En 2015, les dividendes mondiaux ont baissé de 2,2%

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Sans surprise, les États-Unis restent "le moteur de la croissance à l'échelle internationale", avec une hausse de 12,1% à 440,4 milliards de dollars, soit 43% du total mondial.
Sans surprise, les États-Unis restent "le moteur de la croissance à l'échelle internationale", avec une hausse de 12,1% à 440,4 milliards de dollars, soit 43% du total mondial. (Crédits : © Leonhard Foeger / Reuters)
La baisse "s'explique par l'exceptionnelle solidité du dollar plutôt que par des difficultés spécifiques aux sociétés", selon une étude publiée lundi. Les prévisions sont meilleures pour 2016.

1.150 milliards de dollars, soit 1.034 milliards d'euros. C'est le montant qu'ont atteint les dividendes versés aux actionnaires dans le monde l'an dernier, en baissant ainsi de 26,4 milliards par rapport à 2014, selon une étude publiée lundi 22 février par la société de gestion Henderson Global Investors.

La baisse a notamment été de 2,2%, précise ce rapport, qui analyse les dividendes payés par les 1.200 plus importantes sociétés en termes de capitalisation boursière au 31 décembre. Il note que "l'année 2015 fut, à première vue, relativement décevante pour les investisseurs", avec une baisse annuelle pour la première fois depuis le lancement de l'étude il y a sept ans.

"Un effet de change spectaculaire"

Toutefois, la baisse "s'explique par l'exceptionnelle solidité du dollar plutôt que par des difficultés spécifiques aux sociétés", développe le rapport. En prenant le chiffre retraité des effets de change et des éléments exceptionnels, en effet, "la croissance est beaucoup plus solide (9,9%)".

"L'impact de la solidité du dollar a été le plus marqué en Europe, où les mesures d'assouplissement quantitatif ont conduit à une forte baisse de l'euro", relève l'étude Henderson.

L'Europe, hors Royaume-Uni, a ainsi vu ses dividendes chuter de 12,2% à 204,5 milliards d'euros "en raison d'un effet de change spectaculaire".

La France, "plus gros payeur de dividendes" en Europe

La France a néanmoins bien tiré son épingle du jeu, en décrochant le titre de "plus gros payeur de dividendes" en Europe hors Royaume-Uni, grâce au versement de 47 milliards de dollars, en dépit d'une baisse de 15,8% par rapport à 2014. Le pays ne compte toutefois aucun groupe dans les 20 principaux payeurs mondiaux, alors que le géant pétrolier Total y figurait en 17e position en 2014.

Le Royaume-Uni reste le 2e plus gros contributeur mondial (14% du total), même si le pays "a réalisé des résultats médiocres par rapport aux autres pays développés" avec une chute de 21,7% à 107,1 milliards, note l'étude Henderson.

Les dividendes des sociétés financières en hausse

Sans surprise, les États-Unis restent "le moteur de la croissance à l'échelle internationale", avec une hausse de 12,1% à 440,4 milliards de dollars, soit 43% du total mondial. En Asie, "la Chine a enregistré la première baisse annuelle de son histoire" (-1,5% à 27,9 milliards) tandis que "2015 a de nouveau été une année exceptionnelle pour les dividendes japonais" (+5,2% à 51,9 milliards).

En terme sectoriel, "les dividendes des sociétés financières représentent quasiment le quart des dividendes" et ils ont enregistré une hausse de 5,2% en 2015. Les producteurs de gaz et de pétrole sont en 2e position, malgré une chute de 20% des dividendes versés. Royal Dutch Shell, suivi de Exxon Mobil, occupent le haut du podium.

Lire aussi: Shell veut coûte que coûte maintenir le dividende de ses actionnaires

Une augmentation en vue en 2016

"La forte baisse des dividendes des sociétés du secteur des matières premières, en particulier celles basées au Royaume-Uni, devrait freiner la croissance des dividendes en 2016" estime d'ailleurs l'étude.

Pour autant, "nos prévisions de croissance des dividendes sont positives pour l'année à venir, même si les secteurs sensibles au cours des matières premières devraient réduire leurs dividendes", a souligné Alex Crooke, spécialiste des dividendes chez Henderson Global Investors.

Les dividendes devraient augmenter de 1,6% cette année, selon Henderson, pour atteindre 1.170 milliards de dollars américains, grâce à une atténuation des effets de change.

(Avec AFP)

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a écrit le 22/02/2016 à 12:32 :
Au moins, nous avons la preuve que notre gouvernement est très compétent : leur véritable objectif est atteint : toujours plus pour les actionnaires parasites.

Nous savons où sont passés les 40 milliards du CICE et à quoi a servi tous les assouplissements du code du travail déjà réalisés.

Ceux-ci devraient continuer de fortement augmenter avec la dernière loi en préparation qui donne les pouvoirs absolus au patronat pour diminuer les salaires et augmenter les dividendes.

Le coût du travail a toujours aussi bon dos. Au vu des chiffres annoncés ici, il serait pourtant bien plus pertinent de parler du coût du capital.
a écrit le 22/02/2016 à 12:21 :
Sauf que les dividendes sont un instrument manipulateur pour attirer les investisseurs en raison du rendement nul ou négatif d'autres placements. On voit bien que certaines sociétés distribuent des dividendes alors qu'elles ne font pas de bénéfices, voire qu'elles perdent de l'argent :-)
a écrit le 22/02/2016 à 10:49 :
"La France, "plus gros payeur de dividendes" en Europe"

Tiens, la crise ne concerne donc pas tout les français ,d'ou surement le flux continu des vacanciers dans les stations de ski en ce moment.
a écrit le 22/02/2016 à 10:41 :
"Une augmentation en vue en 2016"

Ouh la ,pas bon pour les salariés cette augmentation en vue ,généralement ce sont eux qui trinquent .
a écrit le 22/02/2016 à 10:37 :
Surement les mêmes qui demandent aux salariés des efforts de productivité et d'adaptabilité au 21eme siecle.

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