Ralentissement chinois : quel impact sur la croissance de la zone euro  ?

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La baisse de l'activité chinoise menace-t-elle la reprise en zone euro ?
La baisse de l'activité chinoise menace-t-elle la reprise en zone euro ? (Crédits : © China Stringer Network / Reut)
La zone euro ne semble pas directement menacée par un ralentissement chinois. Pour autant, ce dernier pourrait compliquer la tâche de la BCE et fragiliser à terme la croissance des Dix-Neuf. Revue de détail des ressorts d'une contagion éventuelle capable de stopper la croissance mondiale. Coup d'arrêt auquel la zone euro n'est pas préparée.

La crise boursière en Chine et la panique qui s'ensuit sur les places internationales est d'abord le reflet de la prise de conscience qu'un ralentissement macroéconomique sans doute plus important que prévu est à l'œuvre dans l'ancien Empire du milieu. Le déclencheur du mouvement de panique a en effet été la décision des autorités chinoises de laisser le yuan se déprécier. Un signe que les fondamentaux de l'économie chinoise sont plus dégradés que ce qui était anticipé.

Le ralentissement de la deuxième économie du monde n'est pas une nouveauté. Il est à l'œuvre depuis 2012. Mais, s'il s'accélère, quelles pourraient être les conséquences pour la zone euro ? Y a-t-il un risque de contagion macroéconomique de la crise chinoise sur une économie européenne déjà bien peu dynamique ? Et quelle peut être la courroie de transmission dans ce cas ?

L'effet sur le commerce européen

La première courroie de transmission directe est celle du commerce. Si la Chine ralentit, elle sera moins demandeuse de produits européens. Cet effet doit surtout se faire sentir dans le domaine des biens d'équipements puisque le cœur de la crise chinoise, c'est sa surcapacité industrielle. Or, ces exportations ont représenté le nerf de la croissance des années 2005-2008, notamment de celles en provenance d'Allemagne. Certes, la Chine change de modèle en cherchant à dynamiser sa consommation, mais, comme le rappelle Christopher Dembik, économiste chez Saxo Bank, « cette consommation est encore insuffisante » pour peser notablement sur les exportations des acteurs européens.

6,8% des exportations de la zone euro, 1,3% de son PIB

Au total, la Chine, en 2014, représentait 6,8 % des exportations de la zone euro, selon Eurostat. C'est la troisième destination des produits de la zone euro, hors zone euro. En tout, ces ventes représentent 132 milliards de dollars. Finalement, c'est un chiffre assez faible qui ne représente que 1,3 % du PIB de la zone euro. Du reste, la Chine fait encore pâle figure devant le Royaume-Uni, première destination à 13,2% du total et les Etats-Unis avec 12,4% du total. Bref, l'impact macroéconomique direct d'un ralentissement chinois sera réduit. « Ce ralentissement ne date pas d'hier et l'on a pu déjà constater que l'effet reste mesuré », souligne Christopher Dembik qui rappelle que la stratégie chinoise est, en réalité, avec « la nouvelle Route de la soie », d'axer son commerce sur l'Europe. Si le « gâteau chinois » se réduit, il n'est donc pas certain que la part européenne se réduise aussi.

Moteur de la croissance en panne

Pour autant, l'époque des croissances à deux chiffres des exportations semble définitivement révolue. La Chine a été le moteur de la croissance des exportations européennes au cours des dix dernières années. En onze ans, le montant de ces ventes à la Chine a été augmenté de 100 milliards d'euros. C'est peu, mais le coup d'arrêt à cette croissance ne sera pas sans impact sur l'économie de la zone euro. D'autant que lorsque la Chine tousse, c'est l'ensemble de l'Asie émergente qui s'enrhume ainsi que les producteurs de matières premières, l'impact sur la demande extérieure de la zone euro risque donc d'être nettement plus élevé.

