Zone euro : l'impasse de la proposition franco-allemande

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Quelle doit être la future architecture de la zone euro ?
Quelle doit être la future architecture de la zone euro ? (Crédits : Reuters)
François Villeroy de Galhau et Jens Weidmann ont cosigné une tribune qui dresse les deux chemins qui se présentent, selon eux, devant la zone euro. En réalité, les deux chemins pourraient se rejoindre et mettre en danger la zone euro.

La tribune cosignée par le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau et le président de la Bundesbank, Jens Weidmann et publiée lundi 8 février par Le Monde et la Süddeutsche Zeitung n'est certainement pas une bonne nouvelle pour Mario Draghi. Ce dernier, rappelons-le, s'échine à lutter avec ses seuls moyens contre l'inflation faible et, sans doute compte tenu des évolutions dans les pays émergents, contre un probable affaiblissement de la croissance. Sa politique d'assouplissement quantitatif (« QE »), basée sur des rachats d'actifs publics et des taux négatifs notamment, montre des signes d'essoufflement. Si elle a permis d'éviter en 2015 à la zone euro le péril d'un cercle déflationniste, elle n'est pas suffisante pour relancer l'inflation et la croissance.

La résistance de Mario Draghi

Le problème, c'est que Mario Draghi n'a pas d'autres moyens à sa disposition pour agir que d'intensifier cette politique, ce qui ne sera certes pas sans risque, notamment en ce qui concerne la formation - et l'éclatement- de bulles spéculatives sur des marchés déjà saturés de liquidités. Le nœud du problème est donc de parvenir à transmettre ces liquidités de banques centrales dans l'économie réelle afin de financer l'investissement et la consommation et de relancer la demande dans la zone euro. Mario Draghi prétend cependant ne pas « rendre les armes » et se dit prêt à utiliser « tous les moyens. »

Jens Weidmann, l'ennemi de Mario Draghi

Mais dans ce combat difficile, Mario Draghi doit faire face à un ennemi redoutable, Jens Weidmann qui, chaque semaine, n'a pas de mots assez durs pour condamner la politique de la BCE. Le président de la Buba redoute désormais ouvertement que le QE ne devienne du « financement monétaire » des États et tire de l'inefficacité actuelle de cette politique pour redresser la croissance qu'il faut la stopper. Cette opposition n'est pas anodine, elle détermine en grande partie la stratégie de Mario Draghi qui doit compter avec les oppositions internes au Conseil des gouverneurs. Le 3 décembre dernier, il avait ainsi limité son action, la réduisant pratiquement à une baisse inférieure aux attentes du taux de dépôt à 0,3 %. La vive réaction des marchés et l'aggravation de la situation en Asie a permis à Mario Draghi de promettre une nouvelle action le 10 mars, une date qui pouvait paraître parfaite : dans le nouveau dispositif du Conseil des gouverneurs, Jens Weidmann sera mécaniquement privé de vote (mais pas de parole, certes, car il sera présent).

Le QE, problème « isolé » ?

Dans ce contexte, la décision du nouveau gouverneur de la Banque de France, entré en fonction le 1er novembre, de cosigner un texte avec Jens Weidmann, est-il un message inquiétant pour le président de la BCE ? Très prudemment, les deux gouverneurs soulignent que la politique monétaire qui « ne peut générer de la croissance économique durable (...) ne constitue pas l'objet principal de l'article. » Autrement dit, le texte tente soigneusement d'évacuer la périlleuse question du QE et le débat actuel. Mais ce n'est pas si simple, en réalité. D'abord parce que penser la croissance à long terme ne peut se faire sans penser la croissance à court terme. La croissance « potentielle » est un élément mouvant qui dépend aussi des conditions actuelles et la politique qui accompagnera le QE décidera de son succès et, donc, de cette croissance future.  Rappelons que l'ambition de la politique monétaire est de relever les prévisions d'inflation à moyen terme, donc d'avoir un impact « durable » sur la croissance.

Comment accompagner le QE ?

La question centrale, celle dont traite précisément le texte des deux banquiers centraux est donc bien celle de l'accompagnement de la politique monétaire, sujet déterminant en effet pour l'avenir de la zone euro, mais il est illusoire de le traiter « indépendamment » de la politique monétaire. Or, les deux chemins que ce texte propose à la zone euro ne sont guère en mesure d'aider Mario Draghi dans sa lourde tâche. Jens Weidmann et François Villeroy de Galhau présente un choix à deux alternatives pour la monnaie unique. La première est celle d'une intégration de la zone euro plus forte autour de trois piliers : réformes structurelles, union de financement et d'investissement et meilleure gouvernance. La seconde - si la première échoue - est un durcissement des règles budgétaires nationales. Ce choix est assez cohérent avec ce que le nouveau gouverneur de la Banque de France avait défendu avant sa nomination et qui peut se résumer de cette façon : si la France veut éviter des ajustements budgétaires douloureux exigés par les Allemands, elle doit pratiquer une politique de « réformes structurelles » vigoureuse. Cette politique déterminera l'Allemagne à entrer dans une intégration plus poussée de la zone euro. Et donc à obtenir une action commune en termes d'investissement et de politique économique.

Un plan B punitif

Inutile d'évoquer le second choix qui laisse présager une nouvelle phase d'austérité qui aura tôt fait de replonger la zone euro en récession et qui la menacera d'une déflation contre laquelle la BCE pourrait bien se retrouver impuissante. Au reste, ce « plan B » ressemble surtout, dans le propos des deux banquiers centraux à une punition pour ceux qui seraient tentés de ne pas accepter le « plan A. » Ce serait l'échec du pari du gouverneur de la Banque de France. L'essentiel est donc de savoir si la première proposition pour la zone euro représente ou non une porte de sortie à la crise et un soutien à la politique actuelle de la BCE.

Le piège des « réformes »

Le premier problème de ce chemin est que la politique économique commune n'est que le point d'arrivée. Or, la voie proposée par les deux dirigeants pour mener à ce point est clairement déflationniste. Les « réformes structurelles » promues pour la France visent à abaisser le coût du travail et celui des biens et services, ainsi qu'à mener une politique de désendettement actif par la baisse des dépenses publiques dont on ne perçoit pas très bien la différence au final avec le « plan B. » Toutes ces mesures tirent clairement la zone euro vers l'abîme déflationniste au lieu de renforcer la hausse des prix souhaitée par Mario Draghi.

Jens Weidmann et François Villeroy de Galhau semblent ici ignorer les leçons de l'histoire récente. Car le problème des « réformes », c'est qu'elles n'ont jamais de fin. On le voit avec les pays périphériques à qui l'on demande encore des réformes après cinq années de régime sec. Or, ce sont ces « réformes » infinies imposées dans les pays périphériques qui ont détruit la confiance au sein de la zone euro à partir de 2010 et qui continuent de maintenir une épée de Damoclès sur l'activité, empêchant toute vraie reprise. N'oublions pas que l'essentiel de la reprise européenne repose sur l'arrêt de l'austérité et l'effet positif des gains de pouvoir d'achat liés à la baisse du prix du pétrole. Pas aux réformes dont on nous dit partout qu'elles doivent être « poursuivies » et qui sont autant de menaces sur l'avenir. Au lieu de chercher à lever cette épée, les deux gouverneurs la rappellent précisément lorsqu'il faudrait la faire oublier.

