Le "crowdfunding" européen interpelle Michel Barnier

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Les acteurs européens du financement participatif réclament à Michel Barnier une réglementation adaptée à l'essor de leur activité. Copyright Reuters
Les acteurs européens du financement participatif réclament à Michel Barnier une réglementation adaptée à l'essor de leur activité. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les acteurs européens de la finance participative réclament au Commissaire européen Michel Barnier la définition d'un métier de «courtier en financement participatif», assortie d'une réglementation adaptée.

Les acteurs européens du "crowdfunding" montent au créneau. Mercredi, une trentaine de plate-forme de finance participative, dont Financement Participatif France, a annoncé avoir adressé une lettre ouverte à Michel Barnier. Dans cette missive, les plates-formes de crowdfunding -qui mettent en relation entrepreneurs en quête de financement et épargnants- demandent au Commissaire européen en charge du marché intérieur et des services "un cadre réglementaire plus adapté à l'essor" de leur activité.

25 plates-formes de finance participative en France

Pour mémoire, le crowdfunding s'est surtout développé à partir de 2008, en réaction à la crise financière, nombre d'épargnants souhaitant choisir eux-mêmes les investissements financés par leurs économies. La France compte aujourd'hui quelque 25 plates-formes de crowdfunding, lesquelles ont permis à 35.000 internautes-épargnants de financer près de 15.000 projets, pour un montant total de l'ordre de six millions d'euros, depuis 2008, avait indiqué Arnaud Poissonnier, président de la plate-forme de micro-crédit Babyloan, en mars.

Une multitude de réglementations

Le hic, avait déploré à l'époque le jeune patron, c'est que "nous sommes confrontés à une multitude de réglementations en France et en Europe." Les acteurs français du crowdfunding plaident donc pour un assouplissement de certaines réglementations boursières et fiscales. Ils souhaiteraient notamment que les entrepreneurs recherchant moins de 3.000 euros n'entrent pas dans le cadre de l'appel public à l'épargne, lequel les oblige à passer sous les fourches Caudines de l'Autorité des marchés financiers, ce qui a un coût. Autre requête: que les particuliers - prêteurs bénéficient d'un avantage fiscal, comme c'est le cas pour les donateurs.

"Glocal losers" européens contre "glocal winners" américains

"Les réglementations concernant le prêt ou l'investissement limitent de façon inconsidérée l'accès des individus (aux plates-formes) et rendent (ces dernières) complexes", renchérissent les acteurs européens du secteur, dans leur lettre à Michel Barnier. Et de réclamer à la Commission européenne et aux Etats membres d'introduire "la définition d'un métier spécifique de courtier en financement participatif, assortie d'une réglementation adaptée."
Comme souvent, les Etats-Unis ont une longueur d'avance, en la matière. Le 22 mars, le Sénat américain avait voté un assouplissement de la réglementation des appels publics à l'épargne. A l'époque, Arnaud Poissonnier avait brandi l'argument de la compétitivité, estimant que l'arsenal de réglementations françaises et européennes risquait de faire des plate-forme européennes de finance participative des "glocal losers", alors que leurs rivales américaines deviendraient des «global winners».

