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Caroline Pilczer | 28/08/2012, 18:37 - 539 mots
Face à ces cinq années de crise financière mondiale, les banques centrales ont tenté de relancer l’économie de leur pays. Et ce, en recourant à des politiques monétaires exceptionnelles, se traduisant par des baisses historiques du niveau des taux directeurs, ainsi que des plans d’assouplissement quantitatif. Mais, malgré ces efforts, Richard Barley explique dans son éditorial du Wall Street Journal que la sortie de la crise ne se profile toujours pas à l’horizon.
La multiplication des plans d’assouplissement quantitatif
Les plans d’assouplissement quantitatif se multiplient… La banque centrale américaine doit en entamer un, selon le compte rendu de sa dernière réunion de politique monétaire dévoilé mercredi 22 août. La Banque Centrale Européenne (BCE) envisage pour sa part le rachat d’obligations publiques pour alléger les coûts d’emprunts de l’Espagne ou d’Italie.
La Banque d’Angleterre a amorcé, quant à elle, sa troisième vague de rachat obligataire pour une ardoise de 375 milliards de livres sterling (472 milliards d’euros) sur ces trois opérations, et une quatrième pourrait venir. Enfin, côté helvétique, la Banque Nationale Suisse fait fonctionner la planche à billets. L’objectif étant d’empêcher le franc suisse de s’apprécier et de contrer une déflation.
Les bilans des banques centrales atteignent des records
De fait, les bilans des banques centrales ont explosé les compteurs en cinq ans. En tête, le bilan de la Banque d’Angleterre a presque quintuplé entre mai 2007 et aujourd’hui, pour un montant de 385 milliards de livres sterling (485 milliards d’euros).
La Banque Nationale Suisse n’arrive pas très loin derrière : avec 435 milliards de francs suisses (362 milliards d’euros) au compte d’actifs, son bilan s'est multiplié par 4,1. De l’autre côté de l’Atlantique, les actifs de la réserve fédérale s’évaluent à présent à 2,8 trillions de dollars (2,2 trillions d’euros), près du triple par rapport au printemps 2007. La BCE prend la dernière place de ce palmarès… Elle compte dans son bilan 3,1 trillions d’euros en actifs, soit 2,6 fois plus qu’en 2007. Le rachat des dettes espagnole et italienne, du moins en partie, pourrait certainement changer la donne.
Un constat alarmant qui laisse les acteurs de marché inertes
Et si l’efficacité de ces politiques monétaires exceptionnelles est contestable, de curieux résultats apparaissent. Le cas de la Grande-Bretagne en est une bonne illustration : lorsque les intérêts sur les obligations publiques ont été versés en Février 2012, le fonds qui les détient a alors laissé dormir 20,7 milliards de livres sterling (26 milliards d’euros) sur un compte de la Banque d’Angleterre.
En revanche, au pays de l’oncle Sam, la réserve fédérale reverse les intérêts perçus au gouvernement américain. Mais, ces politiques exceptionnelles ne sont pas sans risques, au contraire… Par exemple, suite à des interventions monétaires ratées, la Banque Centrale Suisse a essuyé de lourdes pertes en 2010 et au premier semestre 2011. Et après la restructuration de la dette grecque, la BCE y a échappé de peu.
Et pourtant, ces politiques monétaires « exceptionnelles » sont aujourd’hui de plus en plus fréquentes. C’est inquiétant car les acteurs du marché ne s’en alarment plus, alors qu’elles avaient fait scandale à leur première introduction. D’autant plus qu’elles pourraient même provoqué des recapitalisations au sein des banques centrales et qu’elles limitent leur marge de manœuvre. Richard Barley conclut : les banques centrales devraient certainement changer leur fusil d’épaule.
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CHOUAN85140 a écrit le 29/08/2012 à 19:23 :
Quelqu'un peut-il me dire comment l'on peut échapper à une dépression économique en pratiquant la fuite en avant monétaire (planche à billets...) qui ruine la confiance des citoyens dans leurs dirigeants. Pas de confiance, pas de relance ....C'est un principe économique fondamental que nos hommes politiques n'ont pas encore appris et qui va nous faire tomber de plus en plus bas.
