Assurance-vie : ciel, les taux remontent !

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Pour 2012, le taux de rendement moyen des fonds en euros pour l'assurance-vie devrait s'établir à 3,3%. Photo : Reuters
Pour 2012, le taux de rendement moyen des fonds en euros pour l'assurance-vie devrait s'établir à 3,3%. Photo : Reuters
Les fonds en euros des contrats d'assurance vie vont mieux rémunérer l'épargne cette année. Ils devraient verser en moyenne 3,3% en 2012 contre 3% en 2011, d'après les calculs du cabinet conseil Facts & Figures.

Le rémunération de l'assurance vie va repartir à la hausse cette année. Selon la simulation du cabinet conseil Facts & Figures qui vient de publier son baromètre 2012 assurance vie-épargne, le taux de rendement moyen des fonds en euros s'établira à 3,3%, soit mieux que la moyenne du marché pour 2011 qui est de 3%. Voilà de quoi réjouir les millions d'épargnants qui ont choisi d'investir massivement sur ce placement : près de 90% des 1360 milliards d'euros d'encours d'assurance vie sont en effet investis sur des fonds en euros. Ils ont l'avantage de garantir le capital, qui ne peut jamais baisser et qui est augmenté chaque année d'un taux de rendement financier définitivement acquis.
 


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Taux moyen des emprunts d'Etat et Cac 40

Facts & Figure obtient cette "hypothèse centrale" de 3,3% (plus ou moins 0,20) en croisant des scénarios d'évolution du taux de rendement moyen des emprunts d'Etat (TME) et d'évolutions du Cac 40. « Au cours des dix dernières années, la courbe du rendement des fonds en euros a été assez proche de celle de l'évolution du TME, avec chaque année, une correction positive ou négative liée à l'évolution des marchés boursiers et/ ou à la dépréciation de certaines lignes obligataires », observe Cyrille Chartier-Kastler, président fondateur de Facts & Figures.
 

Le rendement est passé  de 5,3% à 3% en dix ans

Or, depuis 2001, le taux de rendement moyen des fonds en euros a baissé avec régularité. Il est passé de 5,3% en 2001 à 3% en 2011 sans à-coups grâce à l'effet de lissage de la provision pour participation aux excédents (PPE). Cette provision est constituée de réserves de plus-values réalisées par l'assureur et mises en réserve pour être distribuées plus tard. 

Juridiquement, ces réserves appartiennent aux assurés et l'assureur a huit ans pour les restituer dans les contrats. Les années fastes, durant lesquelles les plus-values sont volumineuses, la compagnie alimente la provision pour participation aux excédents. Et les années de vaches maigres, il puise dans la PPE pour gonfler un peu le taux de rendement des fonds en euros de ses contrats d'assurance vie. "La PPE a parfaitement joué son rôle d'amortisseur et de lissage des évolutions des marchés financiers au cours de ces trois dernières années", souligne Cyrille Chartier-Kastler.
 


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La provision pour participation aux excédents : un matelas de plus-values

D'après les calculs effectués par F&F, le taux de rendement moyen de 3,90% servi en 2008 (net de prélèvements sociaux), provenait en effet pour 3,45 du rendements des actifs financiers des fonds en euros de l'année et pour 0,45 de la provision pour participation aux excédents. Cette année là, la PPE a donc été utilisée pour freiner la baisse.

En revanche, l'année suivante, en 2009, le taux de rendement moyen des fonds en euros s'est établi à 3,70% alors que les portefeuilles financiers avaient rapporté en moyenne 4%. Les assureurs ont donc choisi de placer l'équivalent de 0,30 du rendement en réserve. Enfin en 2010, le taux moyen servi sur les fonds en euros n'a été que de 3,40% alors que le rendement financier moyen des fonds en euros a atteint 3,65%. La PPE a donc été alimentée pour l'équivalent de 0,25%.
 

Les compagnies bien armées

Il ne s'agit ici que de moyennes. D'une société à l'autre, la situation réelle peut donc être très variable. Certains contrats (comme celui de l'association Afer) n'ont d'ailleurs pas du tout de PPE et distribuent donc intégralement la performance financière de leur portefeuille dans l'année de sa réalisation.

Mais cette vision globale  permet de mieux comprendre pourquoi l'assurance-vie ne suit pas complètement les soubressauts des actifs financiers sur lesquels l'épargne est placée. Grâce à cette provision pour participation aux excédents, ainsi qu'à la réserve de capitalisation qui accueille les plus-values obligataires, les compagnies d'assurance sont bien armées pour résister à de nouveaux chocs sur les dettes souveraines des pays périphériques de la zone euro, les PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne).
 

Le poids des pays périphériques de la zone euro

"Fin 2010, la PPE pesait en moyenne 210 points de rendement en réserve dans les comptes [2,10%, ndlr]. En prenant une hypothèse de 6% de PIIGS dans les comptes des opérateurs fin 2011 et d'un choc de 20% en 2012, la PPE permettrait de faire face", indique l'étude de Facts & Figures. D'après la simulation du cabinet, dans l'hypothèse retenue à savoir un poids moyen des obligations souveraines des PIIGS de 6% dans les portefeuilles des compagnies d'assurance et un taux de dépréciation globale de ces obligations des PIIGS de 20% en 2012, l'effet sur le rendement des fonds en euros serait de 1,20%.

Or, le stock global de PPE au 31 décembre 2010 (derniers chiffres disponibles) rapporté aux provisions mathématiques moyennes des compagnies s'élevait à 2,10%. Quant à la réserve de capitalisation, F&F l'évalue à 1,08% à la même date (31/12/2010). Si bien qu'au total, le cabinet évalue le "rendement en réserve" des compagnies d'assurance à 3,18%. Largement de quoi faire face à un choc de 1,20% lié à la dépréciation des obligations souveraines des PIIGS.

L'exercice peut paraître théorique, les positions individuelles des assureurs étant très différentes. Certaines compagnies ont fait le choix de céder toutes leurs obligations PIIGS fin 2011, d'autres en ont encore 10 à 12% en portefeuille. Cette simulation a toutefois le mérite de montrer que les compagnies d'assurance ont les moyens de résister à des chocs financiers importants, tout en protégeant les capitaux que les épargnants leur ont confiés.
 


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Commentaires
a écrit le 27/02/2012 à 13:54 :
Ce n'est pas formidable : les élections passées, le fisc va fondre comme un rapace sur ces économies... Sans parler de la vraie inflation qui redécolle.
a écrit le 20/02/2012 à 17:43 :
Et les avantages fiscaux de transmissions de l'assurance vie !!!!! Il n'y a pas que le rendement qui compte....
a écrit le 19/02/2012 à 21:13 :
J'ai déjà prévu un rachat, 2.8% cette année pour moi

La goutte d'eau qui a fait débordé le vase
a écrit le 19/02/2012 à 8:40 :
Si le taux du livret A avait été rapporté à 2,75%, les autres placements auraient, pour être attractifs, rapportés plus..
a écrit le 18/02/2012 à 17:03 :
Bon sang, 0,3 % de plus bruts ! Mais qu'allons-nous faire de cette masse colossale d'argent supplémentaire ? Attendez, petit calcul : augmentation de la CSG et du CRDS sur les intérêts de l'assurance-vie et inflation (officielle) à 2,7 %. Ah, tiens oui. La rentabilité est nulle.
Réponse de le 27/02/2012 à 15:04 :
Nos candidats à la Présidence se chargent de régler les comptes , en rase motte ...... ...

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