Avec Lumo, la Blockchain fait son entrée dans le financement participatif

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Les minibons permettent d'expérimenter la Blockchain dans le crowdfunding.
Les minibons permettent d'expérimenter la Blockchain dans le crowdfunding.
La plateforme de crowdfunding dédiée aux énergies renouvelables vient d’émettre les premiers minibons distribuant des SolarCoins gérés par la blockchain en France.

La Blockchain n'est pas une nouveauté pour Lumo. Cette plateforme de financement participatif, qui utilise déjà la cryptomonnaie SolarCoin, expérimente désormais la blockchain pour la gestion d'outils financiers participatifs en partenariat avec BNP Paribas Securities Services et la Caisse des dépôts.

En plus des intérêts de leurs obligations ou minibons, les souscripteurs reçoivent tous les six mois une quantité de SolarCoins correspondant à la production effective des projets solaires qu'ils ont choisi de financer. Le « taux de change » est de 1 SolarCoin pour 1 MWh produit.

« Les SolarCoins viennent greffer un certificat permettant la traçabilité et la quantification de la production réelle, les bonnes années comme les mauvaises », explique le président de Lumo, Alex Raguet.

Une façon de prouver l'impact positif de l'investissement sur le plan environnemental, en sus de l'impact financier.

Payer les péages urbains en SolarCoins

Plusieurs utilisations de cette crytomonnaie sont envisageables. Le fournisseur alternatif d'électricité verte ekWateur les accepte déjà comme mode de règlement. Elles pourraient également servir de moyen de paiement de services directement liés à l'environnement tels que, par exemple, les péages urbains dans certaines municipalités. Enfin, des entreprises soucieuses de leur impact environnemental, - telles que celles du réseau RE100 qui visent un approvisionnement en énergie 100% vert - pourraient les transformer en bons de réduction sur l'achat de leurs produits.

La valeur des SolarCoins augmentant avec le nombre d'utilisateurs, l'objectif est qu'elles puissent s'échanger entre 10 et 20 euros à l'horizon 2020. La crytomonnaie pourrait alors être utilisée pour développer des modèles économiques viables pour les énergies renouvelables dans des zones hors réseau.

Les minibons, bons de caisse new look

Mais Lumo passe aujourd'hui à une autre utilisation de la Blockchain, avec l'émission de 800.000 euros de minibons, nouvelle appellation des bons de caisse.

Ces outils financiers nés en 1937, à mi-chemin entre les prêts et les obligations, sont nominatifs et prévoient un versement des intérêts concomitant au remboursement du capital au terme du prêt, qui ne peut excéder 5 ans.

Avec les bons de caisse, rebaptisés minibons par Bercy alors dirigé par Emmanuel Macron, les personnes morales et certains fonds ont accès au financement participatif jusque-là réservé aux particuliers. Et les souscriptions - anciennement plafonnées à 1.000 euros par souscripteur particulier - ne sont limitées qu'à hauteur des 2,5 millions d'euros que doit respecter chaque emprunteur par période de 12 mois

Dans le même temps, Bercy a adapté la réglementation financière afin d'autoriser les expérimentations Blockchain sur les minibons.

Celle-ci remplace avantageusement les registres tenus individuellement par un seul et unique registre distribué, détenu par tous les intervenants.

Blockchain pour tous les titres de financement participatif

Ouvrant la voie à la dématérialisation des minibons, ce recours à la Blockchain doit également permettre d'en accélérer la standardisation et de faciliter au régulateur le contrôle des acteurs du financement participatif. Seuls les conseillers en investissements participatifs (CIP), un statut plus exigeant que celui d'intermédiaire en financement participatif (IFP), sont d'ailleurs autorisés à en émettre.

Autre avantage des minibons : ils représentent un nouveau mode de financement pour les PME à capitaux privés. D'où l'intérêt de banques telles que BNP Paribas, partenaire de Lumo dans cette expérimentation Blockchain via BNP Paribas Securities Services.

« La Blockchain permet d'accélérer l'émission des minibons et d'en diminuer le coût de transaction », détaille Alex Raguet, par ailleurs membre du conseil d'administration de l'European crowdfunding network (ECN). Les minibons font office de test.

« Mais l'objectif, à terme, c'est d'avoir une Blockchain globale pour tous les titres de financement participatif y compris les actions et les obligations, qui permettra notamment la naissance d'un marché secondaire », espère Alex Raguet.

Porté par les récents appels d'offres CRE4 qui attribuent un bonus aux projets d'énergies renouvelables réservant une partie de leur financement au crowdfunding, Lumo, qui a récolté près de 4 millions depuis 2014 et prévoit d'émettre de 2 à 3 millions supplémentaires d'ici à fin 2017, s'attend à une croissance plus forte encore en 2018.

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Commentaires
a écrit le 01/08/2017 à 10:25 :
La valeur des SolarCoins augmentant avec le nombre d'utilisateurs, l'objectif est qu'elles puissent s'échanger entre 10 et 20 euros à l'horizon 2020.

Donc on peut réaliser une plus value sur une crypto monnaie !
Risible ...
J'ai été à ma banque échangée mes bit coins contre des € , ils m'ont dit NON pour la raison futile qu'il n'y a aucune économie ( pays ou organismes ) derrière cette " monnaie " et que ça valeur était une valeur de transaction déterminée par ceux qui l'ont créée ( une petite nuance )

Qu'elle organisme échangera cette crypto monnaies contre des € ou $ ?
La monnaie de singe virtuel à encore de beau jour devant elle en vous promettant des plus values virtuelles...
a écrit le 01/08/2017 à 7:11 :
Un des autres aspects importants concernant l'énergie sont les plateformes virtuelles d'énergie avec la gestion de toutes les sources et de toutes les demandes et variations de demandes. Cà facilite les réseau délocalisés, une meilleure utilisation de l'énergie, des revenus pour les gens et collectivités, une sécurité accrue etc. Il y a des plateformes à Brooklyn, mais aussi comme Enbala à Vancouver (Canada) Voir : https://onestepoffthegrid.com.au/virtual-power-plants-will-change-energy-business/
a écrit le 31/07/2017 à 11:57 :
"Mais l'objectif, à terme, c'est d'avoir une Blockchain globale pour tous les titres de financement participatif y compris les actions et les obligations, qui permettra notamment la naissance d'un marché secondaire "

Hé oui la finance traditionnelle tient tout le secteur empêchant tout progressisme économique obligeant à espérer la création d'un marché secondaire mais même ça, trois fois rien, c'est loin d'être garantie qu'elle l'autorise. En général ce qu'elle ne peut pas avaler elle le marginalise et le détruit.
Réponse de le 31/07/2017 à 16:40 :
J'ai l'impression que le concept de marché secondaire vous échappe. "Marché secondaire", c'est simplement le marché où s"échangent les titres après leur émission (sur le marché primaire, donc). Il n'y a aucune connotation péjorative au terme de "secondaire".
Réponse de le 01/08/2017 à 10:03 :
"Il n'y a aucune connotation péjorative au terme de "secondaire""

Tiens c'est marrant je vous ai répondu deux fois mais mes réponses n'ont pas été validées tandis que les commentaires des trolls qui me collent abondent...

Bon ben puisque je n'ai pas le droit de vous répondre j'espère ue j'ai le droit de vous poser une question au moins: Qu'entendez vous par "péjorative" je vous prie ?

On parle de chiffres là, comment un phénomène subjectif pourrait être "péjoratif" ? Soit cela rapporte soit cela rapporte beaucoup moins, donc je suppose que dans ce marché secondaire cela rapporte beaucoup moins non ?

Si cela rapporte moins quel est la possibilité au phénomène de s'y épanouir ?

Bref au lieu d'utiliser des termes subjectifs essayez d'être précis, merci.

Mais bon vous ne me répondrez jamais je suis tranquille.

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