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La Banque Postale fait les frais de la crise grecque

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Laura Fort  |   -  506  mots
L'établissement de Philippe Wahl a effectué une augmentation de capital de 860 millions d'euros. Une opération qui a attisé la grogne des syndicats au lendemain du conseil d'administration.

Superflue ». C'est ainsi que les syndicats CGT et SUD de La Poste ont qualifié l'augmentation de capital opérée vendredi par sa filiale bancaire. Après le feu vert du conseil d'administration, la banque a souscrit une augmentation de capital de 860 millions d'euros. Cette somme sera prélevée sur les 2,7 milliards d'euros déjà levés en avril auprès de l'État et de la Caisse des dépôts par le groupe La Poste. Dans un communiqué, les syndicats dénoncent cette opération : « Les résultats à fin juin 2011 [...] montrent qu'une augmentation des capitaux n'est pas nécessaire ».

Effectivement, les résultats sont dans le vert, mais il s'en faut de peu : la Banque Postale affiche ainsi un produit net bancaire en hausse de 1,2 % à 2.671 millions d'euros à fin juin (par rapport à juin 2010). Les encours de crédits et de dépôts augmentent respectivement de 19,7 % et de 2,1 %. Les uns sont tirés par la croissance de l'octroi de crédits immobiliers et à la consommation. Les autres profitent de l'attractivité des produits d'épargne bancaire. Sachant que les résultats détaillés seront présentés lors de la traditionnelle conférence de rentrée de l'établissement financier le 8 septembre.

Échéance 2020

Avec cette recapitalisation, le groupe souhaite « favoriser le développement commercial » de l'activité bancaire. Raison supplémentaire : l'impact de la crise de la dette grecque a grevé les comptes de La Poste, dont le bénéfice net plonge de 21,2 %, à 377 millions d'euros au premier semestre. La Banque Postale a ainsi passé 158 millions d'euros de provisions pour couvrir la perte de valeur des titres grecs qu'elle a en portefeuille. Conformément au plan d'aide à la Grèce, les banques doivent provisionner 21 % de la valeur des obligations grecques à échéance 2020 qu'elles détiennent. Toutes les banques françaises ont suivi cette règle, avec des niveaux de provisionnement différents : 640 millions d'euros pour Crédit Agricole, 560 millions d'euros pour BNP Paribas, 268 millions d'euros pour Société Générale ou encore 55 millions d'euros pour BPCE. La filiale bancaire de La Poste reste néanmoins l'établissement français le plus exposé au risque souverain au regard de ses fonds propres. Son ratio dette grecque sur capitaux propres les plus solides (« core tier one ») s'élevait à 28,6 % en mai, contre 9 % pour BNP par exemple, selon une étude de Fitch. « Après cette provision, notre exposition résiduelle à la Grèce reste extrêmement faible », a indiqué le groupe à l'AFP.

Reste que pour les syndicats de La Poste, les 2,7 milliards d'euros levés au printemps auraient dû être affectés à l'emploi et au développement du service public postal. Selon ces derniers, « la situation actuelle nous conforte également dans l'idée que La Poste, au travers de la Banque Postale, puisse participer rapidement à la création d'un pôle financier public regroupant l'ensemble des institutions financières ayant, de par leur statut, une mission d'intérêt général ». Sans préciser de date, les syndicats ont appelé à une journée interprofessionnelle de mobilisation.

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Commentaires

quidam  a écrit le 21/11/2011 à 19:51 :

pur camouflage

Gilles  a écrit le 08/11/2011 à 9:13 :

C'est normal ces 2,7 milliards auraient dû permettre la création de nouveaux postes pour délégués syndicaux à temps complet voire de diminuer le temps de travail. hebdomadaire ou allonger les congés. Il faut être humain. mais tout va changer avec le PS, toujours généreux avec l'argent des autres.

lota  a écrit le 08/11/2011 à 6:15 :

les syndicats dirigent les entreprises maintenant?
En quoi ça les conserne?
Chaqun son boulot.

Ben  a écrit le 31/10/2011 à 9:35 :

Un lecteur pourrait-il m'expliquer la phrase "la banque a souscrit une augmentation de capital de 860 millions d'euros" ?

La banque souscrit à sa propre augmentation de capital ? Cela n'a pas de sens. Ou est-ce la poste qui a souscrit à l'augmentation de capital de 860m? par utilisation d'une partie des 2,7 milliards levés auprès de l'Etat et de la CDC ?
Je ne comprends pas l'article tel que rédigé.

truc  a écrit le 30/10/2011 à 9:07 :

ça, ça sent bon la parole de retraité ...

papatoche  a écrit le 29/10/2011 à 1:18 :

bonjour il y an en marre de payer pour des perssonnes qu il ne veulent plus travailler et aussi pour la grece qui ont vecu au dessus de leurs moyens maintenant ces nous qui trinquons