La Tribune

Les Français se croient en bonne santé

Copyright Reuters
Copyright Reuters
Séverine Sollier  |   -  862  mots
Si 9 Français sur 10 sont optimistes sur leur état de santé, ils ne sont pourtant que 1 sur 3 à être vraiment en bonne forme. Et seulement 18% avouent agir quotidiennement pour la préserver en particulier en pratiquant une activité sportive.

Alors que la santé et l'accès aux soins par le biais notamment des réseaux de soins agréés est au coeur du débat politique actuellement, les Français sont-ils inquiets pour leur santé? Selon le baromètre Axa Prévention de la santé des Français réalisé par TNS Sofres, 3 Français sur 4 déclarent que la santé est leur préoccupation majeure. Elle arrive même en premier pour 66% d'entre eux, avant le pouvoir d'achat (63%), le logement et la qualité de l'environnement (33%). Les préoccupations suivantes sont l'épargne (25%), la sécurité (24%), le financement de la retraite (21%) et le risque d'être au chômage (18%).

Préoccupés oui, mais pas inquiets, car les Français sont globalement optimistes: 88% se déclarent en bonne santé et pensent le rester. Les moins de 25 ans sont très logiquement les plus nombreux à s'estimer en bonne santé (95%). Et 33% des sondés déclarent qu'ils ont une vision plutôt optimiste de leur santé dans 10 ans.

Seulement 1 Français sur 3 vraiment en bonne forme

Pourtant, s'il l'on se réfère à cinq indicateurs de forme (stress, qualité de sommeil, surpoids, dépression, maladie grave ou chronique), seulement 27% des Français seraient véritablement "en pleine forme", indique le baromètre d'Axa. Et 24% sont "plutôt en bonne forme", 36% ont une "forme passable" et 12% en "mauvaise forme" car ils ne sont positifs que sur un seul indicateur.

Le stress est une souffrance pour 41% des Français qui sont aussi 37% à déclarer avoir une mauvaise qualité de sommeil (insomnie, difficultés d'endormissement, réveils nocturnes...). Par ailleurs, 29% des Français seraient concernés par un surpoids important et 27% souffriraient de dépression selon le test international MINI d'autoévaluation de la dépression. La maladie grave ou chronique telle que le diabète, les maladies cardio-vasculaires ou respiratoires, l'insuffisance rénale, frapperaient quant à elles 2 répondants sur dix.

Pour être en bonne santé il faut...

Une quasi-totalité des répondants (90%) tombent d'accord sur les facteurs de bonne santé : ne pas fumer, avoir un sommeil réparateur et un bien être psychologique. Viennent ensuite : une alimentation équilibrée, et une activité physique hebdomadaire. Et pourtant, 38% des Français ont une consommation d'alcool considérée "à risque" (consommation supérieure aux recommandations de l'organisation mondiale de la santé) *. De plus, un quart des Français fume et 6% fument même un paquet par jour, les plus gros consommateurs étant les 25-45 ans.

L'activité physique à l'honneur

Même si 91% citent le fait d'avoir une activité physique quotidienne comme marcher, bouger, se déplacer à vélo, ils sont seulement 18% à avoir mis l'accent sur l'activité physique cette année. Alors que 30 minutes de marche par jour réduit de 50% de risques de maladies cardiovasculaires, de 40% de risques de diabète et de 30% de risques d'insomnie.

"Des études récentes montrent que l'exercice physique a des effets curatifs sur le cancer du sein et du côlon", souligne par ailleurs Jean-Pierre Davant, président de l'IMAPS (Institut mutualiste pour la promotion de la pratique d'activités physiques ou sportives). La pratique de trois heures de sport pourrait réduire le risque de récidive de ces type de cancer jusqu'à 35%.
Le sport ayant un effet sur le maintien en bonne santé et sur la guérison, l'Imaps propose aux entreprises de soumettre leurs salariés à un diagnostic de forme physique à l'aide d'une série de tests sportifs simples qui visent à identifier l'endurance, la capacité respiratoire, la souplesse, etc. L'idée est bien sûr de favoriser la prise de conscience individuelle de l'état de forme réelle et de présenter ensuite aux salariés testés une série de préconisations individuelles adaptées à leur âge. Et dans la mesure où une personne qui pratique une activité physique coûte en moyenne 250 euros de moins en dépenses de santé, selon Jean-Pierre Davant , l'initiative est vertueuse pour la collectivité puisqu'elle réduit les coûts de la santé.

9 Français sur 10 s'estiment bien protégés

Le maintien d'une bonne santé suppose en effet de financer des soins courants. Si 41,5% des soins dits de ville des "biens portants" sont couverts par la Sécu, un tiers de ces dépenses sont remboursées par les assurances complémentaires et un quart reste à la charge des consommateurs. Or plus de 93% de la population française bénéficient d'une assurance complémentaire santé ou d'une mutuelle. Et selon une autre étude TNS Sofres pour Generali,  9 personnes sur 10 ont le sentiment d'être bien couvertes. Pourtant, plus d'un tiers d'entre elles ne connaît pas exactement les frais qui restent à sa charge. Là encore un effort de pédagogie reste à faire.

 

* L'OMS recommande pour une consommation d'alcool à moindre risque  : pas plus de 2-3 unités d'alcool (1 unité = un verre standard, 10 g d'alcool par unité ou par verre) en moyenne par jour (moins de 14 par semaine) pour les femmes consommant régulièrement de l'alcool ; et pas plus de 3-4 unités d'alcool en moyenne par jour (moins de 21 par semaine) pour les hommes. En cas de consommation occasionnelle : pas plus de 4 unités d'alcool en une seule occasion.

Réagir

Commentaires

dr knock  a écrit le 29/11/2012 à 8:46 :

tout homme bien portant est un malade qui s'ignore