Inquiétudes sur le capital-innovation français

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Les fonds de capital-innovation, qui financent les premiers pas des start-up, ont investi 626 millions d'euros seulement l'an dernier, soit un recul de 2,5%.
Les fonds de capital-innovation, qui financent les premiers pas des start-up, ont investi 626 millions d'euros seulement l'an dernier, soit un recul de 2,5%. (Crédits : REUTERS/Lee Jae-Won)
Levées de fonds, investissements... En 2014, tous les indicateurs du capital-risque ont viré au rouge, d'après les données publiées par l'Afic.

C'est le nuage dans un ciel bleu, la tache sur un vêtement immaculé. Tout en se félicitant de "chiffres (2014) particulièrement bons" pour l'ensemble de l'industrie du capital-investissement, Michel Chabanel, président de l'Afic (Association française des investisseurs en capital), a regretté "la zone d'ombre" que représente le segment du capital-innovation (ou capital-risque). Tous les indicateurs d'activité des fonds de capital-risque, dont le métier consiste à investir dans des start-up, ont en effet viré au rouge, l'an dernier.

La preuve avec le nombre de jeunes pousses financées, en recul de 6,6% par rapport à 2013, à 438, alors que le capital-investissement dans son intégralité, tous métiers confondus, a alloué des fonds à 1.648 PME, soit une hausse de 6%. Idem en valeur : le capital-investissement a injecté 8,73 milliards d'euros dans l'économie française en 2014, un montant en hausse de 35%, tiré par le capital-développement et par le capital-transmission, deux métiers en aval de la chaîne de financement des PME. A l'inverse, les fonds de capital-innovation, qui financent les premiers pas des start-up, ont investi 626 millions d'euros seulement l'an dernier, soit un recul de 2,5%.

Les fonds levés par le capital-innovation en 2014 ont chuté de près de 40%

En 2013 déjà, l'Afic avait qualifié les 642 millions d'euros investis par le capital-risque de montant "très insuffisant, ne permettant pas de faire face aux enjeux du financement de l'innovation en France." A titre de comparaison, le capital-innovation américain avait investi 21,3 milliards d'euros la même année, soit 33 fois plus. Rapporté au poids des économies respectives, le capital-risque pèse donc 5,7 fois moins en France qu'aux Etats-Unis. Une situation qui ne va pas aller en s'arrangeant, à l'aune des levées de fonds réalisées en 2014.

Certes, le capital-investissement français dans son ensemble peut se targuer d'avoir levé l'an dernier 10,1 milliards d'euros auprès d'investisseurs institutionnels et particuliers, une somme en progression de 24% par rapport à 2013 et, surtout, à nouveau équivalente à la moyenne annuelle d'avant la crise financière de 2008. Mais, là encore, le capital-risque dépare, avec des fonds levés en chute de près de 40%, à 828 millions d'euros. Une évolution de mauvais augure pour la capacité du capital-innovation français à financer les start-up, au cours des prochaines années. "Nous devons être vigilants à ce sujet, compte tenu de la forte dynamique de création d'entreprises en France", a souligné Michel Chabanel, lors d'une conférence de presse, mardi 24 mars.

Des dispositifs fiscaux en cours d'examen par la Commission européenne

Il faut dire que le capital-innovation affronte des vents contraires, compte tenu, notamment, des incertitudes entourant le maintien des dispositifs FIP (fonds d'investissement de proximité) et FCPI (fonds communs de placement dans l'innovation). Les FIP et les FCPI, qui représentent la moitié environ des ressources du capital-innovation français et qui ouvrent droit à des réductions fiscales pour leurs souscripteurs, sont en effet considérés comme des aides d'Etat indirectes, depuis l'entrée en vigueur des nouvelles règles européennes en la matière, le 1er juillet dernier. Des discussions sont en cours entre Bercy et la Commission européenne sur la mise en conformité des dispositifs fiscaux liés aux FIP-FCPI. Dont le régime actuel demeure, mais pour combien de temps ?

Autre interrogation, l'avenir du "corporate venture." Fin 2013, le gouvernement avait souhaité favoriser l'essor des fonds de capital-risque lancés par des industriels, en ouvrant le droit à un amortissement fiscal de cinq ans des investissements réalisés par les grandes entreprises dans des PME innovantes. Las ! Cette proposition est elle aussi sur le bureau de la Commission européenne, qui n'a pas encore décidé si ce mécanisme fiscal s'apparentait, ou non, à une aide d'Etat. "L'examen en cours à Bruxelles des dispositifs fiscaux liés aux FIP-FCPI et au corporate venture, soutiens indispensables au développement des start-up en France, sera une étape structurante", prévient Michel Chabanel.

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Commentaires
a écrit le 01/04/2015 à 0:10 :
L'innovation est un atout maître du redressement. Il faut le financer avec de beaux avantages. Il y a de l'export à faire.
a écrit le 31/03/2015 à 14:15 :
Quel gachis ! Quand on pense a l inventivité des ingénoeurs français !! Ce gouvernement socialiste aura vraiment envoyé le pays dans le mur....
a écrit le 31/03/2015 à 13:53 :
L'innovation administrée cela ne marchera jamais, ou pas longtemps. Mais comme l'état veut se mêler de tout, ne serais que pour justifier le montant des prélèvements et les fonctions...
Pour que l'argent aille naturellement dans les secteurs innovants :
- il suffit de ne pas le gaspiller ailleurs
- de laisser des perspectives de croissance aux petites structures, au lieu de les assommer de prélèvements et de procédures kafkaïennes.
Google ou Facebook seraient mort-nés en France. Alors qu'un rond point est tellement plus facile à administrer.
a écrit le 31/03/2015 à 10:55 :
ft etre motive pour investir en france ' dans des investissements pas rentables', comme on dit de par chez vous!

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