Banques britanniques : "le pire est à venir" selon la Banque d'Angleterre

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Paul Tucker, vice-gouverneur de la Banque d'Angleterre, Copyright Reuters
Paul Tucker, vice-gouverneur de la Banque d'Angleterre, Copyright Reuters
Le vice-gouverneur de la Banque d'Angleterre a tenu des propos particulièrement pessimistes sur l'avenir des banques britanniques. Et pour lui, la régulation qui doit prochainement s'appliquer n'est pas adaptée aux risques qui planent sur la finance.

"Nous vivons une situation très difficile dans le sens où, si des risques importants sont désormais derrière nous, il existe toujours une probabilité réelle, certes pas élevée, que le pire soit encore à venir": voilà ce que Paul Tucker, vice-gouverneur de la Banque d'Angleterre a affirmé mercredi 17 octobre, lors la conférence annuelle de l'Association des banquiers britanniques à Londres.

Une régulation inadaptée

Selon lui, les établissements financiers britanniques ne seraient pas assez solides pour traverser une nouvelle crise. Et Paul Tucker a mis en garde contre une fronde du grand public si des banques telles que Royal Bank of Scotland ou Lloyds, déjà sauvées par l'argent des contribuables en 2008, devaient encore se tourner vers l'Etat pour leur survie.
La régulation ne serait pas non plus adaptée aux risques auxquels les banques britanniques pourraient être confrontées à l'avenir. "Bâle I, II, III, IV et V ne sont pas configurés pour faire face aux risques "de fin du monde" qui sont actuellement de l'ordre du possible", a-t-il ajouté. Bâle III doit entrer en vigueur en janvier prochain, mais Paul Tucker estime qu'il faut aller plus loin. "Si nous sommes confrontés à un raz de marée, nous serons tous contents qu'il y ait des milliards supplémentaires dans le bilan des banques, qui pourront alors rester privées, plutôt que de se retrouver dans le giron de l'Etat", a-t-il dit.
En septembre, le comité de politique financière de la Banque d'Angleterre a estimé que les banques pouvaient faire baisser leurs réserves excédentaires, si cela sert à prêter davantage aux entreprises, tout en disant dans le même temps que les établissements devaient continuer à se renforcer, par exemple en diminuant le montant des bonus distribués.

Des avis contradictoires sur le niveau de fonds propres

Andrew Bailey, chargé de la supervision bancaire au sein de la Financial Services Authority (l'autorité de contrôle des services financiers), considère pour sa part que le comité de politique financière de la Banque d'Angleterre ne parvient pas à dire précisément de quel ordre doivent être les impératifs en matière de capitaux. La FSA a donc décidé, elle, d'aménager les contraintes en matière de liquidités et de fonds propres demandés aux banques afin de leur redonner des marges de manoeuvre pour soutenir l'économie.
Quant à Paul Tucker a estimé qu'il n'était plus "sûr" de laisser les banques déterminer elles-mêmes les garde-fous en termes de capital, appelant de ses voeux des montants obligatoires fixés par les régulateurs internationaux, à l'instar de ce qui se passe aux Etats-Unis.
Au final, les banques britanniques, déjà contraintes d'ériger d'importants garde-fous en matière de bilan depuis la crise financière de 2007-2009, sont prises en tenaille entre deux recommandations contraires des autorités de régulation, celle de tailler dans leurs réserves excédentaires et celle de renforcer encore davantage leur capital.
 

