Les employés des banques sont de plus en plus stressés par leur travail

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58% des employés de banques ont constaté qu'une erreur dans leur travail a entrainé un conflit avec leur hiérarchie
58% des employés de banques ont constaté qu'une erreur dans leur travail a entrainé un conflit avec leur hiérarchie
Les employés subissent les exigences de productivité et ont peu d’autonomie dans leur travail, estime un étude commandée par le Syndicat national des banques (SNB).

Encore plus qu'ailleurs, les exigences de rentabilité sont prépondérantes dans le secteur bancaire. Si ce constat paraît évident pour la partie banque d'affaires des activités du secteur, c'est aussi le cas dans les banques de réseau où le processus de production répond de plus en plus à un système de normes.
Quelles en sont les premières victimes ? Les employés qui subissent les pressions hiérarchiques ainsi que le mécontentement des clients. Ils sont de plus en plus contraints de mettre la relation avec le client et la qualité de service de côté pour remplir leurs objectifs.

Cet état de faits est dénoncé par le Syndicat national des banques (SNB), qui dépend de la CFE-CGC, et qui mène depuis 2011 un combat pour que les risques psychosociaux soient pris en compte dans les banques. En 2014, ils ont mené une enquête sur ce sujet auprès de leurs militants, dont 6.000 ont répondu. Pour le psychologue du travail qui a piloté l'étude, Xénophon Vaxevanoglou, le principal enseignement de l'étude est le manque d'autonomie criant constaté par les salariés dans leur travail, vecteur de stress et de souffrance.

Peu de maîtrise pour atteindre ses objectifs

Les méthodes de travail dans les banques sont en général déterminées et validées par les directions. Résultat, moins d'un tiers des employés interrogés estiment avoir la possibilité de choisir ou de modifier leurs méthodes de travail.
Seulement 34,5 % pensent avoir la maîtrise de l'atteinte des objectifs qui leurs sont fixés et 48,8 % estiment pouvoir prendre des décisions de manière autonome. Cette part est encore moindre dans le secteur de la banque d'affaires, où, plus qu'ailleurs, la supériorité hiérarchique fait foi.

"L'absence de marges de moyens d'action par rapport aux méthodes de travail, aux contraintes temporelles et aux prises de décisions autonomes sont des déterminants du déséquilibre émotionnel au travail, précurseur du stress et de la souffrance", juge Xenophon Vaxevanoglou. "Ils contribuent à la déstructuration du rapport au travail", ajoute-t-il.

Pas le droit à l'erreur

Pis encore, le droit à l'erreur n'est pas accepté : 57,9% des personnes interrogées constatent qu'une erreur dans leur travail entraîne un conflit avec leur hiérarchie ; et 82,2% estiment qu'une erreur provoque des conséquences négatives à leur égard.

Pour ceux qui ont la peur au ventre, certaines situations peuvent s'avérer difficilement tenables psychologiquement. Surtout s'ils subissent le mépris et le déni de leur qualité de travail. En effet dans le secteur bancaire, ce type de désagrément est davantage fréquent que dans les autres secteurs d'activités, si l'on en croit l'étude du SNB.

Ainsi, 16,7 % des personnes interrogées disent subir le déni de leur qualité de travail, contre 10,3 % tous secteurs d'activités confondus. Dans le secteur des banques d'affaires, les comportements de mépris et de déni s'envolent même contre respectivement 24,3% et 22% des collaborateurs.

Un secteur à forte cohésion

Fort heureusement, il y a pour contrebalancer ces situations dangereuses, une cohésion importante entre employés dans le monde de la banque. Ainsi, ils sont 72,2% à pouvoir compter sur le soutien de collègues dans les moments difficiles. "Le soutien social est très puissant dans le secteur bancaire", se réjouit le président du SNB Régis Dos Santos.

Mais cette cohésion entre collègues n'empêche pas les employés de banques de craindre pour leur avenir. A cause de la multiplicité des plans de restructuration ( Natixis, Société Générale, Crédit Agricole Île-de-France, BNP Paribas, Crédit immobilier de France…) et aux problématiques de sens et d'éthique dans leur métier, 76.6% des employés de banques pensent qu'ils vont changer de métier dans les années à venir.

Pour leur redonner goût au secteur bancaire, Régis Dos Santos appelle à l'instauration de processus de production moins axés sur la rentabilité et davantage sur la relation personnalisée avec le client. Sans quoi il craint que le secteur bancaire ne perde durablement de son attractivité auprès des générations futures.

