Migrants : pourquoi les ferrys danois portent plainte contre la Suède

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La compagnie de transport HH Ferries estime que les contrôles d'identité votés à l'occasion du rétablissement des contrôles aux frontières devraient être du ressort de l'État.
La compagnie de transport HH Ferries estime que les contrôles d'identité votés à l'occasion du rétablissement des contrôles aux frontières devraient être du ressort de l'État. (Crédits : HH Ferries Group)
La compagnie HH Ferries, qui assure la navette entre le Danemark et la Suède, reproche à l'État suédois d'avoir commis une entorse aux règles de concurrence en lui imposant une contribution financière pour le contrôle aux frontières. Cette participation n'est pourtant pas demandée aux gestionnaires du pont routier de l'Øresund, son principal concurrent, géré par un consortium suédo-danois.

C'est une tout autre tragédie que celle d'Hamlet qui se joue actuellement entre les côtes d'Helsingør au Danemark ("Elseneur" en français -où Shakespeare situe son intrigue dans la pièce, Ndlr) et de Helsingborg en Suède.

La compagnie danoise de ferrys HH ferries, qui revendique le transport quotidien de plus de 50.000 passagers d'une rive à l'autre des deux pays scandinaves, a décidé ce mardi 29 décembre de porter plainte contre l'état suédois devant la Commission européenne.

La compagnie HH Ferries lui reproche notamment de faire peser sur les compagnies de transport les coûts et la gestion du rétablissement des contrôles aux frontières imposé dans la foulée de la crise des réfugiés. Autre grief de HH Ferries: les gestionnaires du pont routier de l'Øresund - qui relie également les deux pays- en sont exemptés.

Tensions croissantes entre la Suède et le Danemark

Afin de juguler l'afflux de demandeurs d'asile sans précédent auquel elle doit faire face, la Suède a décidé, comme d'autres pays européens, d'introduire temporairement -et en dépit des règles de Shengen- les contrôles aux frontières internes. Pour les migrants qui arrivent en nombre sur son sol, le Danemark voisin est le premier pays de transit. Le gouvernement suédois souhaite donc que les contrôles d'identité soient opérés avant l'arrivée sur son sol, et envisage le renvoi des sans-papiers chez le voisin scandinave. La ministre danoise de l'Immigration, Inger Støjberg, estime que huit demandeurs d'asile sur dix souhaitant se rendre en Suède devraient ainsi rester sur le sol danois.

Ainsi le gouvernement danois veut à son tour de rétablir les contrôles aux frontières avec l'Allemagne, d'où partent les migrants qui souhaitent transiter par le Danemark pour s'installer en Suède. Les tensions sont croissantes entre la Suède qui a reçu cette année plus de 160.000 demandes d'asile, soit la plus grande proportion par habitant de toute l'UE, et le Danemark qui n'en a connu que 18.000.

"Traitement de faveur"

Les contrôles d'identité, qui vont débuter le 4 janvier prochain, doivent coûter chaque jour à la compagnie HH Ferries quelque 100.000 couronnes danoises (13.400 euros), alors qu'ils n'ajouteront pas de coût au pont de l'Øresund, grand concurrent 45 km plus au sud. L'entreprise estime que le consortium gérant le pont routier de l'Øresund, entre Copenhague et Malmö, a reçu un "traitement de faveur" en n'ayant pas à payer cette même contribution. Ce consortium est une coentreprise entre deux sociétés contrôlées par les États danois et suédois.

"Le plus gros problème est que les autorités attribuent la responsabilité des contrôles aux ferrys, bus et trains. Ceci constitue un défi car nous ne sommes pas qualifiés pour recruter et former du personnel dans un délai si court. Procéder à l'évaluation et au contrôle des identités est du ressort des autorités. Tout particulièrement lorsque ce doit être temporaire. De plus, la situation est totalement inéquitable en comparaison avec les ponts et des frontières terrestres - concurrents évidents des ferrys, écrit le directeur général de HH Ferries, Henrik Rørbaek dans un communiqué publié le 16 décembre.

Oresund bridge

Le pont de l'Øresund qui relie Copenhague au Danemark, à Malmö, en Suède. (Reuters)

D'autres compagnies de transport tentent de trouver un moyen de gérer cette obligation nouvelle: lundi, la compagnie ferroviaire danoise DSB avait, quant à elle, indiqué qu'elle envisageait de faire payer aux passagers traversant le détroit un supplément pour couvrir les coûts occasionnés par ces contrôles.

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Commentaires
a écrit le 02/01/2016 à 20:14 :
La France, honte du monde, retrograde, serait en danger de repli sur soi, de mise a l'ecart.....sans blague !!!!
a écrit le 29/12/2015 à 21:04 :
Et moi qui croyait que les pays scandinaves dévaient être le modèle sociale européen. Ayant travaillé pour une société suédoise, le social est pour eux, pas pour les autres.
Réponse de le 30/12/2015 à 14:18 :
Rassurez-vous, l'Arabe va devenir langue officielle en suède. On voulait
proposer le Finnois, parlé en Tornédalie, et chez le voisin Finlandais, mais
cela a été refusé !

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