Brexit : Citigroup aura relocalisé équipes et contrats d’ici un an

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Jim Cowles, le patron de Citigroup pour l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient, ne voit « pas à quoi pourrait ressembler un soft Brexit ».
Jim Cowles, le patron de Citigroup pour l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient, ne voit « pas à quoi pourrait ressembler un "soft" Brexit ». (Crédits : DR)
Jim Cowles, le patron de la région Europe Afrique Moyen-Orient de la banque américaine, n’attend pas la fin des discussions dans l’espoir d’une sortie « soft » du Royaume-Uni de l’UE. Dès début 2018, il commencera à recruter, à Francfort principalement. Entre 150 et 250 postes pourraient être créés ou déplacés.

En un an, le ton a clairement changé. En novembre 2016, les dirigeants de Citigroup au Royaume-Uni croyaient encore au maintien du « passeport européen » permettant à la banque américaine d'accéder à tout le marché unique. Désormais, le plan est arrêté pour se mettre en ordre de bataille avant même la sortie officielle du Royaume-Uni de l'Union européenne. Interrogé lors d'une rencontre avec la presse à Londres, Jim Cowles, le patron de Citigroup en Europe (EMEA* avec l'Afrique et le Moyen-Orient), n'a pas tourné autour du pot :

« Notre postulat est qu'il y aura un "hard" Brexit fin mars 2019 ; pour des questions de préparation, nous sommes obligés de nous organiser pour le scénario du pire », a-t-il déclaré.

« Même s'il y avait un "soft" Brexit, nous devons être prêts avant. Je ne sais pas à quoi pourrait ressembler un "soft" Brexit, ni s'ils [les dirigeants britanniques et européens, Ndlr] peuvent aboutir à un accord. Nous serons opérationnels au quatrième trimestre 2018 », a-t-il annoncé.

Jusqu'à 250 créations de postes

Concrètement, Citigroup, la quatrième banque américaine en termes d'actifs, dont l'activité consiste à accompagner les grandes multinationales à l'étranger, ne va pas massivement délocaliser ses équipes de Londres. Elle emploie environ 6.000 personnes dans la capitale britannique, dans sa tour de Canary Wharf, à deux pas du siège de l'Autorité bancaire européenne, qui saura elle-même le 20 novembre où elle va déménager du fait du Brexit.

« Gardez en tête que Citi est déjà présent dans 20 autres pays d'Europe et que 58% des 19.000 employés de la banque dans la zone sont en dehors du Royaume-Uni », a rappelé Jim Cowles.

En juillet, le groupe américain avait annoncé qu'il s'appuierait sur sa succursale de Francfort déjà dotée d'une licence de courtage pour les activités de marchés post-Brexit.

« Cette entité existe depuis pas mal d'années, elle est régulée par la BaFin [le gendarme allemand des marchés, Ndlr] et la Bundesbank [le gendarme bancaire]. Elle travaille avec les chambres de compensation européennes, elle est déjà dotée d'un certain montant de capitaux », a-t-il détaillé.

Plus la date approche, plus le nombre de relocalisations concernées augmente. La banque avait indiqué qu'elle pourrait créer 150 nouveaux postes, un nombre modeste, principalement à Francfort, mais aussi dans les autres grandes villes européennes telles que Milan, Dublin, Madrid, Luxembourg et Paris, où Citigroup a fait la demande d'une licence de courtage.

« En tout, ce sera entre 150 et 250 postes nouvellement créés ou déplacés, dans l'informatique, la gestion du risque, la conformité, les ressources humaines », envisage désormais le patron de Citigroup Europe.

« Nous allons commencer à recruter au premier trimestre 2018, suffisamment longtemps avant pour que les gens connaissent nos systèmes, et proposer à nos personnels des opportunités de se relocaliser. Quant aux contrats avec nos clients, nous ferons les modifications juridiques avec notre entité de Francfort d'ici à la fin juin 2018, nous devrons aussi installer notre plateforme technologique », a-t-il précisé.

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(*) EMEA : Europe Middle East & Africa

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