La Tribune

Vous avez aimé l'investissement éthique ? Vous allez adorer le capital-risque "social"

Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Christine Lejoux  |   -  491  mots
La société de capital-développement Citizen Capital vient de boucler une levée de fonds de 22 millions d'euros. Son objectif : financer des entrepreneurs des cités. Le "social venture" représente un milliard d'euros d'investissements en Europe.

La patience est souvent récompensée. Citizen Capital, créé il y a quatre ans, vient enfin de boucler la levée de son premier fonds, d'un montant de 22 millions d'euros. Notamment grâce au tout récent apport d'un million d'euros effectué par HSBC France, qui se retrouve ainsi actionnaire d'une société de capital-développement très spéciale, au côté d'autres investisseurs institutionnels, comme La Banque Postale, AG2R La Mondiale ou bien encore la CNP. Très spéciale car Citizen Capital, fondée en 2008 par Laurence Méhaignerie et Pierre-Olivier Barennes, a pour but d'allier performance financière et "impact social positif." Concrètement, la société de capital-développement promet à ses actionnaires une rentabilité brute annuelle de 15% au moins, et leur assure que l'argent qu'ils lui confient financera des entrepreneurs issus des cités et des minorités, souvent oubliés par les investisseurs traditionnels.

Un objectif de trois à quatre investissements par an

Citizen Capital vient ainsi d'investir trois millions d'euros dans la société de restauration rapide eat SUSHI, basée à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) et fondée en 2006 par deux frères, Mourad et Yahia Benamer. Cette très jeune société, qui emploie près de 500 personnes, a réalisé en 2011 un chiffre d'affaires de 25 millions d'euros, en hausse de 50%. Ce qui en fait l'archétype des entreprises dans lesquelles Citizen Capital souhaite investir, à savoir de petites PME en forte croissance. Au total, la société de capital-développement a investi huit millions d'euros depuis sa création, dans quatre entreprises. Elle compte aujourd'hui passer à la vitesse supérieure, avec un objectif de trois à quatre investissements par an, au cours des prochaines années.

Citizen Capital, qui est l'un des pionners du "social venture" (capital-risque social) dans l'hexagone, a-t-il fait des émules? "Les fonds de social venture ne sont pas encore légion en France", observe Marine de Bazelaire, directrice du développement durable chez HSBC France. Qui a "un historique de prises de participations dans ce type de fonds. En 2007, nous avions placé un million d'euros dans FinanCités [créé par PlaNet Finance ; Ndlr]. Nous avons également investi dans le fonds BAC (Business angels des cités) Partenaires II", rappelle Marine de Bazelaire. Pour cette dernière, pas de doute, "il existe de la place pour un plus grand nombre de fonds (de social venture)", en France.

De fait, les autres expériences européennes sont encourageantes. Selon les statistiques publiées pour la première fois, en novembre dernier ,par l'Epva (European philanthropic venture association), les 141 membres de cette association créée en 2004 ont investi au total un milliard d'euros, au cours des sept dernières années. Près de la moitié  (48%) de ce montant a été alloué à des PME des secteurs de la santé et de l'éducation, afin de venir en aide aux populations les plus fragiles. Comme quoi argent et éthique ne sont pas forcément incompatibles.

Réagir

Commentaires

Mordrakheen  a écrit le 13/03/2012 à 14:20 :

du grand n importe quoi c est comme au temps de l avant explosition de la bulle internet avec du .com à toutes les sauces ...La crise a inventé l epargne bio dégradable 64.000 milliards de dollars disparus sans emission de co2 top classe moumoute of the dead non???

moutarde  a écrit le 12/02/2012 à 18:38 :

Voila le bon placement pour tous nos parlementaires !Mais on ne les entend pas dire qu'ils ont placé leurs milliers d'euros dans ce beau fond alors qu'ils clament la solidarité à "tours de bras "...

Frs  a écrit le 11/02/2012 à 18:07 :

de l'investissement ethnique pkoi pa

Licence to live  a répondu le 22/05/2012 à 13:51:

Wesh, wesh, z'y va je kiffe cousin

cjesus  a écrit le 11/02/2012 à 13:19 :

"capital-risque social" = hérésie!

GG  a écrit le 11/02/2012 à 7:07 :

QUID DE LA RENTABILITE ?????