Les banques font les yeux doux aux entrepreneurs

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En France, 10% seulement des entreprises font l’objet d’une transmission intrafamiliale, ce qui nécessite, pour la très grande majorité des sociétés, de trouver des repreneurs externes.
En France, 10% seulement des entreprises font l’objet d’une transmission intrafamiliale, ce qui nécessite, pour la très grande majorité des sociétés, de trouver des repreneurs externes. (Crédits : CC0 Public Domain)
La Société générale a dévoilé mardi 2 février une offre de services intégrée, mixant banque de détail, banque de financement et banque privée, à destination des entrepreneurs. Une population doublement intéressante pour les banques, les chefs d’entreprise étant à la fois des clients professionnels et privés.

Il y avait eu le programme « BNP Paribas Entrepreneurs 2016 », au mois de janvier 2014. En ce début 2016, voici « Société générale Entrepreneurs. » Le premier visait à renforcer la présence de BNP Paribas sur le segment des petites et moyennes entreprises, la banque ambitionnant de compter la clientèle d'une PME française sur trois en 2016, contre une sur quatre en janvier 2014. Un objectif impliquant la conquête de 5.000 PME par an. La Société générale, elle, a gagné quelque 2.000 nouveaux clients PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) l'an dernier. La banque au logo rouge et noir entend bien poursuivre sur cette lancée, avec, entre autres, un objectif de 23 milliards d'euros de financements du cycle d'exploitation et des investissements des entreprises, pour 2016, soit une hausse de l'ordre de 20% par rapport à 2015.

Si les banques font les yeux doux aux entrepreneurs, c'est parce que ce marché « représente un relais de croissance », a expliqué lors d'une conférence de presse, mardi 2 février, Laurent Goutard, directeur de la banque de détail de la Société générale en France, un pôle d'activité qui tire la moitié de ses revenus de la clientèle entreprises. De fait, les besoins de financement de ces dernières sont multiples, de la gestion de leur trésorerie à leur expansion internationale, en passant par la croissance externe. Sans oublier les problématiques de cession-transmission, « un marché très dynamique en France, où, contrairement à d'autres pays d'Europe comme l'Allemagne, 10% seulement des entreprises font l'objet d'une transmission intrafamiliale, ce qui nécessite, pour la très grande majorité des sociétés françaises, de trouver des repreneurs externes », indique Patrick Folléa, directeur de la banque privée de la Société générale en France.

Des centres d'expertises dans sept métropoles régionales

Les entrepreneurs sont d'autant plus convoités par les banques qu'ils deviennent souvent leurs clients à deux titres, professionnel et privé. « Le patrimoine d'un dirigeant d'entreprise est généralement constitué à hauteur de 90% de titres de son entreprise. La cession de cette dernière va donc bouleverser la structure de son patrimoine », décrypte Patrick Folléa. C'est là que la banque privée entre en scène, en conseillant notamment le dirigeant sur la meilleure façon de placer le produit retiré de la cession de son entreprise. En amont, il aura été épaulé par les experts de la banque de financement et d'investissement (BFI), chargés, entre autres, de déterminer la valorisation de la société.

Aussi « la coordination entre la BFI et la banque privée est-elle très importante », souligne Patrick Folléa. C'est pourquoi la Société générale, dans le cadre de son plan « Entrepreneurs », a décidé de réunir les compétences de la banque de détail, de la BFI et de la banque privée, au sein de centres d'expertises implantés en région, et plus précisément en Ile-de-France, à Bordeaux, Strasbourg, Lille, Rennes, Lyon et Marseille. « Si vous vous entêtez à vouloir traiter depuis Paris les introductions en Bourse, émissions obligataires ou placements privés des PME régionales, vous ne ferez aucune opération. A Lyon, vous devez être lyonnais », insiste Vincent Tricon, directeur de Société Générale Mid Cap Investment Banking.

Une présence de proximité mais également internationale

Reste que cette relation de proximité n'est pas l'apanage de la Société générale, nombre d'autres banques étant présentes auprès des entrepreneurs en région, comme Banque Palatine et les Banques Populaires, toutes deux dans le giron du groupe BPCE. « Les banques mutualistes ont une envergure locale, alors que le groupe Société générale, présent dans 80 pays, a la capacité de faciliter l'internationalisation des PME », se défend Vincent Tricon. « Les besoins des entreprises ont changé, au cours des 10 ou 15 dernières années. Aujourd'hui, le développement international devient très rapidement un sujet pour les PME », renchérit Laurent Goutard.