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Commentaires
a écrit le 21/10/2012 à 23:59 :
L?atterrissage approche ou plutôt le krach. Je parie sur aujourd'hui lundi 23.10 ou au mieux vendredi 30.10 . Et oui l'histoire se ressemble à quelques décennies près. Mais cela n'engage que moi. Wait and see but it's soon.
a écrit le 21/10/2012 à 23:59 :
L?atterrissage approche ou plutôt le krach. Je parie sur aujourd'hui lundi 23.10 ou au mieux vendredi 30.10 . Et oui l'histoire se ressemble à quelques décennies près. Mais cela n'engage que moi. Wait and see but it's soon.
a écrit le 20/10/2012 à 16:51 :
Les banques britanniques sont uniquement soutenues par les investissements étrangers, du moins ceux qui pensent encore que UK serait un refuge financier. A ce titre la banque espagnole Santander a sur investi et continue de le faire. Difficile en effet d'annoncer aux investisseurs qu'il n'y a rien dans les caisses et que les valorisations retenues sont bidons. Les anglais leur annoncent chaque trimestre la fin prochaine du cauchemar avec force arguments : C'est la faute des autres. On comprend qu'ils soient opposés à toute régulation. Lorsque les banques et fonds étrangers finiront par se retirer par obligation pour échapper à une ruine totale ou pour d'autres pour se replacer sur leur propre marché comme celles d'Afrique du Sud, la finance anglaise n'aura plus que 2 cartouches : Celle des américains avec d'importantes contreparties mais ils sont fort impactés eux même (Les régulateurs européens ont volontairement serré la bride au plus fort) puis, en tout dernier ressort la Chine qui aurait à gagner d'éviter le risque systémique européen qu'est devenue l'Angleterre toute entière et dispose d'investissements possible à temps long. Reste à savoir quel est le bilan exact. Les sociétés anglaises qui le peuvent s'exilent en masse pour la Suisse, d'autres et non des plus petites vendent (voir BAE qui est à placer dans cette perspective). Les dettes restent pourtant elles bien anglaises et pèsent sur les populations. Combien doit l'Angleterre ? Les chinois voudraient bien le savoir afin d'envisager un sauvetage au lieu de prendre des mesures ponctuelles par de petits achats successifs. Français et Allemands on l'a compris voudrait bien que tout s'écroule ... à leur profit. Il est également évoqué sérieusement depuis pas mal de temps la restitution de la partie anglaise de l'Irlande contre une somme estimée à 120 milliards d'euros. On ferait la manche auprès du monde entier. En tous cas il semble improbable que la devise intègre l'euro dans ces conditions, déjà une piste à effacer. A suivre...
a écrit le 18/10/2012 à 16:29 :
comment vont réagir les agences de notation, si l' on refait tourner la planche à billets....
attention, Noel approche... la fin du Sterling ?
a écrit le 18/10/2012 à 15:05 :
Petit rappel face aux idées reçues:
La France est désormais le pays de la zone euro dont la part de la valeur ajoutée de l'industrie manufacturière dans le PIB est la plus faible (9,3 % en 2010) contre 12,1 % en Espagne,11,8 % au Portugal, 13,1 % en Belgique, 9,8 % au Royaume Uni et 11,9 % aux Pays-Bas. Quant à l'Allemagne, elle fait la course en tête, avec une industrie qui représente 18,7 % de son PIB.
Les anglais, tout comme les français, ont vu cette part de l'industrie dans le PIB chuter fortement dans les dernières années et dépendent effectivement deux fois plus de la finance que nous. De là à dire qu'ils "méprisent" leur industrie plus que nous, c'est aller un peu vite et oublier qu'ils développent les technologies de E économie deux fois plus vite que nous !
Réponse de le 18/10/2012 à 16:25 :
"qu'ils développent les technologies de E économie deux fois plus vite que nous !" Heeu.. Je m'excuse, Vercaud, mais SWIFT est belge... (;-) joke) . Non, sinon, j'ai un gros doute, néanmoins. Et quand bien même, lorsque je vois des répliques de bulle internet digne de 2000, ce n'est plus un doute, c'est la connaissance des développeurs russes et asiatiques qui sont plus discrets, mais au combien pertinents. J'en ai dans mon équipe.
a écrit le 18/10/2012 à 13:17 :
Les anglais on toujours considérer que l'industrie n?étais pas suffisamment aristocratique pour les dirigent de l'empire comme les propriétaires terriers ou les banquiers, cela explique bien leurs choix d'une uni culture bancaire.
Maintenant si leur économie bancaire s'effondre ce sera le plus grand désastre économique de l'histoire et l'euro ne se sauvera pas comme le dollar.
Bon retour au troc yvan.
Réponse de le 18/10/2012 à 14:04 :
Pas forcément du troc, comme pendant l'occupation, John. Où je rappelle que la majorité de nos ancêtres ont inventé le marché noir histoire de s'en sortir. Mais voyez, John, à quelle vitesse s'est reconvertit Cuba lors de l'embargo américain... Pensez-vous que nous en serions incapables..?? Moi, non. Bon, ok, il faut se remonter les manches. Mais ça va beaucoup mieux après.
Réponse de le 18/10/2012 à 14:37 :
Je vie en Asie, Yvan et ici c'est la folie avec l?économie, les banques ne sait plus ou mettre l'argent qui arrive a flot de L?Europe et des États-Unis, tous le monde construit partout et n'importe quoi, les prix du terrain et de l'immobilier non plus de repères, tous augmente à un rythme vertigineux, le drôle de l'histoire c'est que tous cela est basé sur du papier sans valeur.
