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Laura Fort | 21/06/2012, 20:49 - 1205 mots
Jérome Kerviel est sous le coup de trois chefs d'accusation : abus de confiance, introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé, faux et usage de faux. Son procès en appel a commencé lundi 4 juin. Suivez en direct la huitième journée d'audience couverte par notre journaliste Laura Fort, avec les clés pour comprendre le procès. Retrouvez le compte-rendu de la première journée d'audience, le compte-rendu de la deuxième journée d'audience, le compte-rendu de la troisième journée d'audience, le compte-rendu de la quatrième journée d'audience, le compte-rendu de la cinquième journée d'audience, le compte-rendu de la sixième journée d'audience, le compte-rendu de la septième journée d'audience, et le compte-rendu de la huitième journée d'audience.
Jeudi 21 juin
20h40. L’audience est levée. Les débats sont terminés. Rendez-vous lundi 25 juin, pour les plaidoiries des parties civiles.
20h05. J. Kerviel :"Je n’attends qu’une chose, c’est que ce calvaire se termine, pour moi, pour mes proches, pour la vérité et pour la justice"
Jean-Raymond Lemaire, dirigeant d’une société de conseil dans le domaine informatique, sera le dernier témoin de la journée, cité par la défense.
L’homme, de belle carrure, cheveux gris et moustache, s’exprime d’une voix posée.
Me David Koubbi, avocat de Jérôme Kerviel l’interroge : Comment avez-vous rencontré J. Kerviel ?
J-R L : Une avocate que je connais bien, Me Meyer m’a appelé pour me demander de rencontrer son client, J. Kerviel.
DK : Vous avez embauché J. Kerviel par la suite. Pendant combien de temps ?
J-R L : De mars 2008 à janvier 2011, sachant qu’il travaillait à mi-temps en 2010. Je l’ai embauché pour l’aider. Il gérait la comptabilité, la trésorerie et le contrôle de gestion. C’est pas un pro d’informatique, mais c’est un pro d’excel.
DK : Vous embauchez une personne condamnée ?
J-R L : La décision est prise quand vous vous trouvez avec quelqu’un qui peut être votre fils et qui a besoin d’aide. Il est gentil, aimable, poli, très correct.
DK : Il a trahi votre confiance ?
J-R L : Pas encore.
DK : Vous êtes ce qu’on peut dire un témoin de moralité. Que pourriez-vous dire sur qui est J. Kerviel, en dehors des fantasmes qu’on entend ?
J-R L : C’est pas un génie, ça se saurait. C’est un gentil garçon. Il fait les choses qu’on lui dit. C’est quelqu’un qui n’a pas beaucoup d’initiative. Il avait un petit défaut : il n’arrivait pas de bonne heure, mais il ne partait pas de bonne heure non plus.
DK : Honnête ou malhonnête ?
J-R L : Honnête pour moi.
DK : Il lui est reproché d’avoir médiatisé son cas. Il a envie d’être exposé ?
J-R L : S’il y a des gens qui se sont exposés dans ce dossier, ce sont les avocats.
Lesquels ? demande la présidente.
La salle rit, Me Koubbi, rouge, éclate de rire aussi.
J-R L : Je lui ai donné un seul conseil, parler un minimum. A ce moment-là, les photos étaient mises à prix. J’avais interdit à mes collaborateurs de le prendre en photo. Et un jour, on est allés chez le coiffeur pour dames et on a envoyé une photo à l’AFP.
DK : Vous avez le sentiment, quand il a été décrit, que c’était le J. Kerviel que vous connaissiez ?
J-R L : Il y a un J. Kerviel d’avant, que je n’ai jamais connu. Moi j’ai connu un J. Kerviel gamin, qui parlait tout bas en regardant par terre.
DK : Comment le trouvez-vous en ce moment ?
J-R L : On ne s’appelle pas tous les jours. On déjeune ensemble de temps en temps. Il faut que ça se passe. Il faut que ça s’arrête.
Le témoin est libéré et la présidente appelle J. Kerviel à la barre : Que pouvez-vous nous dire sur vous ?
J. Kerviel se lance alors dans une grande tirade, la voix grave et parfois la gorge serrée par l’émotion : On m’a demandé plusieurs fois en première instance « Qui êtes-vous M. Kerviel ? ». Mais en fait je ne la comprenais pas cette question.
