BPCE comprend les inquiétudes des marchés mais se veut rassurant

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François Pérol, président du directoire de BPCE.
François Pérol, président du directoire de BPCE. (Crédits : © Christian Hartmann / Reuters)
Les banques européennes ont perdu environ le quart de leur valeur en Bourse depuis le 1er janvier. BPCE a tenu à rassurer sur son exposition au pétrole mais la faiblesse des taux oblige la banque à surveiller plus que jamais ses coûts.

Faiblesse des taux qui rogne les marges d'intérêt des banques, chute du prix de l'or noir qui fragilise leur clientèle de groupes pétroliers, craintes d'un ralentissement prononcé de l'économie mondiale... Compte tenu de ces multiples inquiétudes,  les banques européennes ont perdu près du quart de leur valeur en Bourse, depuis le début de l'année. Natixis, la structure cotée du groupe BPCE (Banque Populaire Caisse d'Epargne), ne fait pas exception à la règle, avec un cours en chute de 20% environ. « La volatilité des actions reflète une nervosité et une inquiétude compréhensibles des investisseurs, qui voient les choses de l'extérieur. Mais je pense que les publications des résultats annuels - voire du premier ou du deuxième trimestre - des banques vont les aider à avoir une meilleure visibilité sur la situation des uns et des autres. En tout état de cause, notre business model est solide », a réagi Laurent Mignon, le patron de Natixis, l'activité de banque de financement et d'investissement de BPCE, lors de la présentation des résultats 2015 du groupe, mercredi 10 février après la clôture de la Bourse.

De fait, Natixis a clos le quatrième trimestre 2015 sur un bénéfice net part du groupe de 316 millions d'euros, supérieur aux 311 millions attendus par les analystes sondés par l'agence Reuters. Sur la question sensible de l'exposition de la banque au secteur du pétrole et du gaz, Laurent Mignon a indiqué que celle-ci portait « essentiellement sur des secteurs ou sur des acteurs non sensibles, ou très faiblement sensibles, au prix absolu du pétrole, ainsi que sur des « majors » qui ont la capacité de faire face à l'évolution des cours. » Pas de quoi, donc, amener Natixis à réviser sa prévision de coût du risque (provisions pour risque d'impayés).

A l'échelle du groupe BPCE, François Pérol, président du directoire, s'est félicité de « résultats très solides », avec un bénéfice avant impôts en hausse de 9,7%, à 6,257 milliards d'euros, fruit d'une bonne dynamique commerciale dans tous les métiers, avec des revenus en hausse de 4,5%, à 23,824 milliards d'euros, et d'une bonne maitrise des charges. Des performances qui ont permis à BPCE de renforcer encore sa solvabilité, avec un ratio de fonds propres durs de 13,2% à la fin 2015, en hausse de 120 points de base sur un an. « Le groupe est en bien meilleure situation qu'il y a sept ans, lors de sa création, avec des fonds propres durs qui ont plus que doublé », a insisté François Pérol.

Il n'empêche, BPCE prêtera plus d'attention que jamais à ses charges, au cours des prochains mois, le niveau durablement bas des taux mettant sous pression sa marge nette d'intérêt en banque commerciale. « Cela se manifestera tout particulièrement en 2016 et en 2017 », a souligné François Pérol. Aussi la banque va-t-elle « réfléchir à une extension, sous diverses formes, » de son programme de synergies de coûts lancé en 2013, et qui prévoyait 900 millions d'euros d'économies d'ici à 2017. « Il est très probable que nous procédions à des fusions de Caisses d'Epargne et de Banques Populaires en 2016 », a précisé François Pérol.

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Commentaires
a écrit le 11/02/2016 à 18:08 :
Les actionnaires ne s'y trompent pas les banques ne valent plus rien et ne servent plus à rien elles sont même dangereuses si vous y laissez votre argent, elles ne le vous rendront plus jamais !
a écrit le 11/02/2016 à 9:45 :
"En tout état de cause, notre business model est solide"

En effet il appauvrit les peuples du monde, les actionnaires peuvent donc lui faire entièrement confiance.

"Les soupirs de la sainte et les cris de la fée ne sont plus entendus au banquet des banquiers."
a écrit le 10/02/2016 à 20:47 :
ah, j'oubliais... les marches ca reste une vision de l'esprit
la theorie de coase, les marches contestables ( baumol) et autres phenomenes d'economie industrielle sont un debut de formalisation
en finance, y a ' le marche', mais surtout ' le gre a gre', dont les volumes n'ont rien a voir...... si ca pete sur les swaps, on verra qu'il y a bcp de gre a gre!
a écrit le 10/02/2016 à 20:44 :
on va etre clair......... y a PAS de marche
99.5% des transactions sont le fait de robots ( quand ils ne placent pas des ordres pour manipuler les cours, ordres qu'ils retirent immediatement; essayez de passer un ordre sur le bid ask price ' a seuil', et observez comment se modifie le bid/ask)
par contre y a des banques d'investissement qui ont besoin de faire baisser pour rentabiliser des shorts et racheter pas cher in fine
exemple: le petrole ( annonce a 20$ par une celebre banque qui l'annoncait avant 10 fois plus cher...)
ca baisse car l'arabie a pris des mesures puis ca baisse a cause du desequilibre offre demande puis ca baisse a cause des craintes sur la chine puis ca baisse a cause d'une possible recession mondiale, puis d'autre chose
bref, ca baisse, mais ' le marche' doit trouver une raison ( quand ca va remonter ca sera le meme topo)
faut arreter de prendre les gens pour des cons
Réponse de le 10/02/2016 à 23:46 :
Pour une fois, je suis d'accord. Les investisseurs, des particuliers qui achetaient des actions d'une entreprise pour plusieurs années, participaient aux opérations d’augmentation de capital ( relutive ou non), bref qui s'engageaient dans une entreprise, ne font plus qu’une infime minorité des transactions, sans aucune influence et n'ayant plus pour fonction que de servir de moutons à tondre pour les institutions financières. La plupart des particuliers ont fuit un marché d'actions qui s'est transformé au fil des années, avec une forte accélération depuis la fin des années 90, en simple casino où l'on pari sur des prix à la micro seconde. Pour les ré attirer, il faudrait arrêter la cotation en continu ( la valeur d'une entreprise ne varie pas à la seconde voire moins) et faire un fixing journalier pour que ce prix journalier reflète véritablement l'ensemble de l'offre et de la demande du jour et non plus de la microseconde. Évidemment, cela irait à l'encontre des intérêts des spéculateurs et des sociétés comme euronext mais une telle société doit elle être privée et favoriser ce type de comportement pour maximiser son chiffre d'affaires au détriment de sa fonction première, ou devrait elle être, au moins, une association sans but lucratif pour le bien général ?

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