Le capital-innovation peut dire merci à Bpifrance et aux industriels

 |   |  681  mots
Avec 487 millions d'euros investis au second semestre 2013, la France est le troisième pays européen du capital-risque, derrière l'Allemagne et le Royaume-Uni, selon Ernst & Young. REUTERS.
Avec 487 millions d'euros investis au second semestre 2013, la France est le troisième pays européen du capital-risque, derrière l'Allemagne et le Royaume-Uni, selon Ernst & Young. REUTERS. (Crédits : REUTERS/Lee Jae-Won)
Au second semestre 2013, l’investisseur le plus actif dans le capital-risque français a été la Banque publique d’investissement, avec 15 opérations sur un total de 177, d’après Ernst & Young.

A sec, le capital-risque ? Pardon, pas le capital-risque, mais le capital-innovation, la terminologie plus flatteuse employée depuis un an environ par l'Afic (Association française des investisseurs pour la croissance) pour désigner les fonds investissant dans des entreprises en phase de démarrage. A sec, donc, le capital-innovation, comme s'en alarme la même Afic depuis plusieurs années ? Pas tant que ça, à en juger par le baromètre publié par Ernst & Young, selon lequel les fonds français de capital-innovation ont investi 487 millions d'euros au second semestre 2013.

Un montant qui place l'Hexagone en troisième position dans le secteur européen du capital-innovation, derrière l'Allemagne (674 millions d'euros) et le Royaume-Uni (1,5 milliard). Reste que l'investisseur qui s'est montré le plus actif, avec 15 opérations sur un total de 177 investissements réalisés en France au second semestre 2013, est tout sauf un fonds de capital-risque privé, puisqu'il s'agit de Bpifrance, la Banque publique d'investissement.

 C'est en réalité Bpifrance qui finance 95% des entreprises soutenues par le capital-innovation

De la même façon, lorsque l'Afic avait fait état d'un bond de 21% des investissements du capital-innovation français au premier semestre 2013, à 274 millions d'euros, l'association ne s'était pas abusée sur la nature de cette performance, "notamment liée au Fonds national d'amorçage (FNA) et à la montée en puissance du corporate venture." Géré par Bpifrance, le FNA ne finance pas directement des start-up, mais investit dans des fonds d'amorçage privés, lesquels apportent des capitaux propres à des sociétés en cours de création.

 Au total, via son activité de fonds de fonds et par l'intermédiaire de ses investissements en direct, c'est en réalité Bpifrance qui finance 95% des entreprises soutenues par le capital-innovation. Une proportion qui grimpe à 99% dans l'amorçage. Ce qui fait dire à Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, que, sans cette dernière, "il n'y aurait plus ni capital-risque, ni amorçage en France."

 Banques, assureurs et particuliers désertent le capital-risque

Pourquoi ? Parce que, ces dernières années, les banques et les assureurs - traditionnels pourvoyeurs de fonds du capital-innovation - ont réduit leurs allocations à cette classe d'actifs, les nouvelles réglementations dites de Bâle III et de Solvabilité II exigeant des établissements de crédit et des compagnies d'assurance de disposer de davantage de fonds propres en face d'engagements jugés particulièrement risqués, comme le capital-innovation.

 Les investisseurs particuliers ont, eux aussi, réduit leurs investissements dans le capital-risque, en raison des coups de rabot successifs infligés aux incitations fiscales dont bénéficiaient les FCPI (fonds commun de placement dans l'innovation) et les FIP (fonds d'investissement de proximité).

 Le gouvernement veut augmenter le "corporate venture" de 30%, à 600 millions d'euros par an

 Des désertions contrebalancées par Bpifrance, donc, mais également par le développement du "corporate venture" évoqué plus haut par l'Afic. Ce capital-innovation dit "d'entreprise", le gouvernement veut l'encourager, avec la mise en place, en juillet prochain, d'un amortissement fiscal sur cinq ans des investissements réalisés par des entreprises dans des start-up innovantes. L'objectif : augmenter de 30% le "corporate venture", à 600 millions d'euros par an. De son côté, Bpifrance va encore accroître sa force de frappe dans le capital-innovation, avec son fonds Large Venture, doté de 500 millions d'euros. Soit le montant investi bon an, mal an par la totalité des fonds privés de capital-risque en France.