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a écrit le 03/02/2013 à 20:49 :
Très content de voir les français découvrir que les petits ruisseaux font de grandes rivières et les petits versements font éclore les projets. C'est exactement ce que l'association Love money pour l'Emploi tente de promouvoir depuis plus de dix ans.
Avec le concept Love money, les particuliers investissent en direct dans une entreprise qu?ils sélectionnent. Ils possèdent alors une part de l'entreprise. Cette part ils peuvent, si l'entreprise se développe, la revendre grâce à une plateforme de marché pouvant être mise en place dans l?entreprise, ou mieux cotée en bourse.
Toutefois avant de proposer au public de souscrire l'association Love money s'assure de la réalité et qualité du projet ainsi que de la qualité de leurs dirigeants. Il faut vérifier ou va l?argent?
En fait le crowdfunding pour se créer s'est inspiré de Love money mais sans ses contraintes sécurisantes que Love money impose pour protéger ceux qui apporte de l?argent
Je vous invite à visiter le site ww. love-money.org et bourse-introduction (pour une bourse qui veut prendre une orientation solidaire et créatrice d?emplois)
Jean et Didier SALWA
PS voir l'op^ération Lisa AIRPLANES qui devait mobiliser 2000 épargnants en SAVOIE ces jhours ci
a écrit le 16/01/2013 à 20:23 :
Plutôt d'accord avec l'auteur pour ma part, il faut relever que le Crowdfunding a un bel avenir devant soi. Tout le monde s'accorde à dire que le financement participatif est une solution de financement des PME alliant plus de souplesse administrative et une plus grande implication des investisseurs non pas que financiers, sans compter l'aspect de la légitimité de l'entreprise. L'avantage pour le funder, c'est-à-dire l'investisseur, c'est la transparence des informations entre la société porteuse du projet entrepreneurial et nous. Je vous invite à aller voir les projets en lice sur http://anaxago.fr j'en suis très satisfait. Bonne navigation à tous.
a écrit le 20/12/2012 à 15:45 :
Pas d'accord du tout, mais pas du tout alors. Le monde coopératif et mutualiste dont vous parlez à cessé d'exister il y a plus de 20 ans quand les banques, assurances, coopératives agricoles ont commencé à embaucher les mêmes hurluberlus que les sociétés purement capitalistes... Même formations = mêmes stratégies = mêmes résultats ! Régardez les déboires du Crédit Agricole !! et ceux de Groupama !!! et ceux de certaines coopératives agricoles obligées de se rapprocher de leur pires ennemis capitalistes pour survivre !!!
Ouvrez les yeux ! La grande majorité des structures de l'Economie Sociale et Solidaire c'est du pipeau et les "sociétaires" dilués par leur nombre important (1 homme = 1 voix = aucun intérêt quand il y a 1.000.000 de clients sociétaires) n'ont plus aucune prise sur "leur" entreprise.
Peut-être pourrons nous toutefois mettre à part les SCOP et les structures d'Insertion par l'Activité Economique. Mais pour le reste.... pfffff.
Alors OUI aux petites structures de financements participatifs. Je me sens mieux avec Babyloan, Sandawe ou Energie Partagée qu'avec la MAAF, le CREDIT MUTUEL ou IN VIVO !!!!
a écrit le 19/12/2012 à 19:03 :
Quand on est incapable de traiter un problème avec des solutions simples qui ont fait leurs preuves, on invente des mots nouveaux, en langue anglaise ou en Globish si possible.

Voilà donc le CROWDFUNDING ou financement par la populace! Personne ne s?est aperçu qu?il s?agit de la toute première étape d?un modèle millénaire, déjà connu à Babylone et qui a permis il y a plus de cent ans à notre agriculture de connaître le développement que l?on sait.

Mais pour être poli tout le monde s?en fout, et plutôt que de remettre à l?honneur le modèle coopératif et mutualiste abandonné même par la plupart de ceux qui en portent encore le nom, on préfère réinventer la toute première étape de ce modèle dont il ne sortira rien tant que l?on ne sera pas capable de la dépasser.

Le drame est que les échecs répétés de l?Aide Publique au Développement où l?on a englouti en vain depuis des décennies des sommes énormes, tiennent à ce refus systématique de remettre à l?honneur un modèle sans égal, mais que des inconscients incompétents ont décidé de déclarer ringard.

C?est ce genre de gamineries qui nous enfonce de plus en plus dans la crise ! Lamentable !
Réponse de le 19/12/2012 à 20:25 :
Bien expliqué... les inconscients incompétents sont les mêmes que ceux qui ont flingué l'industrie ...

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