste à l'université d'Austin (Texas) et ancien conseiller de Yanis Varoufakis lorsqu'il était ministre de l'Economie de Grèce, revient sur la situation dans ce pays, sur la zone euro et sur les "réformes structurelles" en France.

James Kenneth Galbraith, né en 1952, est le fils de John Kenneth Galbraith, figure de proue du keynésianisme étasunien de l'après-guerre et conseiller de plusieurs présidents des Etats-Unis. Professeur à l'université d'Austin, au Texas, il a critiqué l'emprise du marché sur la gauche dans son ouvrage L'Etat prédateur et est un des économistes les plus sévères à l'encontre de la pensée libérale. Ami de Yanis Varoufakis, il a été son conseiller pendant les quelques mois du passage de ce dernier au ministère des Finances grec en 2015. De passage à Paris, il livre à La Tribune ses réflexions sur la Grèce, l'euro, les « réformes structurelles » en France, et les élections aux Etats-Unis.

Votre dernier ouvrage traduit en français relate votre expérience en tant que conseiller du ministre des Finances grec Yanis Varoufakis au cœur de la tourmente grecque de l'an dernierⁱ. Un an après, quel regard portez-vous sur le nouvel « accord » annoncé le 24 mai dernier par l'Eurogroupe ?

La vente en liquidation de la Grèce se poursuit et ce soi-disant accord n'est qu'une nouvelle étape de ce processus. Il signifie encore des réductions dans les pensions, encore une accélération des privatisations à des prix bradés, encore des hausses de taxes indirectes. C'est l'assurance de la poursuite de l'étranglement de l'économie hellénique avec des délocalisations d'entreprises, des expulsions de particuliers de leur logement et la cession de biens d'Etat - les ports, les aéroports, les chemin de fer et même des terrains ou des plages - qui étaient des sources de revenus commerciaux pour le gouvernement.

Et l'engagement vis-à-vis de la dette est limité...

Les créanciers ont imposé deux ans de délai pour parler de la dette, sans aucune garantie sur le résultat et alors qu'ils imposent une politique qui ne rendra aucun résultat. Et quand bien même elle aurait quelques résultats, ils ne profiteraient pas aux Grecs, mais à des entreprises étrangères, à des compagnies pharmaceutiques ou agro-alimentaires qui pourront investir des marchés qui étaient, jusqu'ici des soutiens à l'économie locale. En fait, les Grecs ne sont plus les bienvenus sur les marchés grecs...

Ce que vous décrivez ressemble à une logique coloniale...

C'est une logique de colonisation. Si cela se passait aux Etats-Unis, ce serait normal. N'importe quel citoyen étasunien peut détenir une entreprise en Arizona, mais je crois que c'est différent en Europe où les nations existent et valent encore quelque chose. Ici, on voit la logique créancière triompher sur l'indépendance nationale. C'est la première fois que cela se produit et c'est assez inacceptable.

La dette grecque est-elle légitime ?

Il faut poser la question de la validité des dettes et de la responsabilité des grands Etats européens. Les dettes acquises par le gouvernement grec l'ont souvent été avec l'accord des créanciers pour financer des projets militaires ou des projets de construction qui ont profité aux entreprises allemandes ou françaises. On savait depuis 2010 que la dette n'était pas remboursable et l'on a transféré ces dettes sur les contribuables européens, y compris ceux de pays comme la Slovaquie où la richesse est inférieure à celle de la Grèce. Parallèlement, on exige du peuple grec, qui n'a pas été consulté, de rembourser l'intégralité de ces dettes. Tout ceci mène à une impasse politique pour la résolution du problème de la dette. Tout cela parce que des responsables européens refusent d'assumer leurs mauvais choix.

Comment jugez-vous l'action du gouvernement d'Alexis Tsipras ?

