Thomas Buberl prend officiellement les rênes d'Axa

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(Crédits : DR)
Déjà à la manœuvre depuix six mois, Thomas Buberl devient officiellement ce jeudi le nouveau patron du deuxième assureur européen.

Moins de six mois après sa nomination à la tête d'Axa, Thomas Buberl entre officiellement en fonction jeudi. Dans les faits, le jeune patron est déjà à la manoeuvre avec une vision claire de l'évolution qu'il souhaite donner au groupe. Thomas Buberl détonne parmi le patronat du CAC40, relativement âgé et peu internationalisé. De par sa jeunesse -- 43 ans depuis mars --, sa nationalité allemande -- il est l'un des rares grands patrons étrangers de France-- et son profil international.

Son goût pour l'étranger se lit à travers son cursus universitaire: diplôme de commerce à la WHU de Coblence (Allemagne), MBA à l'université de Lancaster (Royaume-Uni) et doctorat d'économie en 2002 à la prestigieuse université suisse de Saint-Gall.

Etudiant, il séjourne également un semestre à Paris, où il apprend le français. D'ailleurs, dès sa nomination, il surprend ses interlocuteurs français en s'exprimant dans leur langue, corrigeant aussitôt toute erreur de prononciation. Reconnu "Young global leader" en 2008 par le Forum de Davos, l'homme a exploité son haut potentiel, passant en 16 ans, de consultant au Boston Consulting Group (2000-2005) à directeur-général du deuxième assureur européen (5,6 milliards d'euros de bénéfice en 2015), à la tête de 166.000 employés, et avec 103 millions de clients revendiqués dans 64 pays.

A la surprise générale

Durant cet intervalle, il a aiguisé sa connaissance du monde de l'assurance, d'abord chez Winterthur Suisse (2005-2008), filiale d'Axa, puis à la tête de Zurich Financial Services en Suisse (2008-2012). Il reviendra chez Axa comme directeur général de la filiale allemande. Quatre ans après, le voici nommé patron du groupe, à la surprise générale, y compris la sienne, supplantant Nicolas Moreau, polytechnicien, PDG d'Axa France, pourtant donné favori avec 25 ans de groupe à son actif.

L'histoire se répète chez Axa. En son temps, en 2000, Claude Bébéar avait désigné Henri de Castries comme son successeur au nom du renouvellement des générations. Il était alors âgé de 45 ans.

Le Henri de Castries de 2016

Cette nomination "est un signal d'ouverture sur le monde, particulièrement sur l'Europe", ajoute pour sa part, Bernard Spitz, président de la Fédération française de l'assurance (FFA), soulignant la vision multiculturelle de M. Buberl et son intérêt pour l'impact de l'innovation dans l'assurance.

Néanmoins, Thomas Buberl ramène également d'Outre-Rhin une réputation de dureté après y avoir mené un plan de restructuration. Une image de "cost-killer" qu'il réfute auprès de l'AFP, affirmant n'avoir licencié personne et privilégié la discussion franche avec les syndicats pour préserver une filiale aux coûts trop élevés. "C'est un peu le Henri de Castries de 2016: cette même énergie, avec une pointe de dureté et une stratégie affirmée", et  un "côté éternel insatisfait", évoque une source interne au groupe, qui préfère rester anonyme.

Un de ses anciens collaborateurs souligne son "niveau d'exigence très élevé": "il cherche constamment à améliorer les choses, à les rendre simples", décrit à l'AFP Etienne Bouas-Laurent, ex-directeur financier d'Axa Allemagne, où "il a apporté plus de souplesse, d'interactivité à une culture qui était plus rigide", et conduit la filiale à améliorer son résultat de 50% en quatre ans.

Changement dans la continuité

Le nouveau dauphin compte faire fructifier à sa manière l'héritage de ses prédécesseurs: "la première phase, c'était Claude Bébear qui a transformé un assureur de Rouen en plus grand assureur de France. La deuxième, c'était avec Henri de Castries qui a transformé un assureur français en assureur mondial. La troisième, ce sera comment passer d'assureur payeur à partenaire du client", a résumé Thomas Buberl dans un entretien avec l'AFP. Pour y arriver, il table notamment sur la prévention via les nouvelles technologies et une meilleure exploitation des données. En interne, toutefois pas de révolution en vue car "il ne faut jamais changer quelque chose qui marche bien", estime-t-il.

Le changement dans la continuité semble être le créneau du nouveau patron qui, un mois après sa nomination, avait déjà renouvelé le comité de direction, promouvant auprès de lui des valeurs sûres du groupe. "On ne peut pas mener une entreprise contre les gens", considère le jeune patron qui se voit plutôt comme "un chef d'orchestre".

Son credo: mettre l'accent sur l'international et l'innovation tout en conservant l'esprit entrepreneurial et familial d'Axa, explique celui qui revendique des "pensées, valeurs et directions très alignées" avec celles de ses emblématiques précurseurs, avec lesquels il s'entretient souvent.

AFP

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