Maif veut élargir son offre en assurance et banque

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(Crédits : Reuters)
La mutuelle, dont les bénéfices progressent, va proposer de nouveaux contrats via le digital

Il est loin le temps de la mutuelle des instituteurs... La mutuelle (Mutuelle d'assurance des instituteurs de France), de longue date ouverte à tous, se veut moderne et tournée vers le digital. Le groupe Maif, dont les bénéfices ont à nouveau augmenté en 2015, dépassant sans doute les 200 millions d'euros  -le chiffre précis n'est pas encore connu-, engrangeant 60.000 sociétaires supplémentaires, veut accélérer son processus d'innovation. "Nous nous voulons tournés vers le marché, le digital", explique son directeur général, Pascal Demurger.

Une offre couplée auto-moto

Concrètement, de nouvelles offres d'assurance dites "connectées" seront proposées au cours des prochains mois. Que ce soit en multi risque habitation (MRH), avec assurance tournée vers les jeunes, en santé, en partenariat avec la MGEN, et en automobile, métier historique de la Maif. Pascal Demurger promet des "offres de rupture" dans le domaine de l'assurance dommages. Une assurance de type "pay how you drive" (tarification selon la qualité de la conduite, comme le proposent Direct Assurance et Allianz)  est actuellement testée. Mais sa généralisation n'est pas actée, assure Pascal Demurger. Ce qui devrait être lancé à coup sûr, c'est une offre couplant l'assurance d'une voiture et d'un deux roues.

Aller au-delà du coeur de métier

Le DG du groupe Maif annonce aussi la volonté de la mutuelle de mettre à profit le digital, "qui abaisse les barrières à l'entrée" pour sortir de son coeur de métier. Bien sûr, ce sera toujours dans le domaine de "l'assurance et de l'industrie financière". La nouveauté, avec le digital, "c'est que nous ne sommes pas obligés d'investir sur toute la chaîne de valeur" souligne Pascal Demurger.

Un impact limité de la loi Hamon

Les dirigeants de la mutuelle assurent que la loi Hamon, qui permet à un assuré de résilier son contrat à tout moment, n'a pas eu un impact négatif sur le recrutement des sociétaires-clients. Le solde est négatif entre les arrivées et les départs liés à cette loi est modeste, "de l'ordre de plusieurs centaines à un millier" de clients. Pascal Demurger souligne que les partants sont souvent des jeunes peu équipés, tandis que les arrivants sont plutôt des couples plus âgés, multiéquipés. Plus intéressants pour l'assureur, donc.

Rentabilité en auto et habitation

 En 2015, la mutuelle a continué d'afficher une rentabilité pour toutes ses branches d'activité, y compris hors produits financiers. Le ratio combiné, qui mesure la rentabilité de chaque branche (charges/produits), est au total de 97,7 (en dessous de 100, la rentabilité technique est atteinte). Il est de 97,5 pour l'automobile, un chiffre bien inférieur et donc bien meilleur que celui de la moyenne de la profession en France (106). Il est de 99 en MRH, contre 106 en 2014. Une amélioration substantielle, due à la moindre fréquence des cambriolages et à un remboursement moyen plus faible. Et sans doute aussi, Pascal Demurger ne le précise pas, à la hausse des tarifs: le prix des assurances habitation a fortement augmenté ces dernières années.

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Commentaires
a écrit le 14/02/2016 à 13:43 :
S'ils commencent à faire de "l'industrie financière", c'est pas bon signe.

En tant que (futur-ex) sociétaire je veux bien confier mon assurance à une compagnie reconnue pour son sérieux, même si pas donnée, mais il est hors de question que j'y reste si elle commence à tripatouiller dans des combines qu'elle ne maitrise pas...

D'autant plus qu'en tant que sociétaire, grâce au pouvoir en place, je suis devenu le premier ponctionnable en cas de faillite.

Amis mutualistes, ne restez pas dans une banque ou un organisme qui commence à sortir de son coeur de métier pour se lancer dans des activités à haut risque qu'elle ne maîtrise pas.
a écrit le 13/02/2016 à 0:53 :
Avec la prise de participation dans la startup Fintech Payname sur les paiements sécurisés, la Maïf se crée des outils 2.0
a écrit le 12/02/2016 à 18:10 :
Où est passée l'éthique de la MAIF ?
S'il font tant de bénéfices, ne devraient-ils pas les reverser à leurs adhérents, comme cela se faisait il y quelques années.
Visiblement les nouveaux dirigeants sont des businessmans purs et durs qui veulent faire le maximum de profit.

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