Je n'ai plus confiance dans le caractère du Premier ministre. Voici un an, j'ai été un temps proche de ce dernier et j'avais beaucoup de confiance en lui. Mais il est clairement entouré par des gens défaitistes qui lui ont dit : « Tu peux résister, mais il faudra, à la fin, faire ce qu'on nous dit. » Au ministère des Finances, nous appelions ce cercle la « troïka de l'intérieur ». A présent, c'est un homme qui a subi une défaite et qui a manqué son entrée dans l'histoire. C'est le chef d'une administration coloniale. Il se défend en affirmant qu'il vaut mieux que ce soit lui qui soit en place afin de pouvoir négocier quelques détails et faire porter l'effort sur les gens relativement plus riches. C'est peut-être vrai. Mais la réalité profonde, c'est que son administration fait ce qu'on lui dit de faire et se contente de répéter les formules des créanciers.

Si, l'an dernier, la Grèce avait refusé la logique des créanciers, au risque de sortir de la zone euro, serait-elle dans une meilleure position aujourd'hui ?

Lorsque, voici un an, j'ai transmis à Yanis Varoufakis une note sur le « plan X », celui qui prévoyait la sortie de la Grèce de l'union monétaire, c'était pour lui faire la liste des défis auxquels il faudrait faire face au cas où. Il y avait des questions légales, notamment sur le contrôle de la banque centrale, mais aussi des questions liées à la situation des banques commerciales, à la liquidité de l'économie, aux ressources énergétiques, aux fournitures de médicaments. Il s'agissait d'indiquer à quels responsables il fallait s'adresser.

Il semble que cette somme de défis ait semblé formidable aux responsables grecs d'alors. Ils ont douté de la capacité du gouvernement et de la société civile grecs à supporter le coût social et politique de la transition. A présent, je pense qu'ils ont sous-estimé les capacités et la patience du peuple grec dont la résolution est devenue évidente après la mise en place du contrôle des capitaux et le référendum du 5 juillet 2015.

Pour revenir à la question, les défis techniques auraient alors posé des difficultés importantes, mais qui se seraient allégées avec le temps grâce au contrôle des capitaux et à l'importance des paiements électroniques. Mais je ne pense pas que le gouvernement grec actuel disposait de la mentalité et de la résistance suffisantes pour soutenir un tel processus. De plus, pour soutenir la valeur de la monnaie, il faut des alliés et des soutiens extérieurs. La Grèce en disposait-elle ? Rien de moins sûr, c'est une question délicate. Quoi qu'il en soit, le gouvernement actuel ne prendra plus ce type d'initiative, la défaite est partout, et la réponse prendra la forme d'une résistance populaire qui se voit déjà.

Quel avenir, après cette crise grecque pour la zone euro ?

Pour préserver l'Union européenne à long terme, il faudra changer de système monétaire. La question ne concerne pas seulement la Grèce, mais aussi l'ensemble des pays déficitaires de la zone euro. Il faudra leur donner un moyen de réaliser les ajustements nécessaires de façon moins brutale et moins dogmatique que ce qu'on a vu en Grèce. Cette réflexion ne viendra pas de la Grèce, mais peut venir d'autres événements politiques au Portugal, en Espagne, en Italie ou même en Finlande, qui est très défavorisé par rapport à ses voisins nordiques par son adhésion à l'euro.

Quel nouveau système monétaire proposez-vous ? Peut-on encore s'appuyer sur la Modeste Propositionⁱⁱ que vous proposiez dans un livre écrit en 2013 avec Yanis Varoufakis et Stuart Holland et qui s'appuyait notamment sur des transferts et une politique active d'investissement ?

J'aimerais que l'on puisse encore ouvrir une discussion sur les bases de la Modeste Proposition qui, techniquement est encore valable, soit engagée au niveau européen. Cela ne me semble cependant pas possible pour le moment. Il faut donc pouvoir contourner ces blocages autrement. Je pense que les pays en difficulté devraient commencer à en discuter entre eux et forgent une alliance pour changer le système monétaire.