Éviter la question des excédents courants allemands

Au reste, ce texte oublie singulièrement quelques maux essentiels de la zone euro, notamment les excédents excessifs des comptes courants allemands ou néerlandais, se focalisant sur les seuls déficits. Dans ce cadre, un premier point urgent consisterait à exiger du gouvernement fédéral allemand un vaste plan d'investissement afin de réduire cet excédent et de dynamiser la demande de produits de la zone euro. Or, dans les « réformes structurelles » demandées pour l'Allemagne par le texte des deux gouverneurs, cette question est soigneusement évitée : on se contente de réclamer une « libéralisation. » Autrement dit, ce texte protège ouvertement un des points centraux de blocage de la zone euro : la politique budgétaire allemande et l'obsession de Wolfgang Schäuble pour son « Schwarze Null », le « zéro noir », terme allemand utilisé pour décrire l'équilibre budgétaire. La raison en est simple : Jens Weidmann cherche à protéger cette politique en dépit de sa nocivité pour la zone euro.

La question du financement

Les deuxième et troisième piliers de la zone euro réformées semblent plus utiles. Former une union d'investissement et de financement est indispensable. Comme on l'a vu, ce serait ici un moyen de trouver des débouchés pour la politique monétaire. Mais les propositions sont, ici, clairement peu convaincantes et floues. Changer le modèle de financement européen en le rééquilibrant vers le marché n'est pas une panacée et pose également des problèmes, notamment en termes de redistribution des bénéfices vers l'économie réelle. C'est surtout une révolution culturelle qui prendra du temps et l'union des capitaux ne suffira pas - même si c'est une condition nécessaire - à changer les habitudes.

Un Trésor pour quoi faire ?

Quant au plan Juncker, il est en passe de devenir un exemple de ce qu'il ne faut pas faire : trop peu, trop lent, trop dilué. Son impact macroéconomique sera très faible au moment où les pouvoirs publics devraient avoir un rôle pour stimuler l'investissement et l'usage des fonds libérés par le QE. C'est ici, du reste, que se place le problème du troisième pilier de l'union monétaire rêvée par les deux banquiers centraux : le Trésor de la zone euro. Là encore, c'est une création sans doute souhaitable. Mais pour quoi faire ? Si ce n'est que pour mettre en commun des budgets et mieux surveiller ce qui restera entre les mains nationales, cela risque de n'être que peu utile. Ce Trésor doit pouvoir agir vite et fort, là où il est nécessaire d'agir. Ses fonds doivent pouvoir être utilisés pour une vraie politique de relance et il doit, donc, pouvoir emprunter sur les marchés. Il doit aussi pouvoir servir à mettre en commun une partie des dettes publiques et faire disparaître la crainte de l'ajustement à venir.

In fine, un plan A aux saveurs de plan B ?

Mais, remarquons-le, le texte demeure fort flou sur la politique que pourra mener ce Trésor de la zone euro.  Il est aisé de deviner pourquoi : Jens Weidmann ne veut pas entendre parler de politique de relance, ni d'une mise en commun des dettes de la zone euro. Difficile dans ces conditions de comprendre l'intérêt de ce Trésor. Et ici apparaît la faiblesse du pari de François Villeroy de Galhau : les « réformes » déflationnistes sont toujours très précises et imminentes, les autres mesures, pouvant comporter des éléments de relance, sont maintenues dans un flou volontaire. In fine, on applique les premières et on remet les autres à plus tard. Dans ces conditions, on voit mal comment le plan A des deux gouverneurs ne ressemblerait pas au plan B. Reste donc une proposition dans les faits profondément déflationniste, donc nocive, et ne s'attaquant à aucun des défis actuels de la zone euro et de la BCE. C'est dire si ce rapprochement franco-allemand n'est pas une bonne nouvelle pour Mario Draghi.

