Deutsche Bank essuie une perte record de 6,7 milliards d'euros à cause de ses litiges

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Le nouveau patron de Deutsche Bank, le Britannique John Cryan, a promis un nouveau départ avec notamment un profond changement de culture.
Le nouveau patron de Deutsche Bank, le Britannique John Cryan, a promis un nouveau départ avec notamment un profond changement de culture. (Crédits : KAI PFAFFENBACH)
Aux prises avec 6.000 procédures juridiques, la première banque allemande a dû faire face à des charges exceptionnelles de 12 milliards d'euros en 2015, entre autre à cause des provisions passées pour ces litiges (5,2 milliards d'euros).

Plombée par de nombreux scandales financiers, dont le plus célèbre reste celui du Libor, la première banque allemande anticipe une perte annuelle record. Alors qu'elle ne doit publier ses résultats officiels que la semaine prochaine, Deutsche Bank a annoncé dans un communiqué diffusé mercredi soir 20 janvier une énorme perte nette de 6,7 milliards d'euros pour l'année 2015. En cause, des charges qui s'élèvent à 12 milliards d'euros, destinés notamment à faire face à ses nombreux litiges. Ces charges exceptionnelles incluent aussi des dépréciations et des frais de restructurations et indemnités de départ.

5 milliards de provisions pour 6.000 procédures

Sur l'ensemble de l'année, les provisions passées pour litiges s'élèvent à 5,2 milliards d'euros. La banque est aux prises avec quelque 6.000 procédures juridiques, d'affaires de manipulation de taux à soupçons de blanchiment d'argent, et la liste ne cesse de s'allonger. Les dépréciations - ajustements de la valeur des actifs, essentiellement de la banque de détail Postbank et de la banque d'investissement - ont représenté à elles seules 5,8 milliards d'euros, et les charges de restructuration un milliard.

Suite à l'annonce de mercredi, le titre Deutsche Bank, coté à Wall Street, perdait 5,34%. Depuis le 1er juillet, l'action Deutsche Bank est en baisse de plus de 35%, sous-performant l'indice européen bancaire.

Vaste remaniement

Deutsche Bank s'est séparé l'an dernier de sa direction bicéphale, désavouée sur fond de rentabilité en berne et de scandales à répétition, et son nouveau patron, le Britannique John Cryan, a promis un nouveau départ avec notamment un profond changement de culture. Il veut en finir avec l'image qui colle à l'établissement de banquiers aux dents longues uniquement animés par la perspective de profits rapides.

Il a pris le taureau par les cornes et a annoncé à l'automne dernier une série de premières mesures, par exemple la fermeture de bureaux et représentations dans un certain nombre de pays. Entre suppressions d'emplois et cessions -Deutsche Bank veut se défaire de Postbank- 26.000 salariés, soit un quart des effectifs, vont quitter le giron de l'établissement.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 22/01/2016 à 5:31 :
Tout est dit sur ces Banques ! j'y ajoute la perte de leur "Honneur" !
Qu'apportent-ils de constructif à l'humanité ? Une vision " pervertie"
par des comportements dignes de voyous....c'est triste, et
déshonnorant. Ils peuvent se confondrent en excuses, le
Mal est fait !
a écrit le 21/01/2016 à 14:32 :
Ce qui est plus que gênant, c'est que cela ne s'arrête pas: au T3, on avait cru que la Banque avait passé la paille de fer, mais ils remettent cela au T4. Peut-on encore parler de comptes sincères quand on repasse quelques mois après plusieurs milliards de provisions? Au surplus, apparemment des équipes sont débauchées, et généralement, ce ne sont pas les pires qui partent les premiers. Cela fait quand même 15 ans que l'on parle de restructuration du secteur bancaire en Allemagne... un constat: le manque de rigueur et de professionnalisme..
a écrit le 21/01/2016 à 14:12 :
L'Amérique du Nord a totalement corrompus le système banquaire mondial et ensuite les américains demandent aux banques européennes de payer les dégats qu'ils ont occasioner. Double standards inadmissibles qui ne peut rester sans réaction de la part des citoyens et représentants européens.
a écrit le 21/01/2016 à 13:52 :
"Deutsche Bank, ton univers impitoyable" Courrier International
Contexte:
"Sur le banc des accusés, dans les milliers d’affaires où la Deutsche Bank est impliquée à travers le monde, figurent non seulement d’anciens employés mais aussi des dirigeants actuels. A Munich, la faillite du magnat des médias Leo Kirch est particulièrement emblématique. Le patron actuel de la banque, Jürgen Fitschen, y est accusé, avec quatre anciens hauts responsables, de faux témoignages. A Londres, des traders de la banque doivent répondre de leur implication dans la manipulation du taux interbancaire Libor. Citons encore, entre autres, les soupçons de blanchiment d’argent pesant sur la banque en Russie."
La totale!
a écrit le 21/01/2016 à 11:40 :
Il serait courageux, comme utopique, que soit révélée l'ampleur des actifs douteux des banques avec consolidation avec ceux externalisés dans "leurs fonds de diversion" qu'elles ont créés ou/et qu'elles gèrent directement et indirectement par le biais collatéral de leurs subordonnés. Avec les profits et pertes de leur trading à haute comme normale fréquence, ce pourrait être édifiant pour une information transparente.
a écrit le 21/01/2016 à 9:57 :
Merci pour cet article, information que l'on ne verra jamais ailleurs que sur un site d'information économique d'ailleurs tellement il ne faut surtout pas toucher aux reines de ce monde que sont les banques.

6000 procédures judiciaires pour escroquerie en somme, ce n'est plus d'un nettoyage dont à besoin le secteur bancaire mais d'une restructuration totale et ça devient urgent maintenant.

Mais pas de changement de politique bancaire sans changement de politique économique.
Réponse de le 21/01/2016 à 16:35 :
Sans changement de politique tout court vis à vis du monde financier.
Réponse de le 22/01/2016 à 9:59 :
Bonjour Quick, j'ai bien peur que nous ayons largement dépassé ce stade, il y a bien trop de politiciens de tous les bords et d'hommes d'affaires compromis contre la vie dorénavant.

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