L'idée n'est cependant pas de recréer une « union latine » monétaire. J'explore plutôt pour le moment l'idée de créer une construction s'inspirant du système de Bretton Woods de 1944 au niveau européen. Le centre conserverait l'euro comme monnaie qui jouerait le rôle du dollar dans le système monétaire mondial d'avant 1973. Les autres pays disposeraient alors de leur propre monnaie avec des taux de change fixes, mais ajustables, mais serait protégés par la BCE des spéculateurs. Ceci me semble une moyen d'avancer dans les discussions. Car il ne faut pas se faire d'illusions : une dissolution de la zone euro qui ne serait pas organisée déclencherait une guerre économique. Et dans une guerre économique, les faibles gagnent rarement.

Vous avez néanmoins travaillé à une sortie de la zone euro dans un cadre tendu et en plein conflit avec les créanciers...

Oui, mais ce travail n'a jamais été utilisé comme une arme stratégique dans les négociations par le gouvernement grec. Nous avons travaillé dans le plus strict secret pour ne pas compliquer les négociations et pour éviter de déclencher une tempête politique en Grèce qui aurait déstabilisé le gouvernement. Nous avions un temps pensé organiser une réunion restreinte avec des représentants des créanciers, mais nous y avons renoncé. C'était trop risqué. Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, n'attendait que l'opportunité d'ouvrir le débat. Il l'a tenté début mai, dans une rencontre avec Yanis Varoufakis.

Certains nous l'ont reproché. Je me méfie cependant des positions des économistes de la gauche de Syriza, comme Costas Lapavitsas, qui étaient favorables à une sortie de la zone euro. Cette analyse part d'un défaut des économistes de penser que l'on peut évaluer la situation après la transition. Mais je pense que la gauche grecque n'avait pas fait un travail soigneux d'analyse de ce qu'il fallait faire. Il existait aussi un problème de légitimité et il fallait s'assurer de la survie politique d'un gouvernement de gauche. Si l'on devait faire face au chaos, on aurait vu le retour de la droite au pouvoir. Il faut donc se montrer prudent. Notre travail consistait donc uniquement à être prêt si cette sortie devenait inévitable. C'était simplement une mesure de prudence pour ne pas être démuni et provoquer le chaos.

Dans ce travail théorique que vous avez effectué et que vous publiez dans votre livre, vous favorisez l'idée que, de façon transitoire, deux monnaies peuvent coexister. La loi de Grisham selon laquelle la « mauvaise monnaie chasse la bonne », jouerait alors en faveur des autorités ?

L'idée est de s'appuyer le plus possible sur la monnaie électronique. L'expérience des contrôles des capitaux en Grèce et à Chypre montre que les gens qui ont l'habitude d'utiliser le numéraire passent aux moyens électroniques pour réaliser des transactions quotidiennes. La tendance observée est que l'on stocke son épargne sous forme de billets ou de biens solides comme des automobiles ou des biens immobiliers et que l'on utilise les moyens de paiement électroniques pour l'utilisation des dépôts.

Dans le cadre de la transition, l'euro sera donc stocké et la nouvelle monnaie pourra être utilisée sous forme électronique pour les moyens de paiement du quotidien. Ceci permettra, avec un taux de change interne de 1 pour 1 de disposer d'un peu de temps pour organiser la transition. La conversion en nouvelle monnaie pour les paiements électroniques est rapide et sa large diffusion est allégée.

La France connaît une forte contestation de la réforme prévue du droit du travail. Dans votre livre, vous expliquez les effets néfastes de cette réforme. Quel est votre jugement sur les « réformes structurelles », mantra de la politique économique dans la zone euro ?

C'est une idéologie qui n'a aucun fondement sur les faits. C'est un dogme qui relève de la théologie. Ce n'est pas par des « réformes » que l'on parvient au plein emploi. Ce n'est pas la flexibilisation du marché du travail qui a permis aux Etats-Unis d'avoir un taux de chômage bas. C'est bien plutôt grâce aux institutions non lucratives dans la santé, l'enseignement supérieur, la recherche et qui disposent de subventions indirectes. Plutôt que ces « réformes », l'UE devrait mettre en place des assurances sociales permettant aux revenus des ménages de ne pas être déstabilisés en cas d'éloignement du marché du travail. Ce n'est pas en réduisant les salaires - conséquences finales de ces réformes - ou en renforçant les pouvoirs des entrepreneurs que l'on renforcera l'économie. Les entrepreneurs ne créeront pas des emplois par charité parce que le marché du travail sera flexibilisé. Les pays nordiques ont maintenu un taux de chômage très bas pendant 50 ans en maintenant une régulation salariale forte et en incitant les entreprises à investir dans des activités à haute productivité. La conséquence de ces réformes est très inquiétante : en dérégulant le marché du travail, on réduit la croissance de la productivité car on favorise la main d'œuvre bon marché. C'est l'inverse de ce que pensaient les économistes néoclassiques. Or, la productivité un des problèmes majeurs aujourd'hui.

