Pourquoi les « captives » automobiles courtisent les épargnants

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RCI Banque a collecté 3,7 milliards d'euros de dépôts supplémentaires en un an.
RCI Banque a collecté 3,7 milliards d'euros de dépôts supplémentaires en un an. (Crédits : Décideurs en région)
RCI Banque, la filiale de crédit automobile de Renault, affichait 10,2 milliards d’euros d’épargne collectée au 31 décembre 2015, contre 800 millions à la fin 2012, année du lancement de son livret Zesto.

Voilà une initiative propre à faire briller les yeux des épargnants, à l'heure d'un Livret A qui rapporte péniblement 0,75% et d'un PEL (Plan épargne logement) dont la rémunération vient d'être abaissée à 1,5% : depuis le 8 février, et jusqu'au 31 mars, Banque PSA Finance - la filiale de crédit du constructeur automobile PSA Peugeot Citroën - propose à tout nouveau souscripteur d'un livret d'épargne Distingo un rendement de 3,60% bruts (avant prélèvements sociaux et fiscaux), durant trois mois, dans la limite de 75.000 euros de dépôts, et à condition de ne pas clôturer le livret avant le 31 décembre 2016. Au terme des trois mois de ce taux promotionnel, le livret sera rémunéré à 1,40%, un niveau inférieur au rendement de 1,70% offert par son concurrent Zesto.

Proposé par RCI Banque, la filiale de financement automobile de Renault, Zesto n'est autre que le livret bancaire qui propose actuellement le meilleur taux de base du marché, selon le classement établi par le site cbanque.com. En revanche, la banque dite « captive » de Renault ne donne plus dans les taux promotionnels. « Nous privilégions désormais les conditions standards de notre offre, car rémunérer des dépôts à des taux de 3,5% ou 4% coûte très cher et engendre une volatilité des épargnants, nombreux à fermer leur livret après les deux ou trois mois d'offre promotionnelle. Or nous avons besoin d'une collecte de dépôts qui s'effectue à un coût raisonnable et qui soit stable », a expliqué Gianluca de Ficchy, directeur général de RCI Banque, lundi 15 février, lors de la présentation des résultats annuels de la filiale de crédit automobile de Renault.

Les dépôts bancaires représentent 32% des financements de RCI

L'intérêt des captives automobiles pour l'épargne des Français est récent : RCI avait lancé Zesto dans l'Hexagone le 16 février 2012, et Banque PSA Finance avait répliqué un an plus tard avec Distingo. Des mouvements qui trouvent leur origine dans la crise financière de 2008, laquelle avait entraîné une fermeture des marchés de capitaux. Afin de ne plus risquer de se trouver en situation de crise de liquidités, et de demeurer à même de financer les achats de véhicules des clients des constructeurs et les stocks de leurs concessionnaires, les captives automobiles se sont attelées à diversifier leurs sources de refinancement, ces dernières années. Conséquence, les dépôts bancaires représentaient 20% du total des financements de Banque PSA Finance au 30 juin 2015, contre 10% seulement six mois plus tôt. L'essentiel du solde des financements provenant de crédits bancaires (17%), des marchés de capitaux (27%) et d'opérations de titrisation (24%).

Cette bascule s'observe également chez RCI Banque. Limitée à 800 millions d'euros à la fin 2012, année du lancement de Zesto, l'épargne nette collectée par RCI Banque atteignait en effet 10,2 milliards au 31 décembre 2015. Une somme qui correspond non seulement à une hausse de 3,7 milliards d'euros en l'espace d'un an, mais qui représente en outre 32% de l'ensemble des financements de la filiale bancaire de Renault, contre... 3% en 2012. « Nous avons atteint avec un an d'avance notre objectif de refinancer 30% des actifs commerciaux par des dépôts en 2016 », s'est félicité Dominique Thormann, président de RCI Banque.

Une moindre sensibilité à la volatilité des marchés

La société n'en dédaigne pas pour autant les autres sources de financement, puisqu'elle a par exemple procédé l'an dernier à quatre émissions obligataires, pour un montant global de 2,5 milliards d'euros, ainsi qu'à des placements privés d'un total de 925 millions d'euros, ou encore à une titrisation de 600 millions de livres sterling sur des crédits automobiles. Mais la diversification de ses sources de financement lui permet désormais « de faire face aux turbulences des marchés financiers, comme cela s'est produit à l'automne dernier, lorsque les investisseurs avaient moins d'appétit pour les titres du secteur automobile », souligne Dominique Thormann, en référence au scandale des moteurs diesels chez Volkswagen.

De fait, RCI Banque a été en mesure de financer 1,39 million de nouveaux dossiers en 2015, soit une hausse de 11,6%. Et ce, pour un montant total de 15,6 milliards d'euros, en progression de 23,9%. Des chiffres qui font de 2015 « une année record, tant sur le plan financier que sur le plan commercial », indique Gianluca de Ficchy. Parallèlement, grâce à un portefeuille de clients particulièrement « sain », RCI Banque a vu son coût du risque (provisions pour risque d'impayés) baisser, de 0,43% de l'encours productif moyen en 2014 à 0,33% l'an dernier. La filiale bancaire de Renault a ainsi dégagé un bénéfice net de 539 millions d'euros, en croissance de 13,2%, ce qui lui permet d'afficher une rentabilité des fonds propres de 18,7%, contre 18,5% un an plus tôt.

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Commentaires
a écrit le 18/02/2016 à 1:33 :
Ce doit être la conséquence positive du "trickle down" des QE de la BCE... lol
Quand des boîtes de cette taille sont impactées, on imagine bien que les chiffres toujours mirifiques concernant le financement des entreprises doivent avoir quelques difficultés de recollement avec la réalité.
a écrit le 17/02/2016 à 23:31 :
Ce doit être la conséquence positive du "trickle down" des QE de la BCE... lol
Quand des boîtes de cette taille sont impactées, on imagine bien que les chiffres toujours mirifiques concernant le financement des entreprises doivent avoir quelques difficultés de recollement avec la réalité.
a écrit le 17/02/2016 à 15:01 :
Tous ceux qui vendent n'importe quoi à n'importe quel prix, avec vie brève programmée, courtisent les épargnants. Hélas, les épargnants se laissent de moins en moins prendre, surtout ceux qui ont connu les voitures peu performantes mais durables. Décidément, ce sont bien les retraités qui sont cause de tous les maux ! Ils sont regardants, les traîtres!
a écrit le 17/02/2016 à 13:26 :
Attention , c'est pas parce que c'est un 70 Cubics que c'est pas performant... Je prends des angles démentiels , à la Giacomo Agostini.
J'ai même mes chaussures qui frottent.
a écrit le 17/02/2016 à 13:23 :
Les voitures polluent. Les voitures coûtent cher. Les voitures puent.
En plus , elles écrasent des gens.
Moi avec mon Honda Dax 70 Cubics , je pourrais rouler sur quelqu'un que ça ne lui ferait pas mal.
Et je consomme 3 litres aux 100.
Vitesse de pointe 74,9 Kilomètres heure.
L'autre jour , j'ai grillé une Renault Ministérielle au démarrage à un feu rouge.
Je crois que c'était Juppé , ou un comme ça...ou Bové... Il était rouge de honte.
Le Peuple de Paris , sur les trottoirs m'a salué !!!
J'aime le Peuple de Paris !!!

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