La « banque des profs » part à la conquête de tous les fonctionnaires

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La Casden Banque Populaire se targue d’afficher le plus fort taux de pénétration sur le segment des enseignants, à 25%, devant le Crédit Mutuel Enseignant, le Crédit agricole ou encore la Banque Postale.
La Casden Banque Populaire se targue d’afficher le plus fort taux de pénétration sur le segment des enseignants, à 25%, devant le Crédit Mutuel Enseignant, le Crédit agricole ou encore la Banque Postale. (Crédits : reuters.com)
La Casden Banque Populaire, jusqu’alors spécialisée sur les enseignants, entend élargir sa clientèle à l’ensemble de la fonction publique. La banque espère doubler son taux de pénétration sur ce marché, actuellement de 8%, d’ici une dizaine d’années.

A moins de baigner dans l'univers de l'éducation nationale, il y a fort à parier que la Casden Banque Populaire (groupe BPCE) vous soit inconnue. Cette banque coopérative, dont 100% du capital est détenu par ses clients sociétaires, ne date pourtant pas d'hier. La Casden (Caisse d'aide sociale de l'éducation nationale) est née dans l'immédiat après-guerre, à l'initiative d'enseignants de ce qui s'appelait alors le département de Seine-et-Oise, et qui souhaitaient mettre en commun leur épargne, afin d'aider le fils d'un collègue à financer l'acquisition de son logement. Près de 65 ans plus tard, la Casden fonctionne toujours sur la base de ce principe, qui veut que les dépôts des uns financent les prêts des autres.

Un principe qui sous-tend l'une des principales valeurs défendues par la Casden, à savoir l'équité, en vertu de laquelle les taux des prêts consentis à ses clients ne sont pas fonction de leurs revenus, mais de leur capacité à mettre de côté suffisamment d'épargne pour permettre le financement des projets de leurs collègues. A la fin 2014 (dernières données disponibles), la banque affichait ainsi 8,9 milliards d'euros d'encours de crédits, dont 86,8% portant sur des prêts immobiliers. A noter que, dans la très grande majorité des cas, la Casden, contrairement à la plupart des autres banques, ne demande pas de garanties, de type hypothèque ou Crédit Logement, à ses clients. Il est vrai que, du fait de revenus réguliers, sa clientèle de fonctionnaires présente peu de risques.

Un investissement de plusieurs millions d'euros par an

L'offre de la Casden se limitant à la gestion de l'épargne et à l'octroi de crédits, la banque avait noué en 1974 un partenariat avec les Banques Populaires, afin d'être en mesure de proposer au travers de ces dernières une offre de banque au quotidien à ses clients, en particulier le compte à vue et les moyens de paiement. Ainsi qu'un réseau constitué aujourd'hui de 3.300 agences, contre 111 délégations départementales seulement pour la Casden. De leur côté, les Banques Populaires qui, il y a 40 ans, étaient axées sur les artisans et les commerçants, ont vu dans ce partenariat l'opportunité d'élargir leur clientèle aux particuliers. De fait, sur le million de sociétaires que compte aujourd'hui la Casden, pas moins de 977.000 sont également clients des Banques Populaires.

En 2016, la Casden Banque Populaire s'apprête à écrire une nouvelle page de son histoire, en se lançant à la conquête de l'ensemble de la fonction publique, qu'elle soit d'Etat, territoriale ou hospitalière, sans oublier les entreprises 100% publiques. Un mouvement déjà enclenché par « d'autres acteurs historiques de l'éducation nationale, comme la Maif (Mutuelle d'assurance des instituteurs de France) », souligne Sylvie Garcelon, directeur général de la Casden Banque Populaire. Selon la dirigeante, ce n'est qu'à « long terme » que cette diversification aura un impact positif sur le PNB (produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires) et le résultat net de la banque, respectivement ressortis à 242,2 millions d'euros et à 96,4 millions, en 2014. A court terme, cette tentative de conquête de tous les fonctionnaires nécessitera un investissement « de plusieurs millions d'euros par an », explique Sylvie Garcelon.

La Casden veut concurrencer la Banque Française Mutualiste

Nul doute que le jeu en vaille la chandelle : la fonction publique, conjoints et retraités compris, c'est 10 millions de personnes, contre 3 millions pour le seul personnel de l'éducation nationale. Or, si la Casden Banque Populaire se targue d'afficher le plus fort taux de pénétration sur le segment des enseignants, à 25%, devant le Crédit Mutuel Enseignant, le Crédit agricole ou encore la Banque Postale, elle ne détient en revanche que 8% du marché de la fonction publique dans son ensemble.

Une proportion que la banque espère « doubler au cours des dix prochaines années, avant de la porter à 25% ou 30% à très long terme, dans une quarantaine d'années », indique Frédéric Chenot, directeur du développement des Banques Populaires. Ce faisant, la Casden Banque Populaire va marcher sur les brisées de la Banque Française Mutualiste, qui compte 1,2 million de clients particuliers de la fonction publique, qu'elle sert au travers du réseau de la Société générale. Une concurrence que Sylvie Garcelon assume parfaitement.