Selon vous, le principal problème de l'Europe est-il la domination de la pensée économique allemande ?

C'est évidemment beaucoup un problème. Mais les Français ont aussi leur part de responsabilité. La France doit faire face à une tendance ordolibérale depuis 50 ans qui est portée par le patronat, des économistes, une partie du monde politique et l'administration. Souvent, les dirigeants français se cachent derrière l'Allemagne pour imposer leurs recettes, et prétendent répondre à une pression extérieure. Mais c'est une blague. Et c'est un problème pour les autres pays de la zone euro qui ne peuvent pas s'appuyer sur la France. Il est temps que la France retrouve des idées françaises, celles qui ont inspiré le gaullisme, mais aussi celles de l'école de la régulation. Il faut que la France puisse pouvoir porter une tendance progressiste originale.

La crise actuelle trouve sa source dans les problèmes de la Finance. Selon vous, le secteur financier est-il désormais moins dangereux pour l'économie réelle ?

Je ne vois pas vraiment de changement dans la situation de la finance mondiale. Bien sûr, après une crise, les banques sont plus prudentes, mais le secteur cherche toujours des moyens faciles d'augmenter ses revenus. Et on a vu surgir de nouvelles bulles depuis huit ans : dans les prêts estudiantins aux Etats-Unis, dans le gaz de schiste, dans les pays émergents. La fin de cette dernière bulle est d'ailleurs douloureuse, on le voit en Amérique latine et en Asie et cela pose beaucoup de problèmes. On constate aussi une croissance soutenue des dérivées dont on ne sait pas réellement à qui ils appartiennent, mais on sait que plusieurs banques, comme la Deutsche Bank en Europe, sont très exposées à ces marchés. Les conditions d'une nouvelle crise par la finance sont donc toujours présentes.

En tant que citoyen des Etats-Unis, comment observez-vous la montée de Donald Trump ? Est-ce un vrai danger sur le plan économique ?

Rien n'est clair pour le moment, mais l'élection de Donald Trump semble désormais possible. Peut-être n'est-il qu'un candidat faible. Mais son adversaire supposée, Hillary Clinton, est très faible elle aussi. Une grande majorité des électeurs rejette ces deux candidats. Si la candidate démocrate est élue, on peut penser que la politique actuelle se poursuivra, avec néanmoins des conditions économiques moins favorables. Si Donald Trump est élu, il est difficile de savoir ce qu'il se passera. Pour le moment, il propose moins d'impôts pour les riches et plus de dépenses d'investissement public. C'est très contradictoire...

---

Crise grecque, tragédie européenne, par James Galbraith, aux Editions du Seuil (2016), 243 pages, 18 euros.

Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro, par James K. Galbraith, Stuart Holland et Yanis Varoufakis, aux éditions Les Petits Matins/Institut Veblen (2014), 73 pages, 5 euros.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/06/2016 à 16:19 :
on oblige la grèce à se vendre,pour satisfaire les banquiers europeens. et on donne 6mards à la turquie pour soi disant nous débarasser des migrants !!! BRAVO L'EUROPE.
a écrit le 03/06/2016 à 9:39 :
Visiblement la Grèce n'a toujours pas résolu le problème des tricheurs, sinon la crise serait terminée.
Et puis évidement la plethore de fonctionnaires, payés avec l'argent de l'Europe, 25% de la population active qui saigne à blanc le pays.
la rev num: connait-pas.
En France on ne peut que se féliciter de l'intense activité du service des impôts et de l'Urssaf qui s'en va dénicher jusqu'à un petit malin de ministre et fouine dans les comptes d'un ancien président.
Par contre on n'a toujours pas résolu l'excès de fonctionnaires, 20% de la population qui renvoie le pays aux états du tiers monde, tant qu'on n'en aura pas viré la moîtié, il n'y aura aucune évolution pour l'emploi.
Pareil que la grèce, que des sinécures photocopieuses, rev num c'est quoi?
France en 2011 22% allemagne 10% Suisse idem pologne.
Que ne fait t'on pas pour une poignée d'électeurs afin de gagner des élections.
a écrit le 03/06/2016 à 7:39 :
" colonisée " , la Grece ? ou colonelisée ?
a écrit le 03/06/2016 à 7:36 :
un conseil pour mr Godin : lire Galbraith , mais le père , John Kenneth ( J.K. ) :
ses references à lui , ne sont pas Austin / Texas , mais Harvard ; et pour les conseils Kennedy et non Varoufakis .
a écrit le 01/06/2016 à 17:07 :
1) « avec un taux de change interne de 1 pour 1 ». Si la drachme revient, le taux de change ne sera certes pas de 1 pour 1, mais plutôt de 0,10 euro pour 1 drachme. 2) « Il faut que la France puisse pouvoir porter une tendance.. », sauf que la France n’est plus une grande puissance disait en son temps Jacques de Bourbon Busset, académicien et surtout diplomate de grande expérience. 3) « croissance soutenue des dérivées » au lieu de dérivés, erreur qui indique que quand on écrit un article économique et financier sans connaître la terminologie et probablement le concept des produits (dérivés) on est dans le discours creux. 4) « les prêts estudiantins aux Etats-Unis » et au Canada d’ailleurs sont la responsabilité de ceux qui les ont signé. Essayez donc d’acheter quelque chose à crédit et dites à votre créancier qu’il peut s’asseoir sur son prêt ! Si tout le monde faisait cela, inutile de vous dire que l’économie serait rapidement bloquée, parce qu’il faudrait tout payer comptant et que par conséquent, tous les achats un peu élevés (immobilier, automobile, etc.) n’existeraient plus. 5) J’aurai tout de même appris que c’est grâce à son copinage, plutôt qu’à ses compétences, que Varoufakis doit d’avoir été conférencier (visiting professor) à l’Université du Texas à Austin. Conclusion : Thomas Jefferson disait que l’on a jamais que le gouvernement que l’on mérite et cela se confirme avec la Grèce :-)
Réponse de le 03/06/2016 à 9:07 :
Moins il y aura de pays dans la zone Euro plus celle ci se dépréciera!
a écrit le 01/06/2016 à 15:43 :
C'est vrai que les "élites" françaises ont complètement intégré l'ordo-libéralisme allemand. Même si on pense que c'est une bonne chose (?!) , le fait est indéniable. Mais ça aura une conséquence fatale : les électeurs mépriseront les élus, et rejetteront de plus en plus l'Europe.
a écrit le 01/06/2016 à 12:54 :
Les taux négatifs, la recherche de compétitivité, l'austérité va, contrairement a ce que l'on peut croire, nous éloigner de la consommation de masse et nous rapprocher de l’avènement d'une société féodale, au lieu de nous ouvrir a une globalisation, nous allons nous renfermer sur le local! Est ce le but poursuivie?
a écrit le 01/06/2016 à 12:37 :
Si ce monsieur et ses amis pro-grecs considèrent que la Grèce est colonisée, la solution est alors simple: que la Grèce demande son indépendance et sorte de l'UE :-)
a écrit le 01/06/2016 à 12:33 :
"La Grèce est soumise à une logique coloniale", non pas seulement la Grèce mais toute l'UE est dans ce cas, bien manipulé par la finance et les US!
a écrit le 01/06/2016 à 11:36 :