Je croie que je doit bientôt manger que du riz matin est soir quand tous ce jolie monde va s?écrouler, finit les produits importés européens. J'ai déjà commencer à me adapter en achetant un sacs de 50 kg de riz, je doit pouvoir survivre longtemps, j?espère, smile.
Réponse de le 18/10/2012 à 15:31 :
Effectivement tu survis déjà sans aucune notion d'orthographe ou de grammaire alors ce n'est pas un choc majeur financier qui t'inquiètera!
Réponse de le 18/10/2012 à 16:01 :
et si ce pauvre John est un étranger qui fait ce qu'il peut en français ?
Réponse de le 18/10/2012 à 16:17 :
Ne voyons pas la forme, mais plutôt le fond. D'après différentes sources, la croissance chinoise est en train de ralentir de façon notable, ET, les émergents commencent à menacer de refréner les entrées de capitaux étrangers qui pénalisent fortement leurs économies en renchérissant fortement leurs monnaies. Qu'en pensez-vous et comprenez-vous bien ce que j'écris..??
Réponse de le 19/10/2012 à 1:29 :
Oui Vercaud je suis un pauvre étranger qui ne sait pas bien écrire votre jolie langue française, c'est bien la pire des ma quatrièmement langues écrite, je m'excuser auprès de mes lecteurs si je me permet quand même de laisser des commentaires pour essayer de donner une autre vision du monde au dehors de la France.
Oui Yvan je comprend bien ce que vous écrivez, merci, Ici c'est une vraie folie avec une grande bulle financière qui ce prépare et qui menace de détruire tous les émergents. Le système bancaire du Vietnam est déjà moribond pour cause aussi de corruption, idem pour la Corée du sud.
Maintenant certain pays asiatiques tente de arrêter cette énorme masse d'argent en abaissante le taux d?intérêt qui est bien supérieur à l'Europe ou des États-Unis, mais ils on fait l?erreur de ce réjouir trop vite de la force de leur devise et ils voie maintenant trop tard le dangers.
a écrit le 18/10/2012 à 12:23 :
Ceci écrit, Lordon avait pronostiqué, il y a 3 ans, que les régulations seraient impossibles. On voit. Bonne crise à tous.
a écrit le 18/10/2012 à 12:13 :
les francais sont des ideologues les anglais des pragmatiques, c'est comme ca depuis des siecles et de chaque cote de la manche on pense que l'autre est un imbecile ex la mono industrie est nefaste pour un francais car elle contient un risque endogene important, pour un anglais elle sera bonne tant qu'elle permettra de faire de l'argent et il est inutile de perdre du temps a tergiverser
a écrit le 18/10/2012 à 11:25 :
bon commentaire floppy.
Il faut remarquer que focaliser l'économie d'un pays sur la banque et la finance revient à penser que l'on peut vivre à crédit, en faisant produire les biens de consommations par d'autres pays. Ça fonctionne cela dit ... ...un temps.
a écrit le 18/10/2012 à 11:12 :
Les grands bretons ne vont par tarder à supplier pour obtenir leur adhésion à l'euro. Mais c'est difficile à accepter tant que la Bank of England détiendra des dettes publiques en direct.
a écrit le 18/10/2012 à 11:05 :
une banque est un marchand de papier imprimé. s'il y en trop et trop grosses, il y a déséquilibre. Les anglais se sont trompé ces dernières années: une monoculture d entreprise (banque) n'est pas saine. Il faut de la diversité: des entreprises de recherche, fabrication, des services, etc. PAS LA MONOCULTURE!. Ils devraient le savoir: dans les années 1800, l'île, à l'ouest de leur île principale, qu'ils occupaient complètement (ils n'ont plus que le nord de cette île aujourdh'hui), avait une monoculture de la patate. Quand la patate a eu une maladie, beaucoup de gens ne pouvaient pas manger et sont morts et ont du émigrer vers d'autres pays. Relisez vos livres d histoire.
Repoussez les problèmes sur une soit-disant régulation est trop simple; il faut se regarder dans un mirroir.
Réponse de le 18/10/2012 à 11:59 :
bien vu Floppy...Ca fait deux ans que je dis que l Angleterre va boire un bouillon qui fera passer les problemes de l Espagne de la Grêce et de l'Italie pour une vaste rigolade ...Plus le temps passe plus ca se confirme dans mon sens . Vous allez les voir se rapprocher trés vite de la CE ...Esperons qu ils les enveront bouler vu qu ils ont freiner des deux pieds pour chaque négociations sur les politiques monétaires et la régulation financiére ...
Réponse de le 18/10/2012 à 12:22 :
thatcher avait commencé le démontage en attaquant l'industrie (en attaquant en fait des organisations d'employés surpuissantes.. mais en faisant fuire la matière grise intelligente et non bancaire). J'observe depuis des années ce pays car je connais des gens qui y travaillent et observent la société avec un pas de recul. Ils ne viendront pas dans l'euro: c est la source de tout leur mal..;-).. Pas thatcher.. pas leurs banquiers.. mais j aime travailler avec les anglais: ils sont fair tant qu il n y a pas de problèmes.. après il deviennent méchants et les autres sont les cons de l'histoire (il faut donc éviter TOUT problème avec eux et surtout faire qu'ils s'en sortent toujours bien et gardent la face.. un peu les Japonais de l'Europe. Ceci est certainement culturel et dû à leur situation d'île qu'ils protègent des normands, de l armada de napoleon, de l envahissement nazi.. cela rend dur .. et un peu têtu (pas roublards.. pas méchant.. juste un peu étonnant). Il s adaperont s ils ne veulent pas vendre tous leurs bâtiments aux Chinois.

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