La Tribune

Private equity : des "niches" qui rapportent

Le marché secondaire devrait passer de 25 milliards de dollars en 2011 à 30 milliards cette année, selon Triago.Copyright Reuters
Le marché secondaire devrait passer de 25 milliards de dollars en 2011 à 30 milliards cette année, selon Triago.Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Christine Lejoux  |   -  520  mots
LBO de taille moyenne, développement durable et marché secondaire sont les créneaux d'investissement privilégiés par le fonds de fonds Unigestion.

A l'heure où les investisseurs se font de plus en plus rares, le private equity s'efforce de leur donner des raisons de croire en son potentiel. Unigestion a ainsi organisé, ce mercredi, une conférence portant sur les opportunités d'investissement dans le private equity. La société de gestion suisse, qui agit en tant que fonds de fonds - elle prend des participations dans des fonds de capital-investissement et non pas directement dans des entreprises -, milite en faveur d'une stratégie de niches. A commencer par les investissements dans des fonds de LBO (Leverage Buy-Out : acquisition par endettement) spécialisés dans les opérations de taille petite et moyenne, c'est-à-dire pour des valeurs d'entreprise comprises entre 50 et 500 millions d'euros.

Des transactions pour lesquelles il demeure possible de trouver des financements bancaires, alors que ce n'est plus le cas pour les gros LBO, depuis l'éclatement de la crise financière, à l'été 2011. Conséquence, les rendements des fonds de LBO petits et moyens ne sont pas affectés par la baisse de l'effet de levier de la dette, contrairement aux grands fonds de LBO, contraints aujourd'hui de financer en capitaux propres plus de 50% du prix d'une acquisition.

Un fonds de 150 millions d'euros pour le développement durable

Autre suggestion formulée par Unigestion : l'investissement dans des fonds axés sur le développement durable. Attention, pas uniquement sur les énergies renouvelables, on les a trop vues, mais dans des domaines moins connus, comme les matériaux isolants recyclés. Unigestion avait ainsi lancé l'an dernier un fonds de 150 millions d'euros, qui a déjà levé 60,5 millions, et dont le closing final interviendra fin décembre. Via ce véhicule, Unigestion pourra d'ailleurs investir dans des fonds de capital-risque, parent pauvre du capital-investissement, mais « pas en early-stage », c'est-à-dire lors des toutes premières années d'existence des start-up, prévient Christian Dujardin, responsable du développement des produits chez Unigestion. Prendre des risques, d'accord, mais pas trop.

Un marché secondaire estimé à 30 milliards de dollars en 2012

Enfin, à l'instar de la société de conseil en levées de fonds Triago, Unigestion loue le potentiel du marché secondaire, sur lequel les fonds rachètent les participations que des investisseurs détiennent dans des fonds de capital-investissement, et qu'ils souhaitent céder avant la fin de la durée de vie de ces fonds. Soit parce qu'ils ont besoin d'argent, soit pour des contraintes réglementaires. C'est le cas des banques et des assureurs qui, en raison des futures réglementations Bâle III et Solvabilité II relatives à leurs fonds propres, ne peuvent plus se permettre d'être aussi investis que par le passé en private equity. Sous l'effet, notamment, de leurs cessions de portefeuilles de capital-investissement, le marché secondaire a atteint 25 milliards de dollars, en 2011, à l'échelle mondiale, et devrait grimper à 30 milliards cette année, selon Triago. Une montée en puissance qui devrait permettre au deuxième fonds secondaire lancé par Unigestion, en juin 2011 et pour un montant de 190 millions d'euros, de générer un taux de rendement interne annuel « de plus de 20% », estime Christian Dujardin.
 

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Commentaires

EthiConseil  a écrit le 20/04/2012 à 10:51 :

"Autre suggestion formulée par Unigestion : l'investissement dans des fonds axés sur le développement durable."

S'il est vrai que fonds thématiques (exclusivement développement durable) sont une solution appréciée des investisseurs, précisons aussi que les fonds intégrant les principes ESG (environnement, social, gouvernance) dans leurs décisions d'investissement et processus de suivi de participation, commencent à réellement recevoir une attention particulière des investisseurs, notamment anglo-saxons et nord-européens.

Il s'avère d'ailleurs moins contraignant et économiquement plus équilibré d'accompagner les participations (quel que soit leur secteur d'activité) vers une gestion s'approchant des principes du développement durable, que de focaliser ses investissements sur ce thème en particulier.
Il s'agit d'une démarche certes plus impliquante pour le gestionnaire du fonds mais plus payante en termes de valorisation.
Philippe Humeau

Directeur associé

EthiConseil