Banque : UniCredit voudrait fusionner avec Commerzbank

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Le français Jean-Pierre Mustier, qui dirige la première banque italienne, voudrait se marier avec la deuxième banque allemande.
Le français Jean-Pierre Mustier, qui dirige la première banque italienne, voudrait se marier avec la deuxième banque allemande. (Crédits : DR)
La première banque italienne aurait contacté le gouvernement allemand, premier actionnaire de CommerzBank, pour proposer une fusion. D'autres groupes seraient intéressés par la deuxième banque allemande, en pleine restructuration.

Après les fusions domestiques en Europe du Sud, les banques européennes sont-elles mûres pour des opérations transnationales ? Dirigée par le Français Jean-Pierre Mustier (un ancien de la Société Générale), la première banque italienne, UniCredit, aurait contacté le gouvernement allemand, premier actionnaire de Commerzbank avec 15,6% du capital, en vue d'une fusion, selon l'agence Reuters.

"UniCredit a été en contact avec le ministère allemand des Finances", a indiqué une source proche du dossier citée par l'agence.

"Nous avons toujours dit que le gouvernement ne voulait pas conserver éternellement sa participation et voulait aboutir à un bon résultat pour le contribuable", a déclaré à Reuters un porte-parole du ministère des Finances allemand, qui n'a pas souhaité commenter l'information.

No comment également chez UniCredit et Commerzbank.

D'autres groupes bancaires auraient aussi manifesté leur intérêt pour Commerzbank auprès du gouvernement d'Angela Merkel selon Reuters.

UniCredit trois fois plus gros

Le projet, qui serait à un stade préliminaire, serait vraisemblablement une fusion par échange d'actions. UniCredit vaut actuellement en Bourse trois fois plus, à savoir 39 milliards d'euros (autant que Société Générale à titre de comparaison) contre 13 milliards d'euros pour Commerzbank. En termes d'actifs, l'italienne se hisse au 12e rang européen (avec 908 milliards d'euros), loin devant l'allemande (24e, avec 507 milliards d'euros).

La banque francfortoise traverse une passe difficile : elle mène une vaste restructuration dans le cadre de son plan Commerzbank 4.0, qui s'est traduite par une lourde perte de 637 millions d'euros au deuxième trimestre. Ce plan de numérisation accélérée des processus internes s'accompagne de la suppression de 9.600 emplois. Depuis son retour aux commandes d'UniCredit en juillet 2016, Jean-Pierre Mustier a mené tambour battant un plan stratégique drastique, Transform 2019, comprenant une réduction de 11% des effectifs, un nettoyage du bilan, notamment des créances douteuses, et une recapitalisation (13 milliards levés sur les marchés en mars dernier). Il a été élu "banquier de l'année 2017" par le magazine Euromoney.

Le groupe italien, qui se présente comme une banque universelle paneuropéenne, est présent dans 18 pays, dont l'Allemagne à travers Hypovereinsbank, rachetée en 2005. Il revendique 25 millions de clients. Il serait assez complémentaire de la banque allemande, qui finance les PME exportatrices du Mittelstand et leur commerce international. Commerzbank a souffert de la crise du secteur maritime qui a gonflé son stock de créances douteuses et du contexte des taux bas.

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Commentaires
a écrit le 20/09/2017 à 20:40 :
Quand on parle d'Unicredit, il faut rappeler que Unicredit a fusionné avec HVB (qui était déjà la deuxième banque allemande) il y a 12 ans.

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