Rachat de dette : la BCE pourrait changer de braquet dès septembre

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le Conseil des gouverneurs dévoilera en septembre ou en octobre ses intentions au-delà de cette année, tout en gardant la réunion de décembre pour donner des détails, comme le montant exact de la modification initiale, selon Elwin De Groot, économiste senior de Rabobank.
le Conseil des gouverneurs dévoilera en septembre ou en octobre ses intentions au-delà de cette année, tout en gardant la réunion de décembre pour donner des détails, comme le montant exact de la modification initiale", selon Elwin De Groot, économiste senior de Rabobank. (Crédits : Ralph Orlowski)
Plus de la moitié des 50 économistes interrogés par Reuters déclarent s'attendre à des annonces de changements de la politique monétaire de la BCE dès septembre. Lors de la réunion de juillet, Mario Draghi avait laissé entendre que des annonces seraient faites à l'automne concernant une assouplissement du programme de rachat de dette, ou quantitative easing (QE).

Il est plus probable que la Banque centrale européenne (BCE) annonce en septembre, plutôt qu'en octobre, son intention de modifier sa politique d'achats d'actifs, montre jeudi une enquête de Reuters.

La BCE a laissé sa politique monétaire inchangée lors de sa dernière réunion, le 20 juillet, mais elle a laissé entendre que son Conseil des gouverneurs débattrait "à l'automne" d'une éventuelle modification de son programme dit d'assouplissement quantitatif ("quantitative easing", QE), qu'elle poursuit pour l'instant au rythme de 60 milliards d'euros par mois.

> Lire aussi : la BCE maintient son programme d'achat de dettes jusqu'en décembre... et après ?

L'annonce en septembre, les détails en décembre ?

Vingt-huit des 50 économistes interrogés entre le 7 et le 9 août ont déclaré s'attendre à ce qu'elle annonce un changement en septembre, alors que 15 tablent sur le mois d'octobre. Les pronostics des autres s'échelonnent entre décembre et la fin du premier trimestre 2018.

"La BCE a évoqué 'l'automne' à propos de la période durant laquelle elle va se décider sur son programme d'achats d'actifs", explique Elwin De Groot, économiste senior de Rabobank. "Nous pensons que cela signifie que le Conseil des gouverneurs dévoilera en septembre ou en octobre ses intentions au-delà de cette année, tout en gardant la réunion de décembre pour donner des détails, comme le montant exact de la modification initiale."

Quatre sources directement informées du contenu d'une discussion qui a eu lieu juste après la réunion de juillet ont déclaré que les responsables de la BCE considéraient la réunion d'octobre comme la plus probable pour une annonce sur le QE, ajoutant qu'une annonce en décembre interviendrait trop tard.

Une reprise enthousiasmante de la croissance...

Les anticipations d'une inflexion de la politique de la BCE s'appuient entre autres sur l'amélioration de la situation économique dans la zone euro, dont la croissance a dépassé au premier semestre celle du Royaume-Uni et des Etats-Unis.

Les économistes interrogés par Reuters prévoient désormais une croissance de 2,0% du PIB de la zone cette année, le chiffre le plus élevé enregistré depuis que les enquêtes incluent des questions sur la croissance 2017, il y a deux ans.

Le produit intérieur brut (PIB) des 19 devrait croître de 0,4% au cours de chaque trimestre d'ici à la fin 2018, selon les économistes interrogés.

... mais une inflation toujours faible

Mais l'inflation, que la BCE souhaite voir remonter non loin de 2%, reste faible à 1,3% sur un an selon la dernière estimation en date et elle ne semble pas devoir s'accélérer.

Les anticipations en la matière ont même légèrement diminué dans la dernière enquête par rapport à celle de juillet: la hausse des prix devrait ressortir à 1,5% cette année et à 1,4% l'an prochain, alors que l'enquête du mois dernier donnait 1,5% dans les deux cas.

Pour la majeure partie des économistes, cette faiblesse persistante de l'inflation ne devrait cependant pas dissuader la banque centrale d'infléchir sa politique monétaire ultra-accommodante, qui a eu pour effet de gonfler son bilan à plus de 2.000 milliards d'euros.

