L’ambitieuse banque mobile allemande N26 à l'assaut de la France

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Jérémie Rosselli, le responsable de la France, et Valentin Stalf, fondateur et directeur général de N26, ce mercredi au Paris Fintech Forum au Palais Brongniart.
Jérémie Rosselli, le responsable de la France, et Valentin Stalf, fondateur et directeur général de N26, ce mercredi au Paris Fintech Forum au Palais Brongniart. (Crédits : DC)
Soutenue par les investisseurs de renom Peter Thiel et Li Ka-Shing, la startup compte conquérir 100.000 clients français dans l’année avec son appli de banque en temps réel entièrement pilotable par smartphone. Forte d’une licence bancaire valide dans toute l’Europe, la Fintech prévoit de traiter 2 milliards d’euros de transactions cette année.

« Vous n'aurez plus jamais à vous rendre dans une banque » promet un peu crânement la startup N26 sur son site en français. La jeune pousse allemande a lancé officiellement ce mercredi, lors du Paris Fintech Forum, son service dans l'Hexagone. Cette banque 100% mobile, sans agence, prétend offrir « ce qui se fait de mieux en matière d'expérience utilisateur » : tout est notifié en temps réel et pilotable en quelques clics depuis une appli très ergonomique, du plafond de la carte bancaire au découvert autorisé, les virements par SMS ou mail sans numéro Iban, le classement des dépenses par catégories. C'est un compte courant sans frais de gestion : le service de base est gratuit, y compris la Mastercard, auquel s'ajoute des options payantes et un abonnement premium à 5,90 euros par mois pour la carte Black incluant des assurances voyages, etc.

Lancé sous le nom de Number 26 en janvier 2015, N26 est disponible dans 17 pays (Allemagne, Autriche, Espagne, Italie, etc). Son cofondateur et directeur général, un Autrichien de 31 ans, Valentin Stalf, s'enthousiasme :

« Nous sommes une banque avec une licence complète de la BCE depuis juillet dernier, « passeportée » dans toute l'Union européenne [l'agrément du seul régulateur allemand, la BaFin, est valide dans l'ensemble des pays de l'UE, ndlr]. Cela nous permet de proposer toute une série de services à travers l'Europe, nous pouvons potentiellement toucher 400 millions de consommateurs ! C'est comme Uber : grâce au numérique, on peut atteindre très vite une taille significative. »

Le Uber de la banque ?

Uber : la comparaison donne une idée des ambitions XXL de cette Fintech berlinoise, qui a le soutien d'investisseurs de haut vol, notamment l'américain Peter Thiel, un des cofondateurs de PayPal et des plus influents capitaux-risqueurs de la Silicon Valley, et le milliardaire hongkongais Li Ka-Shing. N26 revendique « plus de 200.000 utilisateurs », en Allemagne essentiellement, un chiffre annoncé cet été et qu'elle ne met pas à jour. Dans l'Hexagone, où la startup affirme avoir dû conserver une liste d'attente de neuf mois (ses détracteurs disent qu'elle avait tout simplement des problèmes techniques), le démarrage serait très prometteur, avant une campagne publicitaire sur le Web et à la TV qui sera lancée sous peu :

« Sans aucun marketing, nous avons déjà engrangé ces deux derniers mois 30.000 clients en France. Nous en gagnons 2.000 par semaine. C'est impressionnant. A ce rythme, nous pensons dépasser les 100.000 utilisateurs rapidement », comprendre dans l'année.

