Le rabais britannique a coûté 111 milliards à l’UE en 30 ans

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C'est Margaret Thatcher que les Britanniques doivent remercier pour cette manne européenne. Le 25 juin 1985, lors du Conseil de Fontainebleau, la Première ministre a en effet arraché ce « rabais britannique », en menaçant de cesser de verser la participation au pays au budget des communautés européennes.
C'est Margaret Thatcher que les Britanniques doivent remercier pour cette manne européenne. Le 25 juin 1985, lors du Conseil de Fontainebleau, la Première ministre a en effet arraché ce « rabais britannique », en menaçant de cesser de verser la participation au pays au budget des communautés européennes. (Crédits : Reuters)
Certains pays, comme l’Italie et la France, compensent plus que d’autres pour le chèque annuel négocié par les Britanniques. Un article de notre partenaire Euractiv.

Alors que la campagne sur le Brexit bat son plein, les conditions d'adhésion du Royaume-Uni à l'UE méritent d'être passées au peigne fin.

Selon les calculs d'EurActiv, entre la première utilisation du « rabais britannique » en 1985, et 2014, dernières années pour lesquelles les informations ont été publiées, Londres a été remboursée d'un total de 111 124 millions d'euros de Bruxelles. Cela correspond environ au budget de l'UE sur un an.

C'est Margaret Thatcher que les Britanniques doivent remercier pour cette manne européenne. Le 25 juin 1985, lors du Conseil de Fontainebleau, la Première ministre a en effet arraché ce « rabais britannique », en menaçant de cesser de verser la participation au pays au budget des communautés européennes.

« I want my money back » (Je veux qu'on me rende mon argent), aurait-elle rebattu les oreilles des neuf autres chefs d'État et de gouvernement présents, dont son hôte, François Mitterrand. Le président de la Commission de l'époque était le Luxembourgeois Gaston Thorn.

Le rabais, aussi surnommé « chèque britannique » ou « correction britannique » dans le jargon européen, équivaut à 66 % de la contribution nette de l'année précédente. On prévoyait que cette pratique serait réduire après les élargissements de 2004-2007, mais les chiffres indiquent que les remboursements sont restés stables ou ont augmenté depuis. Le montant pour 2001 était par exemple très élevé, principalement à cause d'ajustements apportés aux comptes de 1997 et 1999, qui allaient dans le sens du Royaume-Uni.

UK rebate 1985 to 2014

Ces dernières années, les remboursements ont varié entre 3 et 5 milliards d'euros par an (voir tableau). Calculées en ECU jusqu'en 1998, ces sommes ont ensuite été converties en euros. Le taux de change actuel est 1€ = 1ECU.

Un poids pour les membres plus pauvres

Tous les États membres de l'UE paient donc les remboursements au Royaume-Uni, y compris les nouveaux membres moins aisés d'Europe de l'Est. En 2014, la Pologne a ainsi participé à hauteur de 294,4 millions d'euros, la Roumanie de 101,4 millions d'euros et la Bulgarie, le pays le plus pauvre de l'union, de 29,9 millions d'euros.

Par contre, les Pays-Bas, la Suède et l'Autriche ne paient qu'un quart de ce que devrait être leur participation à la « correction britannique ». Il existe donc des « rabais sur le rabais ». Résultat : la France et l'Italie supportent à elles deux près de la moitié du total à rembourser à Londres. Pour l'année 2014, l'Allemagne a payé 379,6 millions d'euros, alors que la France et l'Italie versaient respectivement 1,592 et 1,165 milliards.

Outre sa renégociation de certaines conditions en vue du référendum du 23 juin, David Cameron a lui aussi tenté de protéger les tirelires britanniques. En décembre 2010, en pleine crise de la zone euro, le Premier ministre a réussi à faire accepter aux autres États membres que le Royaume-Uni ne contribuerait pas aux prochains renflouements.

>> Lire : David Cameron : «Nous ne paierons pas» (2010)

EurActiv a demandé à un porte-parole de la Commission de commenter la générosité des conditions et la nature unique de l'adhésion du pays à l'UE. Celui-ci a néanmoins refusé de répondre, estimant inapproprié de faire ce genre de commentaires pendant une campagne de référendum.

Il n'empêche, en votant pour une sortie de l'UE le 23 juin, les électeurs pourraient mettre un terme au meilleur accord d'adhésion existant entre l'UE et un de ses membres.