J’ai été éduqué dans une famille qui a des valeurs, où l’argent n’est pas au centre. La valeur principale est la valeur travail. Ma mère tenait un salon de coiffure et systématiquement j’allais y travailler le week-end. Quand M. Bouton dit que l’intérêt que je poursuivais c’était le bonus, je le prends comme une insulte. Ces mots-là me blessent et blessent mes proches. Quand je suis rentré à la Société Générale, on m’a petit à petit inoculé de nouveaux codes. Pendant quatre ans, ma parole a été mise en doute et j’ai toujours dit la vérité. J’ai certainement évolué pendant mes années à la Société Générale. Je ne courais pas après le poste de trader. Je n’ai jamais eu de complexe d’infériorité. Et j’étais fier d’avoir eu ce poste. Mon objectif était de ramener le maximum d’argent pour la banque, de faire bien mon boulot, c’était une passion, j’y passais mes jours et mes nuits. J’ai très certainement été déconnecté de la réalité. J’ai été blessé et choqué pendant toutes ces années de me faire accuser d’avoir inventé un système frauduleux, alors qu’on m’encourageait à le faire.
Je me suis pris un coup de batte de baseball dans la tête en janvier 2008, parce voir que le monde dans lequel je vivais et une entreprise que j’aimais, pour moi c’était une famille, voir comment ces gens-là m’ont lâché du jour au lendemain, ça m’a aussi blessé.
Ma mère a développé une maladie pendant cette affaire, elle est aujourd’hui en fauteuil roulant. Elle a eu un accident récemment, elle a failli mourir. Je n’attends qu’une chose, c’est que ce calvaire se termine, pour moi, pour mes proches, pour la vérité et pour la justice.
DK : Vous avez appris des choses depuis que vous êtes devenu trader ?
JK : Je me suis rendu compte de la virtualité des relations humaines. Mais paradoxalement j’ai eu des rencontres formidables ces quatre dernières années.
DK : Au plus profond de vous, vous considérez que vous devez demander pardon à la Société Générale ?
JK : Les excuses que j’aurais à donner, c’est vis-à-vis des salariés. Mais c’est difficile de le faire quand on ne comprend pas soi-même ce qui est en train de se passer. Maintenant, j’ai compris.
DK : Vous êtes revenu dans la réalité ?
JK : Complètement.
DK : Vous avez foi en la justice ?
JK : Bien sûr.
DK : Pourquoi ?
JK : C’est comme ça que j’ai été éduqué.
19h50. "Jérôme Kerviel est quelqu'un qui ne fait pas d'histoires"
La défense a encore deux témoins à présenter. Honneur aux dames, dit Me David Koubbi, avocat de Jérôme Kerviel : Vanina Germain, salariée dans le secteur bancaire, qui intervient comme témoin dit de personnalité.
Me David Koubbi : depuis combien connaissez-vous Jérôme Kerviel ?
Vanina Germain : Depuis 1996.
DK : Il est au rang de vos amis ?
VG : Oui.
Et retrouvez notre dossier spécial sur l'affaire Kerviel, les clés pour comprendre le procès (noms, définitions), les analyses de Valérie Segond et de François Lenglet après le verdict de 2010, ce que sont devenus les protagonistes de l'affaire, les plaintes déposées par Me David Koubbi (avocat de Jérôme Kerviel) et par Me Jean Veil (avocat de Société Générale), le témoignage de l'ancienne conseillère en communication de Jérôme Kerviel, et le contexte politique dans lequel s'inscrit le procès.
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Rideau!! a écrit le 22/06/2012 à 18:37 :
2008 à 2012 de pression intensive, d'etalage dans les medias, JK a largement payé pour un système qui ne demandait qu à imploser de l'intèrieur!! Il a certainement fait des erreurs, perdu pieds à un moment donné, mais il n'est pas responsable de la crise actuelle des banques!!! je ne le connais pas mais en tant qu'ancien trader je ne crois pas un seul instant au qualificatif d'escroc...que la justice lui rende son anonymat une bonne fois pour toutes!
Garlic a écrit le 22/06/2012 à 12:44 :
Impossible de croire Kerviel une seule seconde. Quiconque avec ne serait ce que la moitie d un cerveau ne prendrait jamais de telles positions, il me semble donc tres peu probable que Bouton and co puissent etre au courant et laisser faire.. Quand a la theorie du complot, c'est encore plus debile. Kerviel est un rogue trader comme il y en a eut d autres avant et apres lui... ...Je ne comprends pas que tant de personnes soutiennent cet escroc...
