Après le micro-don en caisse, l’arrondi sur salaire perce (doucement) en France

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Le nombre de salariés concernés par le don sur salaire a été multiplié par 2,5 en un an. Le nombre d'entreprises a doublé et le nombre de donateurs a augmenté de 89%, pour un montant total de 467.263 euros collectés au travers des solutions de la startup française microDon.
Le nombre de salariés concernés par le don sur salaire a été multiplié par 2,5 en un an. Le nombre d'entreprises a doublé et le nombre de donateurs a augmenté de 89%, pour un montant total de 467.263 euros collectés au travers des solutions de la startup française microDon. (Crédits : REUTERS)
Quelques centimes ou euros de moins sur le salaire net mensuel reversés directement à une association : cette nouvelle forme de générosité est en plein essor en France, où plus de 200 entreprises et 100.000 salariés ont contribué, selon le baromètre de la startup solidaire microDon.

On connaissait l'arrondi en caisse, proposant aux clients d'une enseigne au moment de régler leurs achats d'ajouter quelques centimes, en arrondissant à l'euro supérieur, au profit d'une association. Il y a aussi l'arrondi sur salaire, qui commence à se démocratiser en France. Une entreprise peut en effet proposer à ses salariés de donner, chaque mois, depuis leur salaire net à payer, un arrondi ou un montant fixe à une association de leur choix, don qu'elle peut elle-même abonder.

Selon le baromètre présenté par la startup sociale microDon qui a lancé cette innovation philanthropique dans l'Hexagone, le phénomène prend nettement de l'ampleur : le nombre d'entreprises qui le proposent a doublé l'an dernier, pour atteindre 205 (au sein de 61 groupes), le nombre de salariés concernés a été multiplié par plus de 2,5, à 102.600 personnes et le nombre de donateurs a progressé de 89%.

Dons sur salaire France microDon startup ESS

Services aux entreprises (24,5%), télécoms et Internet (20%), banque et assurance (13%), grande consommation (8%), communication, immobilier, santé, tous les secteurs sont représentés. On retrouve aussi bien de très grands groupes de plus de 1.000 salariés que des PME de moins de 250 salariés : Adidas, ADP, Bel, BNP Paribas Real Estate, EY, la FDJ, Florette, Havas, PepsiCo, Rexel...

Thales don sur salaire microdon arrondi

[Thales fait la promotion pédagogique de l'arrondi sur salaire.]

« Générosité embarquée »

Certaines entreprises se distinguent, comme le cabinet Mazars qui a obtenu le meilleur taux de participation de son personnel (42,8%) ou Thales qui a le plus grand nombre de salariés donateurs : plus de 2.800, ce qui a permis de collecter 120.000 euros en huit mois au profit de 4 associations - Planète Urgence, Aide et Action, Bibliothèques sans frontières et Télécoms sans frontières. La Maif compte de son côté 1.300 salariés donateurs : l'assureur mutualiste croit beaucoup dans ce projet et son fonds Investissement social et solidaire a mené le tour de table de 2,7 millions d'euros de microDon en janvier dernier.

Dons sur salaire arrondi microdon

En moyenne, le don s'élève à 2,27 euros par salarié. Au total, le montant collecté a presque quadruplé en deux ans pour atteindre 467.263 euros (+141% en un an). Soit un peu plus d'un quart des recettes de l'arrondi, loin derrière la générosité en caisse. Cela reste modeste si on compare ce montant au budget du mécénat en France, à savoir 3,5 milliards d'euros. Pour microDon, c'est une forme de « mécénat participatif ».

La startup solidaire insiste sur le fait que « 100% des dons réalisés sont intégralement reversés aux associations bénéficiaires » : elle ne prélève pas de de commissions ou de pourcentage des dons collectés et se rémunère « uniquement sur les prestations qu'elle propose aux entreprises. »

« L'arrondi sur salaire est un véritable levier d'engagement des salariés comme de leur organisation », fait valoir Olivier Cueille, le cofondateur de microDon.

La jeune pousse sociale appelle ce dispositif de la « générosité embarquée », traduction littérale de l'« embedded giving » anglo-saxon. La France est à ce titre très en retard : au Royaume-Uni, le don sur salaire représente 200 millions d'euros par an ! La startup microDon n'est pas seule sur ce créneau : la fondation Epic de l'entrepreneur Alexandre Mars propose aussi une solution d'arrondi sur salaire.

« Nous développons des outils gratuits qui permettent de donner sans que ce soit douloureux » a-t-il expliqué jeudi 18 mai à la conférence annuelle des investisseurs de croissance.

« Nous venons de signer avec Christian Dior Couture, ce sont 1.200 employés qui peuvent donner à l'association de leur choix, pour laquelle ils ont voté. C'est un moyen de redonner du sens, d'avoir un impact, de changer la vie des autres. »

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Commentaires
a écrit le 23/05/2017 à 9:38 :
Certains ne paient pas assez d'impôts, et que l'on ne vienne pas me dire que je suis égoïste car je suis largement solidaire avec mes impôts!!
a écrit le 23/05/2017 à 9:26 :
"C'est un moyen de redonner du sens, d'avoir un impact, de changer la vie des autres"

Mouais... Les associations ont elles mis un terme aux famines ? Non. Ont-elles mis un terme aux guerres ? Non. Mettent elles un terme à la destruction de la planète ? Non plus.

On a quand même plus l'impression que les associations accompagnent la fin du monde plutôt qu'elles luttent contre hein. Normalement cela devrait être aux états de mettre un terme à ses fléaux, ce serait facile pour eux mais comme décideurs privés et publics et argent de la mafia et de la finance sont indissociables nous voyons bien que c'est la compromission qui gère nos vies et la corruption a besoin du pire.

De toutes façon il suffit de voir le nombre de lobbys marchands, industriels et financiers qui dominent les assemblées françaises et européennes en les comparant avec les deux trois associations humanitaires il va de soit que ce sont pas ces dernières qui ont une quelconque influence sur les dirigeants, à part une influence de façade bien entendu.

Je reste sur mon idée d'un crowfunding géant qui nous permettrait de récolter des fonds suffisant pour essayer de racheter nos politiciens aux milliardaires, c'est comme cela que fonctionne notre système.

(Et je donne quand même)
Réponse de le 23/05/2017 à 11:09 :
Ces associations vivent de la misère d'autrui, elles ne sont pas bénévoles. Donc, quel que soit la bonne volonté de leurs petites mains, leurs dirigeants n'ont aucun intérêt à ce que la misère disparaisse.

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