>> Lire : L'OCDE met en garde les britanniques contre le cout économique du Brexit

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CONTEXTE

En 2015, pendant sa campagne de réélection, le Premier ministre britannique, David Cameron, a promis de renégocier les conditions d'adhésion du pays à l'UE et d'organiser un référendum pour que les Britanniques décident s'ils souhaitent rester dans l'union ou en sortir.

Après un sommet lors duquel il a obtenu des concessions des 27 autres États membre, David Cameron a confirmé qu'il ferait campagne pour que le Royaume-Uni ait un avenir européen.

Les dirigeants européens ont écarté toute possibilité de changer les principes fondamentaux de l'UE, tels que la libre circulation des travailleurs et l'interdiction de la discrimination entre les travailleurs de différents pays de l'UE.

Un Brexit aurait de lourdes conséquences pour le commerce, l'investissement et la position de la Grande-Bretagne sur la scène internationale.

La campagne sera rude dans ce pays de tradition eurosceptique et doté d'une presse de droite très hostile à l'UE. Les sondages indiquent à l'heure actuelle un léger avantage des eurosceptiques.

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Georgi Gotev, traduit par Manon Flausch d'Euractiv.

(Article publié le 23 mai 2016)

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Euractiv

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Commentaires
a écrit le 27/05/2016 à 8:05 :
Les Anglais en ont et ils ont compris qu'avec les lâches il suffit de grogner pour obtenir ce q u'ils voulaient!
A moins que cet article n'est pour bit unique de convaincre les Brits de rester ...... A tout prix! Manipulation quoi , les journaux sont passés maitres en la matiere..
a écrit le 25/05/2016 à 13:29 :
Honte a l'union européen d'avoir acheté le silence de ce pays , aux détriment des autres nations... honte a l'Angleterre d'avoir profité de la situation...
Dehors les anglais , cela est scandaleux....
a écrit le 25/05/2016 à 6:28 :
Le Brexit sera un grand soulagement pour l'Europe et ça ne stoppera pas le commerce avec la GB comme avec la Suisse !
a écrit le 24/05/2016 à 18:20 :
Les européïstes (et non les européens) sont une minorité qui souhaitent faire de nos pays un immense marché dont ils détiendraient les clés. Il s'agit d'un processus hyper-libéral au cas ou l'on ne s'en serait pas aperçu.... Ils ont donc payé (en création monétaire) pour y parvenir. La création monétaire titrise la "dette" à toute la population tandis qu'ils ne sont quelques-uns à ramasser le retour de mise positif. On a ainsi payé pour les petits pays du "Nord" largement subventionnés (en secret) par des abattements et avantages concédés soient présents, on a payé pour que UK s'additionne à un bloc se présentant ainsi comme une évidence, ceux qui n'en faisaient pas alors encore partie étant en examen d'adhésion. Or UK sait parfaitement que le mécanisme européïste, mais au delà le mécanisme mondialiste, est dirigé contre lui. En effet depuis Cromwell le pays s'était construit un profil (quelque soient les moyens forcément criminels) de chef de meute, l'en défaire pour le compter parmi la troupe revenait à le destituer. Ceci d'un point de vue diplomatique et économique mais plus encore il l'avait été par la perte de l'Amérique et le fameux "Tea Parti" de l'indépendance, puis par la décolonisation générale décidée (imposée) après-guerre et enfin les terribles accords de la Jamaïque (Bretton-Woods) qui retirent la contrepartie Or à toute devise, ce qui faisait sa fortune. Une arnaque grandiose que beaucoup, même économistes, ont du mal à comprendre [et qui vaudrait bien un article fouillé]. L'adhésion à la CE est donc un chapeau ordinaire difficile à porter puisqu'il implique la destitution du pays qui y perd sa couronne. C'est l'ensemble de ces pertes, qui sont alors négociées en 1985 en secret. Si UK crie fort la petite cuisine des compensations reste discrète. S'agissait-il d'un accord de 30 ans qui devrait tomber ces jours-ci ? On peut le penser tant ces "incentives", ces bonbons et cadeaux pour faire passer la pilule européïste se diluent et s'annulent, en fin de parcours, un peu partout. UK a amorti la chute, lui reste à définir sa nouvelle posture : soit foncer vers un modèle libéral dur et tenter la trace en solitaire, soit rentrer dans le rang d'un bataillon dont il sait ne pas être des meilleurs éléments. La seconde solution, qui peut supposer l'adoption de l'euro, enfoncerait assurément et rapidement encore plus UK. Le Brexit reste bien le moyen de se constituer encore un nouveau petit royaume des réfractaires à l'europeïsme et tenir ainsi au moins jusqu'à la fin du siècle. Après ? Après, comme disait l'autre, "Nous serons tous morts".