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a écrit le 10/02/2016 à 22:47 :
Le liberalisme économique, qui est à la base de l'europe, stipule que la concurrence doit etre libre et non faussée .Bien sur, tout le monde pense à la concurrence entre les entreprises européennes ,mais ce que signifie aussi cette phrase ,c'est que la concurrence doit etre libre et non faussée entre les états .Quand les pays sont concurrents, ils n'ont pas de cadeaux à se faire ,de la meme maniere que deux entreprises d'un meme pays ,comme Renault et Peugeot par exp ,non plus .Piquer des parts de marchés à '''l'autre '''est la base du libéralisme .L'Allemagne est en position de force ,qui peut lui en vouloir ,d'autant que ce n'est pas le marché européen qui a construit cette force, mais les exportations vers les BRICS ,là ou la France a été lamentablement absente ........Il faut rappeller qu'en matiere de solidarité certains avancent le fédéralisme comme si le fédéralisme aux USA avait mis les états américains sur le meme pied d'égalité !La FED n'est pas plus tendre loin s'en faut avec les états americains endétés qui doivent presenter des plans drastiques de redressement de leurs finances pour obtenir une aide d'elle et les budgets publics surtout sociaux sont sabrés au maxi comme partout ailleurs ...........
a écrit le 10/02/2016 à 13:08 :
Au lieu de déplorer les exédents allemands etc., il faut se poser la question pourquoi il y a deux fois plus d'entreprises exportatrices en Italie qu'en France, et même trois fois plus en Allemagne, et pourquoi la croissance des exports allemands est de 6,4%, vu les 4 % en France.
Réponse de le 10/02/2016 à 16:50 :
Parce que l' euro fort convient depuis toujours à l' Allemagne qui exporte des autos à forte valeur ajoutée et des machines outils idem et n 'est pas transposable aux constructeurs généralistes italiens, français ... La part de travail au noir en Italie chiffrée à 23 % vous dit-elle quelque chose ...?
Réponse de le 10/02/2016 à 18:49 :
Il ne faut pas oublier que les entreprises allemandes n'exportent pas seulement des voitures de haute gamme. Si on veut réussir mondialement, il ne faut pas se ranger d'après les pays émergents.
Réponse de le 10/02/2016 à 23:40 :
@Macronade : à1,13$ l'€ n'est plus trop haut et ne gêne plus nos exportations hors zone €.
a écrit le 10/02/2016 à 13:01 :
Se rappeler que le concept initial de l'UE est la libre circulation des biens et des personnes, point barre. Comme rien d'autre n'a été préparé, tout ce qui se passe venant de l'intérieur de l'UE ou de l'extérieur aboutit à des réflexions disparates toutes vouées à l'échec puisque trop lent, trop tard.
L'Allemagne de son côté, et on ne peut lui en vouloir car à sa place on aurait fait la même chose, a profité du costume taillé à sa mesure lors de la création de l'euro. Donc elle s'oppose à tout ce qui l'obligerait à mette à contribution une sorte de "solidarité" avec les autres pays de la zone euro et continue de déstabiliser la zone par son lobbying dans toutes les instances européennes. En espérant que l'un de ses membres craque et sorte, évitant aux allemands de finir par sortir eux-mêmes avant qu'ils soient contraints de s'incliner.
a écrit le 10/02/2016 à 11:26 :
Il n’y a pas de solution à la crise de la zone euro. L’Euro a fait ce qu’un raisonnement simple aurait permis de prévoir qu'il ferait : Il a creusé les écarts entre les quelques économies performantes de la Zone et les autres. Celles qui ont profité de l’Euro, l’Allemagne surtout dont les excédents commerciaux n’ont jamais été aussi importants que depuis qu’il y a l’Euro, veulent éviter de prendre en charge autant que faire se peut les pays qui ont souffert de cette monnaie, qui sont surendettés et affaiblis, et c’est normal.

En l'absence d'initiative politique très improbable, ce sont les marchés financiers qui tôt ou tard forcerons la fin de l'expérience de l'Euro car le cadre institutionnel de la zone Euro implique leur soutien et leur confiance qui ne seront pas éternellement maintenus en l'absence d'un cadre fort de transferts et de mutualisation que les allemands et d'autres refuseront. Point barre.
a écrit le 10/02/2016 à 10:29 :
Si les hauts technocrates européens, pourtant tous serviteurs des marchés financiers, commencent, même entre eux à ne plus s'entendre c'est que non seulement notre crise est grave mais surtout qu'ils ne sont pas capables d'entrevoir une solution même à court terme.