Manque de dynamisme

« Le ralentissement chinois  - et plus généralement celui des pays émergents - va clairement réduire la contribution du commerce extérieur à la croissance européenne », souligne ainsi Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis AM, qui ajoute que cela induira une « fragilité supplémentaire à laquelle il faudra faire face. » Pour lui, l'impact sera « diffus », mais il faudra y être « attentif. » « Ceci souligne le besoin pour la zone euro de déployer des moyens de disposer d'une croissance plus autonome et c'est le sens de la politique monétaire de la BCE, mais je crois que la politique budgétaire doit aussi apporter sa contribution à cette stratégie », ajoute-t-il. Un ralentissement chinois plus prononcé devrait donc encore souligner l'erreur d'une stratégie européenne fondée uniquement sur la compétitivité externe et la nécessité de renforcer la demande intérieure à l'Europe. Sinon, la croissance de la zone euro risque de demeurer désespérément faible et trop peu inflationniste. La crise chinoise n'est donc sans doute pas directement un danger immédiat, mais elle risque de maintenir la zone euro dans les basses eaux actuelles, ce qui n'est guère encourageant.

Le risque sur les taux

Mais il existe d'autres courroies de transmission, nettement plus dangereuses, ce sont les courroies financières. Pour Philippe Waechter, une très grande opacité règne sur le niveau d'endettement de l'économie chinoise. Or, pour contenir cette crise de l'endettement, la Chine est tentée de puiser largement dans ses réserves de change. Sur l'année 2015, ces réserves ont reculé de 500 milliards de dollars. Or, cette action exerce naturellement une pression vendeuse sur les marchés obligataires européens et étatsuniens, et donc sur les taux. « La BCE doit sans doute faire face à ces pressions », estime Philippe Waechter, mais, pour lui, c'est là un élément clé de la contagion chinoise. Si, sous l'effet de l'accélération des ventes chinoises, les marchés obligataires européens sont sous pression, la tâche de la BCE sera plus difficile et l'impact de son assouplissement quantitatif sur l'économie réelle, déjà loin d'être simple, encore plus diffus. « C'est le signe général d'un changement de comportement des pays qui ont, dans la décennie précédente, accumulé des réserves de devises et qui, aujourd'hui, sont contraints de changer de stratégie », explique Philippe Waechter. L'économie de la zone euro n'aurait certes pas besoin d'un tel phénomène, car, là encore, on peut mesurer combien elle reste anémique malgré les efforts de la BCE.

L'effet monétaire

A ceci s'ajoute un dernier phénomène : celui de la "guerre des monnaies". Si la Chine se lance plus franchement encore dans la dépréciation du yuan, elle provoquera sans doute une réaction de ses principaux partenaires commerciaux asiatiques ou émergents. Là encore, ceci exercera donc une pression haussière sur l'euro face à ces monnaies. La politique de la BCE est certes une bonne ligne de défense pour le moment, mais l'effet sur la compétitivité de la dépréciation de l'euro sera nécessairement réduit dans ces régions. Là aussi, l'effet principal sera sans doute indirect. La monnaie qui profitera le plus de cette guerre des monnaies émergentes sera le dollar, qui est soutenu par le resserrement monétaire de la Réserve fédérale. Or, comme le souligne Christopher Dembik, le monde ne peut guère se permettre un dollar trop fort. Dans les pays émergents, le coût de l'endettement, qui reste largement libellé en billets verts, risque d'exploser et de provoquer des crises financières en cascade. Parallèlement, l'économie étatsunienne pourrait commencer à souffrir de ce dollar fort, la Fed elle-même s'en est émue. L'effet de contagion le plus dangereux risque donc de se jouer ici, provoquant un coup d'arrêt à la croissance mondiale. Un coup d'arrêt auquel la zone euro n'est pas préparée.

Effets limités, mais pas nuls

Les effets directs du ralentissement chinois seront sans doute très limités. Mais ce phénomène ajoute un élément de plus dans un environnement mondial globalement agité si l'on observe d'autres pays émergents, comme la Russie, le Brésil ou l'Afrique du Sud, qui traversent des crises également sévères. L'environnement dans lequel évolue la croissance européenne, fondée principalement sur les effets de transferts de pouvoir d'achat réalisés par la baisse des prix de l'énergie, est donc très chahuté et plein de menaces. Le principal et plus dangereux vecteur de transmission de la crise pourrait donc être - via une panique boursière - celui d'une confiance dans l'avenir qui n'est pas réellement encore revenue dans l'union monétaire.

