Transition énergétique : BPI France veut aider les entreprises du secteur à grandir

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Les acteurs des énergies renouvelables font face à d'importants besoins en fonds propres.
Les acteurs des énergies renouvelables font face à d'importants besoins en fonds propres. (Crédits : Fotolia)
Grâce au fonds FIEE (France investissement énergie environnement) doté de 100 millions d’euros et lancé ce 3 juillet, la banque publique entrera au capital de PME qui oeuvrent dans les secteurs des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et de l’économie circulaire afin de favoriser l’émergence d’ETI de taille significative.

32 milliards d'euros. C'est ce que pèse le marché français de la transition énergétique en 2016. Les objectifs forts fixés dans le cadre de la loi (par exemple, -40% d'émissions de gaz à effet de serre, ou encore, 32% d'énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie en 2030) devraient lui assurer un développement prometteur. Mais selon BPI France, ces objectifs nécessiteront 10 à 15 milliards d'euros de besoins de financement.

La banque publique, qui a d'ores et déjà accompagné en 2016 quelque 1.400 entreprises de ces secteurs en crédit, garantie ou fonds propres, pour un montant global de 1,4 milliard d'euros, lance un fonds d'investissement destiné à compléter sa palette de solutions de financement existantes par un outil de renforcement des fonds propres, dédié aux trois principaux segments de marché : les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et l'économie circulaire.

Volumes en hausse et intensité croissante en fonds propres

Comme l'ont détaillé Jacques Solleau, directeur des fonds filières au sein de BPI et Jean-Louis Etchegoyhen, directeur du fonds France investissements régions, les PME de ces secteurs font face à des besoins croissants en fonds propres. Le solaire doit répondre à une montée en puissance correspondant aux appels d'offres récemment lancés et à ceux promis par le nouveau gouvernement.

« Il y a eu beaucoup de financements dans les énergies renouvelables ces dernières années, reconnaît Jacques Solleau. Mais essentiellement dans les sociétés de projet. »

Peu risqué en effet d'investir dans des infrastructures garanties par des actifs et assurant des revenus stables et connus d'avance sur 20 ans, comme le permet le dispositif de l'obligation d'achat dont ont bénéficié les énergies renouvelables ces 10 dernières années. Mais ce sont les porteurs de projets qui supportent l'essentiel du risque, et ce sont donc les holdings de tête des énergies renouvelables que BPI France entend soutenir.

Baisse anticipée de lisibilité pour les investisseurs

D'autant plus qu'ils évoluent dans un paysage en pleine mutation, avec la fin programmée des tarifs de rachat (voués à se transformer progressivement en prix de marché) et l'apparition de nouveaux acteurs que sont les agrégateurs.

« Nous entrons dans une période moins facile en termes de lisibilité que ne l'ont été les dernières années », estime ainsi Jacques Solleau.

Les banques vont exiger des fonds propres d'autant plus importants face aux crédits accordés. En-dehors du solaire et de l'éolien, d'autres renouvelables comme les énergies marines restent très capitalistiques, alors même que les technologies n'ont pas encore atteint la maturité nécessaire pour rassurer les investisseurs. Les secteurs de l'efficacité énergétique et de l'économie circulaire sont, pour leur part, composés de milliers de structures, dont certaines de taille très réduite.

Des prises de participations de 0,5 à 7 millions d'euros

Dans un contexte de consolidation du marché, le fonds FIEE a pour vocation de faire entrer la banque publique au capital de PME à potentiel, notamment pour accompagner leur croissance externe, y compris à l'étranger. Elle pourra également intervenir en cas de transmission ou de repositionnement d'actionnaires. Les tickets s'étaleront de 500.000 à 6 millions d'euros, exceptionnellement 7, et seront investis pour une période modulable de 7 ans. Le cœur de cible se compose d'entreprises affichant de 7 à 50 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Pour les convaincre d'ouvrir leur capital, BPI France mise sur son savoir-faire de longue date acquis via son « ancêtre » Oseo, l'un des précurseurs, avec Natixis, du financement des énergies renouvelables il y a vingt ans. Mais sa forte présence sur le terrain sera tout aussi essentielle. Six référents, correspondants au découpage en six régions sont particulièrement chargés de coordonner cette démarche. Faisant jouer les synergies avec BPI Financement, les équipes contacteront en premier lieu les entreprises dans lesquelles la banque est déjà présente.

Co-investissant à son habitude en partenariat avec des fonds privés régionaux, la banque publique espère "progressivement avoir un effet d'entraînement sur le marché, convaincre d'autres acteurs de s'intéresser à cette filière d'avenir", a précisé Fanny Letier, directrice exécutive en charge des fonds PME et de l'accompagnement.

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a écrit le 04/07/2017 à 14:01 :
100 Millions, c'est un bon début, mais bien insuffisant dans un secteur de l’énergie où les investissements se comptent en centaines de millions ou en milliards.



Sans obligatoirement tout financer (on le sait, les caisses sont vides), il suffirait de débloquer et de garantir les financements participatifs et autres montages coopératifs.
Parfois limites en termes de rentabilité, mais utiles à l’intérêt général, régional et local. Le comble, dans le domaine de l’efficacité énergétique, c'est que les besoins et les investisseurs ne manquent pas.

La logique voudrait que l’on mixe les solutions d’isolation thermique et d’autoproduction d’énergie, sauf que ce ne sont pas les mêmes expertises métier. Autant il est facile de collaborer sur un projet neuf, autant c’est difficile sur de la rénovation.
Sans parler des contradictions entre les producteurs/vendeurs d’énergie et les « économiseurs d’énergie », qui semblent ne pas avoir les mêmes objectifs à atteindre, sauf si ce sont des acteurs œuvrant exclusivement pour le bien public.

Il est extrêmement facile de calculer le productible et donc le seuil rentabilité de projets photovoltaïques, c’est à la portée d’un ingénieur stagiaire. Grace aux 20 ans de garantie des tarifs de revente, ou pas, puisque des projets de centrales au sol sont déjà rentables à dix ans et au prix du marché. Le problème tout comme pour l’éolien c’est l’occupation d’espaces utiles, ce qui implique de privilégier les projets en toiture ou des terrains déjà monopolisés par ailleurs. Il parait aberrant de déforester alors que par ailleurs, ce ne sont ni les idées ni les projets qui manquent, il suffit de lever quelques obstacles du ressort du politique.

Pour la Caisse des Dépôts et Consignations, en termes de financement des énergies renouvelables, il y a des déjà exemples «gagnant/gagnant». Même de projet « triple gagnant », permettant aussi de financer intégralement le désamiantage de vieilles toitures.
Quand autant d’intérêts convergent, il y a généralement rentabilité.
a écrit le 04/07/2017 à 9:25 :
Ce serait utile de savoir d'où viennent les fonds de la Bpi ( et pas une explication: venant d'autres fonds... ). Pour le citoyen moyen ce n'est pas compréhensible.

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