C'est l'histoire d'un paquebot dont le capitaine est hémiplégique, sourd, aveugle, gâteux et un peu stupide quand même mais qui est persuadé de pouvoir nous faire passer entre les icebergs. Misère...
a écrit le 10/02/2016 à 9:02 :
Tiens, Godin est toujours à la Tribune ?
Réponse de le 10/02/2016 à 10:21 :
Tiens, vous persistez à le lire ?
a écrit le 10/02/2016 à 5:57 :
La déflation ? l'agriculture est en plein dedans ; ce serait supportable si les autres prix et impôts baissaient aussi, mais au contraire ils continuent d'augmenter.
Inflation ou déflation sont des mécanismes d'ajustement qui avantagent ou pénalisent les acteurs économiques selon leur proximité du pouvoir politique.
a écrit le 09/02/2016 à 22:06 :
Cinysme, irresponsabilité, égoïsme, entêtement jusqu'à l aveuglement, paralysie idéologique, voilà les moteurs de ces deux forcenés de la globalisation neoliberale. L'Europe, c était pourtant au départ une bonne idée. C'est devenu une machine à broyer les peuples. Quittons vite ce " machin "
Réponse de le 10/02/2016 à 16:44 :
Faisons comme les islandais..

http://www.upr.fr/actualite/la-revolution-monetaire-envisagee-en-islande-serait-elle-applicable-en-france-charles-henri-gallois-et-vincent-brousseau
a écrit le 09/02/2016 à 20:14 :
S'il n'y avait pas une crise économique mondiale en cours, nous pourrions croire à une blague capitaliste comme les plus riches en concoctent en permanence : "réformes structurelles, union de financement et d'investissement et meilleure gouvernance" Soit, 1) "structurelles" vers QUOI..?? Plus de pauvres? On sait plus quoi en faire. Sauf les mettre encore plus devant la télé, expliquez-moi... 2) union des banques..?? Archi-blague dont la contraposée est illustrée de TRES nombreux exemples depuis l'Avènement de Lehman. 3) mmeiiyheure goouurouvernnan nance. Avec des gars achetables à la moindre occasion et qui, comme tout politicien, pense à eux avant de penser à CEUX qui les ont ELUS..??? Faut arrêter, là : le peuple a besoin de plus de pub, je l'ai toujours dit. Il est trop bête pour comprendre.
a écrit le 09/02/2016 à 18:26 :
Nos amis allemands semblent adorer l'austérité.Nous devrions les expulser de la zone euro, afin qu'ils puissent la pratiquer sur eux.
a écrit le 09/02/2016 à 18:23 :
Et dire qu'il y en a qui rêvent encore d'une Europe sociale, d'une Europe solidaire, d'une Europe... des bisounours !

Réveillez-vous ! Cette Europe-là n'a jamais existé et n'existera jamais !
a écrit le 09/02/2016 à 18:18 :
L'oligarchie propose la même stratégie que les resserrement budgétaires qui ont fait basculer le monde dans la 2eme guerre mondial. Alors que le besoin en infrastructures se fait criant pour les européens et les migrants qui ne pourront être massivement intégré dans l'Europe si il n'y a pas de plan de relance (PIB = 2,5% et inflation =1.5%)
a écrit le 09/02/2016 à 17:46 :
D'un coté un banquier central allemand qui défends les intérets de son pays meme si ils sont indéfendables.
De l'autre un francais qui nous aligne sur la politique allemande.
A ce niveau ce n'est plus de l'économie, mais soit une politique de classe soit de la soumission totale à l'alemagne
Réponse de le 09/02/2016 à 19:18 :
La soumission est totale, l' Allemagne tient aujourd'hui l' Europe et il est de bon ton de se ranger du côté du vainqueur, les serviles politiques français ont éteint ce pays, le livrant à l' Allemagne américaine.

Fuyons...

http://www.upr.fr/conferences/qui-gouverne-la-france
a écrit le 09/02/2016 à 17:41 :
Pourquoi cette excellente analyse, partagée par de plus en plus de gens en Europe, n'est-elle pas acceptée par les Allemands ? Ils ont besoin d'une monnaire de référence pour les fonds de pension de leurs retraités, répondent certains. D'autres parlent d'héritage culturel : le souvenir des années 20... La prédiction de Joskha Fischer va donc se réaliser : ce sont eux qui vont tuer l'Europe. Sans parler de la gaffe de Merkel sur les flux migratoires.
a écrit le 09/02/2016 à 17:34 :
"Jens Weidmann cherche à protéger cette politique en dépit de sa nocivité pour la zone euro"
Honnêtement, je ne comprends pas ça. En quoi l'équilibre budgétaire allemand est nocif pour l'europe. J'ai beau lire et relire, je ne comprends pas en quoi il est non seulement mauvais, mais nocif. Quelqu'un ?
Réponse de le 09/02/2016 à 18:31 :
Je ne comprends pas non plus. Le budget de la France devrait être à l'équilibre, surtout quand on voit le niveau de dépense.
Réponse de le 09/02/2016 à 19:11 :
Ce type d'article est destiné à soutenir la politique actuelle des dirigeants français qui refusent obstinément de mettre en oeuvre les réformes nécessaires, et ce, pour des raisons electoralistes.
Réponse de le 09/02/2016 à 19:16 :
Bonjour,

Car dans une zone monétaire commune, leurs excédents sont nos deficits.

Dans une zone monétaire optimale, L'Allemagne serait obligé de stimuler sa demande intérieure par une hausse franche des salaires ou bien à mettre en place des transferts de capitaux vers les pays à fort déficit.
Réponse de le 10/02/2016 à 14:44 :
Merci pour votre réponse. C'est très apprécié.
Malheureusement, je ne comprends pas le mécanisme que vous proposez. Auriez vous un lien externe qui explique ce phénomène?
Si nous parlions du déficit commercial d'un pays, je serais quasiment d'accord avec vous. Si quelqu'un exporte, il faut bien que quelqu'un importe. La somme des importations sera égale à la somme des exportations. Mais nous parlons ici du déficit budgétaire de l’administration d'un État (L'État français n'est pas la France, c'est une composante). Si un État dépense plus que ses moyens ne veut pas dire qu'un autre État en profite. Que Renault soit en déficit n'implique pas que Fiat soit excédentaire. Fiat et Renault peuvent être en déficit s'ils sont mal administrés, et Fiat et Renault peuvent être excédentaires s'ils sont bien administrés. La somme des déficits des firmes automobiles en difficulté n'est surement pas égale à la somme des excédents des firmes en bonne santé. Ça dépend du degré d'efficacité de chaque entreprise, de ses politiques, de ses moyens, de sa vision, de sa façon de fonctionner... C'est du moins mon interprétation, peut être fausse, du fonctionnement de l'économie.
a écrit le 09/02/2016 à 17:12 :
Le grand n' importe quoi du dogme européïste doit être poursuivi..

"Pas aux réformes dont on nous dit partout qu'elles doivent être « poursuivies » et qui sont autant de menaces sur l'avenir"

Ce qu’il faut savoir – et que tous les économistes savent – c’est que pratiquer des coupes sombres dans les dépenses publiques lorsqu’un pays est déjà en période de stagnation économique est une politique qui ne peut mener qu’à la récession. Et c’est en outre contre-productif puisque la récession entraîne une baisse des recettes fiscales souvent supérieure aux économies réalisées par la réduction des dépenses. En d’autres termes, cela revient paradoxalement à creuser le déficit que l’on prétendait combler…

Comme le rappelle l' UPR, il faut savoir que l’histoire économique enseigne qu’il n’y a pas de baisse des dépenses publiques réussies sans dévaluation monétaire. Songeons aux exemples récents de l’Allemagne (dévaluation de facto avec l’adoption de l’euro, qui est sous-évalué pour la compétitivité allemande) et de la Suède. Autant dire que la baisse des dépenses publiques est impossible pour la France, du fait que l’euro est très surévalué par rapport à la compétitivité de l’économie française.

Sortons, fuyons cette machine à broyer les peuples et par la mise en jeu de l' article 50 et avec l' UPR pendant qu' il est temps...
a écrit le 09/02/2016 à 16:58 :
Et toujours aucun décideur économique ou politique pour avoir la seule idée qui pourrait sauver l'économie: relancer la consommation des ménages.

On les comprend faudrait qu'ils se mettent à payer des impôts ou bien qu'ils arrêtent d'escroquer les gens avec leurs dettes...
a écrit le 09/02/2016 à 16:23 :
Bonne analyse mais article trop long.
a écrit le 09/02/2016 à 16:21 :
1°) Le QE aurait dû être fait en 2009, comme aux USA et en GB. Il aurait pu ainsi être moins fort.On aurait alors dû le faire cesser en 2012, afin d'éviter les bulles.

2°) Le fait pour l'ALLEMAGNE d'avoir eu raison de remettre son déficit public à quasiment zéro avant la crise (en 2008 déficit public allemand = 0.1 % du PIB ; déficit FRANCE = 3.3 %), ne donne pas à cette même ALLEMAGNE le droit de ne pas faire le maximum afin d'aider les autres pays à mettre fin à ces déficits. On est dans un concept de punition, avec une mentalité qu'on aurait aimé qu'elle se soit arrêtée en 1945.

3°) Curieusement, aucun journaliste n'ose demander à Paul BISMUTH pourquoi il a fait des trous partout dans le budget. Si on écoute Popol, les trous seraient arrivés mystérieusement et proviendraient certainement de Mars....
Réponse de le 10/02/2016 à 6:59 :
1) l'Europe en 2009 n'avait pas le même souci que les USA avec son secteur bancaire. Le pb des USA était un problème de dettes privées. Le fait que certaines dettes publiques, notamment celle de la Grèce, se sont avérées aussi pourries que des subprimes n'est apparu que plus tard.
2) aider les autres pays à résoudre leur déficit budgétaire ... laisser les taux d'intérêt filer à quasiment 0 représente déjà un cadeau de presque 80 milliards par an pour un pays comme la France qui a une dette publique monstrueuse de plus de 2000 milliards. Que peut-on faire de plus ?
3) s'il était raisonnable en 2009 de tenter un plan de relance (l'Allemagne a aussi fait un gros déficit public en 2009 et 2010) t qu'il a bien fallu emprunter pour prêter aux banques et pour refinancer la Grèce, était-il bien raisonnable à partir de 2012 de relancer des recrutements à l'éducation nationale, créant une dépense structurelle supplémentaire de 2,5 milliards par an , ou encore d'abandonner le système écotaxe qui existe partout ailleurs ?
a écrit le 09/02/2016 à 16:18 :
Ces deux "zigotos" renforcent les tenants de la sortie de l'Euro. Et surtout en cas de catastrophe n'en supporteront aucune des conséquences financières pour leurs biens, ils sont bien à l'abri derrière leur statut.
Les décisions monétaires devraient être prises par des élus qui risqueraient leurs fortunes personnelles.
Réponse de le 09/02/2016 à 19:13 :
Il faut les voir comme deux petits européïstes égarés, ce qu' ils sont...
a écrit le 09/02/2016 à 16:13 :
Évidemment à la lecture de cet article, on se dit qu'on n'a vraiment pas de chance d'être là à se moment là. Alors, bien sur, il y a l’exil..de plus en plus difficile ! Après moi, le déluge ! Le jour d'après ! Le jour ou l'Europe a basculé! Mais quand on lit "bulles spéculatives sur des marchés déjà saturés de liquidités." L'argent est là, quelque part, et sans doute faut-il creuser pour la récupérer ?

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