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Commentaires
a écrit le 28/01/2016 à 21:23 :
Pauvres employés de banque. ..!
Il faut vous reconvertir. ..
Demandez à travailler avec vos mains dans une mine par exemple. ..
Vous n'aurez pas le temps d'être stressés. ..
a écrit le 25/01/2016 à 0:40 :
Votre analyse est stupide. Pour avoir travaillé dans trois banques différentes je n'ai jamais reçu de bonus . Le secteur bancaire n'est pas un eldorado. J débuté avec un salaire de 1200 euros et les primes qui avant amelioraient le quotidien sont aujourd'hui supprimés. Et oui nous avons un intéressement et une participation comme dans de nombreuses entreprises.
a écrit le 04/06/2014 à 0:48 :
La banque à papa c'est terminé! A présent les clients demandent du résultat à un secteur qui s'est longtemps reposé sur ses lauriers, cependant il faut relativiser le discours syndical au regard de la désertification des agences physiques au profit des banques en lignes.
Réponse de le 04/06/2014 à 21:29 :
ce que vous ne comprenez pas et c'est normal vous ne voyez que le coté client, c'est que pour atteindre votre fameux "résultat", l'employé devant vous doit jongler au quotidien avec sa ligne hiérarchique. Par exemple pour simplement demander la copie d'un chèque _à la demande d'un client_ il faut remplir un formulaire, se faire valider la cohérence, et enfin se faire valider la délégation par une autre personne.... quid quand une de ces personnes manquent? comment vous faire comprendre?
a écrit le 03/06/2014 à 12:46 :
Un bon conseiller clientele peut encaisser 30000 euros de bonus annuel ets du cac40, tout est permis pour obtenir les objectifs sur les clients vulnerables(personnes agees, andicapes, demandeurs d'emplois , personnes en detresse suite a perte etre cher)
Réponse de le 03/06/2014 à 15:25 :
AHAHAHAHAHAHAHAH 30KE de bonus annuel pour un conseiller....
Merci pour la blague!
Réponse de le 03/06/2014 à 16:37 :
quelle banque ? quelle niveau ?
je ne pense pas que le banquier de réseau touche 30 ke de bonus, il y a un zero en trop
Réponse de le 03/06/2014 à 18:07 :
Pour avoir travaillé pour deux grosses banques françaises, je n'ai jamais vu ça...
Réponse de le 03/06/2014 à 20:55 :
Dans quel pays un 'bon conseiller clientèle peut gagner 40000 euros de bonus '
pour votre information un conseiller clientèle particulier gagne entre 26000 euros et 35000 euros nets par an toute prime comprises ... On est très très loin de ce que vous annoncez.
Arrêtez de fantasmer.....
nous parlons bien de la banque de détail !!
Réponse de le 04/06/2014 à 21:31 :
bonus votre commentaire est ridicule et vous ne connaissez pas le métier! Pour votre gouverne les personnes travaillant en agence ne perçoivent pas de bonus mais un salaire et dans certains cas des primes.
Réponse de le 23/01/2016 à 21:34 :
Faudra me dire le nom de l'enseigne qui donne un bonus 8000e au dessus de mon salaire annuel alors que j'ai 5 ans d'expérience.
a écrit le 03/06/2014 à 11:25 :
à chacun son tour..pas toujours les mêmes.
a écrit le 03/06/2014 à 11:03 :
La france des privileges souffrent !
Réponse de le 04/06/2014 à 21:32 :
quels privilèges????
a écrit le 03/06/2014 à 10:39 :
ils encaissent les chèques de bonus....
Réponse de le 03/06/2014 à 18:09 :
Navré de vous décevoir cher ami pas de chèques de bonus pour les conseillers de réseau...
A revoir!
a écrit le 03/06/2014 à 10:29 :
ben en meme temps, un fonctionnaire qui se met a bosser, ca le stress.
Réponse de le 03/06/2014 à 16:51 :
ah ouais vous faites quoi dans la vie ?
nous (banquier celui qui vous reçoit pour faire votre prêt immo, en négociant raz les paquerettes) avons du stress dès 8h00 et jusqu'a 19h00 et vous ?
Réponse de le 23/01/2016 à 8:53 :
Les grandes banques publiques ont été privatisées dans les années 90. On ne peut pas à la fois reprocher aux banquiers d'être des requins assoiffés de bonus à 6 chiffres (pur fantasme en ce qui concerne votre conseiller, son directeur, le directeur de son directeur et au delà) et parler de fonction publique.
a écrit le 03/06/2014 à 8:42 :
Après la jouissance de casser les petits comptes derrière les guichets ...
Réponse de le 04/06/2014 à 21:34 :
et avant celle de péter un cable et de vous dire où vous pouvez vous mettre votre chéquier... ah oui non pardon, pas sur que vous ne soyez pas interdit chequier et donc dispensé de ce privilège
a écrit le 03/06/2014 à 8:25 :
C'est normal. Les ennemis de françois doivent souffrir.
Réponse de le 04/06/2014 à 21:34 :
Nous avons une collègue qui s'est suicidée sous la pression.... c'est normal?
a écrit le 03/06/2014 à 8:24 :
C'est normal. Les ennemis de françois doivent souffrir.

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