Excellente analyse. Il faut savoir ce que l'on met derrière le terme "flexibilisation du marché du travail". En Allemagne, ces mesures ont entrainé la création des mini-jobs, un recours accru au temps partiel non choisi, et à une baisse des revenus des salariés. Par contre les salariés en CDI ont conservé un niveau de protection élevé. Ainsi un salarié allemand en CDI est bien plus protégé qu'un salarié français en CDI. En douce Merkel commence à remettre en cause ces mesures. Elle s'est en effet aperçue de la fracture sociale que cela induisait dans la société allemande. En Espagne pour faire face au chômage de masse, le gouvernement a également décidé de flexibiliser le marché du travail. Fin 2013 l'Espagne avait détruit 18 CDI sur 100. Deux ans après fin 2015 l'Espagne avait recréé 5 des emplois détruits, 2 en CDI, 3 en CDD. De plus, ces emplois sont rémunérés de 30 à 40% de moins qu'auparavant. Mais ces créations d'emplois sont arrivées quand le gouvernement espagnol a desserré les contraintes austéritaires pour causes d’élections au grand désarroi de Bruxelles. En Italie, le gouvernement a créé le job act qui fait peser l'épée de Damoclès du licenciement sur les salariés pendant des années. Est-ce cette possibilité donnée au patronat de licencier comme il l'entend qui créé des emplois: Non. deux facteurs expliquent la création d'emplois: La prime de 8000€ par an pendant 3 ans donnée aux entreprises ce qui les incitent à recruter. Par ailleurs vu la faible productivité des salariés italiens (ce n'est pas péjoratif) l'Italie recommence à recréer des emplois à partir de 0,2 - 0,3% de croissance. L'année dernière l'Italie a eu 0,7% de croissance. Ainsi, dans aucun pays la seule flexibilisation du marché travail n'explique la baisse du chômage. Mais derrière cette flexibilisation, se cache en effet un autre enjeux, faire baisser le coût du travail et donc à terme le revenu des salariés, une des principales préconisation européenne reprise régulièrement dans ses recommandations au pays européens. Ainsi en France, il faut être bien naïf pour croire que le patronat ne va pas se saisir de l'article 2 de la loi sur le travail pour faire baisser la rémunération des heures supplémentaires. Croire que les PME dépendantes des grands groupes multinationaux ne vont pas subir de pressions pour baisser leur coût de production, maintenant qu'au travers de cette loi c'est la baisse des rémunérations qui est possible est une vue de l'esprit. Quel syndicat, quel salarié va résister à des menaces de licenciements ou de délocalisations? Aucun, on l'a vu chez smart. Et une fois cette spirale de baisse des rémunérations engagée ce sera irréversible, jusqu'à une prochaine étape qui sera encore une fois défavorable aux salariés.
Réponse de le 01/06/2016 à 14:46 :
L’Etat ne statue pas sur la remuneration des salaries prives et laisse aux employeurs et employes la liberte de negocier les remunerations dans l’entreprise (il fixe en revanche des bornes telles que le salaire minimum, parfois de maniere peu judicieuse d'ailleurs: on ne vie pas de la meme maniere avec le SMIG a Paris et a Toulouse ou a Nantes…). C’est la logique meme d’economie de marche et on ne la remet pas en cause que je sache (heureusement!), sauf peut-etre la CGT. Fort de ce constat, pourquoi devrait-on donc fixer la remuneration des heures supplementaires par la loi, alors que la remuneration de base est fixee librement, et que travailler 35 heures par semaines est totalement irrealiste dans le monde qui nous entoure (qui travaille si peu aujourd’hui? On ne parle pas de faire travailler les gens 60 heures... La loi prevoit egalement des bornes, mais plus realistes et en ligne avec nos voisins europeens). La loi prevoit un floor de 10% de remuneration supplementaire, et laisse les entreprises et salaries libre de negocier, et ca me semble etre une excellente chose. Vous ne realisez pas la destruction d’emplois et les pertes d’opportunites et d’investissements qui resultent de la complexite du droit du travail et de son manque de flexibilite. Cela permettra aussi de promouvoir le dialogue social au sein des entreprises avec des syndicats modernes et representatifs, ce qui manque tant dans notre pays. La regulation est une bonne chose, permet de proteger tous les acteurs, patrons, salaries, consommateurs; mais un marche sur-regule est un marche bloque, on le voit dans tous les domaines en France (logement; si on vient d’une bonne famille, qu’on a de bons garants et un bon salaire vous trouverez n’importe quel logement a Paris. Si vous etes en CDD ou meme etranger avec une bonne situation, bon courage, il va vous falloir payer 6 mois de caution a l’avance!). In fine cela cree une situation statique, une societe d’insiders/outsiders (i.e. ceux qui ont un bon diplome, ceux qui sont en CDI, ceux qui ont une bonne caution vs. les autres) avec tres peu de mobilite.
a écrit le 01/06/2016 à 11:30 :
"James Galbraith, économiste à l'université d'Austin (Texas) et ancien conseiller de Yanis Varoufakis lorsqu'il était ministre de l'Economie de Grèce,..."

