Paradis fiscaux : le business juteux des plus grosses banques françaises

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Les 5 plus grosses banques françaises comptent 578 filiales dans des paradis fiscaux, selon la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires.
Les 5 plus grosses banques françaises comptent 578 filiales dans des paradis fiscaux, selon la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Plus d'un tiers des filiales étrangères des cinq plus grosses banques françaises sont situées dans des paradis fiscaux - et leur nombre a encore augmenté selon certaines données. La Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires a publié une étude basée sur des chiffres rendus publics par les banques françaises.

Les pratiques d'optimisation fiscales au Luxembourg, détaillées par le Luxleaks le 6 novembre, avait jeté un pavé dans la mare. La Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires (PPFJ), organisation regroupant des associations de lutte contre l'évasion fiscale, en remet une couche en s'intéressant aux banques françaises et à leurs pratiques dans les paradis fiscaux en général, dans un document publié en ligne jeudi 13 novembre.

578 filiales dans les paradis fiscaux

S'appuyant sur les chiffres du Tax Justice Network  (ou Réseau mondial pour la justice fiscale) et du Government Accountability Office (GAO), équivalent américain de la Cour des Comptes), ayant eux-mêmes tiré des chiffres rendus publics par les banques françaises, il révèle que les cinq plus grosses banques françaises comptabilisent aujourd'hui 578 filiales dans des paradis fiscaux, soit un tiers de leurs filiales à l'étranger. En 2012, elles en comptaient 527.

Dans le détail, le nombre de filiales de la Société Générale dans ces zones opaques a été multiplié par 3 depuis 2012, d'après le document. Pour BNP Paribas, le nombre de filiales dans les paradis fiscaux a quasiment diminué de moitié entre 2012 et 2014. Toutefois le nombre globale de filiales a également diminué de moitié pendant cette période, le ratio de présence dans les paradis fiscaux reste donc identique.

Jusqu'à 13,7 milliards d'euros d'activités

Autre révélation : 26% de l'activité de ces cinq banques est réalisé dans les paradis fiscaux, soit un total de 13,7 milliards d'euros, selon les calculs du Tax Justice Network. Le Government Accountability Office avance une part plus modeste à 15%. BNP réaliserait le plus gros chiffre d'affaires des cinq sociétés dans les zones opaques : près d'un tiers (32%) des 25 milliards d'euros générés à l'étranger selon le Tax Justice Network, et 12% de cette somme selon le GAO. Suit la Société Générale (19% des 12,8 milliards d'euros engrangés à l'étranger, selon Tax Justice Network, 17% selon le GAO).

Le Luxembourg est la zone fiscale opaque favorite des établissements bancaires français. La PPFJ y recense 118 filiales. Les plus grosses banques françaises y enregistrent en outre près du quart du chiffre d'affaires qu'elles réalisent dans les paradis fiscaux. Le chiffre d'affaires y étant réalisé est trois fois supérieur (7,5% du résultat) à celui des BRICS (2,5%), ajoute le document.

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a écrit le 13/11/2014 à 18:35 :
le petit peuple et nous tous paions pour compenser l'argent qui ne rentre pas dans les caisses de l'état, argent détourné par de nombreux riches avec la complicité des banques qui voient beaucoup d'intérêt pour ces nantis ! à noter que cet argent ne tourne pas dans l'économie
et fait défaut aux états en déficit ...c'est très grave actuellement mais ça continue ( voyez le luxembourg et son dirigeant cité dernièrement )
a écrit le 13/11/2014 à 16:47 :
Si c'est pour engraisser un état voleur comme le français..... Les paradis fiscaux sont légitimes dans ce cas. Qui sont les bons et qui sont les méchants? Qui pourrit la vie de l'humanité et qui l'améliore? L'état français ou les grandes entreprises?
Réponse de le 13/11/2014 à 17:13 :
Drôle de voleurs ces états endettés au-delà du concevable pour les citoyens. La dette publique est devenue la cible des stratégies spéculatives impliquant l’utilisation de ressources publiques pour payer les créanciers, au détriment de la satisfaction de besoins et de droits fondamentaux de la population. Aussi, la relation entre créanciers et débiteurs est terriblement déséquilibrée en faveur des premiers. Un élément commun entre la crise de la dette externe en Amérique latine qui a éclaté en 1982 et la crise de l’euro à partir de 2010 est que dans les deux cas, la première réaction a été de nier l’évidence et de ne rien faire. Ensuite, les mesures mises en place se sont réalisées en faveur des intérêts des créanciers. Pour essayer d’inverser le déficit public et de garantir ainsi le paiement de la dette, des politiques d’ajustement ou d’austérité sont appliquées, quel qu’en soit le prix à payer par les populations victimes de la crise. Les créanciers, soutenus par les élites locales, exigent le remboursement de la dette et les ajustements qui permettent d’assurer la priorité de ce paiement sur toute nécessité sociale, portant ainsi atteinte aux droits les plus élémentaires de la population. Le « système dette » aggrave les inégalités. La dette permet à une minorité privilégiée d’accaparer une série de revenus financiers qui lui permet d’augmenter son patrimoine de manière permanente. En conséquence, l’État perd des ressources nécessaires pour répondre aux besoins fondamentaux de la population. Les plus riches accumulent de la richesse, les inégalités s’amplifient et le pouvoir accru de quelques-uns leur permet d’exercer une plus grande pression sur les pouvoirs publics dans l’élaboration des politiques. L’augmentation de la dette et la concentration de celle-ci en peu de mains engendrent une redistribution des revenus vers les membres les plus riches de la société, ce qui à son tour est à la fois cause et conséquence d’une plus forte exploitation de la main d’œuvre et des ressources naturelles....
a écrit le 13/11/2014 à 16:20 :
Les paradis fiscaux et judiciaires posent en effet le problème de « l’injustice fiscale » : la concurrence fiscale déloyale de certains pays aboutit à priver d’autres de ressources qui auraient pu être affectées à des projets sociaux. Ils favorisent aussi l’opacité : une masse importante de fonds qui transite par ces territoires provient de la corruption. Ces détournements de fonds publics privent ainsi les États du Sud de recettes qui auraient pu être affectées à leur développement Contrairement à une idée fausse, le problème ne se réduit pas aux comportements illégaux ou immoraux de certains fraudeurs, entreprises ou particuliers, qui ne représentent que la pointe de l’iceberg d’un véritable système mondial qui favorise l’évasion fiscale au détriment des recettes publiques des États. Une situation qui apparaît de plus en plus inacceptable à une époque où les États opèrent des coupes sombres dans les budgets sociaux et d’aide au développement au détriment des populations les plus vulnérables. Ce système n’est toutefois pas une fatalité, car des réformes législatives déterminées peuvent ramener un minimum de justice fiscale dans le monde. La moitié des flux financiers internationaux transite par les paradis fiscaux ; le tiers des flux mondiaux d’investissements des firmes transnationales leur sont destinés, ce qui implique notamment que les îles Barbade, Bermudes et Vierges Britanniques reçoivent davantage d’investissements que l’Allemagne ou le Japon ; les flux illicites fuyant chaque année les pays en développement par le biais des paradis fiscaux représentent dix fois le montant total de l’aide publique au développement Les systèmes fiscaux sont pour l’essentiel nationaux, alors que l’économie est devenue mondialisée. C’est donc un jeu d’enfant pour les entreprises multinationales de déplacer artificiellement les profits vers les paradis fiscaux, et ainsi échapper à une bonne part de l’impôt La solution à ce phénomène consiste à obliger les firmes transnationales à publier une comptabilité qui précise quels sont leurs activités, leur chiffre d’affaires, leurs bénéfices et leurs impôts dans chacun des pays où leurs différentes filiales opèrent Les solutions sont donc connues et il ne manque plus que la volonté politique internationale pour que chaque humain puisse vivre dignement.....
a écrit le 13/11/2014 à 16:12 :
Les Caïmans c'est pour cacher l'argent mais les multinationales ne cachent pas mais optimisent la fiscalité. Chaque Paradis fiscal a sa spécialité. La Suisse , les personnes physiques , Luxembourg les fonds et les holdings intermédiaires qui elle même sont détenues dans d'autres paradis fiscaux (technique du sandwich), l'Irlande et le Luxembourg pour les entreprises technologiques , les Pays-bas pour les BV pour les holdings utiles à la technique Sandwich, la Belgique pour les notionnelles , St Barthelemy pour son absence d'impôt surtout l'impôt sur les successions tout comme la Suisse mais en plus chaud et plus agréable pour y vivre ses derniers jours.
a écrit le 13/11/2014 à 16:07 :
Les pêcheurs, vont là, ou il y a du poissons, dans ce cas, c'est de la pêche au gros
a écrit le 13/11/2014 à 15:52 :
Un parti, qui s’il parvient à la présidence, s’empressera de faire ce qu’a fait Hollande : filer illico à la City et Wall street pour dire discrètement “meeuuuu, non c’était pour rire, business as usual !”.

Que peut faire un parti français, si plébiscité soit-il, dans un pays sans souveraineté monétaire ? D’autant plus que pour sortir de l’Euro, il faut sortir de l’Union Européenne en application de l’article 50 du traité de Lisbonne.

L’autre version, celle de De Gaulle, qui affirmait benoitement : si un traité te couillonne, tu ne demandes pas de sortir, tu sors ! Question traités, ce gars en connaissait un rayon. Mais que peut-on attendre de nos larves biberonnées au coca-cola et Young Leaders ?

Les Français n’ont pas encore compris qu’à tous les niveaux, la France a perdu sa souveraineté, son indépendance : elle n’a même plus le droit de surveiller ses frontières. C’est table ouverte pour tous… et tout !
a écrit le 13/11/2014 à 15:20 :
La Suisse durcit les sanctions contre La Russie. La Suisse ne fait pas partie des accords de SCHENGEN et cela étonne! En fin de compte c'est en Suisse que se trouvent la plupart des grandes banques c'est-à-dire les institutions financières qui décident du sort de ceux qui passent par elles. La Suisse montre alors son vrai visage, un instrument des principaux financiers qui ont mené le monde à la crise de 2008 jusqu'à maintenant. Les vrais ennemis de La Russie sortent de l'ombre et s'identifient maintenant car leurs destins sont liés au déclin futur de leur système monétaire.
Réponse de le 13/11/2014 à 16:25 :
Vous ne connaissez visiblement pas bien la Suisse. Elle a signé l'accord de libre circulation de Schengen... Même que la votation du 09/02/2014 vient justement poser quelques problèmes pour le respect de cet accord. Et la situation des banques suisses à bien changée depuis quelques mois, et elles ne sont plus tout à fait celles que vous décrivez. Avant de faire un commentaire, renseignez-vous sur le sujet, cela vous évitera des déconvenues...
Réponse de le 13/11/2014 à 18:53 :
Si la Suisse se veut un "pays neutre", elle ne fait pas partie de l'Union Européenne, et pourtant elle rejoint l'UE et les US dans les sanctions contre la Russie. Quel est l'intérêt d'un soi-disant pays neutre de participer des sanctions menées par d'autres contre un pays avec lequel la Suisse est en bonnes relations diplomatiques ? pour plaire aux autres Européens ? aux Américains ?… (jerry)
a écrit le 13/11/2014 à 15:08 :
On peut se poser légitimement la question sur la non harmonisation fiscale de l'UE.
a écrit le 13/11/2014 à 15:05 :
A quoi ça sert de gagner malhonnêtement des milliards si on ne peut même plus les planquer en toute sérénité ? J'aime ma banque :) !
a écrit le 13/11/2014 à 14:37 :
Les "paradis fiscaux" où opèrent en majorité ces banques sont : l'Irlande, la Suisse, le Luxembourg, la Belgique, les Pays Bas. Cette définition de paradis fiscaux est révélatrice de la "dureté fiscale (!!)" de l'union européenne. Il faudrait peut-être commencer par là. On pense en général plutôt aux Iles Cayman, etc.
a écrit le 13/11/2014 à 13:45 :
Quand on te dit que l'honnête banquier du village qui te pompe quelques frais par ci par là est le représentant d'une bande d'escrocs
Réponse de le 13/11/2014 à 17:05 :
Il te dira même qu'il est désolé mais qu'il est obligé car "si tout le monde fait comme vous"...

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