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a écrit le 08/01/2016 à 14:05 :
La répercussion des perturbations de l'économie chinoise vers l'extérieur va tout simplement se traduire par l'exportation de la déflation, ce n'est pas sans conséquences.
a écrit le 08/01/2016 à 6:17 :
La baisse de la croissance chinoise préoccupe la France, on rigole bien, combien fait la France en croissance depuis 1980 ? Dans la presse on publie que plus le temps passe, moins y a de croissance. Plus les prélèvements augmentent, plus la croissance est étouffée. On nous parle maintenant d’une guerre civile, aura-t-on une organisation des citoyens pour défendre la population ? Aura-t-on une surveillance du processus de déflation qu’on met en place en favorisant les faillites ? Peut-on expliquer que la France ne sait pas fabriquer du mobilier qu’on importe alors qu’on exporte du bois rond, on fait un problème un impôt et une commission d’enterrement des problèmes ? En quoi faire un maximum de monnaie produit-il de la croissance ? En quoi forcer la consommation de panneaux solaires ou réglementer les prix, est-ce respecter l’économie de marché ? Si 70% critiquent le système d’aides et subventions, en quoi est-ce utile de lampitoner sur la croissance ? On ferait des marchés garantis et 40% de l’export proviendrait d’entreprises étrangères alors que les salaires baissent… On parle d’une gestion par l’offre, laquelle, mais les experts ne rigolent-ils pas quand ils voient le spéculationisme ? On publie dans la grande presse qu’on pourrait éructer contre la France dans des chansons, fait-on des avanies publiques contre les français et des prises pour cibles de pompiers ou militaires qui protègent l’existence des français désarmés ?
Réponse de le 08/01/2016 à 11:04 :
Si les prélèvements obligatoires ne sont agréables pour personne, il est faux de prétendre qu'ils étouffent la croissance. CLINTON a fortement augmenté les impôts aux USA, et il a eu une forte croissance et un excédent budgétaire. BUSH les a baissé, et il a créé un énorme déficit budgétaire et une crise mondiale.
L'Allemagne a fortement augmenté ses impôts en 2007 et 2008 (Hausse de la TVA de 3 points et hausse de l'impôt sur le revenu). Elle a eu de la croissance et un déficit public quasiment nul dès 2008.
Les impôts sont aussi très élevés au Danemark, et en Suède. Le problème de l'impôt est donc plus du modèle de société choisi, qu'un argumement économique.
a écrit le 08/01/2016 à 5:10 :
Le ralentissement chinois n’est pas très élevé, certains font des récessions. N’est-ce pas un bon prétexte à dépenser en contradiction du traité de Maastricht ou de Lisbonne à 70% de taux d’emploi ? Aura-t-on une nouvelle relance BCE qui ne produit rien en record de faillites ? L’équilibre monétariste de long terme au royaume de keynes, on parle de magie, ne semble pas acquis… on rivalise en Europe de baisse de pib par tête, de chômage et de relance de l’inflation afin de produire de la spéculation. Le CAC n’est-il pas sous performant par rapport au DAX ou au DOW depuis 2009 ? Pouvez-vous commenter que les Allemands font des excédents, de la VAI industrielle, de meilleurs idh pour moins de dépenses, un pib par tête qui n’est pas en baisse depuis 2007 que fait l’Etat et que fait l’Europe ? L’Europe n’est-elle pas coupable de produire par son incurie économie et son aptitude à la persécution de l’être humain qu’on ramène au niveau de la chose par religion de l’Etat aux effluves antisémites alors qu’on parle d’un revenu universel ?
a écrit le 07/01/2016 à 20:45 :
Mais forte mon enfant. Très forte. Plus forte que ne le pensent les génies (?) de Bercy et du PS. Malheureusement pour nous. Contrairement à la comptine hollandaise, l'économie chinoise est liée à la notre avec le chômage qui va aller avec.
a écrit le 07/01/2016 à 19:42 :
Merci pour cet article qui nous confirme que le marché financier ne sait plus quoi faire puisque aucune solution ne semble viable même à moyen terme.

Il serait peut-être temps que l'économie mondiale change de mains non ?

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