charlib a écrit le 29/08/2012 à 15:39 :
L'article montre donc qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Mais l'auteur n'ose pas le dire parce que ce n'est pas conventionnel. Les banques centrales évitent que les investisseurs soient collés avec des obligations publiques. Des sommes considérables sont ainsi dégagées pour financer l'économie. La question lancinante est de savoir si la monnaie va dévaluer. Probablement peu car les liquidités émises par les banques centrales ne font qu'assurer la liquidité du système dans son ensemble. Il n'y a pas véritablement d'excédent monétaire qui pourrait se transformer en demande de biens et ainsi faire exploser les prix des biens et des actifs. Des actifs, obligations publiques, les banques centrales peuvent en mettre autant que nécessaire sur le marché pour éponger les liquidités excédentaires. Le veritable problème est la frilosité de l'économie devant une politique monétaire non conventionnelle et totalement inédite.
yvan a répondu le 29/08/2012 à 16:39:
Et le "conventionnel", c'est quoi...?? C'est créer des millions de MILLIARDS d'argent complètement virtuel..??
charlib a répondu le 29/08/2012 à 17:19:
Ce sont les obligations d'état achetées par les banques centrales qui ne doivent pas devenir des obligations virtuelles. Sinon l'équilibre monétaire est définitivement rompu. Il est donc nécessaire que les états fassent en sorte d'être toujours capables de payer les intérêts.
Libre a écrit le 29/08/2012 à 12:11 :
Achetez de l'or physique avant de tout perdre en restant en monnaie papier euro, qui vaut de moins en moins...
Attention a répondu le 29/08/2012 à 12:21:
...et ne gardez pas l'or dans une banque au risque d'être exproprié le jour où l'état a besoin d'argent pour commence à rembourser sa dette. On a déjà vu cela pour ceux qui ont la memoire longue.
yvan a répondu le 29/08/2012 à 16:41:
Et employez deux gardes armés autour de votre domicile pour garder votre or. Et ne sortez plus de chez vous : c'est beaucoup trop dangereux.
aka a écrit le 29/08/2012 à 11:44 :
Vu les dettes aux USA, en Europe, au Japon, les bilans des banques centrales ne sont pas près de dégonfler au contraire. D'autant que la plupart des états sont encore en déficits structurels. Il n'est pas sain d'avoir ses bilans hypertrophiés, mais la situation ne permet pas autre chose. Il faut sans doute diriger plus ces capitaux vers l'économie réelle, sinon l'apparition de bulles spéculatives est a prévoir.
QUICK a écrit le 29/08/2012 à 11:32 :
L'exemple japonais n'est-il pas suffisant? Il semble que le tous au travail ou un travail pour tous puis une division par deux des dettes et des prix relanceraient la machine mondiale qui s'arrête en pleine campagne. En mai 1968 35% de hausse des salaires pardon du smic, jugée mortelle par le patronat, a boosté l'économie. Aujourd'hui étrangeté de ce nouveau siècle il faut tout rembourser en empruntant toujours plus pour sauver les banques en difficultés qui prêtaient à tout-va les yeux fermés?
jb a écrit le 29/08/2012 à 11:25 :
Sans être grand clerc en matière macroéconomique, je comprends que si le bilan de la FED a été multiplié par 3 depuis 2007, ceci correspond à une multiplication équivalente de la masse monétaire, donc une dévaluation de la monnaie de réserve mondiale de 15% l'an. Le faible taux d'inflation sur les prix constaté depuis 2007 se trouverait donc bien compensé par la dévaluation équivalente des monnaies, l'augmentation de la masse monétaire se déversant sur les marchés et la dette publique. Ceci voudrait dire que le système financier international tourne dans le vide hors de la sphère de l'économie réelle, si l'on excepte la fiscalité exercée sur les opérateurs. La crise, quelle crise? Qu'en pensez-vous docteur?
Libre a répondu le 29/08/2012 à 12:09:
Et oui, et les prochaines étapes dans ces conditions, c'est de fortes dévaluations des monnaies papiers, et l'augmentation inexorable de la seule valeur refuge qui soit : l'or !! Acheter donc de l'or physique rapidement !!!
yvan a écrit le 28/08/2012 à 20:06 :
"soit 2,6 fois plus qu?en 2007" Intéressant. Sans avoir le ratio de la BoJ, qui est resté monstrueux, NOUS sommes ceux qui avons le moins explosé les compteurs. Les "acteurs du marché" savent qu'il existe une méga-crise-insurmontable, c'est tout. L'astuce actuelle est d'éviter d'être le premier à lâcher...
churchill a écrit le 28/08/2012 à 19:54 :
ttes choses egales par ailleurs, ca correspond a ce que propose krugmann, en suggerant donc l'inflation pour regler tt ca.......... au moins on sait ou va l'europe, la gb et les usa