Le nouveau gouvernement finlandais  : un obstacle de plus pour la Grèce ?

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Timo Soini, chef des Eurosceptiques et futur ministre des finances finlandais
Timo Soini, chef des Eurosceptiques et futur ministre des finances finlandais (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
A la tête des Eurosceptiques finlandais, Timo Soini pourrait devenir ministre des Finances. Il est radicalement opposé à toute aide à la Grèce. Son duel avec Yanis Varoufakis s'annonce chaud...

Et si la crise grecque se jouait finalement... à Helsinki ? Après les élections législatives du 19 avril, trois partis ont entamé en Finlande des négociations en vue de la formation d'un gouvernement. Outre le parti du Centre, de Juhä Sipilä, grand vainqueur du scrutin et pressenti pour devenir le prochain premier ministre, la coalition pourrait également intégrer les Conservateurs de la Nouvelle Coalition (Kokoomus) du premier ministre sortant Alexander Stubb et enfin les Eurosceptiques de droite du parti des « Finnois », ex-« vrais Finnois » de Timo Soini.

Timo Soini, l'adversaire de l'aide à la Grèce

Ce dernier est de plus en plus pressenti pour devenir le ministre des Finances du prochain gouvernement finlandais. Son arrivée dans l'Eurogroupe risque de causer une détonation aussi notable que celle de son homologue grec Yanis Varoufakis. Du reste, le dialogue entre les deux hommes risque de ne pas manquer de piquant. Timo Soini a été un des adversaires les plus déterminés aux plans d'aide à la Grèce en 2010 et 2011. Il l'est encore et il a prévenu : « si le parti des Finnois entre dans le gouvernement, je crois que la politique de la Finlande envers la Grèce va changer. » Et s'il promet que ce « changement » sera « pour le meilleur, parce que rien ne peut être pire qu'aujourd'hui », Timo Soini semble capable de faire refuser à son pays la participation à toute nouvelle aide à la Grèce.

Mercredi, les trois partis ont présenté des « positions » communes en vue de la constitution d'un programme gouvernemental. Il en ressort, selon la télévision locale Yle que « le prochain gouvernement s'oppose à prendre de nouveaux engagements financiers dans la recherche d'une solution à la crise de l'euro. » C'est donc un « non » de principe à tout nouvel engagement qu'exprime le nouvel exécutif finlandais. Ce refus concernera-t-il le programme en cours ? Ce n'est pas clair, car la Finlande a donné son accord sur ce dernier en 2012. Mais rien n'est certain : Timo Soini ne va sans doute pas rester les bras croisés dans l'Eurogroupe et ne va pas valider sans rien dire un éventuel accord. Il faut s'attendre à ce que, dans des discussions déjà au point mort, son arrivée vienne encore ajouter une difficulté supplémentaire.

Une Finlande mal en point, peu pressée d'aider la Grèce

Célèbre pour son franc parler, Timo Soini, 52 ans, joue, il est vrai, sur du velours dans cette affaire. Il est en position de force. Certes, son parti a perdu le 19 avril un point de pourcentage par rapport à 2011, mais il a moins souffert que les autres grands partis (Kokoomus et Sociaux-démocrates) et, surtout, avec 38 sièges, il est devenu le deuxième groupe parlementaire du pays.

Du reste, la Finlande n'a jamais réellement accepté l'aide à la Grèce. En 2011, le gouvernement dirigé déjà alors par le parti du Centre avait refusé de participer au second plan d'aide. Il avait fallu que le Kokoomus, à l'époque dirigée par Jyrki Katainen, devenu depuis commissaire européen, constitue une grande » coalition allant des anciens communistes aux conservateurs pour que la Finlande accepte, en demandant cependant des garanties particulières. En août 2011, Athènes avait donc accepté de « couvrir » le montant versé par Helsinki par des dépôts de titres d'une valeur équivalente.

Certes, la Finlande n'est exposée à la Grèce qu'à hauteur de cinq milliards d'euros. Mais la situation du pays ne rend pas un nouveau versement réellement possible pour le futur ministre des Finances. La Finlande a en effet un point commun avec la Grèce : au premier trimestre 2015, les deux pays sont entrés en récession. Mardi 12 mai, la commission européenne a prévenu qu'elle allait sans doute entamée une procédure pour déficit excessif envers la Finlande. Les trois partis de la future coalition sont d'accord sur une réduction des dépenses publiques. Or, cette réduction qui sera douloureuse pour une économie finlandaise déjà mal en point, est difficilement justifiable si le pays s'engage davantage envers Athènes. Certes, il ne s'agit que de garanties du FESF (ou, dans le cadre d'un nouveau plan d'aide du MES) et il n'y aura pas d'engagement direct du budget finlandais, mais Timo Soini ne manquera sans doute pas l'occasion de torpiller un nouveau versement à Athènes.

Ce qui est piquant, c'est que Timo Soini et Yanis Varoufakis étaient, en 2011, sur des positions assez proches : opposés tous deux aux « plans d'aide » qu'ils considéraient à juste titre comme des cavaleries financières, ils se retrouvent désormais sur des positions opposées...

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a écrit le 17/05/2015 à 21:15 :
Plus je réfléchis plus je vois de parallèle entre la gauche française et grecque : ce coté désinvolte, intello, dernier village communiste a la rigueur ultra-liberale

C'est ca qui plait tant a Godin
Réponse de le 18/05/2015 à 11:12 :
Oui vous avez raison. Heureusement ils ont quasiment disparu du paysage politique grec (PASOK : 4%) pour laisser place a Syriza, parti pragmatique, intègre et fier.
Malheureusement pour la France, je ne vois pas vraiment se profiler de parti similaire avant un bout de temps !
Réponse de le 18/05/2015 à 15:05 :
La France une futur grece (les 2 champions du nombre de fonctionnaires) on y va tout droit!
Réponse de le 18/05/2015 à 17:06 :
Si la France est effectivement parmi les pays en tete en nombre de fonctionnaires, derriere la Norvège, Danemark, Suede, Finlande (que des pays avec une économie en lambeaux, ou personne n'aimerait vivre), la Grece est largement en dessous de la moyenne europenne. Il faudra trouver une autre explication a la crise je pense !

Source OECD : http://www.atlantico.fr/sites/default/files/u17796/2014/04/employement_in_general_gvt_0.png
a écrit le 17/05/2015 à 8:16 :
Tiens, ce n'est plus la méchante Merkel ni le vilain Rajoy qui sont accusés de vouloir couler la Grèce ? Il y a donc d'autres radins qui se rebiffent ?
a écrit le 16/05/2015 à 14:48 :
Mais quand Romaric Godin qui écrit ces articles pondérés et documentés sur la Finlande et Mr Romaric Godin auteur d'articles enflammés sur la résistance grecque à l'imperialisme de l'UE vont-ils enfin confronter leurs points de vue ?
a écrit le 16/05/2015 à 13:27 :
à force de demander à la Finlande de payer pour les Grecs, elle se retrouve à ne plus pouvoir respecter ses propres engagements de deficit et de dette publique. Si pour les Grecs et la plupart des Européens, un engagement ne vaut rien.... pour un Finlandais, respecter un engagement est un devoir moral très important dans une société qui repose sur la confiance. Je comprends qu'ils n'aient plus envie de payer pour les Grecs.
Réponse de le 16/05/2015 à 23:14 :
Cessez de raconter n'importe quoi. La Finlande n'a pour le moment versé a la Grece que ... 0€. Elle est simplement garante a hauteur de 2 milliards d'euros en cas de défaut grec. Quel rapport donc avec le déficit ou la dette Finlandaise ?
Réponse de le 17/05/2015 à 14:46 :
Bof, seulement 2 milliards (reste encore à vérifier si ce chiffre est correct, car Fx nous a habitués au fantaisisme en la matière). Bon, c'est sûr que pour un voleur 2 milliards, c'est une goutte d'eau dans la mer quand on peut voler 320 milliards aux contribuables européens !!!!
Réponse de le 17/05/2015 à 17:31 :
Oui moquez vous, en attendant, je n'invente rien, c'est marqué dans l'article, vous pouvez faire le malin, personne ne sera dupe ;)
Réponse de le 17/05/2015 à 18:42 :
Cher Patrickb, moi qui admirait vos reparties toujours pleines de finesses, et vos argumentaires subtils et inaccessibles aux neophytes, pour fermer le clapet de ce marxo-gauchisant de Fx, je suis extrêmement déçu de vous voir employer des termes désobligeants a son égard. Ce qui de plus commence a me faire douter de la justesse de votre propos : l'insulte est l'arme des faibles dit on. Seriez vous au final en position de faiblesse, comme la Russie face a l'unité et la volonté de l'Europe ? Je n'ose le croire, mais je ne vous lirai malheureusement plus avec la meme crédulité emprunte d'enthousiasme, je le craint fort. Quelque chose s'est brisé en moi.
Réponse de le 18/05/2015 à 8:43 :
Et une fois de plus, les chiffres de Fx sont erronés :-) Voir l'article de Bloomberg qui parle de 5,39 milliards et pas de 2 milliards : http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-02-02/greek-debt-writedown-demands-faces-euro-area-disdain-overview
Réponse de le 18/05/2015 à 10:45 :
Encore une fois, vous ne savez pas lire, ce ne sont pas mes chiffres, mais ceux de l'article que je citais. Mr Godin a d'ailleurs depuis mis a jour l'article, et parle maintenant de 5 milliards d'euros.
En cherchant on apprend aussi que la Grece a remboursé 1 milliards d'euros a la finlande dans le cas d'accord bilatéraux, mais je ne sais pas si ces 5 milliards en tiennent compte.
Réponse de le 18/05/2015 à 11:05 :
@Fx: comme quoi tu devrais réfléchir et t'informer au lieu de faire circuler des balivernes !!! Godin a mis à jour l'article parce que je lui ai envoyé le lien :-)
Réponse de le 18/05/2015 à 12:46 :
@Priam: je roule pour moi et bien que je conçoive que chacun puisse avoir ses propres opinions à partir du moment où il ne s'agit pas d'intox fondée sur des balivernes, ce qu'on pense de moi m'est égal :-) J'aime les choses simples et les idées claires...et pour info, je ne cherche pas de copine grecque :-) :-)
Réponse de le 18/05/2015 à 17:08 :
"Godin a mis à jour l'article parce que je lui ai envoyé le lien :-)" et vous avez tres bien fait, savoir la vérité est dans l'intérêt de tous !
Réponse de le 18/05/2015 à 17:17 :
Ceci dit j'ai trouvé une autre source avec des résultats un peu differents :

http://www.ieseg.fr/wp-content/uploads/2015-EQM-01_Dor.pdf

La Finlande aurait prêté un milliard d'euro a la Grece, et serait exposée a hauteur de 2,7miliards d'euros via l'EFSF selon ce papier.
a écrit le 15/05/2015 à 21:47 :
Qu'un pays en pleine récession comme la Finlande fasse la leçon a la Grèce laisse songeur. Leur recette ne marchent pas bien fort dans leur propre pays, de quel droit les impose t-il aux autres ?
Réponse de le 16/05/2015 à 1:55 :
Par le fait que la Grèce demande encore des sous?
Réponse de le 16/05/2015 à 13:29 :
peutêtre que l'économie finlandaise ne marche pas bien fort pour d'autres raisons que de simplement s'endetter sans se soucier du lendemain... ou bien parce qu'on lui demande de payer pour les autres... de l'argent en moins dans le circuit de l'investissement.
Réponse de le 16/05/2015 à 23:16 :
La Finlande n'a pour le moment versé aucune aide a la Grece, c'est écrit dans l'article. Donc a priori vous en conviendrez, peu de chance que ça influe sur l'économique Finlandaise !
a écrit le 15/05/2015 à 20:55 :
D'après un autre source, le déficit budgétaire de la Finlande est 3.2 % en 2014 et son ratio d'endettement est 61% du PIB: les Finlandais ne sont donc pas mal lotis. Le problème avec la Russie ne doit pas arranger les choses. On aimerait avoir des indicateurs pareils.
Donc, cela m'étonnerait que l'EU engage vraiment une action envers la Finlande.
A noter par ailleurs que pour la Grèce, il était écrit qu'un excédent primaire était prévu en 2015; les résultats du 2015T1 ne sont pas folichons. D'après une source différente, l'excédent primaire a été "marginal" en 2014.
Il serait intéressant de connaître la valeur négociables de valeurs nanties en 2011 mais je suppose que c'est déjà provisionné dans les comptes Finlandais.
Cordialement
Réponse de le 15/05/2015 à 21:18 :
@Bernardino: "pas mal lotis" ??? je ne crois pas au hasard et je rejoins Thomas Jefferson qui disait "qu'on a jamais que le gouvernement qu'on mérite". Comparer les Finlandais aux Grecs est même plutôt insultant pour les Finlandais qui sont de gens qui travaillent dur et sont honnêtes.
Réponse de le 16/05/2015 à 20:48 :
@Patrickb
Veuillez m'excuser: le texte n'est pas clair. Cela va plutôt bien en Finlande surtout avec un système social de compétition. En revanche, en Grèce c'est plutôt le chaos.
Cordialement
a écrit le 15/05/2015 à 17:29 :
Bien entendu que le programme en cours et la signature de la Finlande seront honorés. Les Finlandais, comme tous les peuples du Nord de l'Europe, ne sont pas des scélérats !!!
a écrit le 15/05/2015 à 17:24 :
boh, comme varoufakis est quelqu'un d'elegant, il le traitera de nazi et lui fera un doigt d'honneur ( en expliquant qu'il veut faire defaut tout en restant dans l'euro)
c'est du recuit, ca !

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