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Les indignés d’Occupy Wall Street lancent leur carte de crédit

Le mouvement Occupy Wall Street a démarré à New York en septembre 2011 (Photo Reuters)
Le mouvement Occupy Wall Street a démarré à New York en septembre 2011 (Photo Reuters)
latribune.fr  |   -  524  mots
Outre-Atlantique un groupe de militants se réclamant du mouvement Occupy Wall Street a lancé une coopérative qui vise à créer ses propres cartes de crédit.

Masque de Guy Fawkes pour conserver l'anonymat, banderoles portant les slogans des "99%", tentes pour organiser de longs sit-ins… et bientôt dans la poche, une carte de crédit. La panoplie des Indignés américains pourra bientôt s'étoffer avec cet objet symbolique qu'un groupe se réclamant du mouvement comptait bientôt lancer.

Un abonnement mensuel de 99 cents

Le principe : produire des cartes permettant de réaliser des transactions ou de retirer du liquide partout sur le territoire américain à moindre coût. L'obtention d'une carte, dont la durée de vie est illimitée, est gratuite. L'abonnement mensuel est tarifé au montant symbolique de 99 cents.  

Ce n'est pas tout. Il en coûte par exemple 1,95 dollars pour retirer de l'argent depuis un distributeur automatique classique. Les dépôts directs par exemple sur le site de la coopérative sont gratuits. Lorsqu'ils sont réalisés via les machines disponibles dans les supermarchés, leurs tarifs varient en fonction des lieux. Ces frais ne reviennent pas à la coopérative mais aux réseaux auxquels elle est affiliée. 

Une petite part pour Visa, le reste pour la coopérative

Les cartes utiliseront le réseau et la technologie de Visa pour fonctionner. Une part des recettes lui sera donc reversée. Mais le reste - "la plus grande part" selon la coopérative Occupy Money (OMC) - doit servir au fonctionnement de la coopérative. Les éventuels surplus devront "profiter aux membres", a indiqué un porte-parole sur un forum.  

L'organisation déclare n'employer que des bénévoles, indique-t-elle sur son site. Elle a lancé une campagne de dons afin de récolter les 900.000 dollars nécessaires au démarrage de son activité.

L'engagement de la transparence

Sans être une banque, ni une caisse d'épargne, son fonctionnement ressemblera à n'importe quelle entreprise, avec une direction placée sous le contrôle d'un conseil d'administration. Cette coopérative qui appartiendra à ses membres promet de fonctionner de manière "démocratique" et transparente.

Sur son site,elle  affiche l'affectation de chaque dollar dépensé. Une réponse aux soupçons dont elle a pu faire l'objet. L'OMC a en effet été accusée d'utiliser la "marque" Occupy à des fins lucratives.

10 millions de foyers américains privés de services bancaires

Or, non seulement elle s'en défend mais elle s'oppose justement aux banques traditionnelles qui n'ont pour seul objectif que le profit. Carne Ross, un porte-parole de ce mouvement à ainsi confié à Forbes :

"Nous avons lancé la coopérative Occupy Money parce que nous avons eu le sentiment que la façon dont l'industrie bancaire à but lucratif opère aux Etats-Unis expose l'économie américaine à des risques et nous rend vulnérables à leurs conséquences.  Surtout, elle néglige des millions d'Américains qui n'ont pas accès aux services bancaires"

Quelque 10 millions de ménages américains n'avaient pas de compte bancaire ou un accès très limites aux services des banques en 2011 selon la Federal Deposit Insurance Corporation, l'agence fédérale chargée de garantir les dépôts bancaires aux Etats-Unis. Cela représente un foyer sur 12.

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Commentaires

karen  a écrit le 28/10/2013 à 18:38 :

On peut avoir le lien vers la plateforme de dons qui gère la récolte de dons pour ce projet s'il vous plaît?

balzac  a écrit le 05/10/2013 à 11:22 :

l'idée est peut-être intéressante mais quand meme , je prefere encore des banques mutualistes ou l'on est a la fois client et actionnaire de l'entreprise que d'être dans un monstre bancaire ou on ne sait rien et tout est manipulable et influençable , en france on a la chance d'avoir les 2 systèmes , mais ailleurs ce n'est pas le cas car parfois le client croit qu'il est libre mais pas vraiment , contrôler la vénalité comprend donc un investissement personnel pour l'éviter , facile ensuite de s'en prendre a la totalité du système si on delegue aux autres ce pouvoir de contrôle .. l'information est primordiale ..

Yves  a écrit le 04/10/2013 à 17:30 :

Une coopérative financière solidaire ? Pas besoin de traverser l'Atlantique. Ça existe en France et ça s'appelle La Nef : http://www.lanef.com/

QUICK  a écrit le 04/10/2013 à 12:47 :

Ce serait un début de banque socialiste aux dépôts garantis et sans découvert ni prêt possibles?