La Tribune

Cette banque brésilienne qui veut se faire aussi grosse que Goldman Sachs

La mise sur le marché de la banque BTG est la plus importante introduction à la Bourse de Sao Paulo depuis octobre 2009. Copyright Reuters
La mise sur le marché de la banque BTG est la plus importante introduction à la Bourse de Sao Paulo depuis octobre 2009. Copyright Reuters
Christine Lejoux  |   -  627  mots
L'ambitieuse banque d'affaires BTG s'introduit ce jeudi à la Bourse de Sao Paolo, où elle souhaite lever 1,5 milliard de dollars. Un montant qui fait de cette opération la quatrième plus grosse IPO des douze derniers mois, dans le monde.

Les fables de La Fontaine sont indémodables. Celle de la grenouille et du b?uf trouve actuellement une illustration parfaite dans le secteur bancaire. Avec, dans le rôle de la grenouille, la banque d'affaires brésilienne BTG, qui fait ce jeudi ses premiers pas à la Bourse de Sao Paulo et, dans le rôle du b?uf, Goldman Sachs, l'une des stars de Wall Street. Hasard du calendrier, c'est à l'heure où plusieurs banques d'investissement américaines s'apprêtent à tailler encore dans leurs effectifs, que BTG décide de s'introduire en Bourse, pour une valorisation à faire pâlir d'envie ses concurrentes des pays matures.

En mettant 10% de son capital sur le marché, la banque brésilienne dirigée par le milliardaire André Esteves va lever 1,5 milliard de dollars. Ce qui fera de son introduction en Bourse la plus importante jamais réalisée a Sao Paulo depuis celle de Banco Santander Brasil, en octobre 2009 (7,5 milliards), et la quatrième plus grosse IPO (Initial public offering) de ces douze derniers mois, à l'échelle mondiale. Surtout, son prix d'introduction valorise BTG 15 milliards de dollars, soit...trois fois son actif net, alors que l'indice KBW des banques américaines se traite sur la base d'un multiple de 0,86 seulement, et que l'indice Bloomberg des 500 premières banques européennes affiche un "price to book" encore inférieur, à 0,57 !

BTG, numéro un du conseil en fusions et acquisitions au Brésil

Il est vrai qu'à l'inverse de ses rivales américaines et européennes, BTG opère sur un marché brésilien du conseil en fusions et acquisitions plutôt bien portant. Au premier trimestre, il a grimpé de 5,6%, à 22 milliards de dollars, d'après Thomson Reuters, alors qu'il s'est effondré de 44% à l'échelle mondiale, en raison de la crise de la dette dans la zone euro et de perspectives économiques incertaines tant aux Etats-Unis qu'en Europe. De quoi permettre à BTG de poursuivre sur la lancée de ces dernières années, qui l'ont vue passer du statut de boutique à celui de première banque d'affaires indépendante brésilienne.

Depuis 2006, BTG a piloté sept IPO sur dix au Brésil, et conseillé une opération de fusion et acquisition sur quatre. En 2011, année au cours de laquelle BTG s'est classée numéro un sur le marché brésilien des M&A (mergers and acquisitions) selon Dealogic, Thomson Reuters et Bloomberg, son bénéfice net a bondi de 70%, à 1,1 milliard de dollars, pendant que ceux des banques d'investissement de Wall Street et de la City s'écroulaient au rythme de la déconfiture des marchés boursiers.

BTG, Better Than Goldman Sachs

BTG compte faire encore mieux au cours des prochaines années, en poussant ses feux à l'étranger. A commencer par l'Amérique Latine, où elle étudie des acquisitions au Chili, en Colombie et au Pérou. C'est d'ailleurs pour financer cette stratégie de croissance externe que la banque tente l'aventure de la Bourse. Son objectif : devenir ni plus ni moins que la première banque d'investissement des pays émergents, d'ici à 2020. Une ambition telle que la communauté financière n'hésite pas à traduire ses initiales, lesquelles signifient en réalité "Banking & Trading Group", par "Better Than Goldman (Sachs)."

Et, dans un récent article, le Financial Times qualifiait BTG de "Goldman Sachs des Tropiques." Certes, à 15 milliards de dollars, la capitalisation de la Brésilienne ne représente encore qu'un quart de celle de sa grande s?ur américaine. Mais son introduction en Bourse gonflera tout de même de 4,5 milliards de dollars le patrimoine de son patron, André Esteves, propriétaire de 30% du capital de BTG et déjà à la tête, à 43 ans, d'une fortune de trois milliards de dollars, selon le magazine Forbes.

 

 

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Commentaires

stanley  a écrit le 26/04/2012 à 19:01 :

são PaUlo avec un U pas un O