Bitcoin : la justice grecque autorise l'extradition du patron de BTC-e

Par latribune.fr  |   |  355  mots
Alexander Vinnik, 37 ans, lors de son arrestation en juillet dernier. (Crédits : Reuters)
La cour de Thessalonique (nord de la Grèce) a autorisé mercredi en première instance l'extradition vers les Etats-Unis du patron russe de la plateforme d'échanges de bitcoins BTC-e, soupçonné par les Américains d'être le cerveau d'une organisation criminelle de blanchiment.

Alexander Vinnik, 37 ans, avait été arrêté en Grèce fin juillet à l'issue d'une enquête internationale et inculpé dès le lendemain par le département de la justice américaine de blanchiment d'argent. BTC-e a déjà été condamné au civil par la police financière du Trésor américain, FinCen, à une amende de 110 millions de dollars, tandis que M. Vinnik lui-même devra s'acquitter d'une amende de 12 millions de dollars.

L'opérateur sur Internet BTC-e, dont on ne sait pas exactement d'où il opérait physiquement, avait été fondé en 2011. Il est reconnu comme "un des plus grands opérateurs mondiaux d'échanges de monnaies numériques", selon le département américain de la justice. Le site de cette société-écran la localisait en Bulgarie et disait qu'elle était soumise aux réglementations de Chypre.

Une extradition en suspend

"Ces accusations n'ont aucun rapport avec moi", s'est défendu le patron, Alexander Vinnik, 37 ans, également réclamé par la justice de son pays, et qui a aussitôt annoncé qu'il ferait appel du jugement.

"Nous n'avons pas encore vu les motifs du jugement, mais les conditions légales pour l'extradition ne sont pas réunies", a affirmé pour sa part à la presse Me Alexandros Lycourezos, un des trois avocats d'Alexander Vinnik.

La date du procès en appel ne sera donnée par la cour suprême grecque, compétente en la matière, que d'ici vingt jours, selon une source judiciaire. Mais en dernier ressort, c'est au ministre de la Justice que revient de décider de l'éventuelle extradition, selon le droit grec.

Vinnik demandé aussi par les Russes

La Russie a également demandé, le 10 août, l'extradition d'Alexander Vinnik, qui est poursuivi dans son pays pour une escroquerie de 9.500 euros, une affaire sans commune mesure avec l'affaire BTC-e.

La demande russe avait été notifiée à M. Vinnik le 19 septembre, et la justice grecque doit juger cette demande à partir du 11 octobre. Alexander Vinnik a rejeté les accusations russes, tout en faisant part cette fois de son accord pour être extradé dans son pays d'origine.

(avec agences)