Banco Popular s'écroule, un risque de faillite évoqué

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La sixième banque du pays, Banco Popular, pourrait être reprise par Santander ou Bankia, passant à côté de la faillite.
La sixième banque du pays, Banco Popular, pourrait être reprise par Santander ou Bankia, passant à côté de la faillite. (Crédits : Rafael Marchante)
La banque espagnole, plombée par les créances immobilières douteuses, doit trouver au plus vite un repreneur sinon elle risque la faillite, prévient un responsable européen. Ce pourrait être Santander ou Bankia. L'action Popular chute de 14%.

[Article mis à jour à 15h]

L'Espagne n'en a pas fini avec les répliques de la crise financière et de l'éclatement de sa bulle immobilière. La situation de la sixième banque du pays, Banco Popular, est grave et la présidente du Conseil de résolution unique (CRU), l'organisme européen chargé de garantir la résolution ordonnée des banques défaillantes, a évoqué un risque de faillite si l'établissement ne trouve pas de repreneur, révèle l'agence Reuters. Le CRU aurait émis "un avertissement préalable" et des "préparatifs d'ordre général" ont été engagés.

La nouvelle fait plonger de plus de 15% l'action Banco Popular à la Bourse de Madrid ce jeudi vers 15 heures. Celle-ci a déjà perdu plus de 60% de sa valeur en un an. Sa capitalisation boursière est actuellement de 2,2 milliards d'euros.

Crédit Mutuel au capital

Banco Popular est fragilisée par une montagne de 37 milliards d'euros d'actifs à risques, des créances douteuses, immobilières pour l'essentiel. Les actionnaires actuels (parmi lesquels le Crédit Mutuel, avec 3,95% du capital, figure au troisième rang) renâcleraient à participer à une augmentation de capital et le ministre de l'Economie espagnol, Luis de Guindos, a exclu un renflouement par des fonds publics. Madrid a déjà injecté plus de 40 milliards d'euros dans le secteur bancaire espagnol, qui s'est considérablement concentré depuis, passant de 55 acteurs en 2008 à 14 aujourd'hui.

Banco Popular a annoncé une perte de 137 millions d'euros au premier trimestre, sous le poids de 500 millions de provisions compensant sa moins-value sur la revente de logements saisis suite à la crise immobilière. En 2016, elle avait essuyé une perte de près de 3,5 milliards, en raison du poids des actifs immobiliers toxiques. La banque vient par ailleurs d'annoncer ce jeudi la vente d'une participation de 48,98% dans Targobank au Crédit mutuel pour 65 millions d'euros.

 Santander et Bankia les mieux placés

Il faut que Popular s'adosse au plus vite à un partenaire. La banque aurait laissé jusqu'au 10 juin aux candidats potentiels pour déposer une offre ferme et espérerait trouver un accord avant la fin juin. Les plus probables repreneurs sont la première banque espagnole Santander et Bankia, née de la fusion de sept caisses d'épargne en difficulté et contrôlée par l'Etat depuis son sauvetage à 22 milliards d'euros en 2012.

Selon le site El Confidencial, Banco Popular aurait mandaté Deutsche Bank pour préparer une augmentation de capital de 4 à 5 milliards d'euros, au cas où les discussions n'aboutiraient pas avec d'éventuels partenaires.

(Avec Reuters)

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a écrit le 01/06/2017 à 17:01 :
C’est aussi la politique des gouvernements espagnols qui a mené à un endettement des ménages. Pas besoin des subprimes US, les banques espagnoles étaient peu exposées aux prêts américains, ils ont créé leurs propres Subrimes.
L’endettement privé (entreprises et ménages) s’est accumulé depuis les années 1990 pour dépasser les 200 % du PIB. Avec une grande majorité des prêts liés à l’immobilier.

Les banques, et surtout les caisses d‘épargnes (cajas de ahorros) se sont par contre exposées aux prêts des ménages Espagnols et à une forme de spéculation immobilière. A partir des années 1990-2000 il y a une hausse spectaculaire des prix de l’immobilier, comme aux USA et ils se sont fait piéger par leurs propres prêts hypothécaires, en raison de la souscription à 90 % d’emprunts à taux variables, etc…
En plus il y a eu des plans d’austérité sur plusieurs années, trop rigoureux ils ont mené l’Espagne à la récession.
La crise de 2008 a comme partout, fortement impacté les finances publiques, avec une dette arrivée à 100 % du PIB, dette équivalente à celle de la France.

En 2012 les taux du marché ont atteint les 6 % et l’Europe a débloqué 100 milliards d'euros pour l’Espagne.
Pour le moment malgré, le fait d’avoir bradé l’immobilier en portefeuille, il n’est pas sur que les banques se soient débarrassées de toutes leurs créances douteuses.
A un moment ils avaient crée une espèce de fond de défaisance Sareb.

Il semble tout de même que le secteur bancaire va globalement mieux et que pour les grands groupes bancaires ils ont de bons ratios de solvabilité.

De par ces surprises à répétition, la question qui se pose au niveau Européenne c’est celle d'une consolidation du secteur bancaire. N ‘est elle pas nécessaire pour épurer les comptes et pour construire des groupes de taille mondiale ?


Lire aussi les analyses sur : La crise espagnole par Philippe Légé et de Jésus Castillo
Le système bancaire espagnol : du mirage au désastre.