 Les voilà donc, les nouveaux acteurs du capital-innovation : Bpifrance et les industriels. Mais, loin d'en être chagriné, Jacques Chatain, cofondateur de la société de capital-risque Auriga - qui vient de lancer un fonds baptisé Bioseeds avec les laboratoires pharmaceutiques Pfizer et Sanofi -, y voit un motif d'espoir :

"Le retour des industriels dans le capital-innovation pourrait inciter les assureurs à revenir, eux aussi, dans ce segment du capital-investissement,en leur garantissant une capacité d'analyse et d'accompagnement des entreprises."

De la même façon que la présence de Bpifrance dans le capital de start-up innovantes pourrait rassurer les investisseurs institutionnels et leur faire reprendre goût au capital-innovation.

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/02/2014 à 9:41 :
Au delà du fait que l'on peut accusé l'UMPS de copinage.... ce qui est peut être parfois justifié (bien que l'on peut raisonnablement pensé que ce n'est pas la règle), moi ce que je retiens, c'est que les milliardaires qui captent tout les PIB de la planète n'investisse dans rien du tout, et font de la rétention économique... ce qui oblige la planète, (surtout l'Europe par les temps qui courent) a se serrer la ceinture. Mais bon, on va pas toucher au dogme du libéralisme, n'est ce pas.
a écrit le 18/02/2014 à 6:55 :
La BPI est une nouvelle banque d'état pour alimenter les réseaux de copains/copines socialistes ...Hélas ,la garantie finale du capital risque.... c'est nous et nos impôts ....d'ailleurs , avec 6 millions d'Euros de loyer /an, une enseigne qui acouté 300 000 Euros ,une vice président Ségolène ,choisie pour ses compétences bancaires bien connues et validées ! ,et pleins d'encartés au PS...etc.. Voilà ca c'est de l'attractivité version socialiste.... !
Réponse de le 18/02/2014 à 8:25 :
Tout à fait d accord mais valable pour UMPS.... remplacons Royal par Estrosi ou..... du pareil au meme...mais produits francais
Réponse de le 18/02/2014 à 9:01 :
On peut aussi ne rien faire et ensuite dire que rien n'a été fait.
a écrit le 18/02/2014 à 0:16 :
Le niveau de financement de la BPI représente moins de 1% du capital risque disponible dans la silicon valley Le village gaulois est en formation mais où est la potion magique ????
a écrit le 17/02/2014 à 23:07 :
C est le monde a l envers en France,au lieu de favoriser les sociétés de capital risque on les brime et on crée une BPI pour les remplacer,mais aux moyens limités
Réponse de le 18/02/2014 à 0:17 :
Il faut bien trouver du boulot aux corps d'états ....
Réponse de le 20/02/2014 à 6:44 :
C'est exact, l'avantage c'est que nous avons le droit de remercier des gens comme Mme Royal ensuite...Certains le feront à l'occasion des élections !...

Il n'est dit nulle part que la quantité des projets financés auraient été moins bien choisis par plusieurs acteurs de capital risque aux équipes ayant des objectifs plus diversifiés que la BPI qui fait du chiffre.
a écrit le 17/02/2014 à 19:55 :
Un organisme comme celui ci a certes été obligé de louer des bureaux sur Paris, la place financière. C'est normal. En outre, les bureaux loués permettent de faire 1 million d'euros d'économie car il a regroupé en open space des bureaux autrefois séparés entre oseo et caisse des dépôts par exemple. Cette dernière louait cher des bureaux dans le 7e. La fusion permet de faire des économies d'échelle et bpifrance est en partie sur Paris, le reste à Maisons-Alfort et dans toutes les autres régions (la grande majorité du personnel d'ailleurs). Un réseau comme bpifrance c'est maxi 2000 personnes c'est à dire peu pour 1 million d'entrepreneurs potentiellement soutenable. Alors pour toucher un maximum de personnes, bpifrance travaille avec les capitaux risqueurs privés et le réseau des banques privées également.
a écrit le 17/02/2014 à 17:43 :
il serait bon de nous informer sur le montant des frais de fonctionnement de ce lyonnais bis dont la premiere operation a ete de louer un local dans les quartiers chics de paris
Réponse de le 17/02/2014 à 18:38 :
mini placement 3 millions d'euros taux rendement 14% ,frais fonctionnement 1,12 % du taux de rendement

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :