Catalogne : la banque Sabadell déménage à Alicante

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La banque a été fondée en 1881 en Catalogne et tient son nom de la ville de Sabadell, à 20 km au nord de Barcelone.
La banque a été fondée en 1881 en Catalogne et tient son nom de la ville de Sabadell, à 20 km au nord de Barcelone. (Crédits : Sabadell)
La cinquième banque espagnole a décidé ce jeudi lors d'un conseil d'administration d'urgence un déplacement de son siège social situé historiquement à Barcelone. La banque redoute une déclaration d'indépendance et une sortie de l'Union européenne qui aurait de graves conséquences en termes de supervision et d'accès au financement.

[Article publié à 13h et mis à jour à 18h20]

La tension monte dans les milieux économiques catalans. Ce jeudi, Banco Sabadell, la cinquième banque espagnole, dont le siège se trouve à Barcelone, a tenu un conseil d'administration d'urgence en fin d'après-midi pour aborder la question d'un déménagement hors de Catalogne. Le conseil a décidé de délocaliser le siège à Alicante, station balnéaire au sud de Valence, à 500 km de la capitale catalane, selon la presse espagnole.

Dès mardi, le directeur général de Sabadell, Josep Oliu, avait évoqué à demi-mot l'idée d'un déplacement du siège, en cas de déclaration d'indépendance et de sortie de la région de l'Union européenne, une situation qui créerait un vrai problème de supervision et d'accès au financement de la BCE.

"Je peux vous assurer que la banque, si nécessaire, prendrait des mesures suffisantes [...] pour protéger les intérêts de ses clients dans le cadre de l'Union européenne et du système de supervision bancaire européen", avait-il déclaré.

La délocalisation du siège social, opération purement juridique, prendrait que quelques heures. Fondée en 1881 dans la région, la banque, qui emploie 26.000 personnes et dont les actifs s'élèvent à 217 milliards d'euros, tient son nom de la ville de Sabadell, à 20 km au nord de Barcelone.

Graphique banques espagnoles

Un graphique de notre partenaire Statista

Inquiétude en Bourse

Au lendemain du référendum d'autodétermination, en début de semaine, l'action Sabadell et celle de la caisse CaixaBank, la première banque catalane, ont été chahutées à la Bourse de Madrid, perdant 10% de leur valeur. Ce jeudi, Sabadell est en tête de l'indice espagnol Ibex, s'adjugeant plus de 6%. Elle capitalise 9,4 milliards d'euros. La Caixa envisagerait elle aussi de déplacer son siège dans une autre ville d'Espagne. Selon l'agence Reuters, le gouvernement espagnol préparerait un décret facilitant le transfert des sièges sociaux hors de Catalogne, sans nécessité de convoquer une assemblée générale des actionnaires, décret "taillé sur-mesure pour CaixaBank".

Les analystes de Barclays avaient jugé les inquiétudes excessives au regard des risques pour les banques concernées dans une note la semaine dernière:

"Nous jugeons que les préoccupations immédiates autour de l'indépendance sont surfaites et qu'elles constituent un risque à moyen terme gérable pour les résultats des banques", écrivaient-ils, en maintenant leur recommandation de "surpondérer" l'action Sabadell.

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Commentaires
a écrit le 06/10/2017 à 13:46 :
Le PP a déclaré la guerre à la Catalogne en 2006.
Rajoy a refusé aux catalans ,le statut accordé aux Basques.
Mépris et arrogance ont conduit à cette situation.
Au PP et à Rajoy de faire des propositions concrètes et rapides.
Réponse de le 06/10/2017 à 15:24 :
oh les pauvres victimes, allons vite à leurs secours
a écrit le 06/10/2017 à 9:53 :
La réponse de quelques sommités de la Catalogne était prévisible car l'Autorité centrale se comporte comme s'il n'existait aucun différent, aucun motif de griefs contre lui, aucune évolution possible.

Après avoir recherché des dialogues dont le dernier sur l'indépendance avec l'Autorité centrale de Madrid, après avoir tenté de mobiliser des Autorités extérieures d'Europe et du Monde pour une reconnaissance d'un Etat catalan sans succès, le Président de la province a agité le chiffon rouge de la déclaration unilatérale d'indépendance.
Il faut bien reconnaître que ce coup est très tendancieux et critiquable car il ne tient aucun compte de la partialité des élections complètement tronquées et incomplètes, ni de l'opposition d'une partie importante de la population, ni des menaces de Madrid. Le plus grand danger qu'il a créé est la discorde tenace qui gagne les catalans eux même. Ce n'est pas ainsi que l'on peut trouver une solide et incontestable indépendance.

D'un autre côté l'autoritarisme forcené du pouvoir central de Madrid a abouti à une impasse inextricable propre à durcir toutes les positions sans espoir de trouver une issue sans médiation. Madrid aurait été plus avisé de laisser se faire une élection interdite, ne pas en reconnaître ni la validité, ni les résultats et chercher une échappatoire dans le dialogue en lâchant un peu de lest sur d'autres revendications touchant à l'autonomie.

La Catalogne ne réussira pas son pari d'indépendance dans la cohésion, l'ouverture, la stabilité et la croissance. Si elle arrive au bout de sa logique, elle ne connaîtra même pas le regard bienveillant porté du dehors sur des principautés existantes.

C'est tout l'inverse qui va se passer. Non seulement elle va perdre l'autonomie dont elle bénéficiait jusque là, mais elle perdra aussi les facilités financières qui lui permettaient de maintenir sa santé économique à flot, le plus grand nombre des investisseurs qui commencent déjà à regarder vers d'autres provinces plus stables et moins agitées, sa réputation et son rayonnement.

Non, la Catalogne ne gagnera rien à durcir sa marche vers l'indépendance.

C'est un confetti que ni l'Espagne, ni les Etats européens ne laisseraient s'aventurer sans de graves dommages sur ce chemin. Elle serait cernée par des pays qui fermeraient leurs frontières et la traiteraient par l'embargo. Aucun Etat qui compte dans le monde ne lui faciliterait l'exercice car tous ces Etats sont menacés intra-muros par des sécessions potentielles, que ce soit en Europe de l'ouest et de l'est, en Russie, aux USA, en Chine et autres lieux.

Les catalans n'ont ils pas compris que dans un univers où notre planète avance à marche forcée vers une mondialisation galopante faite de libéralisme économique, des regroupements et des alliances sont nécessaires afin de peser le plus lourdement possible dans tous les échanges et négociations ? Autrement dit tout l'inverse de ce qu'ils veulent faire.
Ce n'est pas en quittant un royaume fort chargé d'histoire glorieuse et de rayonnement qui lui ouvrait toutes ces perspectives que cette ancienne principauté nostalgique trouverait une place telle que celle qu'elle est menacée de perdre. Tourner le dos à ce qui a fait son succès et sa position de premier plan dans le royaume la ramènerait à un rang de confetti sans poids, sans lustre et sans richesse.

Le combat qu'elle aurait gagné ne serait qu'un rêve utopiste tournant au cauchemar et beaucoup de provinces concurrentes se frotteraient les mains de se hisser à la place qu'elle aurait quitté.
Réponse de le 06/10/2017 à 13:42 :
5 jours ont passé et je suis surpris du souffle court de leur mouvement.

Faire un référendum bidon pour avoir quelques photo sanglantes (après 2 dates avorté histoire de chauffer la foule), organiser une manif en implorant l'aide de l'Europe et dire au Roi qu'il est décevant, voilà tout ce qu'ils avaient en stock pour réussir ?

C'est vraiment pas lourd et ça risque effectivement de se retourner contre la Catalogne.
D'autant qu'il est incompréhensible de vouloir l’indépendance pour rester dans l'UE, puisque cette dernière s'évertue de tuer toute souveraineté (en s’accommodant le pouvoir législatif, monétaire, de l'immigration et la négociation de traité internationaux, diplomatique et bientôt militaire).

Bref, derrière cette indépendantisme d'opérette n'apparait qu'une rancoeur envers Madrid. Alors si l'UE aurait à gagner avec une Europe des Régions, la façon dont les Catalans avance vers l'indépendantisme vont faire capoter cette option, et tant mieux.
A moins d'une surenchère totale sauce guerre civile retourne l'opinion publique, mais veulent ils payer ce prix (Ça toujours été ma crainte car la seule susceptible de réussir?)?
a écrit le 06/10/2017 à 8:54 :
les catalans n'ont qu'a "délocaliser" leurs avoirs dans cette banque , au titre de la parité !!!
a écrit le 06/10/2017 à 8:03 :
Les banques votent avec leurs pieds. Tant pis pour les catalans qui ont cru au boniment des partis indépendantistes. Les banques et le tertiaire c'est ce qu'il y a de plus facile à déplacer. En cas de réelle indépendance (donc de sortie de la Catalogne de l'Espagne, de l'UE et de l'€) il y a gros à parier que les industries exportatrices (par exemple Seat) suivront le mouvement. Ce sera simplement plus long parce que déplacer une usine de 10000 salariés prend plus de temps que pour une banque où il suffit de louer un immeuble de bureaux.
a écrit le 05/10/2017 à 19:12 :
Ce n'est qu'un début.
Les problèmes engendrés par une déclaration illégale d'indépendance de la Catalogne sont multiples sur le plan économique, un peu comparable au Brexit.
L'Europe ne pourra reconnaître la Catalogne, elle devra notamment se doter d'une autre monnaie que l'euro et les investisseurs étrangers prendront le large.
a écrit le 05/10/2017 à 16:56 :
Il y a pas moins de 3 explications :
- Ils ont une idée bien définie de ce qui va suivre et agissent en conséquence
- Ils bluff pour contraindre les indépendantistes à faire marche arrière.
- Il y a du fric à faire en lançant de telles annonces (avec ou non de suite)
Réponse de le 05/10/2017 à 18:46 :
Vu comme c'est parti, la Catalogne sera devenu une zone de guerre civile dans les semaines à venir.

Personne n'a envie de laisser son siège social en zone de guerre, ou même à portée d'un gouvernement provincial qui a allègrement bafoué les règles constitutionnelles ces derniers mois et perdu toute crédibilité en dehors des frontières de la généralité.
Réponse de le 06/10/2017 à 7:57 :
Probablement un peu des trois...
a écrit le 05/10/2017 à 16:35 :
Amis Catalans de tout bord, vous êtes en train de faciliter la montée en puissance économique de la région de Madrid avec vos référendums. Prenez l'avion et allez au Québec qui vous soutient aveuglément puis ensuite allez à Toronto quia délogé Montréal de son statut de première métropole avec les deux référendums québécois de 1980 et de 1995. Montréal ne s'en est jamais remise et Vancouver tournée vers le Pacifique va sans doute lui ravir la seconde place.

C'est bien de rêver mais êtes vous prêt a en assumer les conséquences? Allez-vous nous réclamer la région de Perpignan auquel cas l'arme nucléaire française devra être sortie.
a écrit le 05/10/2017 à 13:52 :
Aucune déclaration d'indépendance, pourtant 100 % logique et légitime, n'a encore eu lieu, que certains crient déjà au loup. Engoncée dans un pro-européanisme primaire, pieds et poings liés aux mains d'actionnaires pour qui l'europe est une manne (l'argent qu'ils empochent à tour de bras vient directement de la poche des con-sommateurs qui vivent, voire qui soutiennent l'ue et la ze), cette banque(espagnole, c'est tout dire quant à son indépendance et à sa déontologie !) est parfaitement dans l'air du temps. Vite, il faut entretenir les petites trouilles; Vite, il faut manipuler les marchés à coups d'annonces fracassantes histoire d'empocher encore plus de dividendes. Elle ne veut pas rester dans une Catalogne libre et indépendante ? Qu'elle se casse ! L'histoire prouvera une fois de plus que les "empires" et entités gigantesques (dont l'ue et la ze) n'ont absolument aucune chance de survie. Et elle démontrera à nouveau,; comme souvent dans le passé, que seules les petites entités, capables de souplesse, de flexibilité et de rapidité d'action et de réaction, s'en sortent sur le long terme. N'en déplaise aux politiciens pro-européens qui, il est vrai, ont un sens de la déontologie et de la démocratie particulièrement élastiques et à sens unique (uniquement dans le sens qui sert leurs intérêts totalitaires et mercantiles) et à quelques nervis décérébrés qui se laissent encore manipuler par le mirage européen qui s'efface - et heureusement ! - chaque jour davantage.
Réponse de le 05/10/2017 à 14:41 :
La déclaration d'indépendance n'est ni logique ni légitime. Bien qu'ayant obtenu une majorité ric-rac en sièges au parlement catalan, les partis indépendantistes n'ont pas eu de majorité en voix. Et si au "référendum" le oui a obtenu 90%, ce n'est que de 42% des inscrits. Aucune preuve d'une volonté populaire réelle.
Réponse de le 06/10/2017 à 17:15 :
La catalogne n'a aucun avenir économique et politique. Les indépendantistes corses bretons ou néo-calédoniens ne sont pas simples à gérér, mais ils n'ont pas à leur tête des hurluberlus irresponsables.
Ils jouent la durée, les "arrangements" avec la puissance "soit disant -coloniale", mettent un peu la pression par des actions pas toujours respectables, mais ils savent qu'en dehors de la France (et donc de l'UE) ils sont morts.
Quand je vois les Catalans, j'adore nos indépendantistes qui malgré tout n'ont pas joué la politique du pire.
a écrit le 05/10/2017 à 13:40 :
Et ce n'est que le début... Les Catalans ne savent pas où ils mettent le doigt....
Réponse de le 05/10/2017 à 14:50 :
VW possède une très importante (qq 10000 travailleurs) usine Seat à Martorell (où sont aussi produites des Audi). En cas d'indépendance, elle se retrouvera hors UE et hors zone €, ses exportations (y compris vers l'Espagne, qui en plus préférera acheter des renault made in Séville que des Seat fabriquées dans la félone Catalogne, seront soumises aux droits de douane applicable aux états tiers car il est évident qu'au moins dans un premier temps l'Espagne s'opposera à tout accord commercial entre l'UE et la Catalogne et à fortiori à son adhésion à l'UE. VW n'aura pas d'autres choix que de diminuer la masse salariale pour maintenir la compétitivité-coût (probablement de l'ordre de 10-15%) ou de déplacer l'usine en Espagne.
Réponse de le 05/10/2017 à 15:08 :
Si, si ! Comme les Britanniques et contrairement aux pro-européens apeurés et décérébrés, ils tirent les leçons de l'histoire. Jamais au cours de toute l'histoire de l'humanité, un "mastodonde", une entité gigantesque telle que les empires d'hier et l'ue d'aujourd'hui n'ont réussi à survivre sur le moyen ou le long terme. Dans toute l'histoire de l'homme, seules les plus petites entités, capables de souplesse, de réactivité, de flexibilité ont survécu. Le mirage européen, qui est totalement opposé aux intérêts des populations, mirage européen qui ne tient qu'à force d'autoritarisme, de totalitarisme, de déni de démocratie et de terrorisme intellectuel via la dictature de la pensée unique, est de toute manière - et c'est heureux - voué à l'échec. les premiers qui le comprendront, qui auront le courage et l'intelligence de sortir de ce bourbier européen, seront ceux qui s'en sortiront le mieux sur le long terme. Eh bien oui : courage et intelligence : voilà deux qualités qui ne vont jamais de pair avec un pro-européanisme (de) primaire.
Réponse de le 05/10/2017 à 16:08 :
C'est exactement comme ça que le siège de la bien puis mal nommée banque de Montréal ( BMO) s'est retrouvé à Toronto dans les années 70.
a écrit le 05/10/2017 à 13:39 :
Bref pour faire plaisir aux actionnaires-milliardaires faut être pro-UE.

Nous en avons un sacré paquets de preuves montrant qui sont ceux qui anéantissent notre monde c'est un fait.
Réponse de le 05/10/2017 à 14:38 :
Même s'ils savent parfaitement que ce sera impossible avant longtemps, les dirigeants indépendantistes catalans clament qu'ils veulent une Catalogne dans l'UE et qui utilise l'€.
Réponse de le 06/10/2017 à 9:36 :
Je trouve que vous me répondez un peu trop souvent en ce moment vous... Alors certes vous êtes moins grossier qu'avant c'est plus agréable mais bon, le fond n'a pas beaucoup changé quand même.

La technocratie européenne a anéantie toute liberté individuelle et collective.
Réponse de le 06/10/2017 à 17:27 :
Si t'es pas dans l'UE, tu n'as pas le soutien de la BCE.
Si tu es une banque espagnole (regardez les bilans bancaires des banques espagnoles), sans soutien de la BCE tu fais faillite.
Donc oui, quand on est une banque espagnole, si le dirigeant à un QI de plus de 50, il choisit l'UE, c'est moins pire que la faillite.
Les milliardaires n'ont rien à voir la dedans, car si ils font faillite, les perdants seront les dépots des espagnols ( et étant hors UE ils ne bénéficieront pas de la garantie des dépots de la BCE).
Répondez moi avec un lien vers le monde diplomatique, cela nous changera !
Réponse de le 09/10/2017 à 14:46 :
"Les milliardaires n'ont rien à voir la dedans, car si ils font faillite, les perdants seront les dépots des espagnols"

ET alors étant donné qu'il n'y a pas de séparation entre banques de dépôts et de spéculation, ce sont pas les milliardaires qui sont propriétaires des banques !?

Vous trollez. Merci pour la prêche néolibérale mais je suis athée.

(hé oui pas de bol je regarde régulièrement mes commentaires attaqués par les voyous de toutes sortes... )

Quel triste karma vous avez vous mon pauvre ami vous hein.

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