Le gouvernement danois implose après la vente d'une entreprise à Goldman Sachs

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Le gouvernement danois a explosé après la vente d'une entreprise publique à Goldman Sachs. (Brendan McDermid)
Le gouvernement danois a explosé après la vente d'une entreprise publique à Goldman Sachs. (Brendan McDermid) (Crédits : Reuters/Brendan McDermid)
Six ministres danois ont démissionné après la vente d'une entreprise publique d'énergie, Dong, à la banque américaine Goldman Sachs.

"Nous avons maintenu nos positions sur Dong jusqu'au bout", a indiqué lors d'une conférence de presse la ministre des Affaires sociales et de l'Intégration, Annette Vilhelmsen. Membre de la direction du Parti populaire socialiste, plus à gauche que les sociaux-démocrates qui dirigent la coalition de gouvernement, elle a présenté sa démission jeudi.

En novembre, l'exécutif avait signé un accord en vue d'une augmentation de capital à laquelle la "Firme" apportait 8 milliards de couronnes (1,1 milliard d'euros), acquérant ainsi 19% du capital.

Goldman Sachs, un "partenaire louche"

Malgré le soutien du ministre des Finances Bjarne Corydon (socio-démocrate), cet accord, qui voit passer la part publique de 81% à 60% dans Dong, a été contesté par une parti de l'opinion et de la classe politique.

L'ancien Premier ministre socio-démocrate Poul Nyrup Rasmussen, par exemple, s'est insurgé contre un deal aux allures de "catastrophe" avec un "partenaire louche" :

Le Danemark risque de perdre sa position de leader mondial dans le green business. Ca me blesse presque physiquement de voir ce qui est en train de se passer.

Coalition maintenue

Le Parti populaire socialiste danois, allié de la chef de gouvernement Helle Thorning, était fermement opposé à la transaction. En se retirant, il va priver le gouvernement, en place depuis l'automne 2011, de six ministres.

Toutefois le gouvernement ne devrait pas avoir à démissionner, car Annette Vilhelmsen a précisé que le Parti populaire socialiste, qui détient 16 sièges au Parlement (sur 179), ne basculera pas dans l'opposition.

"Politique de droite"

L'épisode, qualifié de "goutte d'eau faisant déborder le vase" par le Financial Times (lien en anglais) fragilise toutefois le gouvernement de gauche. En effet, explique le quotidien britannique, de nombreux électeurs se sentent trahis par le gouvernement et dénoncent de nombreuses promesses non tenues.

"Le gouvernement est déjà au plus bas dans les sondages, cette affaire ne va pas aider", a réagi auprès de Bloomberg (lien en anglais) le professeur de Sciences politiques de l'université de Copenhague, Jens Hoff. "L'électorat de base s'enfuit car les socio-démocrates comme les Socialistes considèrent cela comme une mauvaise idée".

Jens Hoff, qui parle de "privatisation", explique que cela fait "accrédite la thèse d'un gouvernement socio-démocrate conduisant une politique de droite".

"Investissement de long terme"

De son côté, le ministre des Finances Corydon, cité par Bloomberg (lien en anglais) a rétorqué qu'il s'agissait "d'une des plus grands entreprises du Danemark", qui a besoin "de toute urgence d'une injection de capital pour éviter de ralentir". "La situation est bien trop grave pour être employé à des fins politiques."

Dong Energy , l'un des services publics européens aux prises avec une dette élevée et une faible demande d'énergie, est un producteur de pétrole, de gaz naturel et d'électricité (éolienne et thermique) qui a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 67,2 milliards de couronnes (9 milliards d'euros).

Se refusant "par principe" à tout commentaire sur la situation politique au Danemark, Goldman Sachs a pour sa part assuré qu'il s'agissait d'un "investissement de long terme" :

Nous soutenons la stratégie actuelle de l'équipe de gestion dans l'ensemble des activités de la société, y compris les investissements significatifs dans les énergies renouvelables.

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Commentaires
a écrit le 02/02/2014 à 11:45 :
C'est dommage qu'on ait pas fait pareil en France... Maintenant qu’EDF et France Télécoms sont privatiser c'est bien la merde. Merci Sarkozy et Chirac...
a écrit le 31/01/2014 à 15:48 :
Quelque chose me dit que les prix de l'énergie vont augmenter au Danemark...
Rappel GS ET JP Morgan me semble-t-il sont au capital d'EDF ou GDF...
a écrit le 30/01/2014 à 16:09 :
Vous oubliez il me semble, quelques détails qui permettent de comprendre un peu mieux. Ainsi GS achète 19% des titres, mais contrairement à la loi danoise qui prévoit que le contrôle ne peut s'obtenir sous 33% de détention, le gouvernement donne également un droit de véto à GS qui pourra s'opposer à tout changement de direction ou de stratégie.
Par ailleurs, le gouvernement engage également la garantie de l'état danois (et donc des citoyens, ce qui explique l'envolée des signatures de la pétition contre le projet). En effet, si en 2018 GS ne peut pas revendre ses titres avec un bénéfice, l'état s'engage à les lui reprendre au prix d'achat initial. Par ailleurs, dans ce cas, il paiera un intérêt rétroactif sur 60% du montant de l'achat, intérêt qui ne pourra être inférieur à 2.25%
Encore trois petits détails. L'un concerne la suite des évènements au cas où "tout se passe bien" et qui prévoit qu'un IPO se déroule début 2018 au plus tard. Ensuite GS prévoit de gérer sa participation via des sociétés ad hoc au Luxembourg, Delaware et îles Caïman, de quoi faire bondir encore un peu plus certains.
Comme le dit fort à propos Morten Messerschmidth, (je résume une partie de son propos) nous faisons ici ce que nous avons reproché à certains pays du sud de l'Europe de faire.
Réponse de le 31/01/2014 à 8:18 :
GS commence à sortir du bois....apres les hommes politiques passés ou redevables de GS (N Sarko...en autre) la pieuvre la plus dangereuse de la planete va achever son oeuvre...au profit d une minorite...l esclavage revient sous une forme differente... la nature humaine ne change pas
Réponse de le 31/01/2014 à 9:36 :
@ à savoir:
merci de votre éclairage..... ce genre de montages est en fait un endettement masqué...... au strict profit de GS, en l’occurrence...... qui ne prend strictement aucun risque capitalistique dans cette affaire....... car c'est, soit je gagne, soit c'est l'état qui paye.....

le pire est que la même banque fustige les états trop endettés..... et qu'en parrallèle, elle monte des opérations qui sont de l'endettement masqué......

on se croirait en grèce...... et nos politiques ne voint rien..... Nicolas sarkosy était le chantre des partenariats public privé, le pire de ce que l'on fait à notre époque...... et maintenant, il fait des cachetons au service de GS......... l'emprise sur les états et les politiques est totale....

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