L'agrégateur bancaire Linxo lève 20 millions d'euros

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L'appli de la startup aixoise Linxo permet de visualiser tous ses comptes et de mieux gérer son argent. Les cofondateurs de la jeune pousse veulent en faire un assistant financier augmenté évitant aux utilisateurs d'être à découvert.
L'appli de la startup aixoise Linxo permet de visualiser tous ses comptes et de mieux gérer son argent. Les cofondateurs de la jeune pousse veulent en faire un "assistant financier augmenté" évitant aux utilisateurs d'être à découvert. (Crédits : DR)
Le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel Arkéa réinvestissent dans la startup de la Fintech aixoise et la Maif entre au capital. C'est la plus grosse levée de fonds du secteur depuis deux ans.

Changement de dimension : dix-huit mois après avoir levé 2 millions d'euros, la startup de la finance Linxo vient de boucler un tour de table 10 fois plus important. Le Crédit Mutuel Arkéa, qui avait investi 530.000 euros dans la jeune pousse aixoise dès 2012, ainsi que le Crédit Agricole, qui l'avait rejoint lors de la précédente levée, se réengagent tandis que la Maif entre au capital. Investisseur actif dans les startups françaises, l'assureur mutualiste propose déjà sous marque blanche (sous le nom de Nestor) l'agrégateur de comptes conçu par Linxo et son directeur général avait déclaré dans nos colonnes qu'il envisageait une prise de participation.

Sur smartphone ou sur ordinateur, l'application gratuite de Linxo permet de visualiser ses dépenses et tous ses comptes, même domiciliés chez plusieurs banques, et de mieux gérer son budget et son épargne. Les banques en ligne du Crédit Agricole (Bforbank) et d'Arkéa (Fortunéo) l'ont aussi intégré, tout comme HSBC dans son offre digitale.

« Plus de 1,4 million de personnes ont déjà installé et utilisé Linxo en France » affirme la startup.

Plus importante levée Fintech depuis deux ans

Cette levée de 20 millions d'euros est « la plus importante pour une Fintech française depuis deux ans » souligne Linxo - pour mémoire, depuis celle de 31 millions d'euros par la plateforme de prêts à la consommation participatifs Younited Credit (ex-Prêt d'Union) en juillet 2015.

« Nous sommes le seul acteur en France dans lequel plusieurs banques et assurances ont investi. Tout en nous donnant les moyens de rester indépendants, nos actionnaires démontrent l'intérêt des grandes banques et assurances pour des acteurs qui sont capables de faciliter leur transformation digitale et apporter des technologies à forte valeur ajoutée au plus grand nombre », fait valoir Bruno Van Haetsdaele, cofondateur et directeur général de Linxo.

Cet argent frais doit servir à financer le projet de Linxo de développer « un assistant financier augmenté » au-delà du simple tableau de bord pour « passer de l'information à l'action en quelques secondes. » Son concurrent Bankin', qui a levé 8,4 millions d'euros en janvier dernier, a déjà engagé sa mue de « coach financier » et propose à ses utilisateurs d'effectuer des virements (internes et externes).

« Aujourd'hui Linxo peut prédire un découvert à 30 jours sur tous vos comptes courants ; demain nous permettrons à l'utilisateur de le combler par anticipation et de lui assurer qu'il ne pourra pas tomber à découvert s'il y a de l'argent disponible. Nous pouvons appliquer cette logique à tout ce qui concerne votre argent et vos finances », indique le directeur général.

Déploiement en Europe

La startup, qui emploie 49 salariés, se voit aussi en « hub financier personnel » qui faciliterait la souscription à des services financiers fournis par des tiers (tels que du crédit conso ou immo, de l'assurance auto ou habitat, de l'assurance-vie). Elle veut profiter de l'entrée en vigueur en mai 2018 de la Directive sur les paiements (DSP2), qui oblige les banques européennes à ouvrir l'accès aux données des clients aux autres acteurs, pour se déployer à l'international : elle souhaite proposer plus largement sa solution en BtoB à d'autres partenaires bancaires, tout en conservant son application destinée au grand public.

« En offrant aux utilisateurs la possibilité de décider à qui et quand ils peuvent ré-exposer leurs données financières personnelles, l'ambition de Linxo est de redonner aux utilisateurs le pouvoir d'agir et décider sur leur argent directement dans le creux de leurs mains », plaide la startup.