Tibo a répondu le 22/06/2012 à 13:52:
La question n'est pas de soutenir de façon aveugle cet homme, mais aussi de se poser des questions sur un système ou on encourage les traders à gagner de plus en plus d'argent pour lorsqu'ils vont loin trop jouer à la vierge effarouchée jurant ses grands dieux que s'il y avait eut des dérives même positive pour la banque ils n'auraient pas laissé faire. C'est un système ou l?hypocrisie est de mise. Maintenant traiter Kerviel d'escroc est un peu gros lorsqu'on sait qu'il a juste bénéficié du même système que les autres (les bonus) sans détourner d'argent pour lui.
@ Tibo a répondu le 22/06/2012 à 15:10:
Le même système que les autres traders oui mais pas les mêmes bonus. Il a touché beaucoup plus que ses petits copains de par ses poistions et en a réclamé encore plus. A preuve du contraire il les a empoché (qui ne l'aurait pas fait?) alors l'argument "je voulais faire gagner la banque" on y croit tous.
Tibo a répondu le 22/06/2012 à 15:40:
C'est bien là ou je venais en venir, s'il a touché plus de bonus que les autres c'est bien que ses supérieurs ont estimé que ces prises de positions même entachées d'alertes, ces dernières ne datant pas que de la fin 2007-début 2008, ont fait gagner de l'argent à la banque de façon significative. Donc de façon volontaire (ou non ?) ils l'ont laissé faire. Au début ça allait les montant étaient juste énormes, mais quand ça a commencé à être des sommes astronomiques... bah oups malaise y a péril en la demeure on ne maîtrise plus "l'avion" donc on le fait exploser en plein vol.
@ Tibo a répondu le 22/06/2012 à 16:03:
Encore une fois vous ne regardez pas dans les détails: JK prenait des positions fictives uniquement pour masquer ses énormes gains momentanément (ce qui lui permettait de ne pas éveiller les soupcons). Il n'attirait ainsi pas l'intention et se contentait de déclarer des résultats juste "très bons" (50 millions de résultats le reste soit plus d'un milliard caché par des positions fausses). Il comptait utiliser son enveloppe ainsi petit à petit pour s'assurer une continuité dans les bonus et s'assurer la place de meilleur trader du desk.
Tibo a écrit le 22/06/2012 à 11:56 :
Bouuuh le vilain Kerviel qui a fait du mal à la gentille SG... C'est marrant mais tant qu'il faisait gagné du pognon à la banque toutes les alertes qui étaient levées n'intéressaient personnes (CF les supérieurs qui ne lisaient pas ou partiellement les mails...) mais des que le marché a commencé à se casser la gueule là on se pose des questions... Que Kerviel ait complètement perdu la raison est une certitude, mais je pense que la responsabilité de ses supérieurs dans cette fuite en avant est peut être à étudier.
Bili hari a écrit le 22/06/2012 à 09:00 :
La seule question? pourquoi changer d'un iota la sentence précédente? Ah oui, le complot...JK, nous n'oublions pas les 6.3 euros par titre perdus, la mise à risque des emplois de tous les salariés, les carrières brisées des supérieurs sanctionnés, le manque à gagner de l'état français sur l'IS de 1.7 milliards, le déni y compris en procédure d'appel, et les frais de justice..
Foudras a écrit le 22/06/2012 à 00:46 depuis un Iphone :
Ce type est malade et dangereux.... Mentir a ce point est fou, il finira par se flinguer car il ne pourra pas indefiniement vivre comme cela.... Le plus junior des traders comprend que sa position etait debile, alors essayer de faire croire que cest la sg qui l'envourageait est absurde... C'est etonnant de voir tant d'imbeciles pour le croire
pfffffffffffff a répondu le 22/06/2012 à 12:25:
n importe quoi!!!!!!!!!!!!!!!!!
pfffffffffffff a répondu le 22/06/2012 à 12:25:
n importe quoi!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Garlic a répondu le 22/06/2012 à 12:48:
100% d'accord avec Foudras.
non a répondu le 22/06/2012 à 14:51:
il a ete pris a son jeu , il est loin d'etre fou plutot trop intelligent meme
@ non a répondu le 22/06/2012 à 15:32:
Heu...mettre en péril une boîte de plus de 30 000 salariés en jouant a ses jeux-videos, je ne pense pas que c'est faire preuve d'une grande intelligence. Prendre une position non couverte de 50 milliards non plus. Mais si vous le dites..
Nul Kerviel a écrit le 21/06/2012 à 21:55 depuis un Iphone :
Et ton ancien employeur il attend quoi ? Le remboursement ?...
c possible a répondu le 21/06/2012 à 23:40:
j;kerviel a ete deconnecte de la realite surement
oui a répondu le 22/06/2012 à 14:52:
oui deconnecte mais quand meme fautif en voulant trop faire gagner