Dans ces conditions, quid de la concurrence de banques étrangères comme Credit Suisse et UBS, qui s'y entendent pour proposer et des services de BFI et des prestations de banque privée aux entreprises ? « Contrairement à nous, elle ne disposent pas d'un réseau de banque de détail, ce qui les prive d'un riche vivier de PME », rétorque Vincent Tricon. Les ambitions de BNP Paribas sur le marché des entrepreneurs n'émeuvent pas davantage le directeur de SG Mid Cap Investment Banking, la banque dirigée par Jean-Laurent Bonnafé n'ayant « pas pris position sur le bas du mid-market. » Alors que la Société générale, elle, travaille sur des opérations de cession à partir de 2 millions d'euros seulement de valeur d'entreprise, ou de capital-investissement dès 300.000 euros.

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Commentaires
a écrit le 08/02/2016 à 1:14 :
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Bonjour, je serais curieux d’avoir vos impressions sur Option Fair si vous avez déjà utilisé sa plateforme. Quels sont les conditions de trades proposées notamment au niveau du nombre d’options proposées ainsi que des modes de fonctionnement disponibles. Quelle est la qualité de ses conseillers clients et sont-ils facile à joindre. Enfin quelle est la politique de bonus de bienvenue et le délai moyen pour récupérer son argent.
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a écrit le 04/02/2016 à 20:30 :
FANTASTIQUE la bêtise de cet article. Je vais vous dire comment on réussit en France. vous déposez votre idée , vous la financez vous même , vous faites votre prototype vous allez au canada , vous trouvez des fonds le systeme fiscal le permet , vous vous connectez avec les chinois de Montréal et si votre innovation est intéressante ils achètent et produisent 1 an de délais . Pendant ce temps en France vous vous faites balader par la bpi , les cci , les pôles de tout bord , les aides à l'innovation etc... parce que vous avez peu de fonds propres( vous les avez dépensé dans les brevets et les prototypes) ça va durer 1an à 2 an minimum.
Pendant ce temps , la Chine ça marche vous revenez voir ces braves gens avec des gros fonds propres et ALORS MIRACLE tout le monde vous écoute.
MAIS POUR LA FRANCE RIEN PAS D'EMPLOIS, PAS D'USINE ,DES CHÔMEURS
L' inventeur aurait préféré que tout se fasse en FRANCE , mais c'était pas possible alors il met un peu de sous en France et le reste il le met autre part. Et tout le monde dit il a réussi LUI OUI la FRANCE NON , ses fonctionnaires n'ont pas voulu alors , bien qu'il adore la FRANCE son PAYS ,Il est obligé de tout faire avec des étrangers.
RÉVEILLEZ vous les politiques vous allez le payer très cher vous allez avoir un peuple d'esclaves de pauvres, et de sous développés. VOS ENFANTS VONT EN PRENDRE PLEIN LA MUSETTE et il vont vous le reprocher dans la rue et ce sera pas beau à voir...
Vous avez entre 5 à 10 ans avant que le peuple réclame des TÈTES .On entend déjà les grondement de la révolte..
a écrit le 04/02/2016 à 17:57 :
Beaucoup d'erreurs grossières dans cet article. Les banques ne font pas "les yeux doux aux entrepreneurs", mais aux dirigeant de grosses PME de plusieurs centaines de personnes établies depuis plus de 10 ou 20 ans. Nous sommes en France, souvenez vous... Les "entrepreneurs", sont des petits patrons de toutes petites structures de quelques personnes, qui démarrent juste une activité. Ceux là, les banques les fuient comme des pestiférés !!!
a écrit le 04/02/2016 à 10:04 :
Elles font les yeux doux aux entrepreneurs qui ont déjà des capitaux propres en effet, reste à régler la question de ceux super motivés, qui ont d'excellentes idées et qui sont particulièrement doués sans avoir de blé.

Les banques, et les assurances également d'ailleurs, à ne prêter qu'aux riches sont le pire frein à l’investissement et au dynamise de notre économie.
Réponse de le 04/02/2016 à 11:55 :
BNP suisse dénoncé même les prêts hypothécaires des chefs d entreprises clients sans aucune raison ni justification ! On est vraiment dans le Blabla marketing d anguilles doubles de savonnettes !👹🇨🇭
Réponse de le 04/02/2016 à 13:47 :
Ils sont tellement incapables de justifier la stupidité de leur dogme qu'ils tiraillent le langage jusqu'à le déformer complètement et qui dorénavant ne veut plus rien dire.

Ne pouvant faire plier les mots à leurs logiques stupides, à leurs vérités assénés sans arrêt par leurs médias, ils ont anéantie le langage devenu un véritable tas de ruines avec lequel on ne peut plus faire grand chose.

L'expression "on est mal barré" n'a jamais été aussi vraie.

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