Dans un contexte difficile, Allianz sauve les meubles

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(Crédits : © Jacky Naegelen / Reuters)
Malgré la faiblesse des taux d'intérêt qui handicape l'assurance vie, le premier assureur européen a légèrement augmenté son bénéficie d'exploitation en 2016.

Le géant allemand de l'assurance Allianz a dit ce vendredi viser pour 2017 une hausse de son bénéfice après un bon cru 2016, en dépit des risques économiques et politiques attendus.

Le groupe a été confronté l'an passé à un "environnement difficile", a déclaré son patron Oliver Bäte lors de la conférence de presse annuelle de l'assureur à Munich. "Volatilité des marchés, volatilité politique et des défis inattendus comme le vote sur le Brexit, l'élection américaine, le référendum en Italie... tout cela nous marque", a-t-il énuméré, sans oublier d'évoquer les taux d'intérêt bas.

Cela n'a toutefois pas empêché le numéro un européen de l'assurance de signer une bonne année 2016, avec un bénéfice net en progression de 4% sur un an, à 6,9 milliards d'euros, soit davantage qu'escompté par les analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset.

 Faible nombre de catastrophes naturelles en fin d'année

Au seul quatrième trimestre, le bénéfice net de l'assureur a bondi de 23% sur un an, à 1,7 milliard d'euros, grâce notamment au faible nombre de catastrophes naturelles sur cette période. Le chiffre d'affaires annuel, de 122,4 milliards d'euros, a agréablement surpris malgré un léger repli (-2,2%) sur un an. A l'échelon opérationnel, privilégié par le groupe pour ses prévisions, Allianz a rempli son objectif en dégageant un bénéfice d'exploitation de 10,8 milliards d'euros en 2016, en hausse de 0,9% sur un an.

La performance de sa branche d'assurance vie et santé (+9,3%) a compensé la baisse de régime dans ses autres divisions. L'entreprise se targue d'avoir réussi à réagir face à l'environnement de taux d'intérêts bas qui affecte tout le secteur de l'assurance et complique sa tâche de faire fructifier au mieux les primes que lui versent ses clients.

Dans sa division d'assurance dommages et accidents, le bénéfice opérationnel a fondu de 4,2% mais sa rentabilité, mesurée par un ratio combiné (rapport entre le coût des sinistres et les primes encaissées) de 94,3%, s'est améliorée.

La filiale de gestion d'actifs a également peiné sur le plan opérationnel (-4%), malgré le retour des entrées nettes de capitaux au second semestre. Le fonds Pimco, navire amiral de cette division, était confronté à d'importantes sorties de capitaux depuis le départ avec fracas de son patron emblématique Bill Gross fin 2014.

Au vu de ces résultats, Allianz proposera à ses actionnaires un dividende de 7,60 euros par titre, contre 7,30 euros par action pour 2015.

Autant de bénéfice en 2017

Concernant l'exercice en cours, Allianz reste relativement prudent. "L'année 2016 nous a offert de nombreuses -et parfois mauvaises- surprises, qui vont perturber de manière significative notre environnement politique et économique. Cela complique les prévisions pour 2017", a souligné le patron dans un communiqué.

Le groupe ambitionne néanmoins d'atteindre un bénéfice opérationnel du niveau de celui de 2016, soit 10,8 milliards d'euros, à plus ou moins 500 millions d'euros près, "sauf évènements imprévus, crises ou catastrophes naturelles", a indiqué M. Bäte. Allianz a par ailleurs annoncé jeudi soir le lancement d'un programme de rachat d'actions sur un an pouvant atteindre 3 milliards d'euros.

Le marché approuve

A la Bourse de Francfort, ces annonces étaient saluées par les investisseurs. A 10H17 GMT, l'action d'Allianz se maintenait en tête de l'indice Dax à la faveur d'une hausse de 2,68% à 162,60 euros, dans un marché en repli.

"Allianz a enregistré de bons résultats au quatrième trimestre et sur l'année 2016. Aussi bien la hausse du dividende que le volume du programme de rachat d'actions sont ressorties légèrement supérieures aux attentes", relève Thorsten Wenzel, analyste de DZ Bank. Interrogé sur les emplettes envisagées par Allianz, qui dispose d'importants moyens financiers, M. Bäte a répété que son entreprise était ouverte à une croissance externe sans pour autant vouloir acheter à tout prix.

Investir dans l'assurance dommages plutôt que dans l'assurance vie

Allianz entend procéder à des acquisitions "seulement si cela vaut le coup pour les actionnaires", a-t-il indiqué, et plutôt dans l'assurance des biens que dans l'assurance vie. Il a également affirmé que les informations de presse selon lesquelles Allianz est en discussion pour racheter son concurrent australien QBE n'étaient "pas vraies". QBE les avait également démenties. Les médias ont récemment également évoqué un intérêt d'Allianz pour l'italien Generali, que le groupe n'a pas commenté.

AFP

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Commentaires
a écrit le 17/02/2017 à 17:12 :
Si vous nous indiquez pas comme ils ont fait , je baisse encore les taux !!!!!!! J'attend une réponse, sauf que les taux d'assurançes vie ont sacrément diminués.....

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