Interrogés sur l'opportunité de réduire les achats d'actifs sans attendre que l'inflation se rapproche de son objectif, plus de trois quarts des 50 économistes interrogés ont répondu par l'affirmative.

Un euro fort peut-il menacer la croissance de la zone euro ?

La vigueur de l'euro, qui s'est apprécié de plus de 12% face au dollar depuis le début de l'année, pourrait par ailleurs compliquer la tâche de l'institution, même si 30 des 43 économistes ayant répondu à une question sur le sujet ont estimé qu'elle ne menaçait pas la croissance dans la zone euro.

"L'ampleur actuelle de l'appréciation n'est pas suffisante pour compromettre la reprise économique mais si elle se poursuivait nettement au-delà de 1,20 dollar - ce que nous ne prévoyons pas - cela modifierait à l'évidence l'équilibre des risques", a dit Elmar Völker, responsable de stratégie taux de LBBW.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 11/08/2017 à 10:11 :
Le PIB, bof !
https://fr.wikipedia.org/wiki/Indicateur_%C3%A9conomique
Et rebof !
http://ses.ens-lyon.fr/articles/les-indicateurs-de-developpement-du-pnud-47729
a écrit le 11/08/2017 à 10:05 :
C'est vrai que c'était pas encore assez souple -__________-"
a écrit le 10/08/2017 à 20:56 :
A qui profitent les rachats d'actifs?Aux caisses sociales et aux grandes entreprises privées amies.L'inflation est un prétexte
Réponse de le 14/08/2017 à 12:18 :
@ Gérard : faux ! La distribution des achats se fait par pays, en fonction du poids de chaque économie dans le bloc monétaire. Dans le panier final on trouve un quart de titres allemands, 20% d'actifs français, etc. Pour tenir compte des réticences notamment de l'Allemagne et limiter le "partage du risque", la Bundesbank achète essentiellement des obligations allemandes, la Banque d'Italie des titres italiens et ainsi de suite. Ca concerne, banque, assureurs etc donc tous les particuliers aussi car un assureur ou une banque qui s'effondre çà touche beaucoup de monde.
a écrit le 10/08/2017 à 19:14 :
ça fait donc 720 milliards d'achat de dettes par an dans le seul but d'avoir des taux bas. Évidemment le retour de la croissance est présenté comme une conséquence directe de ces achats. Sauf que si on avait distribué 1300 euros par personne en europe (720 milliards /550 millions), quelle aurait été la croissance finale ? Plus haute ou moins haute que les 2 malheureux pourcents ? J'ai comme une idée...
Réponse de le 10/08/2017 à 21:06 :
Et en plus qui va payer la note !!!!!! les fameux milliards ne sont que pour les maffieux de banquiers.
Réponse de le 10/08/2017 à 23:06 :
@ Pouet : le rachat de dette et baisse des taux ont un effet bien supérieur à la distribution d'argent direct car ils attirent les capitaux extérieurs, font monter les actifs donc permettent les investissements etc. De plus rachat de dette ne veut pas dire abandon et dans beaucoup de cas c'est rentable. Donc vos calculs sont inexacts.
a écrit le 10/08/2017 à 18:57 :
Si on publie que la BCE aiderait les Etats, existe-t-il une notation des organisations ou cv par exemple comme une forme de label ou s'il existe une loi de l'enrichissement maximum comme il existe des particules élémentaires ?
a écrit le 10/08/2017 à 15:28 :
Toujours se méfier des économistes dont leurs dires ne les engagent surtout pas; ils avaient prévu un alignement de la valeur de l'Euro et du Dollar après l'élection de Trump...on en voit aujourd'hui les résultats !
a écrit le 10/08/2017 à 14:48 :
« Interrogés sur l'opportunité de réduire les achats d'actifs sans attendre que l'inflation se rapproche de son objectif, plus de trois quarts des 50 économistes interrogés ont répondu par l'affirmative ».
Si trois quart des économistes ont répondu oui, on peut donc s’attendre à autre chose !!! Comme d’habitude !
De quelle obédience sont les économistes interrogés ? Orthodoxes néo libéraux ou hétérodoxes ?Si ces gens-là sont des orthodoxes, méfions-nous. Les orthodoxes sont persuadés de pouvoir expliquer les conséquences sur l'emploi de l'augmentation de la concurrence sur les marchés. Ils prévoient le nombre de chômeurs, les baisses des prix, l'augmentation des tarifs. Ces chiffres rassurent les politiques, et personne ne se préoccupe trop du réalisme des mécanismes retenus. Leurs modèles sont très réducteurs et résument le monde et toutes les interactions entre les individus à une multitude de marchés. Exit le facteur humain !!Il me semble que c’est Robert Boyer qui rapportait « j'ai entendu un économiste reconnu admettre : « Plus je fais de l'économie, moins je comprends le monde. »
a écrit le 10/08/2017 à 13:56 :
On ne sait appliquer que des recettes financières qui n'ont jamais fonctionné.

Enfin si qui enrichissent massivement les plus riches tout en continuant de paupériser de plus en plus de gens.

C'est peut-être pour ça aussi non ? Incompétence , Non prédation.
a écrit le 10/08/2017 à 13:33 :
"au rythme de 60 milliards d'euros par mois." Voilà une planche à billets qu'elle fonctionne bien! Et si l'inflation est trop faible, la solution serait de faire tourner la planche à billets encore plus vite.
a écrit le 10/08/2017 à 13:28 :
Vu nos performances à l'export et vers qui on exporte autant un euro fort après tout, au moins nos importations, notamment d hydrocarbures, nous coûtent moins.
a écrit le 10/08/2017 à 13:08 :
Comment la croissance pourrait-elle etre a la hausse avec un euro eleve ?
Mario, rentre a la maison !
Réponse de le 10/08/2017 à 18:02 :
Remarque pertinente surtout si c'est l'INSEE OU BFM WC qui parle de croissance, on ne doit pas vivre dans les memes endroits!!!!!
Réponse de le 13/08/2017 à 10:38 :
L'€ n'est pas très élevé actuellement. Son cours neutre (celui qui n'induit ni avantage ni handicap de compétitivité) est entre 1,10 et 1,20$/€
a écrit le 10/08/2017 à 13:01 :
On est reparti pour un tour, hausse de l'euro et des taux avec les mêmes conséquences pour l'emploi. La France n'a pas su profité de l'alignement des planètes, la dépense publique toujours en hausse, la dette encore en augmentation, le chômage en pleine forme.
Macron ne va pas avoir la même chance que son prédécesseur, la rentrée devrait-être compliquée.
Réponse de le 10/08/2017 à 14:26 :
HOLLANDE a pu profiter d'un bon alignement des planètes : vous regardez quelles planètes ?

- Croissance mondiale la plus faible (inférieure à 3 %) depuis 2012 jusqu'en 2016, ce qu'on n'avait pas vu depuis la guerre).
Croissance zone euro de -0.2 % en .2012 ; de -0.3 % en 2013 ; de 0.9 % en 2014 ; 1.2 % en 2015; et 1.5 % en 2016.
Alors que la croissance de la zone euro va atteindre 2 % cette année et au moins 1.8 % l'année prochaine ?

En 2016, L'agriculture et le tourisme ont été sinistrées par les pires conditions climatiques depuis 1985, ce qui a fait perdre prés de 0.3 % au PIB.
Sans compter la crise du lait et la grippe aviaire.
Les pires attentats depuis la guerre ont aussi coûté cher.
Puis, il y a eu la fermeture des centrales nucléaires pour vérification de leurs conditions de sécurité : perte de PIB de 0.1 %
Et pour finir, AIRBUS a été obligé de différer de nombreuses livraisons , à cause de ses fournisseurs.
C'est ce que vous appelez un bon alignement des planètes ?
Réponse de le 11/08/2017 à 15:02 :
Le bon alignement des planètes

1 Des taux d'intérêt très bas voir négatifs
2 Un Euro faible qui est passé de 1,40 à 1,1 pendant le quinquennat Hollande
3 le prix du baril qui passe de 80 dollars à 40
4 La croissance mondiale (sauf la France) qui redémarre
a écrit le 10/08/2017 à 12:44 :
Toujours du "sauve qui peut" en priant de ne pas avoir a intervenir! Plus on vous appauvrira et plus le "PIB" augmentera!

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