Pas besoin d'en dire plus
a écrit le 01/06/2016 à 11:17 :
" C'est une logique de colonisation......"

belle image donnée de l 'europe ce "machin" inhumain destinés uniquement à broyer les peuples les uns aprés les autres au profit des financiers et patrons de grandes entreprises, de quelques nationalités qu'ils soient....que les ultra libéraux qui pleurnichent toujours sur " l image de la France en grève" gardent leurs larmes de crocodiles pour pleurer sur l europe jugée à l'aune de ses actes !!
a écrit le 01/06/2016 à 10:14 :
Il a tout à qui est aussi à gauche qu'un Valls ou Hollande. Du flan ! Tsipras est une taupe à la solde des Merkel et hollande. Un traître vis-à-vis de la Grèce, qui devrait être traité comme tel. Que la Grèce sorte de l'eurozone : elle n'a pas besoin d'être arnaquée - surtout par la france qui est la première bénéficiaire de l'"aide" à la Grèce - à ce point. Plus de 95 % de l'"aide" à la Grèce est détournée par les "créanciers" et n'arrive jamais dans le pays. fait raison en ce qui concerne Tsipras. Stop et à l'union européenne et à l'eurozone. La Grèce mérite mieux que ces voyous parasites.
a écrit le 01/06/2016 à 10:08 :
Si la sortie de la Grèce de l'euro était économiquement préférable, mais n'a pas été réalisée pour maintenir la gauche au pouvoir, Tsypras place ses ambitions personnelles avant le bien-être de son peuple.
a écrit le 01/06/2016 à 9:54 :
Encore un économiste qui est dans la théorie de ses croyances et de ses dogmes, comme tout les sciences sociales. Quand aux grecs on ne leur a pas demandés leurs avis mais ils ont votés pendant plus de 30 ans pour des corrompus et des incompétents.
a écrit le 01/06/2016 à 9:32 :
La Grèce n'a qu'à prendre son indépendance..., avec toutes les conséquences....
Cordialement
a écrit le 01/06/2016 à 9:11 :
D'où l'intérêt ....de ne pas décoloniser trop tôt et trop vite ....
a écrit le 01/06/2016 à 8:11 :
A la place de ce monsieur Galbraith, conseiller de Varoufakis, je me ferais tout petit. A ce titre de conseiller on peut le considérer comme responsable d'avoir amené la Grèce tout au bord du gouffre, et il s'étonne simplement que Tsipras est finalement renoncé à y sauter.
Réponse de le 01/06/2016 à 9:01 :
Oui Apprenti sorcier qui a participé au naufrage de la Grèce.
Et il n'a pas peur de déformer la réalité ". Ce n'est pas par des « réformes » que l'on parvient au plein emploi. Ce n'est pas la flexibilisation du marché du travail qui a permis aux Etats-Unis d'avoir un taux de chômage bas. C'est bien plutôt grâce aux institutions non lucratives dans la santé, l'enseignement supérieur, la recherche et qui disposent de subventions indirectes. " Il suffit de regarder nos voisins Allemands, Portugais, Anglais, Espagnol, .... pour comprendre que ce Monsieur dit n'importe quoi et en ce demande d'ailleurs pourquoi le couple Valls/Hollande essaye également en France d'aller vers cette flexibilité ....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :