Procès Kerviel : suivez en direct le septième jour d'audience

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La septième journée du procès en appel de Jérôme Kerviel a commencé ce lundi 18 juin. La présidente de la Cour, qui n'a jusque là pas ménagé l'ancien trader, condamné le 5 octobre 2010 à cinq ans de prison, dont trois fermes, ainsi qu'à 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts, entend aujourd'hui différents témoins à la barre, dont les anciens supérieurs de Jérôme Kerviel.

Jérome Kerviel est sous le coup de trois chefs d'accusation : abus de confiance, introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé, faux et usage de faux. Son procès en appel a commencé lundi 4 juin. Suivez en direct la septième journée d'audience couverte par notre journaliste Laura Fort, avec les clés pour comprendre le procès. Retrouvez le compte-rendu de la première journée d'audience, le compte-rendu de la deuxième journée d'audience, le compte-rendu de la troisième journée d'audience, le compte-rendu de la quatrième journée d'audience, le compte-rendu de la cinquième journée d'audience et le compte-rendu de la sixième journée d'audience.

Lundi 18 juin

20h55. L?audience est levée. Les interventions des deux anciens supérieurs de Jérôme Kerviel, Eric Cordelle et Martial Rouyère, peu percutantes et n?apportant pas d?éléments nouveaux à l?affaire, n?ont pas semblé émouvoir la Cour. Clair, posé, didactique, Richard Paolantonacci et ses « 25 ans de banque » auront davantage permis d?éclaircir le débat. Rendez-vous mercredi 20 juin pour l?audience de nouveaux témoins.

20h30 "Jérôme Kerviel était dans une espèce de fuite en avant"
Me David Koubbi, avocat de Jérôme Kerviel, intervient : Vous disiez que 80 milliards face à Baader nécessitait une mobilisation de fonds propres énorme. Qu?est-ce que ça vous a fait de voir cet engagement ?
RP : C?est un nominal d?opération important et pour moi, face à un broker, c?était une erreur.
DK : Comment ça se fait que l?Eurex voit des positions massives vendeuses et acheteuses, et pas vous ?
RP : Je l?ai vu a posteriori, dans le bureau du juge d?instruction.
DK : Au sujet de M. Mougard, assistant trader de J. Kerviel, vous nous confirmez que toutes les alertes convergeaient bien vers lui ?
RP : Non, pas toutes. C?est celui qui est en charge de la saisie des opérations, de la fonction de reporting et qui a la meilleure perception de l?activité du trader.
Me Reinhart, avocat de Société Générale, interroge le témoin : Pourquoi J. Kerviel vous a-t-il menti le 18 janvier 2008 ?
- Pièces à l?appui, Mme la présidente ! râle Me Koubbi.
Me Reinhart reprend sa question.
Richard Paolantonacci : Je n?ai pas de réponse. Mais il était dans une espèce de fuite en avant et s?adaptait à son interlocuteur, et à la précision de la question.
 

19h20. "Des gens ont certainement pêché par excès de confiance"

Après une suspension, l?audience reprend. A cette heure-ci, ne restent plus que cinq journalistes et le public est clairsemé.
La Cour entend maintenant comme témoin Richard Paolantonacci, chargé de la surveillance des risques à la Société Générale à l?époque des faits.
Il s?avance, sacoche à la main, costume noir, cravate bleue, classique, et accroche ses lunettes de vue à sa pochette. Il travaille toujours aujourd?hui à la Société Générale, chargé de la gestion de la liquidité de la banque d?investissement.
Richard Paolantonacci se lance : J?étais amené à regarder l?activité de Jérôme Kerviel, car c?est à cette époque qu?on a commencé à mener des réflexions sur la consommation de fonds propres des activités de marché. Je connaissais J. Kerviel au même titre que les autres personnes du front-office, on n?avait pas de liens hiérarchiques. J?avais avec lui des relations cordiales. Certaines opérations semblaient montrer une consommation anormalement élevée de fonds propres. Le risque de contrepartie est jugé d?autant plus important que la contrepartie est fragile. En face de ce risque, la banque doit mettre du capital en face.
Un des indicateurs pour surveiller la bonne adéquation du capital au risque s?appelait à l?époque le ratio Cooke.
Mireille Filippini, la présidente de la Cour, lui demande alors d?expliquer comment il a décortiqué l?opération avec Deutsche Bank en 2007. Huit opérations d?achats-ventes de forwards d?un encours total de 80 milliards d?euros passées face à un courtier allemand Baader était apparu en anomalie. Ces opérations supposaient une allocation de 2,4 milliards en fonds propres. J. Kerviel avait ensuite expliqué qu?il s?agissait d?une erreur et que la contrepartie était finalement Deutsche Bank.
L?avocat général : Pourquoi vous avez vérifié cette opération ?
Richard Paolantonacci : C?est plutôt un enchaînement d?événements. C?est tellement gros, 80 milliards avec Baader, que vous vous dites que c?est une erreur. Puis on vous dit que c?est avec Deutsche Bank, c?est un peu mieux mais c?est énorme. Dans le doute, on a décidé de vérifier ces opérations de manière précise.
Le problème de ces opérations c?est qu?elles nous font prendre un risque de marché colossal. En face, on doit mettre un montant énorme de fonds propres. On n?avait simplement pas les moyens de prendre cette position. La banque doit absolument la couper. Dès lors qu?il est passé des opérations fictives en face, le risque de marché n?est plus un problème.
L?avocat général : Un résultat vous autorise-t-il à reprendre de nouvelles positions directionnelles ?
RP : Il n?y a pas de lien direct. Vous n?êtes pas propriétaire du résultat. La banque peut par exemple décider de l?allouer à une autre activité.
Me François Martineau, avocat de Société générale, s?avance pour poser ses questions : Dans quel état est J. Kerviel lorsque vous lui demandez des explications ?
RP : Il me paraissait un peu nerveux, avec une difficulté à apporter une réponse construite et logique. Après, il faut dire aussi que les fonds propres n?étaient pas le sujet de J. Kerviel et il n?y était pas sensibilisé.
Mireille Filippini : Finalement vous êtes un des premiers à être un peu curieux ?
RP : On a été les premiers à ne pas se contenter de ses explications et à replacer les opérations dans le contexte de travail de M. Kerviel. Mais les gens sont formatés pour découvrir les fraudes. Ils ont certainement pêché par excès de confiance. Il fallait replacer ces opérations dans le cadre plus global de l?activité de J. Kerviel et le décalage entre une opération précise et son activité dans son ensemble.
 

16h45 "Comment se fait-il que vous ayez perçu 750 000 euros en tant qu?insuffisant professionnel ?"

Martial Rouyère, ancien N+2 de Jérôme Kerviel entendu comme témoin, s?éponge, pendant que Me Jean Reinhart, avocat de Société Générale, s?avance pour l?interroger.
Me Jean Reinhart : Quel est votre état d?esprit lorsque vous accueillez Jérôme Kerviel au bas de la Tour Société Générale en janvier 2008 ?
Martial Rouyère : Tout le monde était dans un état d?hébétude assez poussé. Et pour nous, l?objectif était que J. Kerviel accepte de revenir à la Tour. Moi j?étais très inquiet.
Pendant ce temps-là, Me Jean Veil, avocat de la banque, est monté au « poulailler » rendre visite aux journalistes, installés à cet endroit.
JR : Est-ce que vous pouvez dire si J. Kerviel a été ou non coopératif ?
MR : J. Kerviel était très intimidé, parlait tout bas. Les réponses ne nous ont pas aidé au départ.
Me François Martineau s?avance pour poser à son tour une question : Est-ce que J. Kerviel a l?attitude de quelqu?un qui n?a rien à se reprocher lorsqu?il arrive à la Tour ?
Martial Rouyère : C?était l?attitude de quelqu?un de complètement effondré et terriblement gêné.
Me Jean Reinhart reprend la main : Quels seraient les qualificatifs que vous attribueriez à J. Kerviel avant le 18 janvier ?
Martial Rouyère : Quelqu?un de sérieux, coopératif, inventif, impliqué.
La présidente de la Cour intervient : Il peut être impliqué puisqu?il ne partait pas en vacances? MR : Tout le pôle était dans une situation de déficit de ressources. Lui prenait beaucoup moins de vacances que les autres mais tout le monde prenait peu de vacances, donc ça ne m?a pas alerté.
Me J. Reinhart : Est-ce que vous avez eu peur à un moment pour la survie de la banque ?
MR : Je ne peux pas dire qu?on n?a pas eu peur.
JR : Dans quelles conditions avez-vous quitté la banque ?
MR : J?ai été licencié.
L?avocat général : Avez-vous été alerté de l?importance des positions de J. Kerviel qui transitaient par Fimat (ex-Newedge, filiale de courtage de la banque) ?
MR : Non.
La présidente de la Cour reprécise la question et insiste pour savoir s?il n?a jamais eu vent des transactions avec Fimat.
MR : Je n?étais ni trader ni superviseur direct, donc non.
C?est au tour de la défense d?interroger le témoin. Me Julien Dami Le Coz demande à Martial Rouyère de lui confirmer qu?il considère le mail à en-tête Deutsche Bank comme une « pré-confirmation ».
MR : Oui, après le vrai contrat est celui qui est inscrit dans le back-office.
Me Le Coz : Vous avez caractérisé Eliot [système d'information qui répertorie toutes les opérations passées par le front-office, ndlr] comme une jungle.
MR : Oui, pour retrouver une donnée.
Me David Koubbi prend sa suite, demande qu?on lui prépare le matériel de projection, et déclare : On a vu M. Cordelle ce matin, qui nous a dit qu?il n?entendait ni ne voyait ce qui se passait. En quoi consistait alors votre travail de supérieur hiérarchique, puisque vous ne tradiez pas et que vous ne supervisiez pas ?
MR : J?avais un rôle sur les grosses transactions, j?aidais les fonctions support à mettre en place un certain nombre de choses et améliorer toute la partie technique.
DK : Vous avez été licencié pour insuffisance professionnelle. Ca vous semble juste ou injuste ?
MR : On ne trouve jamais juste d?être licencié. Mais j?avais une obligation de résultats et ça a été catastrophique.
DK : Que n?avez-vous pas fait que vous auriez dû faire ? C?est quoi cette insuffisance ? Qu?est-ce que la Société Générale vous a reproché ?
MR : A un moment il n?était plus souhaitable que je sois cadre de la Société Générale. Il aurait peut-être fallu que je sois plus présent, que je forme mieux Cordelle, que je contrôle les opérations, même si ce n?était pas mon rôle.
DK : Pourquoi vous dites que c?est touffu, le système Eliot ; Mais on peut faire des requêtes ?
MR : Oui bien sûr on peut faire des requêtes.
Me Koubbi montre alors une copie d?écran du système de requête d?Eliot.
MR : Si j?avais vu l?information, il aurait fallu lancer une requête, oui.
DK : Comment ça se fait qu?avec un cataclysme comme ça, vous perceviez 7 ans de salaire fixe, 750 000 euros, alors que vous êtes un insuffisant professionnel ?
MR : J?ai dit à la Société Générale la chose suivante : Je comprends, je ne demande rien, si ce n?est les différés de bonus qui m?auraient été dus si j?étais resté, liés aux années antérieures. Et il y avait les indemnités légales. Pour 2007, je n?ai rien touché.
Claire Dumas, représentante de la banque, est appelée pour préciser ce procédé : Les montants différés sont conditionnels. L?étalement se fait sur trois ans.
La présidente : Et en cas de licenciement, qu?est-ce qui se passe ?
CD : Ca dépend des conditions et du motif du licenciement.
Me Koubbi reprend la main : Si vous aviez voulu aider votre ancien subordonné, vous auriez pu ? Ce n?est pas le prix du silence au moins ?
Martial Rouyère : Le protocole de licenciement a été négocié avec les avocats en droit social de la banque, qui ne sont pas là. Je n?ai reçu aucune directive de la part de la Société Générale.
La présidente insiste : Est-ce que c?est le prix du silence ?
MR : Le fait de signer un accord comme celui-là ne vous lie que si vous ne voulez pas subir les conséquences.
DK : Qu?est-ce qui se passe si vous parlez ?
MR : Je dois rendre l?argent.
DK : Dire ce que vous savez sur J. Kerviel, est-ce que ça vaut 750 000 euros, c'est la question.

15h15 "Là, on est entrés dans une autre dimension"

La Cour entend maintenant Martial Rouyère, ancien N+2 de Jérôme Kerviel et chef du desk Delta One, comme témoin. Il est aujourd?hui consultant.
Costume sombre, chemise à carreaux et cravate bleu marine, il déroule son parcours à la Société Générale, l?air sûr de lui et le débit rapide. Il était arrivé début 2006 au desk Delta One.
Mireille Filippini, la présidente de la Cour, l?interroge : Vous aviez combien de personnes sous vos ordres ?
Martial Rouyère : Une dizaine quand je suis arrivé, un peu plus de 25 quand je suis parti.
MF : Qu?est-ce que vous pouvez nous dire des limites ?
MR : L?objectif du trader est de générer du revenu sous des contraintes de risques. On regarde les limites de manière un peu globale, elles sont surveillées essentiellement le soir. On en discute par oral, par écrit, nul ne peut prétendre ne pas les connaître.
MF : Quelle était la limite de risque pour le desk ?
MR : La limite de réplication était de 125 millions d?euros.
MF : Qu?est-ce qui était fait quand la limite était dépassée ?
MR : C?est au responsable de desk de comprendre pourquoi il y a dépassement. L?activité du desk était nouvelle et connaissait des dépassements plus fréquents que d?autres activités.
MF : Jusqu?en 2006 c?était 75 millions et il semble que ce soit vous qui ayez augmenté la limite.
MR : La nature de nos risques changeait énormément et était en forte augmentation.
MF : Qui décide de cette augmentation ?
MR : C?est moi qui le propose et la décision se prend avec Pierre-Yves Morlat [N+4], Luc François [N+5] et la direction des risques.
Mireille Filippini revient sur les événements de mars 2007. A cette période, des écarts avaient été identifiés sur la « passerelle » de la banque, et correspondaient à des contreparties dites « pending » (couverture fictive sur futures) passées par J. Kerviel, qui avaient généré une résultat de 88 millions d?euros, et à des « forwards », pour 94 millions d?euros de résultats.
Mireille Filippini : Est-ce que vous vous dites que 88 millions, ça fait beaucoup ?
Martial Rouyère : J?étais en voyage d?affaires à ce moment-là et oui je suis surpris. Philippe Baboulin [N+3] a pris le dossier en main et je n?étais pas impliqué directement dans cet épisode.
MF : Mais la même chose se reproduit en avril 2007. Sébastion Conquet, du service passerelle, vous alerte. Ca ne vous a pas interpellé ?
MR : A cette époque-là, cela fait quatre mois qu?il n?y a plus de responsable des produits listés, plusieurs mois qu?il n?y a plus de chef de desk, et qu?un certain nombre de traders menacent de démissionner. C?était une époque particulièrement difficile. Par rapport au mail de M. Conquet, j?ai répondu en demandant si une solution technique avait été envisagée.
Quelques minutes plus tard, à la demande Martial Rouyère revient sur les problèmes de ressources humaines du pôle : On peinait à trouver quelqu?un pour manager cette activité. Eric Cordelle [ancien N+1 de J. Kerviel, entendu ce matin comme témoin] n?était pas un mauvais choix, même s?il n?avait pas d?expérience de trading.
MF : Il nous a dit qu?il ne savait pas se servir d?Eliot? MR : Dans des conditions normales, c?est quelqu?un qui a de l?expérience et une tête bien faite, il doit s?en sortir.
MF : Selon vous, est-ce qu?il s?est aperçu de ce qui s?est passé ?
MR : Je ne pense pas. Cordelle est quelqu?un de droit, de sérieux, de fondamentalement honnête.
MF : Est-ce que vous-même vous doutiez ?
MR : Je n?ai jamais eu aucune raison de soupçonner Jérôme Kerviel de quoi que ce soit. J?en avais l?image de quelqu?un de sérieux, il avait de très bonnes relations avec tout le monde, qui inspirait la confiance.
Jérôme Kerviel lui, ne sourit plus, il prend des notes, relit des pièces du dossier, transmet des messages à ses avocats, observe son ancien supérieur.
Mireille Filippini, la présidente de la Cour, souhaite qu?il revienne sur les deux alertes d?Eurex.
Martial Rouyère : Je n?ai pas considéré ces mails comme des alertes. On reçoit des confirmations de Deutsche Bank [Au 31 décembre 2007, le matelas de J. Kerviel atteint 1,4 milliard, et il décide de passer des opérations fictives inverses et de ne déclarer qu?un résultat de 55 millions. Pour justifier d?une contrepartie, J. Kerviel avait choisi Click-Options, puis le courtier allemand BAADER, puis enfin la Deutsche Bank et fabriqué des mails à en-tête de Deutsche Bank, ndlr]. On a essayé de retrouver la transaction. Puis le nom et le numéro de téléphone de la personne mentionnée dans le mail. Celle-ci m?a dit qu?il n?avait jamais traité avec J. Kerviel. Là, on est entrés dans une autre dimension. On était face à un faux et les transactions n?existaient plus. Je me rends compte qu?il y a un vrai mensonge. J?ai tout de suite appelé Luc François [N+5]. Il n?y avait plus aucune réalité dans tout ça.
 

12h45. "Le péché mignon des traders n?était-il pas de passer des opérations fictives ?"

Me David Koubbi continue à interroger Eric Cordelle, sans le ménager : Est-ce que vous saviez que le résultat moyen des traders du desk était entre 3 et 5 millions d?euros ?
EC : Oui.
DK : Comment expliquez-vous que Jérôme Kerviel montait à 55 millions d?euros ? Ca ne vous alerte pas ?
EC : Oui, c?est beaucoup.
DK : Pourquoi un trader qui réalise un tel résultat n?est pas flashé ?
Mireille Filippini, la présidente de la Cour, intervient : Est-ce que vous pensez qu?on vous aurait mis là parce que vous n?y compreniez rien ?
EC : Si on parle de la théorie du complot, j?ai déjà répondu.
Me Koubbi passe à un autre sujet, la trésorerie, gérée dans l?application informatique Safe. Par quel moyen J. Kerviel pourrait-il avoir 1,4 milliard dans Safe dans un contexte de crise de liquidités ?
EC : Par un emprunt.
DK : Quel intérêt JK aurait-il eu à emprunter cet argent, qui est très cher, pour camoufler ses positions ?
EC : C?est justement là qu?il est très fort.
DK : On ne vous a pas dit que le péché mignon des traders était de passer des opérations fictives ?
EC : Le terme fictif est mal choisi. Ca a une réalité très simple. On a des systèmes qui ne sont pas toujours adaptés aux produits. Pour faire coller au mieux la modélisation à la réalité, on rajoute un patch, une rustine, pour que le résultat colle à la réalité. C?est une correction.
DK : Sur l?existence de cette pratique qui consiste à passer des opérations fictives pour se constituer un matelas ou s?exposer un peu plus, y a-t-il une inventivité particulière de J. Kerviel ?
EC : Je ne l?ai jamais vu prendre des transactions fictives.
DK : On a un trader qui vient vous dire : qu?est-ce qu?il faudrait comme « valo » pour avoir 500 000 euros de bonus ? Et il vous demande si 50 millions de résultats ça irait ? Ca vous alerte ?
EC : Non. Je comprends qu?il souhaite avoir 500 000 euros. Pas plus.
DK : J?en ai terminé, bonne chance pour la suite aux prud?hommes, mais il ne faudra peut-être pas leur dire que vous n?avez rien vu, rien entendu? Me Julien Dami Le Coz, avocat de Jérôme Kerviel aux côtés de Me Koubbi prendra ensuite le relais pour interroger Eric Cordelle sur les modalités de son licenciement et la différence de traitement qu?il y a eu entre lui et les autres supérieurs de l?ancien trader.
L?audience est suspendue jusqu?à 15h.
 

11h50. Le sujet du bac philo "Que gagne-t-on en travaillant ?" s?invite au procès.

Après une courte suspension de l?audience, les questions à Eric Cordelle, ancien N+1 de Jérôme Kerviel entendu comme témoin, reprennent. Me David Koubbi, avocat de Jérôme Kerviel, s?est rassis en retrait, derrière ses collaborateurs.
C?est au tour de Me Jean Reinhart, avocat de Société Générale, d?interroger le témoin : Est-ce que Jérôme Kerviel a profité de votre naïveté ?
EC : Naïveté, je ne sais pas, le fait que je n?étais pas spécialiste du trading, certainement.
JR : Est-ce que votre vie a été brisée, y a-t-il eu un avant et un après Kerviel ?
EC : Complètement.
JR : Ce matin, le sujet du bac de philo était : Que gagne-t-on en travaillant ? D?après vous ?
EC : Ca passe par l?honnêteté, la transparence.
JR : Vous pensez que vous-même et Jérôme Kerviel avez répondu à ce sujet ?
EC : Pour ma part j?en suis persuadé, pour Jérôme Kerviel, non.
Me David Koubbi, avocat de l?ancien trader, s?avance, une canne à la main droite, et pose ses questions, d?abord d?une voix plus calme qu?à son habitude : Est-ce que vous vous définiriez comme un bon professionnel ?
EC : Oui.
DK : Un conflit vous oppose à la Société Générale aux prud?hommes. Que demandez-vous à la Société Générale dans le cadre de ce contentieux ?
EC : Deux années de salaire.
DK : J?ai le sentiment que, lorsque vous avez été nommé à votre poste, vous n?aviez pas tout à fait le vocabulaire et la technicité, l?ironie étant que vous êtes licencié pour insuffisance professionnelle, la question que je me pose c?est : à votre avis, qu?est-ce qui a pu conduire une direction des ressources humaines à embaucher quelqu?un de votre profil ? Pourquoi vous a-t-on choisi vous pour ce poste-là ?
EC : J?avais 11 années à la Société Générale, il y avait un certain nombre de besoins et je répondais à un bon nombre de caractéristiques.
Après des questions sur les résultats, Me David Koubbi revient sur celle des limites et commence à s?agacer des réponses lisses d?Eric Cordelle.
DK : Certains des traders sous vos ordres ont déclaré devant la justice que les limites existaient mais qu?on n?y prêtait pas vraiment attention.
Eric Cordelle : Je peux vous dire qu?ils passaient du temps à corriger ces positions et à faire baisser la consommation de limite pour revenir dans les clous dans la mesure du possible. Cette limite de 125 millions d?euros pour le desk était connue.
DK : Sur l?alerte d?Eurex, avez-vous participé à la réponse de la lettre sans avoir lu le texte définitif ?
EC : Je n?étais ni destinataire ni signataire de la lettre.
DK : Ca ne vous a pas surpris qu?il ne vous donne pas la lettre ?
EC : Je pense que ce genre d?alerte était classique.
DK : Est-ce que vous aviez quand même eu connaissance qu?il était mentionné dans cette lettre deux positions massives vendeuses et acheteuses ?
EC : Non.
DK : Dans le seul fait qu?Eurex écrive à une banque pour demander des explications, est-ce que ça n?est pas de nature à attirer l?attention ?
EC : Encore une fois, je n?étais pas destinataire de la lettre.
DK : Pourquoi M. Luc François [N+5, ndlr] ne vous a-t-il pas inclus dans le processus lors de la garde à vue privée ? Sentiez-vous que vous pouviez être complice ?
EC : J?imagine qu?ils n?avaient pas besoin de moi.
DK : Aidez-moi à comprendre pourquoi Jérôme Kerviel vous envoie un mail pour préciser ses activités alors qu?il est en train de les dissimuler ?
EC : Je pense qu?il est très habile et que c?est un manipulateur hors pair.

10h45. "N?y a-t-il pas eu de négligence de la Société Générale en vous nommant à ce poste ?"

Me François Martineau, avocat de Société Générale, demande ensuite à Eric Cordelle de confirmer plusieurs déclarations et agissements de Jérôme Kerviel, et enchaîne les questions.

Me François Martineau : J?essaie de développer la thèse de M. Kerviel. Vous a-t-on expliqué que Jérôme Kerviel prenait des positions directionnelles et les couvrait ?
Eric Cordelle : Non.
FM : Vous n?aviez pas intérêt à couvrir les opérations frauduleuses de M. Kerviel
EC : Aucun.
FM : Est-ce que vous avez la possibilité de donner des instructions au back-office ?
EC : Ils sont là pour contrôler, donc j?imagine qu?on doit pouvoir faire pression sur eux, mais on n?a aucun pouvoir hiérarchique sur eux.
FM : Comment vous a semblé Jérôme Kerviel en janvier 2008 ?
EC : Normal. Il était toujours tendu et nerveux à son poste, mais comme tous ceux qui faisait du market making.
FM : Sur le 1,4 milliard fin 2007, si vous aviez compris que c?était du résultat, qu?auriez-vous fait ?
EC : Les bras m?en seraient tombés et j?en aurais fait part à mon chef.
FM : Question subsidiaire : avez-vous demandé à M. Kerviel de faire passer le résultat de 1,4 milliard sur 2008 ?
EC : Non
FM : C?est habituel de transférer du résultat d?une année sur l?autre ?
EC : Il y a simplement des ajustements qu sont faits de manière conservatrice.
Me Frédéric-Karel Canoy, avocat représentant les petits actionnaires de la banque, interroge à son tour Eric Cordelle : Pourquoi vous étiez-vous constitué partie civile au début de l?affaire ?
Eric Cordelle : Parce que je me sens victime de Jérôme. Et potentiellement aussi pour pouvoir me défendre.

Offensif, Me Canoy demande ensuite à Eric Cordelle si, compte tenu de sa formation et de son expérience, la Société Générale ne l?aurait pas "piégé" en le nommant à ce poste. Est-ce que la Société Générale vous a donné les moyens pour remplir votre mission ? N?y a-t-il pas eu de négligence de la Société Générale en vous nommant à ce poste ?
Eric Cordelle soupire et doit alors se justifier d?avoir eu ce poste.
Me Canoy : Est-ce que, lorsqu?on vous annonce le résultat de 55 millions fait par Jérôme Kerviel, vous vous dites que vous allez avoir un bonus conséquent ?
EC : Absolument pas.
 

10h10. "Pour moi, le mobile de Jérôme est clair, c?était d?avoir un bonus"

La présidente de la Cour, après avoir interrogé Eric Cordelle sur l?alerte envoyée par Eurex et sur la lettre de réponse à Eurex qu?il a co-rédigée, s?attarde sur le sujet de la trésorerie puis sur les résultats.
Mireille Filippini : Je crois qu?il est admis que ce n?était pas M. Kerviel qui validait son résultat, mais vous.
EC : Je ne sais pas, je ne me souviens plus.
Jérôme Kerviel sourit et soupire de plus en plus sur sa chaise.
MF : Et le résultat de M. Kerviel d?1,4 milliard ?
EC : Quand j?ai vu ce chiffre d?1,4 milliard, c?était vers la fin décembre 2007. J?ai croisé Jérôme en partant. Mais comment voulez-vous suspecter que c?était du résultat ?
MF : Et si vous aviez su que c?était du résultat ?
EC : Je serai allé voir mes responsables. C?est tellement énorme, 1,4 milliard.
MF : Même si c?est du résultat ?
EC : Mais qu?est-ce que vous voulez en faire de ce résultat ? S?il y a un tel résultat, c?est qu?il y a un gros problème.
MF : Y avait-il un autre desk qui couvrait ses positions ?
En guise de réponse, Eric Cordelle reprend les événements de janvier 2008 pour dire que les affirmations de Jérôme Kerviel sont contradictoires : d?abord il ne savait pas ce que faisait les autres traders, ensuite que la banque ne pouvait pas ne pas savoir, puis que la banque savait, puis qu?il y a un complot. Quand on dit la vérité, on ne change pas tout le temps de version.
MF : Ca ne vous a pas inquiété qu?il ne parte jamais en vacances ?
Eric Cordelle hésite : Je crois qu?en 2007, il a pris 4 jours de vacances. Ce n?est pas normal, ce n?est pas suffisant. Il y avait une contrainte pour nous : l?absence de remplaçant. Et lui avait des problèmes familiaux, donc ça arrangeait la banque. Et il y avait une volonté manifeste de la part de Jérôme de ne pas s?absenter.
L?avocat général pose la première question au témoin : Il ne vous a pas parlé de ses résultats, de ses pertes latentes, de ses gains faramineux ?
EC : Non.
- A aucun moment ?
EC : Non.
- Vous avez été formé à l?utilisation d?Eliot [système d'information qui répertorie toutes les opérations passées par le front-office, ndlr] ?
EC : Non.
L?avocat général, Dominique Gaillardot, l?interroge ensuite sur les limites de 125 millions d?euros fixées à l?équipe.
Eric Cordelle : L?équipe franchissait trop souvent cette limite. J?ai posé la question de savoir si on changeait la façon de travailler ou si on demandait une augmentation de la limite. C?est là que Jérôme m?a dit que ça suffisait.
Dominique Gaillardot : On vous a interrogé en première instance sur les commissions de courtage. Quels échanges est-ce que vous avez eu avec M. Kerviel à ce sujet ?
EC : Nous en avons parlé deux fois : quand on a reçu la facture et quand on nous a rendu de l?argent sur ces commissions.
DG : Est-ce qu?à un moment ou à un autre vous avez reçu des instructions de la banque pour tolérer ou couvrir les activités de Jérôme Kerviel ?
EC : Non. J?ai deux adversaires. Jérôme, qui ment, et Société Générale, avec qui je suis aux prud?hommes, et qui m?accuse de ne pas avoir vu ce qui s?était passé. Il faut bien voir qu?aujourd?hui ma carrière est finie. Les gens, les journaux parlent de moi. La seule chose que les prud?hommes peuvent m?apporter, c?est de l?argent. Ce que j?attends de ce tribunal, c?est juste qu?il rétablisse la vérité.
La présidente, Mireille Filippini, change de sujet : Qui décidait du bonus de M. Kerviel ?
EC : Pour moi, le mobile de Jérôme est clair, c?était d?avoir un bonus. Il me disait qu?il était approché par des banques, des chasseurs, et qu?il serait bien de revoir son bonus. On en décidait pendant la « review », les entretiens individuels.

9h15. "On m'a dit de m'appuyer sur Jérôme pour apprendre le métier"

Costume gris, cravate vert anis, Eric Cordelle, N+1 de Jérôme Kerviel, s'avance à la barre.
Il explique qu'il a désormais monté sa structure de conseil et qu'il a passé 12 ans à la Société Générale à faire de l'ingénierie de crédit, de l'ingénierie sur produits dérivés, puis qu'il est parti en 2002 au Japon. Rentré en 2007, son dernier poste a été celui de manager de Jérôme Kerviel. Il a ensuite cherché un emploi pendant 4 ans.
Mireille Filippini, présidente de la Cour, lui demande de préciser en quoi consistait son activité à l'époque.
Eric Cordelle, mains derrière le dos, déclare d'une voix timide et un brin confus : En avril 2007, on me propose la responsabilité du desk Delta One. Ma formation est une formation d'ingénieur, je n'ai jamais été trader. On m'a proposé ce poste car j'ai travaillé 12 ans à la Société Générale, l'équipe n'avait pas de managers depuis plusieurs mois. J'avais des connaissances de structuration et une bonne connaissance des clients et des vendeurs.

MF : Qui vous a proposé ce poste ?
EC : Pierre-Yves Morlat, mon N+3. 2007 a été une année de formation, une phase d'apprentissage de ce que c'est que le trading.
MF : En 2007, vous ne vous estimiez pas responsable du desk en 2007 ?
EC : Non, pas en 2007, j'étais en phase d'apprentissage.
MF : En quoi consistait votre travail de manager ?
EC : Cette équipe a connu une croissance énorme, les volumes ont beaucoup augmenté mais les effectifs n'ont pas augmenté, que ce soit au desk ou dans les fonctions support. Les outils de suivi au quotidien n'existaient pas.
Mains sur les hanches, il poursuit : En terme de contrôle, je faisais confiance aux chiffres que je recevais des équipes de contrôle.
MF : Comment gériez-vous les dépassements de limites ?
EC : Les dépassements de limites sont de deux natures : volontaires, mais ça je n'en ai jamais vu, ou passives. Limiter les risques à zéro ce n'est pas possible. Et on n'avait juste pas les ressources. Donc il y avait toujours des dépassements.
MF : Qu'est-ce que vous faisiez quand vous receviez le mail de dépassement ?
EC : La première des choses à faire est de vérifier que le dépassement n'est pas lié à une erreur. Puis on voit comment on peut y remédier, en le couvrant.
Jérôme Kerviel, costume noir et chemise blanche, réprime des sourires, secoue la tête de dépit, et échange de nombreux messages avec ses avocats situés derrière lui.
MF : Les franchissements sur les positions intraday, que pouvez-vous nous en dire ?
EC : Il n'y avait pas de limites en intraday à ma connaissance. Ce que j'ai vu de Jérôme, c'est prendre des positons sur l'arbitrage des turbos à la concurrence. Il jouait sur le timing de mise en place de la couverture, mais toujours dans le but de la couverture d'un produit.
MF : Est-ce que vous ne saviez pas qu'il prenait des positions sur des produits sans lien avec son activité sur les turbos ?
EC : Je l'ai vu tester de manière limitée des petites positions d'arbitrage sur actions, pour pouvoir si ça pouvait donner lieu à un développement plus large.
MF : Mais il pouvait prendre en intraday des positions de 500 millions ?
EC : Ca, il s'est bien gardé de me le montrer.
MF : Mais c'était possible ? Vous saviez qu'il prenait des positions sur plusieurs jours ?
EC : Absolument pas. Et c'est bien ça le problème.
MF : Vous n'avez jamais regardé sur son book ?
EC : Non, malheureusement.
MF : Comment se passait la validation des résultats ?
EC : On recevait les résultats quotidiennement. Quand il y avait un résultat plus important, il fallait obtenir une explication. Dans ces cas-là, j'allais poser les questions aux traders.
MF : On avait demandé à Jérôme Kerviel de faire 10 millions d'euros de résultat en 2007, il en a fait 55 millions. Ca ne vous a pas inquiété ?
EC : C'est une forte croissance.
MF : Et ça ne vous a pas inquiété ? Vous ne lui avez pas posé de questions ?
EC : Il fournissait chaque fois des explications. Ma compréhension c'est que l'activité client était en forte croissance.
MF : Vous n'avez pas cherché plus loin.
EC : Je me suis satisfait des explications de Jérôme.
MF : Enfin, c'est quand même beaucoup 55 millions. Et la perte de 2 milliards, vous ne l'avez pas vu ?
EC : Non je venais d'arriver. Quand je suis arrivé, on m'a dit de m'appuyer sur Jérôme pour apprendre le métier. C'était quelqu'un de normal, qui faisait bien son boulot.

9h05. Questions de procédures

La présidente de la Cour appelle Eric Cordelle, N+1 de Jérôme Kerviel à l'époque des faits, à témoigner. Me Koubbi souhaite aviser la Cour d'une difficulté de procédure. D'une voix grave et posée, il explique que des pièces ne lui ont pas été communiquées par la partie civile, alors qu'elle s'y était engagée.

Mireille Filippini, présidente de la Cour : La Cour n'a pas à donner d'injonction à qui que ce soit.
Claire Dumas vient à la barre expliquer que Société Générale a bien fourni les éléments demandés.
Me Koubbi insiste : Nous avons des notes, mais nous demandons des pièces.
 

Et retrouvez notre dossier spécial sur l'affaire Kerviel, les clés pour comprendre le procès (noms, définitions), les analyses de Valérie Segond et de François Lenglet après le verdict de 2010, ce que sont devenus les protagonistes de l'affaire, les plaintes déposées par Me David Koubbi (avocat de Jérôme Kerviel) et par Me Jean Veil (avocat de Société Générale), le témoignage de l'ancienne conseillère en communication de Jérôme Kerviel, et le contexte politique dans lequel s'inscrit le procès.

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Commentaires
a écrit le 15/07/2012 à 12:09 :
Au sujet des "opérations fictives", le témoin Eric Cordelle pour la Société Générale, reconnait qu'elles sont "normales" :
Il dit :
- "Le terme fictif est mal choisi. Ça a une réalité très simple. On a des systèmes qui ne sont pas toujours adaptés aux produits. Pour faire coller au mieux la modélisation à la réalité, on rajoute un patch, une rustine, pour que le résultat colle à la réalité. C?est une correction."
C'est donc « simple » ! Il n'y a pas de comportement répréhensible du trader puisque c'est validé par N+1 par le "on". Tous les opérateurs introduisent donc des données frauduleuses dans le système, le fait est connu, parce que c?est « faire coller au mieux la modélisation » !
Mieux encore ! Puisqu?à l?usine SG, la production de véhicules financiers est défectueuse et entraîne une série de problèmes techniques dont des accélérations incontrôlées, ces tacots sortis de l?usine, doivent donc être retournés à la banque et contre la banque pour négligence !
a écrit le 19/06/2012 à 8:05 :
Quelque chose revient derrière tout cela:
1/quand de l'argent arrive, on ne demande pas d'où il vient. un problème culturel.
2/le sous-effectif chronique( et donc surcharge de travail), on n'embauche pas( pourtant le pays regorge de chômeurs) ou quasiment pas alors que la banque fait à l'époque des bénéfices monstrueux.
Et ceci dépasse le cadre de cette affaire, on trouve malheureusement des similitudes dans bien d'autres histoires. On attribue d'ailleurs une des réussites de l'Allemagne au fait que ses entreprises forment en interne ses employés au lieu d'aller piocher et attendre la perle rare sur le marché du travail.
Réponse de le 21/06/2012 à 10:53 :
Vous pensez vraiment réellement que tous les chômeurs peuvent faire les métiers d'une banque d'investissement ? Au prix où ces gens sont payés, je pense que les candidats sont nombreux mais il y a très peu d'élus.

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