Le Crédit agricole encaisse le choc de Banco Espirito Santo

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Le Crédit agricole s'associera aux éventuelles poursuites que la nouvelle direction de Banco Espirito Santo pourrait engager contre l'ancien management de la banque portugaise. REUTERS.
Le Crédit agricole s'associera aux éventuelles poursuites que la nouvelle direction de Banco Espirito Santo pourrait engager contre l'ancien management de la banque portugaise. REUTERS.
Les difficultés financières de Banco Espirito Santo ont eu un impact négatif de 708 millions d'euros sur les comptes trimestriels du Crédit agricole, deuxième actionnaire de la banque portugaise.

Le Portugal a sauvé Banco Espirito Santo (BES), mais pas ses actionnaires. Le Crédit agricole, deuxième actionnaire de la banque portugaise après la famille Espirito Santo avec 14,6% du capital, en sait quelque chose : CASA, l'entité cotée en Bourse du Crédit agricole, a publié mardi 5 août un bénéfice net de 17 millions d'euros, au titre du deuxième trimestre, contre un résultat de... 696 millions un an auparavant. Et le bénéfice net du groupe Crédit agricole, qui comprend CASA et les caisses régionales, a été divisé par près de deux, à 705 millions d'euros.

La faute aux déboires de BES, victime d'un mécanisme de financement frauduleux au sein des sociétés du conglomérat familial Espirito Santo, et sauvée par le gouvernement portugais dans la nuit de dimanche à lundi. Ces déboires ont eu un impact négatif de 708 millions d'euros sur les comptes du Crédit agricole. Sur cette somme de 708 millions d'euros, 502 millions résultent de la quote-part (14,6%) de la banque verte sur la perte de 3,57 milliards d'euros dévoilée la semaine dernière par BES, au titre du premier semestre. Le solde de 206 millions provenant de la décision du Crédit agricole de ramener à zéro la valeur de sa participation dans BES.

La banque pourrait poursuivre l'ancienne direction de BES

Quid de cette participation, le plan de sauvetage de BES ayant scindé la banque en deux, avec, d'un côté, les actifs sains regroupés dans un nouvel établissement de crédit - Novo Banco - et, de l'autre, une "bad bank" chargée de liquider les actifs toxiques? Le Crédit agricole, désormais actionnaire de cette structure de défaisance, n'a "aucune raison de redouter des pertes supplémentaires", a assuré Jean-Paul Chifflet, directeur général de CASA, lors d'une conférence téléphonique.

Et de préciser :

"Les problèmes de BES nous étaient inconnus, nous les avons découverts en même temps que la Banque du Portugal. Nous ne pouvons que déplorer avoir été trompés par une famille avec laquelle nous voulions construire la première banque privée du Portugal."

En effet, les premiers accords entre le Crédit agricole et la famille Espirito Santo remontent au milieu des années 1980, et la banque verte était entrée au capital de BES en 1990. Décidé à ne pas laisser passer cette affaire, Jean-Paul Chifflet prévient que le Crédit agricole "s'associera aux (éventuelles) poursuites que la nouvelle équipe de direction de BES pourrait engager contre l'ancien management." Et, au cas où les nouveaux dirigeants ne tenteraient rien contre leurs prédécesseurs, le Crédit agricole "se réserve le droit d'engager (lui-même) des poursuites."

Le dossier BES a peu d'impact sur la solvabilité du Crédit agricole

Il faut dire que le dossier BES est d'autant plus regrettable pour la banque verte qu'il éclipse des résultats trimestriels en ligne avec le plan stratégique dévoilé en mars, malgré un environnement plus dégradé que prévu, notamment en matière de taux d'intérêt, ces derniers étant historiquement bas. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice net de CASA ressort ainsi à 1,003 milliard d'euros (contre 696 millions un an plus tôt), grâce à une activité commerciale soutenue, couplée à une bonne maîtrise des charges.

Au chapitre de la solvabilité, le dossier BES a eu un impact de 7 points de base seulement sur le ratio des fonds propres "durs" rapportés aux crédits consentis, qui s'établit à 12,3% au 30 juin, contre 11,7% à la fin mars. Et celui de CASA s'élève à 9,9%, au lieu de 9% au 31 mars. Les investisseurs ne retenaient d'ailleurs que ces bonnes performances opérationnelles mardi matin, le cours de Bourse gagnant près de 6%, à 10,9 euros.

La revue sur les paiements en dollar transmise à la justice américaine

Mais si le Crédit agricole en a terminé, sur le plan financier du moins, avec l'histoire BES, le groupe pourrait en revanche aller au devant de difficultés avec la justice américaine, celle-là même qui a infligé le 30 juin une amende record de près de 9 milliards de dollars à BNP Paribas, accusée d'avoir réalisé des transactions en dollar avec des pays soumis à un embargo économique des Etats-Unis. En effet, voici quelques mois, le Crédit agricole avait, de son propre chef, enclenché une revue interne de ses paiements en dollar dans des pays soumis à embargo américain.

Et les conclusions de cette revue, qui "s'est achevée il y a quelques semaines, ont été transmises à la justice américaine", a indiqué Jean-Paul Chifflet. Le Crédit agricole, dont les provisions pour litiges s'élèvent au total à 1,1 milliard d'euros, ne précise pas le montant affecté aux risques liés aux paiements en dollar. Mais les transactions en question "ne concernent que la période 2003-2008 et sont très largement inférieures à celles des autres grandes banques de la place", affirme Jean-Paul Chifflet.

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Commentaires
a écrit le 06/08/2014 à 17:43 :
C.A n'a rien vu et ne sait rien. On la croit. La banque déprécie d'un coup la totalité de ses actifs après être passé en douce de 20 à 14% du capital au meilleur prix. BES ne vaudrait plus rien ? Non, mais C.A se victimise. La bad bank refinancée sera à sa disposition pour qu'elle reclasse ses titres à son avantage bien compris. Pour le reste bien propre elle se garde le droit d'aller en Justice, autrement dit de négocier pour que la banque lui revienne puis fusionne. Une place de choix pour jouer le Brésil.Ce qui donnera certainement aussi l'occasion de démutualiser encore un peu plus cet établissement qui est parmi les 10 premiers du monde.
a écrit le 06/08/2014 à 15:47 :
Emporiki n’est pas le BES. Ce qu’il y a d’étonnant c’est que CASA n’ait pas essayé de prendre le contrôle de cette banque, qui sans les mauvais actifs, est une banque au moins aussi saine que CASA. La France compte une diaspora portugaise considérable et stratégiquement prendre le contrôle du BES (sans les actifs toxiques) aurait été très certainement une décision brillante (à un prix dérisoire) !
a écrit le 06/08/2014 à 12:14 :
Encore les dérives de la finance ! !

Encore une fois, le fameux Fond Européen de Stabilisation Financière, alimenté entre autre par l’impôt des citoyens, va être employé pour remettre à niveau une banque qui a voulu jouer sur les marchés spéculatifs. Que ce serait il passé si ce mécanisme n’avait pas été mis en place en 2011 ? Cela montre bien, que les banques et institutions financières, sont reparties dans leurs délires spéculatifs et se fichent royalement des conséquences de leur cupidité sordide. La crise de 2008 et l’attaque sur les dettes souveraines de 2009 ont incité les dirigeants de l’Europe à se préserver en partie des fonds spéculatif, mais a quel prix. ! Ne cherchez pas plus loin la raison du marasme économique que nous subissons depuis 3 ans.
Et cela n’est pas fini, si l’on ne fait pas une fois pour toutes un exemple fort comme l’ont fait les US avec la banque Lehman Brothers en 2008.
a écrit le 06/08/2014 à 6:10 :
Le Crédit Agricole avait plusieurs administrateurs au Conseil du BES depuis .C'est facile de dire qu'il a été trompé. Sa responsabilité ainsi que celle de ses administrateurs doit être également recherchée.
Réponse de le 06/08/2014 à 6:29 :
Quand un petit caissier déclare une erreur, l'audit interne débarque Manu militari...sont où les auditeurs là. C'est pas sérieux tout ça. Et après on nous vend " le contrôle des risques". En fait, on nous vend du vent.
a écrit le 06/08/2014 à 0:35 :
Après les déboires du Crédit Agricole en Grèce, voilà qu'on se trouve au Portugal dans de sales draps!
Arrêtons ces stupidités à l'étranger!!!!
Que le CA arrête ses placements pourris!
a écrit le 05/08/2014 à 22:35 :
ils sont recrutés comment nos banquiers ?
a écrit le 05/08/2014 à 20:20 :
bon, on envoie qui en prison cette fois ?
Y'a un drirgeant qui doit aller au trou pendant 15 ans au moins.
a écrit le 05/08/2014 à 16:49 :
Bientôt ...la ruée vers l'or !
a écrit le 05/08/2014 à 16:05 :
la propension de nos banquiers à se mettre dans les mauvais coups est affligeante !
a écrit le 05/08/2014 à 15:01 :
Une bizarrerie en Europe à connaître, et à réformer d'urgence:... En cas de procédure, CASA doit bien intégrer le fait qu'au Portugal, contrairement à la France, le droit de prescription s'applique à la fin d'un certain délai en cas d'absence de tout jugement, même si le dossier est en cours d'instruction...Ainsi, il suffit de multiplier les procédures pour faire traîner, et attendre que cela prescrive...Avis aux plus malins!...
a écrit le 05/08/2014 à 12:28 :
Vous voyez, "l'union bancaire européenne" est déjà une réalité. On partage les risques, on encaisse les pertes.
a écrit le 05/08/2014 à 11:59 :
avec une perte par BES de 700 millions, le CA se prend 5% à la bourse ... vive la finance !
Réponse de le 05/08/2014 à 14:36 :
à 10 euros le titre est décoté, pire que bnp ! faut donc vous modérer , l'action casa avait été introduite en 2002 à plus de 16 euros et vaut actuellement moins que ses actifs !
a écrit le 05/08/2014 à 11:41 :
une banque spécialiste du "genre", à quand son énième gadin ?
a écrit le 05/08/2014 à 11:13 :
Le CA pourrait poursuivre la Direction de BES qui ne les a pas informé en tant qu'actionnaire de leur déboire ? Et alors nous, petits actionnaires de BNPParibas, nous pourrions donc en faire autant à l'encontre de la Direction de BNPParibas qui ne nous avait pas informé de l'amende à venir de la part des USA ?
a écrit le 05/08/2014 à 10:11 :
.... et vous reprendrez bien une amende des USA ?!
a écrit le 05/08/2014 à 9:33 :
Pauvre Crédit Agricole ,après avoir déprécié Emporiky en Grèce voilà "l'Esprit Sain" au Portugal .A quand la prochaine sur la liste.
Réponse de le 05/08/2014 à 9:55 :
Rien à cirer je ne suis pas dans cette banque.
a écrit le 05/08/2014 à 8:35 :
La curée ne fait que commencer dans le secteur bancaire. Ils sont allés trop loin avec des effets de levier trop délirants. Les 4 grandes banques françaises ont à peine 50 milliards de fonds propres chacune mais elles jouent avec plus de 20 000 milliards . Au moindre accroc le château de cartes va s'effondrer . Nous devrons alors refuser de payer l'addition des délires néolibéraux. Malheureusement le fonds de garantie des dépôts ne pourra pas faire grand chose , à peine garantir 10 000 euros par personne et encore ...il y a des millions de comptes .... et les assurances vies adossées aux dettes souveraines vont aussi partir en fumée : écoutez Delamarche sur BFM ou youtube pouir comprendre comment et pourquoi ça va fumer très fort
Réponse de le 05/08/2014 à 10:13 :
le problème est mondial autant le savoir il n'est pas que français dans ce secteur , les banques sont dans un jeu de dominos et il suffit qu'un seul domino trébuche pour que les autres toussent aussi , cela ne fait que commencer et le pire c'est que les élites politiques commencent a avoir peur d'un effet encore plus dangereux , car si une crise bancaire par effet domino nous reconduit dans la crise du crédit voir pire pour les états , la hausse des taux d'intérêts par ricochets , le péril est devant nous ..
Réponse de le 05/08/2014 à 11:46 :
il est plus mondial pour certaines que pour d'autres :certaines banques, ne jouent pas et ne pretent pas, l'OBC, l'ABN (banque d'Etat), les raiffessein suisse et luxembourgeoise, les poste bank, il est clair que les banques francaises, mise a partle CM CIC, passent leur temps au casino et aux cirque à jongler, advienne ce qu'il adviendra, la chypriatisation çà existe.

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