Banques et fintech se disputent le marché de l’encaissement mobile

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Le mPOS, un marché dont la cible est de 800.000 professionels en France, selon le cabinet Exton Consulting.
Le mPOS, un marché dont la cible est de 800.000 professionels en France, selon le cabinet Exton Consulting. (Crédits : Exton Consulting)
En France, 40% des professionnels ne sont pas équipés de terminaux de paiement, pour des raisons de coût et de praticité que les solutions "mPOS" se proposent de résoudre.

"Désolé, je ne prends pas la carte bancaire !" Qui ne s'est jamais entendu rétorquer cela par un livreur de pizzas, un plombier ou encore une infirmière à domicile ? "En France, environ 40% des professionnels ne sont pas équipés de terminaux de paiement, pour des raisons de coût, d'inadéquation du matériel à leurs besoins et de méconnaissance de l'offre", indique Frédéric Perrin, associé au sein du cabinet de conseil en stratégie Exton Consulting. Or la carte bancaire n'est autre que le moyen de paiement préféré des Français.

C'est dire si nombre de commerçants nomades manquent des ventes, faute d'accepter ce petit rectangle de plastique. Et si, du même coup, le jeune marché de l'encaissement mobile, dit "mPOS" (mobile point of sale), semble receler un grand potentiel. De fait, dans le sillage du pionnier Square, une startup américaine fondée en 2010 et valorisée aujourd'hui plusieurs milliards de dollars, un nombre croissant d'acteurs se lancent dans le développement de solutions de caisse enregistreuse virtuelle.

Des solutions compétitives sur le plan du prix

L'un des derniers entrants sur ce marché est la fintech française Smile & Pay, qui démarre actuellement la commercialisation de son offre. Laquelle permet à tout médecin à domicile, chauffeur de taxi, vendeur sur les marchés ou autre professionnel en situation de mobilité de s'équiper d'un petit lecteur de carte bancaire, qui tient dans la poche, moyennant un prix d'achat de 89 euros hors taxes, auquel s'ajoutera une commission de 2,4% sur chaque transaction. A titre de comparaison, l'acquisition d'un terminal de paiement électronique classique coûte en moyenne 450 euros, et sa location peut aller jusqu'à 60 euros par mois.

Ensuite, via la technologie Bluetooh, le commerçant connecte ce petit lecteur de carte bancaire à son propre smartphone, sur lequel il aura préalablement téléchargé l'application d'encaissement mobile Smile & Pay. Il ne lui restera plus alors qu'à entrer le montant de la transaction dans l'application, à tendre le lecteur au client, qui y insérera sa carte bancaire, composera son code, et le tour sera joué.

Le Suédois iZettle nourrit de grandes ambitions en France

"Il existe déjà un certain nombre de solutions concurrentes sur le marché", a toutefois reconnu Marc Le Mouel, directeur général de Smile & Pay, en présentant sa société le 17 juin, lors du lancement de l'incubateur de Truffle Capital. Une concurrence qui n'est pas des moindres, iZettle, le "Square européen", ayant débuté le 19 mai son activité en France, un pays où la startup suédoise entend devenir "le leader incontesté" des solutions mPOS. Et les banques, dans tout cela ? "Les banques françaises doivent accélérer la distribution de leurs offres mPOS, en raison de la concurrence de pure players comme Sumup, iZettle et Payleven, qui ont levé des fonds considérables et qui vont donc se développer très vite. Sans oublier la concurrence d'opérateurs de télécommunications comme Orange", prévient Frédéric Perrin.

Justement, BNP Paribas a annoncé le 18 juin l'extension de "Mobo", sa solution d'encaissement mobile, à l'ensemble de sa clientèle d'entreprises. "Mobo" avait été lancée il y a un an, dans la foulée du "Dilizi" de BPCE (Banque Populaire Caisse d'Epargne) et du "Smart TPE" du Crédit agricole. Déjà adopté par quelque 3.000 professionnels nomades, "Mobo" part maintenant à la conquête de toutes les entreprises, en particulier de celles disposant d'équipes commerciales ou de techniciens en situation de mobilité.

Vers la verticalisation des offres d'encaissement mobile

"Les solutions mPOS sont bien adaptées aux petits commerces, légèrement informatisés et qui réalisent relativement peu de transactions quotidiennes", reconnaît Frédéric Perrin. Exton Consulting estime à 100.000 en France le nombre de ces petits commerçants (fleuristes, boutiques de décoration, etc.). Mais "il existe encore beaucoup à faire sur le marché des professionnels nomades, avant de se lancer à la conquête d'autres formes de commerce", estime Frédéric Perrin.

Pour ce dernier,"l'un des axes de développement du marché du mPOS sera la verticalisation des offres, avec des services tels que l'édition de factures pour les artisans ou l'acceptation de la Carte Vitale pour les professionnels de la santé." La solution mPOS deviendra ainsi une sorte de vitrine du savoir-faire de la banque, dont l'enjeu, une fois qu'elle a obtenu la gestion des flux de paiement d'un commerçant, est d'obtenir celle de ses comptes bancaires et de son épargne.

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