Valentin Stalf explique avoir choisi de se développer en priorité en Allemagne où « les gens ne sont pas très contents de leur banque : les retraits coûtent cher à cause de la mafia bancaire. Nous nous sommes associés au distributeur Rewe et l'on peut retirer de l'argent avec un QR code à la caisse d'un supermarché  : nous remplaçons les distributeurs de billets c'est plutôt cool !» Et en France où « un tout petit nombre de banques se partagent les parts de marché, et ça les a rendus assez paresseuses en matière d'innovation ». L'équipe ne dédaigne pas un peu de provoc. Jérémie Rosselli, nommé récemment responsable pour la France, lance :

« La banque en France n'a pas évolué depuis le Minitel. »

Fintech appli N26

La banque des Millenials

Chez N26, l'ouverture de compte se fait « en moins de 8 minutes », la banque vérifiant l'identité par un appel en visio directement depuis son smartphone. La promesse est de « simplifier la vie, faire gagner du temps» en proposant toute la banque fait valoir Valentin Stalf:

« Notre cible, ce sont les Millenials, les 18-35 ans, les "digital natives" qui font tout avec leur mobile, qui sont les plus intéressés par le mobile banking. »

Au-delà du simple compte courant, la Fintech élargit progressivement ses services : en Allemagne, elle propose l'activation du découvert autorisé en trois minutes, après évaluation ("credit scoring") et des supports d'investissement; elle va bientôt lancer des produits d'épargne et du crédit conso à souscrire directement depuis son smartphone, ainsi que de l'assurance. Elle s'est associée à d'autres startups, comme la Fintech britannique Transferwise pour les virements internationaux, avec laquelle elle partage les revenus.

L'entreprise, qui emploie 180 personnes, n'est pas encore rentable mais « pourrait atteindre l'équilibre cette année ou l'an prochain, nous avons une structure de coûts peu élevée, c'est une question de priorités, d'effort marketing. »

Objectif 2 millions dans quelques années

Valentin Stalf a un objectif à moyen terme qui ferait rêver de nombreuses banques en ligne existant depuis une ou deux décennies :

« Si nous atteignons 2 millions d'utilisateurs dans quelques années, je serai un fondateur très heureux. Pour pouvoir faire la différence et être durable, il faut atteindre un ou deux millions. Cette année, nous devrions traiter des transactions de l'ordre de 2 milliards d'euros en Europe ».

Cependant, l'Europe est encore loin d'être un marché unifié : la législation sur la protection des consommateurs est différente d'un pays à l'autre par exemple. « Un challenge » reconnaît le directeur général. Autre désagrément: N26 crée des comptes avec un IBAN allemand, ce qui peut s'avérer gênant.

« Il y a une loi en Europe qui interdit la discrimination par l'Iban. Vous pouvez attaquer l'établissement qui refuse votre Iban international. C'est arrivé quelques fois, nous appelons et le problème se règle. Les choses ont beaucoup évolué en douze mois. Mais c'est un point que nous regardons, s'il est nécessaire d'avoir des Iban français » nous confie Valentin Stalf.

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Commentaires
a écrit le 28/01/2017 à 16:47 :
Le mec va déchanter lorsque la zone Euro aura explosé. Encore un qui se croit le roi du monde !
a écrit le 28/01/2017 à 6:11 :
Plus de 6 mois dans cette banque. Le service est parfait, la notification sur smartphone en live est impressionnante. Ce qui me plait c'est la reconnaissance digital pour déverrouiller l'appli (accessible en moins de 5 sec) Contre une 20 aine de seconde pour les autres. On peut bloquer et débloquer sa carte à tous moment (uniquement pour les payement en ligne par exemple. Changer le code a tous moment, définir des plafonds instantanément. Plein de petite fonction, comme l'ajout de # sur ces dépenses, et les clicher photos.

Et donc plusieurs point négatif. Aucune possibilité d'encaisser des chèques ou de l'argent, et certain établissement refuse de faire des virements sur des IBAN allemand ( ce qui est illégal).
Réponse de le 28/01/2017 à 9:55 :
Je vous suis sur tous les points, sauf en ce qui concerne les chèques... Il faut être sérieux : le numérique et la banque digitale sont dans un autre monde que le chèque.
Par ailleurs, à partir du 20 novembre 2017, le lancement de l'Instant Payment va permettre d'éradiquer cette verrue qu'est le chèque. Pour votre information, plus de 80 % des chèques émis dans la zone de couverture de la directive des services de paiements, soit 35 pays, sont français : tous les autres pays les ont supprimés ou sont en train de le faire
a écrit le 26/01/2017 à 15:41 :
Je suis domicilié à cette banque en provenance d'une banque espagnole, étant donné la pauvreté de l'offre Paiement, le manque de mobilité, de disponibilité, le conservatisme et l'immobilisme des banques françaises. L'ouverture de compte a effectivement pris moins de 10 minutes et le transfert de mes domiciliations en a pris à peine 4 minutes : contre 21 jours pour la prochaine offre de mobilité française à venir le 6 février prochain et issue de la Loi Macron
Réponse de le 27/01/2017 à 21:06 :
Merci à vous pour soutenir les prochaines vagues de licenciements.
In fine, c'est vous qui paieraient les indemnités chômage de plusieurs centaines de milliers de personnes !
Continuez vos petites niaiseries avec une carte à 0 euros. Tout se paye ; tout a un prix.
Réponse de le 28/01/2017 à 16:55 :
@LOLO, excusez-le. Acojoc est probablement un "digital native" yeah ! cool !...Il n'a encore rien compris...
Réponse de le 29/01/2017 à 10:09 :
@LOLO et @Cool
Je vous remercie de vos réponses constructives et qui illustrent parfaitement ce que je dénonce dans mon commentaire : immobilisme, conservatisme qui sont la lie non seulement des banques, mais aussi de certains esprits égarés, rétrogrades qui regardent uniquement derrière eux, et, non pas devant, refusant ainsi tout changement et toute espérance en l'avenir.
Deuxième chose, et, là je m'adresse plus particulièrement à LOLO, lorsque vous écrivez de telles remarques, il serait bon de revoir vos cours de Français, d'orthographe et de conjugaison : je sais bien que Najat et ses pédagogues permettent les outrages que vous écrivez, mais cela va se terminer en mai prochain.
Bien à vous, je vous souhaite un excellent dimanche
a écrit le 26/01/2017 à 11:01 :
Avec mes comptes chez BforBank Boursorama et Hello Bank, je fais toutes mes opérations sans me déplacer pour 0 euros.(j'ai même mes cartiers "premier" à 0 euros)
C' est plutôt les allemands qui sont à l'air pré-minitel où la majorité des paiements se font en gros billets.
a écrit le 26/01/2017 à 8:55 :
On peut avoir la disparition de tout les comptes en un clin d’œil, super!!! Vous parler d'une révolution!!
a écrit le 26/01/2017 à 8:07 :
bof, avec Boursorama j'ai tout cela gratuitement depuis des années.
y compris la garantie des 100 000Euros. et je peux joindre un conseiller par téléphone si besoin.
Réponse de le 27/01/2017 à 21:09 :
Tout est gratuit !!! Formidable !!! Je travaille gratuitement. Je n'ai pas besoin de salaire mon cher je1392 ! Et vous vous êtes dans quel domaine ?
Réponse de le 28/01/2017 à 17:03 :
@je1392
Oui mais Boursorama c'est français. Alors que N26 c'est allemand, donc forcement mieux !
Et quoi ??? joindre un conseiller par téléphone !!!!!, oh le ringard !!!
a écrit le 26/01/2017 à 5:05 :
Tapez 1
tapez 2
tapez 3
etc....
non merci j'en ai hélas déjà plus que ma dose quotidienne.
Réponse de le 27/01/2017 à 21:11 :
Merci Olivier pour votre commentaire lucide.
Vive le commerce de proximité.
Défendons les agences et le commerce de détail.
Cela coûte un peu plus cher ; à terme on ne le regrettera pas. Il ne faut pas oublier les employés de banque qui sont des consommateurs !

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