a écrit le 24/05/2016 à 15:25 :
Ceux qui souhaitent le Brexit en pensant que cela va résoudre les pbs de l'UE vont rapidement déchanter. Bien au contraire, le Brexit est le commencement de la fin pour l'UE et c'est justement pour cela que je m'en réjouis d'avance. L’histoire se répète, la GB va nous sauver d’une dictature !!
a écrit le 24/05/2016 à 15:09 :
"..En 2014, la Pologne a ainsi participé à hauteur de 294,4 millions d'euros, la Roumanie de 101,4 millions d'euros et la Bulgarie, le pays le plus pauvre de l'union, de 29,9 millions d'euros"...
Relativisons !! ces pays percoivent plus que ce qu'ils ne versent !!!
a écrit le 24/05/2016 à 14:30 :
il ne faut pas garder la GB en Europe elle n'y a jamais eu sa place !
Réponse de le 24/05/2016 à 15:16 :
Mais elle a aider a liberer la France avec plus de 150.000 morts.
a écrit le 24/05/2016 à 14:16 :
Ca pour sûr ils vont certainement rester dans l'union après un article de cette nature.
a écrit le 24/05/2016 à 13:44 :
Il FAUT les virer. Désolé d'être direct, mais ils n'ont RIEN à faire dans la pseudo-Europe actuelle, c'est NOTRE boulet.
a écrit le 24/05/2016 à 13:27 :
C'est ce qui fait la force des britanniques. S'ils sont divisés chez eux, ils jouent collectifs à l'extérieur. On paye, de nos taxes, un surplus de 1500 M$ depuis 30 ans parce que les anglais sont meilleurs négociateurs que nous et que nos politiques se fichent de savoir comment est dépensé l'argent public. Pourquoi ne pas rediscuter notre participation à l'UE?
Réponse de le 24/05/2016 à 15:37 :
@toto, « ..rediscuter notre participation à l'UE.. », vous n’y pensez pas !! La France se croit investie d’un dessein, quitte à se saigner et à payer plus que les pays du Nord et l’Allemagne. Vive le compromis ! vive la fraternité ! et vive les proctologues européistes !!!
Réponse de le 25/05/2016 à 11:41 :
En France nous n'avons plus de politique à la hauteur (peut être un jour....) pour contrer Merkel et Juncker. Ils ne savent pas faire appliquer les lois européennes, ils en font toujours plus. Nous avons affaire à des nuls qui ne pensent qu'aux élections.
a écrit le 24/05/2016 à 12:11 :
Et après le Brexit, quand les Brits ne contribueront plus leurs 60 milliards à l'UE, l'assistance permanente, notamment à la Grèce, ne seront plus possible. Je pense que d'autres pays dans ce cas vont aussi quitter l'UE :-)
Réponse de le 24/05/2016 à 13:47 :
" la France et l'Italie supportent à elles deux près de la moitié du total à rembourser à Londres." Donc, patrick"b", tu n'es pas Français, en principe. Moi SI !
Réponse de le 24/05/2016 à 15:18 :
Patou, tu as de sérieuses lacunes en anglais et en algèbre. La GB récupère largement sa contribution. Tu sais lorsque tu vois un panneau en France à l'effigie de l'Europe et qui prétend " Travaux financés par les fonds européens", d'après toi, ils viennent d'où ces fonds européens ?? La France par exemple est contributrice net. Tu comprends "contribution nette" ???
Réponse de le 24/05/2016 à 17:21 :
@Pepito: tu commences quand à me donner des leçons d'anglais Et d'après toi, les panneaux prétendent ? J'écoute Boris Johnson et ses arguments, mais comme il ne doit pas parler aussi bien anglais que toi, je dois mal comprendre, à moins bien évidemment qu'il ne soit titulaire d'un bac+2 français pour s'exprimer aussi mal :-)
Réponse de le 25/05/2016 à 15:45 :
Effectivement j'ai affaire à un expert en français avec "..ne contribueront plus leurs 60 milliards..."

Sinon sur le fond, as-tu compris que les “Brits” ne claquent pas 60 milliard pour assister les autres pays ??

Tiens, apprends:

http://www.telegraph.co.uk/news/newstopics/eureferendum/12176663/EU-Facts-how-much-does-Britain-pay-to-the-EU-budget.html

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