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Commentaires
a écrit le 17/02/2016 à 17:02 :
Evidement apartheid complet pour les non-super-protèges. La France est parait-il le pays de l'Egalité, mon œil pas quand il s'agit des fonctionnaires.
Réponse de le 19/02/2016 à 9:41 :
Pourquoi ne postulez-vous pas à un emploi de fonctionnaire ?
a écrit le 16/02/2016 à 11:59 :
Je vois que nos fonctionnaires sont en vacances,ça y va sur internet et dans deux semaines on les verra dans nos jeux télévisés.
Exemple chez Nagui le midi en moyenne 5 fonctionnaires par semaines.
Je sais je vais pas me faire des amis,mais sais la triste réalité.
Réponse de le 16/02/2016 à 14:06 :
pourquoi triste?
Réponse de le 19/02/2016 à 9:55 :
Peut-être aussi qu'il n'y a que des fonctionnaires qui soient en mesure de répondre aux questions de Nagui ! (Ce n'est qu'une demi-boutade, leur niveau de culture est en général plus élevé que la moyenne).
a écrit le 15/02/2016 à 20:16 :
et aussi avec un autre concurrent extr^mement peu intéressant pour les fonctionnaires : l'ACEF Banque Populaire
a écrit le 15/02/2016 à 12:28 :
Il y une chose que je ne comprends pas : il est écrit que la CASDEN appartient à 100% à ses clients sociétaires mais juste après, que celle-ci fait partie du groupe BPCE.

Les deux me semblent incompatibles. Soit la CASDEN appartient à ses sociétaires, soit elle fait partie de BPCE, mais pas des deux. Ou alors il y a quelque chose qui m’échappe.

Rappelons à toutes fins utiles que le dirigeant de la BPCE (François Pérol) est le féal de Sarkozy, qui a lui-même imposé cette fusion, et les sociétaires n’ont pas eu leur mot à dire. Il a fusionné les deux banques, et s’en est ensuite arrogé la tête, dans un conflit d’intérêt patent et scandaleux.
Espérons que la CASDEN n’est rien à voir avec cette gangrène de BPCE.
a écrit le 15/02/2016 à 11:18 :
Merci pour cet information je ne connaissais pas du tout le fonctionnement de la casden, dont j'avais déjà entendu parlé mais sans la lier à une activité bancaire, c'est le seul et unique avenir que l'on doit entrevoir pour les banques, servir à ceux qui en ont besoin.
a écrit le 15/02/2016 à 7:44 :
Intéressant cela montre s'il en était besoin que le personnel de l'Education Nationale est un monde à part, l'assurance, la banque, la complémentaire.... le refus de s'intégrer dans le monde de l'économie, un budget hors norme etc etc . Oui l'EN dans notre pays est un "peuple" à part. Si l'enseignant est mal payé cela il le doit à sa responsabilité oui on ne peut pas être hors d'un pays en économie et dedans pour les salaires.
Réponse de le 15/02/2016 à 11:21 :
""peuple" à part"

N'est-ce pas une pathologie de sans arrêt vouloir trier les gens par catégories diverses et aléatoires ? Cela ne fait rien avancer du tout puisque nous sommes tous différents et donc inclassables par définition.

Si l'enseignant est mal payé cela il le doit à sa responsabilité oui on ne peut pas être hors d'un pays en économie et dedans pour les salaires."
"

Que veut dire cette phrase je vous prie je vous prie !?
Réponse de le 15/02/2016 à 11:42 :
Du pur délire couplé avec de l'ignorance!

Les artisans, les pêcheurs, les commerçants.... ont leur caisse d'assurance et leur banques et c'est lié à l'histoire de protection sociale.

Les 3/4 des enseignants ne sont pas à la CASDEN!

C'est quoi la MAAF, le crédit maritime, le crédit agricole? Le signe de personnes à part qui ne veulent pas s'intégrer?

Votre haine vous aveugle et vous ridiculise.
Réponse de le 15/02/2016 à 11:53 :
Et eux , ils étaient à part aussi ?

De leur côté, les Banques Populaires qui, il y a 40 ans, étaient axées sur les artisans et les commerçants
Réponse de le 15/02/2016 à 11:54 :
"le refus de s'intégrer dans le monde de l'économie"

Tu veux surement dire le monde du chômage , non ?
Réponse de le 15/02/2016 à 12:24 :
J’ai rarement lu autant d’inepties dans un seul commentaire.

Ce qui est relaté dans cet article est pourtant parfaitement en phase avec l’idéologie du marché : il y a un marché des fonctionnaires, et des banques tentent d’attaquer ce marché. Rien de plus, rien de moins que ce qui se passe tous les jours dans notre économie d’aujourd’hui.

Bref, rien qui ne permette de ratiociner comme vous le faîtes pour en arriver à des conclusions totalement erronées.
Réponse de le 16/02/2016 à 0:29 :
Même si les profs français étaient payés au smic, on les considérerait, au nom de la religion néo-libérale, comme des privilégiés. J'espère qu'un jour, il n'y en aura plus, et que les gens se débrouilleront avec les jeunes.

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