Linxo espère développer tout un écosystème « ouvert et européen » autour de son agrégateur, qui n'est « qu'un des socles technologiques », et de ses interfaces de programmation ouvertes (API).

 « Nous pensons que dans 5 à 10 ans, vous n'utiliserez probablement pas plus de deux applications financières de référence au quotidien : ce sera soit celle de l'une de vos banques-assurances ou Linxo ou les deux, mais probablement pas plus », avance Bruno Van Haetsdaele.

Qui remportera la bataille de l'appli préférée, banques ou nouveaux acteurs ? Et le coach financier du futur sera-t-il une appli ou plutôt une voix ? Les géants du Web se posent en effet déjà en assistant intelligent multi-tâches des foyers, avec Google Home ou Alexa d'Amazon Echo, notamment pour gérer son argent.

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Commentaires
a écrit le 12/09/2017 à 23:29 :
A l'attention de Mme Delphine Cuny
Il y a une erreur dans votre article : le concurrent Bankin n'a pas levé 8,4 millions d'euros mais 7 millions en janvier (comme indiqué sur plusieurs sites dont des concurrents ...). Le montant de 8,4 est le montant total levé depuis lancement.
La précision et la fiabilité sont importantes, qui plus est dans un journal economique. Je suis lecteur depuis longtemps de la Tribune, et je constate de plus en plus d'approximations dans les informations Banque - Fintech. qui par ailleurs ne sont souvent pas corrigées, ce qui nuit à la crédibilité journalistique. Ca m'amène à vérifier les informations sur plusieurs sites ce qui est regrettable ...
a écrit le 08/09/2017 à 10:12 :
Avant le tout-web, ce genre d'outil pouvait avoir du sens. On pouvait agréger localement tout un tas de choses et en tirer des informations intéressantes, tout en maîtrisant les risques.
Les gens n'ont pas compris qu'avec le tout-web, ils ne devraient JAMAIS donner leurs accès (pas seulement à leur banque, mais à tout) à un site web... Car là, pour le coup, ils abandonnent définitivement la possibilité de contrôler qui à accès à quoi. En effet les sites peuvent être malicieux, mais il s'agit là de la partir émergée de l'iceberg, car les sites se font hacker et tout le problème est là. La question n'est jamais de savoir si ils vont se faire hacker mais quand (un des principes de base de la sécurité). Les exemples sont malheureusement innombrables...
Réponse de le 12/09/2017 à 23:14 :
Ca doit etre sympa de vivre comme vous au XXe siècle .... Ne donnez accès à rien, ne payez surtout pas en CB sur Internet, et n'utilisez pas le web ... On parle de sécurité, mais sans rien y connaitre : il y a probablement plus de fraude du fait d'ordinateurs mal sécurisés (antivirus, trojan, keylogger) que d'utiliser des systèmes tiers (je suis client Boursorama et j'ai du filer mes accès d'autres banques à Boursorama pour qu'ils aient accès à d'autres comptes)
a écrit le 08/09/2017 à 9:51 :
Sur quelle planète quelqu'un avec un cerveau voudrait donner ses coordonnées bancaires à un tiers !?!
La stupidité sans fond des gens et le refus d'essayer un tant soit peu d'évaluer le bénéfice / risque me désespère. 1,4 millions !! Ils ont trouvé 1,4 millions de personnes qui se sont dit "tiens en fait l'accès à mes compte je m'en fous et si je le déléguais à quelqu'un que je ne connais pas, dont je n'ai aucune idée de ses sécurités internes...
Tout simplement affligeant.
Réponse de le 11/09/2017 à 10:30 :
Il y a toujours des personnes plus malignes que les autres. A l'aide de leur omniscience, ils jugent le comportement d'autrui afin de les éclairer de leur infinie sagesse.
Je me souviens de ces derniers (vous-même peut-être, ou quelqu'un de votre famille de grands s(in)(a)ges) qui avertissaient leurs méprisables semblables des risques encourus à partager les numéros de leur carte bancaire au début du e-commerce.
Evidemment, la connaissance des outils proposés n'est pas un pré requis pour soumettre sa 'fiel' opinion. Il suffit juste de se sentir plus intelligent qu'autrui.
a écrit le 07/09/2017 à 12:56 :
Franchement, ou est la valeur ajoutée, est ce qu'on va être plus heureux de pouvoir consulter tout l'argent qui dort dans nos comptes?
20 millions pour 50 types, ca fait quand même 400k€ par type, c'est pas mal 😷

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