A noter une étude comparative de la BF et CE de 2014 sur les avoirs et l’endettement des ménages, qui place l’Espagne la France, l’Allemagne et l’Italie au même niveau pour beaucoup ?
Vu la montée des prix de l’immobilier en France, c'est à se demander si on ne fait pas la même erreur ? D’où l’intérêt d’orienter l’investissement vers des secteurs plus productifs.
Réponse de le 01/06/2017 à 22:09 :
"vers des secteurs plus productifs"... Le tourisme..? ;-) Au niveau production, nous étions, il y a juste 30 ans, un pays qui produisait de la valeur ajoutée de façon non seulement notable, mais aussi qualitatif. Ceci dû, évidemment, à un très bon niveau d'éducation car surtout public, gratuit, et, obligatoire. Sans vouloir être une exception, je suis devenu Ingénieur diplômé d'Etat sans verser un centime. Voyez les "masters" coûtant forcément une blinde partout ailleurs dans le monde. J'ignore d'ailleurs si l'Allemagne, autre seul pays de référence avec ses Docteurs, reste encore avec une éducation de qualité tout aussi gratuite. Sinon, ailleurs, plus rien. Maiaiaiais... la mondialisation et surtout le pouvoir maléfique de l'argent est passé par là : il suffit d'une légère crise comme celle débutée en 2007 pour qu'une bulle explosante naturelle, car obligatoire, remette les pendules de l'horloge de midi à sa porte. Amusant, n'est-ce pas, ce passage de 55 à 14 banques alors qu'ici, les chiffres sont juste à l'opposé... A croire que nous avons aussi des châteaux hors d'Espagne.
Réponse de le 06/06/2017 à 0:32 :
Le facteur primordial dans la situation espagnole, outre la crise des subprimes qu'elle a subi aussi, bien que peu engagée directement, est celui de la bulle de la construction. Il se construisait plus en Espagne que dans tout le reste de l'Europe, au moment de la crise de 2007. Avec un crédit bancaire comprenant parfois outre l'immobilier, l'électroménager en guise de quotité à l'envers.
Les caisses locales, dont les conseils étaient truffés de politiciens locaux, étendaient généreusement le crédit. D'où l'effondrement de ces caisses et souvent leur récupération par Bankia et la création d'un fond de défaisance
Les grandes banques comme Santander ou BVBA (Biscaya) très engagées dans la diversification latino américaine, s'en sont mieux tirées.
Et l'Espagne ayant réalisé elle l'essentiel des réformes structurelles nécessaires, l'économie est repartie à 3% et le chômage a baissé du niveau astronomique de 27% à près de 17% en 3 ans.
La situation de l'immobilier en France n'a rien à voir avec cette situation. Nous avons très peu construit et la hausse serait plutôt induite par le manque de logements disponibles maintenant que nous sortons peut être d'une période calamiteuse en France avec quelques perspectives d'embellies alors qu'on pouvait craindre le pire.
Le Banco Popular, qui est une banque importante, sera probablement repris, contrairement à la Caja Madrid où le Président du conseil de l'institution fait l'objet de poursuites judiciaires.
L'économie va mieux, mais le blocage est aujourd'hui politique avec, comme en France au 1er tour des présidentielles, 4 grands partis qui même 2 à 2 ne constitueraient pas une majorité du fait de la présence de petits partis régionalistes ou indépendantistes.(Catalogne et Pays Basque)
Mariano Rajoy est contraint de vivoter avec des majorités de circonstance et la menace de l'indépendantisme Catalan.
a écrit le 01/06/2017 à 15:10 :
And so what ?
Les banques, c'est fait pour sauter : c'est là que s'opère éventuellement la destruction créatrice schumpéterienne.
Qui, à l'usage, vaut bien la main occulte du marché.
Oubliez le discours bien rodé du lobby bancaire qui vise à imposer un tabou, selon lequel il est mal qu'une banque fasse faillite. Et qui vise surtout à faire réparer les bêtises avec l'argent du contribuable.
a écrit le 01/06/2017 à 15:05 :
Difficile de se remettre de se remettre de la crise, ainsi que d'une dévaluation interne sévère dans la zone euro pour la solutionner qui amplifie les créances douteuses des banques. Pourtant l'Espagne en a profité beaucoup plus que la Grèce et a profité de l'alignement des planètes depuis 2 ou 3 ans.
a écrit le 01/06/2017 à 11:52 :
2008 les subprimes ou créances douteuses ont ravagé l'économie mondiale dont nous subissons encore largement les contrecoups, 2017 ces mêmes subprimes sont toujours là continuant d'empoisonner l'économie.

Cette information se passe de commentaire.
Réponse de le 01/06/2017 à 19:14 :
Et on nous annonce que c'est la DB (en faillite) qui va mandater Santander et Bankia (en faillite ) elles aussi pour renflouer Banco Popular, on croit réver !!!!
Réponse de le 01/06/2017 à 20:02 :
Je pense même que la situation s'est aggravée puisque les états sont maintenant très endettés à l'exception de ceux qui ont su prendre les décisions qui font mal (ex: Allemagne et ses réformes Schroeder) et ne pourraient probablement pas faire face à une deuxième vague.
Il faut savoir également que la BCE rachète des obligations d'état sur le marché secondaire à hauteur de 80 Milliards d'euros par mois et cela depuis 5 ou 6 ans...ça laisse rêveur.
Et surtout cela pose des questions sur la viabilité de l'euro puisque ces achats correspondent à de la création monétaire pure sans aucune contrepartie économique.

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